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Bonjour à toutes, bonjour à tous. On se retrouve aujourd’hui le… On est quel jour ? Le samedi 27. Et oui, c’est le week-end. Samedi 27 décembre 2025, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va parler d’une nouvelle fable de La Fontaine. On va étudier une fable qui s’appelle Le Loup et les Brebis. Alors cette fable, elle est assez longue, donc on va la faire en deux épisodes. Je vais d’abord vous lire la fable en entier, comme d’habitude. Ensuite, je vais vous expliquer phrase par phrase, ligne par ligne, les mots compliqués. Et je vais surtout vous expliquer le sens de la fable, le sens des mots, le sens des phrases. Ensuite, je vous relirai la fable à vitesse normale, comme si je la lisais à des Français. Et enfin, une version plus facile que j’ai écrite de la fable pour que vraiment vous puissiez tout bien comprendre.
Alors on va commencer sans plus tarder avec cette fable de La Fontaine qui s’appelle Le Loup et les Brebis.
Après mille ans et plus de guerres déclarées, Les Loups firent la paix avec les Brebis. C’était apparemment le bien des deux parties. Car si les Loups mangeaient maintes bêtes égarées, Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits. Jamais de liberté, ni pour les pâturages, Ni d’autre part pour les carnages. Il ne pouvait jouir qu’en tremblant de leurs biens. La paix se conclut donc, et on donna des otages. Les Loups, leurs louveteaux et les Brebis, leurs chiens. L’échange en étant fait aux formes ordinaires Et réglé par des commissaires, Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvards Se virent Loups parfaits et friands de tuerie, Ils vous happe-là-haut que dans la Bergerie Messieurs les Bergers n’étaient pas, Étranglent la moitié des Agneaux les plus gras, Les emportent aux dents, dans les bois se retirent. Ils avaient averti leurs gens secrètement. Les Chiens, qui sur leur foi reposaient sûrement, Furent étranglés en dormant. Cela fut si tôt fait qu’à peine ils le sentirent. Tout fut mis en morceaux. Un seul n’en échappa pas. Nous pouvons conclure de là Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle. La paix est fort bonne de soi, j’en conviens, Mais de quoi sert-elle avec des ennemis sans foi ?
Alors on a fini — ou plutôt j’ai fini — de lire la fable. Est-ce que vous avez compris le sens ? Est-ce que vous avez compris des mots ? Déjà, si vous avez repéré des mots que vous comprenez, des verbes, des formules que vous avez compris, c’est super. Je ne vous demande pas de comprendre le sens complet de la fable, sinon je ne servirais à rien. C’est une fable compliquée, il y a des mots compliqués, il y a des tournures de français qui sont anciennes et c’est pour ça que je vais tout vous expliquer maintenant. La fable, vous pouvez la trouver sur Internet, vous tapez « le loup et les brebis » et comme ça, ça vous permet de suivre ligne par ligne ce que je vais vous expliquer. Vous pouvez aussi la retrouver sur mon Patreon, vous pouvez vous abonner, ça coûte 5 dollars par mois, donc c’est pas grand-chose pour ceux qui le peuvent bien sûr et pour moi c’est aussi une reconnaissance, c’est aussi un remerciement de faire ce podcast.
Alors, on va continuer ou plutôt on va commencer tout de suite avec la première ligne.
« Après mille ans et plus de guerres déclarées. »
Ici, on nous parle de guerre. C’est le contraire de la paix, c’est ce qui se passe en ce moment entre la Russie et l’Ukraine. Ça, c’est la guerre. Et ici, on nous dit « après mille ans et plus ». Ça veut dire que c’est une guerre qui dure depuis plus de mille ans, donc depuis toujours en fait. Mais on ne sait pas encore une guerre entre qui et qui.
