« L’élève dépasse le maître » et ma vie d’élève, enfant et adulte

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous avez passé de bonnes fêtes, un bon réveillon de Noël pour ceux qui l’ont fêté. Aujourd’hui, on est le vendredi 26 décembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue, bien sûr, dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on va passer, on va passer, pardon, on va parler d’une expression française qui est « L’élève dépasse le maître ».

1) Ma vie d’élève, enfant et adulte

Et donc, ça m’a fait envie de vous parler d’élèves, de maîtres, de professeurs. Et donc, je vais vous parler un peu avant de vous détailler l’expression de ma vie d’élève quand j’étais à l’école et plus précisément à l’école primaire. L’école primaire, ça commence à 6 ans et ça se finit à 10 ou 11 ans. Oui, c’est ça, 10 ou 11 ans et après, on passe au collège.

Alors quand j’étais enfant, quand j’étais à l’école primaire, et même maintenant d’ailleurs, j’avais des facilités pour apprendre. C’était facile pour moi d’apprendre, sauf que je n’aimais pas l’école, je n’aimais pas travailler à l’école et je n’aimais pas travailler chez moi pour faire mes devoirs. Évidemment, comme beaucoup d’enfants, je préférais aller jouer avec des copains, aller faire du foot, aller jouer dehors, faire du vélo ou même jouer tout seul dans ma chambre.

Et donc ma mère devait m’obliger à travailler, devait prendre du temps pour vérifier que je travaille parce que vraiment je n’aimais pas ça. Mais bon, je comprenais facilement, donc dès que je commençais à travailler, je comprenais et j’arrivais à aller le plus vite possible pour faire mes devoirs et ça, c’est une habitude qui est restée pour moi. Quand je fais quelque chose, j’essaie de le faire rapidement. Je comprends assez facilement mais j’ai du mal à m’y mettre. Mais quand je m’y mets, eh bien je fais ça rapidement, je fais le travail assez rapidement.

Et donc pour revenir à ma vie d’écolier, à ma vie d’enfant, quand on entre en école primaire on a six ans et la première année d’école primaire on apprend à lire et à écrire et donc ça s’appelle le CP, le cours préparatoire. CP ce sont les initiales, les premières lettres du mot « cours » et du mot « préparatoire ». Et quand j’étais en CP j’avais une maîtresse, une institutrice, qui était très stricte, qui était assez dure.

Elle s’appelait Madame Oustry, je peux dire son nom parce que je pense que maintenant elle est morte. C’était il y a combien de temps ? Il y a 34 ans, j’avais 6 ans. Elle, elle devait avoir peut-être 50, 60 ans. Ah, peut-être qu’elle est encore vivante. Madame Oustry, si vous m’écoutez, bonjour à vous ! Et donc elle était assez difficile, assez stricte, parce qu’elle voulait nous apprendre le respect, la discipline, le goût du travail. Mais à l’époque, quand j’étais enfant, je trouvais juste qu’elle était méchante. Aujourd’hui, avec le recul, évidemment je comprends qu’elle voulait nous faire aimer l’école et aimer le côté assez rigoureux, assez carré du travail.

D’ailleurs c’est marrant parce que cette institutrice, cette professeur, cette maîtresse, je l’ai revue dans la ville où j’habitais enfant dans un supermarché mais 10 ou 15 ans plus tard, donc j’avais peut-être 17 ou 18 ans. Et elle m’a reconnu, c’est incroyable la mémoire des professeurs. Moi je l’ai reconnue parce que je n’ai eu qu’une professeur en CP, je n’ai eu qu’une institutrice, donc évidemment que je l’ai reconnue. Mais je trouve ça incroyable qu’elle ait réussi à me reconnaître dans ce supermarché et surtout qu’elle a retenu mon prénom. Elle m’a dit tranquillement « Ah bonjour Adrien, comment vous allez, comment ça se passe ? » Très gentille, pas du tout comme quand j’étais en CP.

Et donc après, on a le collège après l’école primaire, après on va au lycée, et après on est étudiant et enfin on commence à travailler. Et en fait pourquoi je vous parle de ça ? Parce que quand on apprend quelque chose, on est un élève. Quand j’étais en CP, quand j’étais à l’école, j’étais un élève et j’apprenais à lire et à écrire. Ensuite au collège, on apprend la physique, les mathématiques, on apprend des choses plus compliquées. Et après au lycée, toujours plus difficile.

Mais on est toujours un élève parce qu’on apprend… étudiant, pareil. Et on apprend aussi quand on fait une activité en dehors de l’école, bien sûr le sport. Par exemple, quand j’étais enfant, je faisais du foot et du karaté, et bien j’ai appris à jouer au foot, j’ai appris le karaté, j’étais élève en karaté. Donc dès qu’on fait une activité qu’on ne connaît pas, qu’on commence à apprendre, on devient un élève et on apprend. Et autant quand j’étais enfant, je trouvais qu’être élève, c’était nul, d’apprendre des choses, c’était nul et je n’aimais pas ça. Autant aujourd’hui, avec mon recul d’adulte, avec ma vie d’adulte, je trouve qu’être élève, d’apprendre des choses, c’est extraordinaire, c’est une superbe position.