Ligne 2, « Les Loups firent la paix avec les Brebis. »
Alors ici on nous parle de loups et de brebis, comme dans le titre. Le loup c’est un animal de la forêt qui va chasser des animaux pour manger, pour se nourrir. Et il va chasser des moutons, des brebis. Les brebis, ce sont des moutons, ce sont des animaux qui produisent de la laine ou du lait, et donc les humains vont les élever. Mais le problème, c’est que les loups mangent les brebis. Donc ici, on nous dit que les loups font la paix avec les brebis. Le mot « firent » dans la phrase « les loups firent la paix », c’est le passé simple de « faire ». Et donc, les loups vont faire la paix avec les brebis. Il n’y aura plus de guerre, plus de massacre. Dans cette fable, comme dans cette phrase, on va retrouver beaucoup le passé simple. Donc si vous voulez réviser le passé simple, c’est top parce que dans cette fable, il va y en avoir beaucoup. Et dès qu’on va retrouver un verbe conjugué au passé simple, je vais vous le signaler.
Ligne 3, « C’était apparemment le bien des deux parties. »
Les deux parties, c’est d’un côté les loups et de l’autre côté les brebis. Apparemment, cette paix était bien pour les loups et pour les brebis. Mais on peut se demander pourquoi la paix était bien pour les loups alors que les loups chassent les brebis ? Eh bien on va le voir juste après.
Ligne 4, « Car si les Loups mangeaient maintes bêtes égarées. »
Le « car » va introduire une explication à pourquoi la paix est bien pour les loups et pour les brebis. « Maintes », ça veut dire plusieurs ou quelques. Une bête, ici on parle des brebis, des moutons. Et « égarées », ça veut dire perdues. Donc les loups mangent en fait les brebis qui se sont perdues.
Ligne 5, « Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits. »
Dans cette phrase, on comprend pourquoi la paix est bonne pour les loups et pour les brebis. Les bergers, ce sont les humains qui protègent les moutons grâce aux chiens de bergers. Et donc les bergers vont tuer les loups et se servir de la peau des loups pour se faire des habits. Dans la ligne 5, « leur peau », le « leur » ici représente les loups. En fait, on pourrait dire : les bergers avec la peau des loups se faisaient des habits. Donc d’un côté, les loups mangeaient des moutons, des brebis, et de l’autre côté, les bergers tuent les loups pour se faire des vêtements. Donc, c’était un problème pour les moutons, pour les brebis et pour les loups. Et donc, une paix a été signée.
Ligne 6, « Jamais de liberté, ni pour les pâturages » et ligne 7, « ni d’autre part pour les carnages. »
Donc ici, on n’a jamais de liberté, ni pour les pâturages. Les pâturages, c’est quand les brebis, les moutons ou les vaches, en tout cas les animaux, vont manger de l’herbe dans les prés. Donc quand les brebis allaient manger de l’herbe, elles n’étaient pas tranquilles parce qu’elles avaient peur de se faire manger par des loups, elles n’avaient pas de liberté. Ligne 7, « ni d’autre part pour les carnages » — les carnages, c’est quand on va massacrer quelque chose. Les loups massacraient les brebis, les loups tuaient les brebis, mais ils n’avaient pas non plus de liberté parce que les chiens de berger faisaient la chasse au loup avec les bergers.
D’un côté, les brebis ne pouvaient pas manger tranquilles dans les prés par peur des loups et de l’autre côté, les loups ne pouvaient pas manger les brebis tranquilles par peur des humains, par peur des chiens.
Et donc on a un résumé dans la ligne 8, « Il ne pouvait jouir qu’en tremblant de leurs biens. »
Ici, le mot « jouir » ça veut dire profiter. Donc les loups et les brebis ne pouvaient profiter qu’en tremblant, donc qu’en ayant peur. Les loups pouvaient manger des brebis mais avec la peur de se faire tuer par des chiens. Et les brebis pouvaient manger de l’herbe dans les prés mais avec la peur de se faire tuer par les loups. Donc la famille des loups et la famille des brebis ont fait la paix, ils ne se font plus la guerre.
Ligne 9, « La paix se conclut donc. On donne des otages. »
Donc comme je vous le disais juste avant, la paix est signée entre les loups et les brebis. Pour garantir cette paix, on va donner dans les deux camps des otages. Un otage, c’est quelqu’un qui est capturé et qu’on va garder pour garantir la paix, pour que la paix soit durable, qu’elle dure dans le temps. Et donc on va voir à la ligne 10 quels otages vont être donnés dans le camp des loups et quels otages vont être donnés dans le camp des brebis.
Ligne 10, « Les Loups, leurs louveteaux et les Brebis, leurs chiens. »
Donc les loups ont donné les louveteaux. Les louveteaux, ce sont les petits loups, les bébés loups, les enfants. Donc la famille des loups a donné les petits loups, les enfants loups, aux brebis, aux bergers pour garantir la paix. Et les brebis, elles ont donné les chiens, les chiens de bergers qui les protégeaient, pour aussi garantir la paix entre les loups et les brebis.
Ligne 11, « L’échange en étant fait aux formes ordinaires » et ligne 12, « et réglé par des commissaires. »
L’échange, c’est quoi ? C’est l’échange d’otages. C’est le moment où les loups vont donner leurs enfants et les brebis vont donner leurs chiens. Ici, on nous dit que cet échange a eu lieu aux conditions normales, aux formes ordinaires, comme un échange dans une paix classique. Et réglé par des commissaires — un commissaire, c’est quoi ? En français moderne, c’est un inspecteur de police. Mais ça peut aussi être un commissaire de justice. Ici, dans la fable, c’est quelqu’un qui va être présent lors de la signature de la paix pour garantir que tout se passe bien.
Donc là, on parle de loup et de brebis, mais en fait, comme dans toutes les fables de La Fontaine, on parle d’humains. Évidemment, les loups ne signent pas de paix avec les brebis. D’ailleurs, les loups ne signent rien du tout parce qu’ils ont des pattes et qu’ils ne réfléchissent pas. Mais, en fait, La Fontaine veut à chaque fois faire passer des idées aux humains à travers les animaux. Donc ici, on nous dit que l’accord de paix conclu entre les loups et les brebis va être vérifié et réglé par des inspecteurs. Ça va être contrôlé, donc il n’y a pas de problème possible.
Ligne 13, « Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvards. »
Ici, on va aller un peu plus dans le futur parce qu’on nous dit « au bout de quelque temps ». Et après, « Messieurs les Louvards » — les louvards, ce sont les petits loups, ce sont les bébés loups, mais apparemment qui ont grandi puisque c’est quelques temps plus tard. Et quand on dit « Messieurs » à quelqu’un, c’est que c’est un adulte.
Ligne 14, « Se virent Loups parfaits et friands de tuerie. »
Alors, « se virent », c’est le passé simple du verbe « se voir ». Ce sont en fait les petits loups, les louveteaux, qui sont devenus des loups parfaits, des adultes. Donc les bébés loups, les petits loups mignons, sont devenus des loups adultes et on nous dit « friands de tuerie ». Quand on est friand de quelque chose, c’est qu’on adore quelque chose. « Je suis friand de pain au chocolat » ça veut dire que j’adore les pains au chocolat. Donc les loups, eux, sont friands de tuerie. La tuerie, c’est quand on tue quelqu’un. Donc les loups adorent tuer, et plus particulièrement, les brebis.
Alors, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. On s’est donc arrêtés à la ligne 14. Et donc, que pensez-vous qu’il va se passer après ? On nous explique dans les 14 premières lignes qu’il y a une paix entre les loups et les brebis. Pour garantir la paix, on va donner des otages. Les loups donnent aux brebis leurs bébés loups et les brebis donnent leurs chiens. Sauf que les bébés loups qui grandissent, eh bien deviennent de vrais loups qui ont envie de manger, qui ont envie de tuer. Que pensez-vous qu’il va se passer ? Eh bien on va rester sur ce cliffhanger et on verra tout ça demain. Je continuerai à vous expliquer la suite de la fable et je vous dirai ce qu’il va se passer pour ces pauvres petites brebis. Je vous laisse ici, on se retrouve donc demain pour la suite de cette fable et d’ici là je vous souhaite une bonne journée. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est aujourd’hui le dimanche 28 décembre 2025. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va continuer la fable que j’ai commencé, pardon, à vous expliquer hier. Hier, on a vu ensemble le début d’une fable qui s’appelle Le Loup et les Brebis. Je vous conseille d’écouter le podcast d’hier pour bien comprendre toutes les phrases de la fable. Pour bien comprendre l’histoire qui se passe. Et si vous ne voulez pas écouter, je vous fais un petit résumé tout de suite.