J’adore apprendre. J’adore découvrir de nouvelles choses, apprendre de nouvelles langues, de nouvelles techniques, vraiment c’est génial. Et je trouve que c’est mieux d’être un élève que d’être le maître. C’est mieux, je trouve, d’être quelqu’un qui apprend plutôt que celui qui va enseigner. Pourquoi ? Parce que je vois l’apprentissage comme en fait un long chemin. Comme… oui, c’est ça, un chemin, une route, vous allez avoir des problèmes, des difficultés, mais vous allez continuer à avancer. Et ce qui est amusant, ce qui est intéressant dans l’apprentissage, ce n’est pas le but en fait. Quand vous avez atteint votre but, c’est moins marrant, c’est moins intéressant. Ce qui est intéressant, c’est tout le chemin que vous allez parcourir. C’est les années que vous allez passer à apprendre une langue, en l’occurrence, avec ce podcast, qui sont intéressantes, qui sont amusantes.

Une fois que vous saurez parler français parfaitement, vous pourrez toujours bien sûr discuter avec des Français, voir des films en français, lire des livres en français. Mais bon, une fois qu’on en est arrivé là, eh bien… après ça c’est personnel, mais moi j’apprendrai une autre langue. Quand je connaîtrai suffisamment le japonais, je continuerai à regarder des films japonais, je continuerai à lire en japonais, mais je commencerai à apprendre une autre langue parce que ce qui est intéressant, comme je vous le disais, c’est l’apprentissage.

Ce qui fait plaisir, ce qui est enrichissant pour son cerveau, pour son moral, pour son bien-être, c’est l’apprentissage. J’ai écouté un jour une interview d’un monsieur qui est milliardaire et qui est jeune, il a 30 ans, et il est devenu milliardaire en vendant sa société. Ce monsieur, il a arrêté de travailler, il a 30 ans, il a des milliards de dollars, il a complètement arrêté de travailler et il a commencé à voyager, à visiter des pays, à faire des choses, à faire des activités, à s’amuser, à sortir, à faire la fête, à visiter d’autres pays. Et il raconte dans son interview qu’il a fait beaucoup, beaucoup de choses pendant dix ans jusqu’à ses quarante ans. Et qu’en fait, il s’est rendu compte que ça ne le comblait pas, que ça ne le rendait pas heureux au final de faire tout ça. Et vous savez c’est quoi la seule chose qui le rend heureux ? Eh bien il dit que c’est d’apprendre. Il a découvert l’apprentissage d’une chose, puis d’une autre, puis d’une autre. Il se rend compte que son bonheur, son équilibre mental, c’est dans le fait d’apprendre, que l’enrichissement intellectuel est bien plus intéressant pour le corps et pour l’esprit que de profiter de l’argent qu’il avait.

Alors bien sûr, on peut dire ça quand on a de l’argent. Quelqu’un qui est dans la rue qui n’a pas d’argent pour vivre, évidemment il va préférer pouvoir manger, avoir de l’argent que d’apprendre. Mais j’ai trouvé ça intéressant son point de vue parce que effectivement je pense que l’apprentissage c’est ce qui va construire le cerveau, c’est ce qui va construire une personne et on peut trouver dans le fait d’apprendre plein de choses une satisfaction et on va en tirer un bonheur et un enrichissement personnel, un enrichissement intellectuel. Et donc, comme je vous le disais, ce qui est intéressant, c’est le chemin, c’est le temps que vous allez passer à apprendre.

Comme le dit Orelsan, qui est un rappeur français que j’adore, dans une de ses chansons, il dit « Ce qui compte, ce n’est pas l’arrivée, c’est la quête ». La quête, c’est la recherche de quelque chose. Écoutez cette chanson, elle s’appelle « La quête » et c’est d’Orelsan et c’est une chanson que j’adore et j’adore ce que fait en général ce rappeur. Bien, j’ai un peu trop parlé, mais c’est pas grave.

2) Expression française du jour : L’élève dépasse le maître

On va passer maintenant à l’expression du jour « L’élève dépasse le maître ». Alors, ça ne va pas être très long de vous expliquer l’expression puisque je vous ai déjà parlé du mot élève. Élève, c’est quand on apprend quelque chose.