Donc hier, dans la première partie de la fable, on a vu ou plutôt on a parlé d’un accord de paix entre des loups et des brebis. Les loups ne veulent plus la guerre et les brebis non plus. Donc, on donne des otages dans cet accord de paix. Les loups donnent leurs louveteaux, leurs petits loups, et les brebis donnent les chiens de berger, les chiens qui les protégeaient. On se retrouve un tout petit peu plus tard, au moment où les loups ont grandi. Les petits loups sont devenus des loups adultes qui ont envie de manger et de tuer. Et donc on se retrouve ici à la suite du podcast d’hier, à la ligne 15.
« Ils vous prennent le temps que dans la bergerie. »
Alors « ils » au pluriel, ici, ce sont les loups. Et on est passé au présent. « Prendre le temps », c’est ici une ancienne forme pour dire « choisir le moment ». Aujourd’hui, « prendre le temps » ça veut dire autre chose — ça veut dire ne pas se presser, profiter des instants de la vie, aller doucement. Mais ici, dans la fable, ce sont les loups qui vont choisir le moment.
Ligne 16, « Messieurs les Bergers n’étaient pas. »
Ils vont donc choisir le moment où les bergers, donc les protecteurs des brebis, les humains, n’étaient pas dans la bergerie. Pour faire quoi ?
Ligne 17, « Étranglent la moitié des Agneaux les plus gras. »
Étrangler, ça veut dire tuer. Normalement, les loups tuent avec leurs crocs en attaquant les moutons, les brebis, au niveau du cou. Donc ils vont tuer les brebis en les mordant. Mais ici, La Fontaine a utilisé le verbe « étrangler ». Étrangler, c’est quelque chose que font les humains. C’est quand vous allez serrer le cou d’un humain avec vos bras ou vos mains, et vous allez donc priver la personne de sa respiration. Et donc ici, La Fontaine utilise ce verbe pour montrer qu’on parle d’humains, et transposer cette fable avec des loups et des brebis sur des humains. Donc les loups vont tuer la moitié des agneaux les plus gras. Les agneaux, ce sont les bébés des brebis, les bébés des moutons. Les loups vont massacrer un agneau sur deux — la moitié, c’est un sur deux.
Ligne 18, « Les emportent aux dents, dans les bois se retirent. »
« Les », ici, on parle des agneaux. Les loups emportent avec leurs dents les agneaux qu’ils ont tués, et ils partent dans les bois, ils partent dans la forêt.
Ligne 19, « Ils avaient averti leurs gens secrètement. »
« Ils » au pluriel, ici, ce sont les loups. Les loups qui étaient avec les brebis avaient prévenu les autres loups dans la forêt. « Leurs gens », ce sont leurs familles, ce sont les autres loups. Et donc, les loups qui étaient avec les brebis avaient fait passer le message aux autres loups, comme quoi ils allaient rompre la paix, comme quoi ils allaient tuer les agneaux.
Ligne 20, « Les Chiens qui sur leur foi reposaient sûrement. »
Ici donc on parle des chiens qui étaient gardés en otage par les loups. Les chiens se reposaient tranquillement parce qu’ils faisaient confiance aux loups. Dans la phrase, « sur leur foi » — F-O-I — ça veut dire la croyance, la confiance. Avoir foi en Dieu, ça veut dire croire en Dieu. Les chiens avaient foi en les loups, les chiens croyaient que les loups seraient honnêtes. Mais malheureusement,
Ligne 21, « Furent étranglés en dormant. »
« Furent », c’est le passé simple du verbe « être » conjugué à la troisième personne du pluriel. Pourquoi du pluriel ? Parce qu’il y a plusieurs chiens. Ce sont les chiens qui ont été tués, qui ont été étranglés en dormant. Là encore, on a l’utilisation du verbe « étrangler » qui est quelque chose que les humains font mais pas les animaux, pour rappeler encore que cette fable est destinée aux humains.
Ligne 22, « Cela fut si tôt fait qu’à peine ils le sentirent. »
« Cela fut », « fut » c’est le passé simple du verbe « être » à la troisième personne du singulier. Et « si tôt fait » ça veut dire très vite fait. Cela fut très rapide. Qu’est-ce qui fut très rapide ? Le fait que les loups tuent les chiens. Les chiens étaient en train de dormir donc ils n’ont même pas senti, ou alors à peine, qu’on les avait tués. À la fin de la phrase, on a « sentirent » — c’est le passé simple du verbe « sentir ».
Ligne 23, « Tout fut mis en morceaux. Un seul n’en échappa pas. »
Alors ici, c’est une formule un peu ancienne du français. « Tout » est au singulier, mais en fait, ce serait plutôt « tous » puisque il y a plusieurs chiens. « Mis en morceaux », ça veut dire que les chiens ont été tués, ont été dépecés, ont été tout simplement exécutés. Pas un seul n’en échappe. Il n’y a pas un seul chien qui a survécu. Les loups ont tué tous les chiens.
Ici, à la fin de cette phrase, la fable — ou plutôt l’histoire contenue dans la fable avec les loups et les brebis — se termine. Et à partir de la ligne suivante, de la ligne 24, on a la morale de la fable. Je vous rappelle que dans toutes les fables de La Fontaine, il y a une morale. Il y a quelque chose à retenir, une idée que l’auteur essaie de nous faire passer.
Ligne 24, « Nous pouvons conclure de là. »
Là on est revenu au présent puisque c’est une généralité. Et « conclure » ça veut dire tirer une conclusion. Ça veut dire que grâce à cette histoire, on va pouvoir comprendre quelque chose.
Ligne 25, « Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle. »
Donc la conclusion de cette fable c’est qu’envers les personnes méchantes, il faut continuer de faire la guerre. Une guerre continuelle, c’est une guerre qu’on fait tout le temps, sans s’arrêter.
Ligne 26, « La paix est fort bonne de soi. »
Là, c’est une formule un peu ancienne. « De soi », on dirait plutôt aujourd’hui « en soi ». La paix est fort bonne — c’est quelque chose de bien en soi. Ça veut dire qu’en vrai, en réalité, la paix c’est super. La paix c’est quelque chose qu’on veut tous.
Lignes 27 et 28, « J’en conviens, mais de quoi sert-elle avec des ennemis sans foi ? »
« J’en conviens », ici c’est l’auteur qui parle, c’est La Fontaine qui dit « je suis d’accord, la paix, c’est quelque chose de bien, mais il y a un mais ». À quoi sert la paix, si elle est faite avec des ennemis sans foi ? Des ennemis sans foi, c’est des ennemis qui ne croient en rien, qui ne respectent rien, qui ne respectent pas l’accord de paix.
Donc la morale plus générale en fait, c’est : attention aux personnes en qui vous placez votre confiance. Attention à qui vous faites confiance. Parce que ces personnes ne vont pas forcément respecter leurs paroles, ne vont pas forcément vous respecter. Et il y a autre chose dans cette fable, c’est que les puissants, finalement, gagnent toujours au final. La puissance, la force va gagner par rapport à la diplomatie, au fait de vouloir signer un traité de paix. En fait, c’est pour dénoncer cette chose que La Fontaine écrit cette fable. Il est contre le fait que les puissants ne respectent rien. Et donc il a écrit cette fable pour nous faire comprendre tout cela — et il ne faut pas oublier le contexte historique. La Fontaine vit en France au même moment que Louis XIV. Louis XIV incarnait le pouvoir absolu. En fait, dans cette fable, il incarne le loup, il incarne la force, la puissance, et donc La Fontaine, grâce à cette fable, fait une critique du pouvoir absolu, du pouvoir du roi qui ne respecte pas forcément les autres, les plus faibles.
Est-ce que vous avez compris ? Est-ce que ça vous a intéressé de travailler cette fable ? J’espère que oui, parce que je le fais pour vous, bien sûr, pour que vous puissiez comprendre la culture française, comprendre ses fables et mieux comprendre du français.
Donc comme d’habitude, je vais vous relire la fable en entier à une vitesse normale et après, je vous lirai une version retravaillée par moi pour que vous compreniez bien.
Allez, c’est parti avec la version originale.
Le Loup et les Brebis, par Jean de La Fontaine.
Après mille ans et plus de guerres déclarées, Les Loups firent la paix avec les Brebis. C’était apparemment le bien des deux parties, Car si les Loups mangeaient maintes bêtes égarées, Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits. Jamais de liberté, ni pour les pâturages, Ni d’autre part pour les carnages. Il ne pouvait jouir qu’en tremblant de leurs biens. La paix se conclut donc. On donne des otages, Les Loups, leurs louveteaux et les Brebis, leurs chiens. L’échange en étant fait aux formes ordinaires Et réglé par des commissaires, Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvards Se virent Loups parfaits et friands de tuerie, Ils vous prennent le temps que dans la Bergerie Messieurs les Bergers n’étaient pas, Étranglent la moitié des Agneaux les plus gras, Les emportent aux dents, dans les bois se retirent. Ils avaient averti leurs gens secrètement. Les Chiens, qui sur leur foi reposaient sûrement, Furent étranglés en dormant. Cela fut si tôt fait qu’à peine ils le sentirent. Tout fut mis en morceaux. Un seul n’en échappa pas. Nous pouvons conclure de là Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle. La paix est fort bonne de soi, j’en conviens, Mais de quoi sert-elle avec des ennemis sans foi ?
Et voilà, ça c’est la fable de La Fontaine à vitesse normale. Et donc maintenant, je vais vous lire la version simplifiée que j’ai créée pour vous.
Le Loup et les Brebis, par Adrien.
Après plus de mille ans de guerre, les loups firent la paix avec les brebis. C’était pour le bien de tous, car si les loups mangeaient quelques brebis perdues, les bergers se servaient de la peau des loups pour se faire des vêtements. Aucune liberté, ni pour les brebis dans les prés, ni pour les loups qui voulaient manger les brebis. Les deux familles d’animaux vivaient dans la peur. La paix fut donc signée. Des otages furent échangés. Les loups donnaient leurs enfants et les brebis leurs chiens. L’échange eut lieu aux conditions normales et fut vérifié par des inspecteurs. Au bout de quelque temps, les petits loups devinrent des loups adultes aimant tuer. Ils choisissent le moment où les bergers n’étaient pas dans la bergerie. Ils massacrent la moitié des plus gros agneaux et les emportent dans leur gueule jusque dans la forêt. Ils avaient prévenu secrètement les autres loups. Les chiens, qui avaient fait confiance et se reposaient tranquillement, furent tués dans leur sommeil. Cela fut si rapide que les chiens ne purent rien sentir. Tous furent exécutés, pas un seul n’en échappa. Nous pouvons en conclure qu’il faut faire sans arrêt la guerre au méchant. La paix est quelque chose de bien, je le reconnais, mais à quoi sert-elle avec des ennemis qui ne respectent rien ?
Je pense qu’avec cette version de la fable, vous avez compris plus facilement. Avec une version écrite en français moderne et surtout avec des termes plus simples, les fables de La Fontaine sont beaucoup plus faciles à comprendre. Bien, je vous laisse ici pour aujourd’hui. J’espère que vous avez passé un bon week-end, que vous allez passer un bon dimanche. Et nous, on se retrouve demain pour une nouvelle expression française. Demain, on va voir une expression qui est « écouter le chant des sirènes ». On se retrouve donc demain lundi et d’ici là je vous souhaite une bonne journée. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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