Il y a quelque chose de marrant avec ce mot, c’est qu’on peut le mettre au masculin comme au féminin. On peut dire un élève pour un garçon et une élève pour une fille. Et ça, c’est assez rare en français. Alors il y en a quelques-uns, on peut dire un collègue, une collègue, on peut dire un scientifique, une scientifique. Mais c’est vrai que tous les mots ne sont pas comme ça et c’est plutôt rare. « Élève » ça vient du verbe « élever ». Ce sont des mots qui ont la même racine. « Élever », en fait c’est aider une personne à grandir, aider une personne à réfléchir, à se développer, à mieux comprendre les choses, à mieux raisonner. Élever quelqu’un, c’est lui permettre d’être quelqu’un de meilleur afin de pouvoir lui-même affronter la vie. On dit plutôt éduquer mais ça n’a pas vraiment le même sens. Élever, c’est vraiment tirer vers le haut, c’est apprendre des choses incroyables à quelqu’un pour lui permettre d’être une personne meilleure.

On revient à l’expression, on a donc ensuite le mot « dépasser », qui vient du verbe « dépasser ». Et c’est un verbe du premier groupe. Dépasser, c’est passer devant quelqu’un. On pourrait dire ici « L’élève passe devant le maître et donc devient meilleur. » On peut dépasser quelqu’un dans une course à pied. Imaginez : vous courez et vous passez devant la personne et donc là vous aurez dépassé quelqu’un.

Je vais vous conjuguer le verbe au présent et au futur. Alors, dépasser au présent, ça donne « je dépasse, tu dépasses, il dépasse, nous dépassons, vous dépassez et ils dépassent ». Et au futur : « je dépasserai, tu dépasseras, il dépassera, nous dépasserons, vous dépasserez et ils dépasseront ». Je ne sais pas si vous entendez mais quand je prononce le verbe au futur, je ne prononce quasiment pas le E au milieu. Je ne dis pas « nous dé-pa-se-rons », je dis « nous dépasserons ». Mais il y a bien un E au milieu. Si vous voulez lire plutôt tout ce que je dis, vous pouvez vous abonner à mon Patreon, ça vous permettra d’avoir la transcription des podcasts, des podcasts exclusifs en livre audio et sur des contes et mythologies. Et surtout, ça peut me permettre, moi, de gagner un petit peu d’argent pour me remercier et m’aider à produire le podcast. En tout cas, merci beaucoup à mes abonnés, ça fait bien plaisir et donc, je vous remercie par ce nouvel épisode.

Donc, on revient à l’expression, on a ensuite « le maître ». Le maître, c’est la personne qui va enseigner à un élève. C’est la personne qui va apprendre quelque chose à quelqu’un. Pour les femmes, on dit maîtresse. Mais ce n’est pas forcément pour l’école. Dans l’expression « l’élève dépasse le maître », ici le maître a une valeur symbolique. Quelqu’un qui est meilleur qu’un autre. Mais on parle de ça pour l’école, comme pour la danse, la musique, la poésie. Mais c’est vrai que pour l’école spécifiquement, maintenant on dit plutôt un professeur ou une professeur. Mais c’est vrai qu’on dit parfois maître ou maîtresse pour l’école et aussi dans les arts martiaux. Le mot sensei en japonais, c’est maître en français. Et d’ailleurs on dit parfois aussi sensei en français quand on fait un art martial. Si vous faites de l’aïkido, du judo, vous pouvez dire en français « c’est ce que m’a appris mon sensei », « c’est ce que m’a appris mon maître », c’est la même chose.

Alors, l’élève dépasse le maître, ça veut dire quoi ? Eh bien c’est tout simplement quand l’élève devient meilleur que le maître. Ici, il n’y a pas de sens caché, c’est le moment en fait où celui qui apprend va devenir meilleur que celui qui enseigne. Alors là, c’est intéressant parce qu’on a deux emplois, on a deux sens du mot apprendre. Et suivant ce qui est placé après, ça va être différent.

Je vous explique : « j’apprends à un ami le français ». Ça veut dire que c’est moi qui enseigne, c’est mon ami qui va recevoir mon enseignement. Donc « j’apprends à », ça veut dire que je vais apprendre quelque chose à une personne, je vais donner des conseils, je vais enseigner à une personne. Et si je dis « j’apprends de mon ami le français », là c’est moi l’élève et c’est mon ami qui va m’apprendre à parler français. Donc « j’apprends à quelqu’un » ou « j’apprends de quelqu’un », c’est différent. Là, on se place dans une position d’élève quand on dit « j’apprends de » et on se place dans une position de maître, de professeur quand on dit « j’apprends à ». Donc ça, c’est intéressant de le savoir.

Alors qui a utilisé cette expression en premier ? Qui a inventé cette expression ? Alors De Vinci a dit une phrase un peu similaire. Lui, il a dit « Le mauvais élève est celui qui ne dépasse pas le maître ». Ici, on a deux fois quelque chose de négatif avec « mauvais » et « ne dépasse pas » qui est la négation. Donc je vais vous reformuler la phrase. La phrase de De Vinci, c’est « Le mauvais élève est celui qui ne dépasse pas le maître » ou on pourrait dire « Le bon élève est celui qui dépasse le maître ». Celui qui apprend correctement, qui va être régulier, qui va faire des heures et des heures de travail, c’est un bon élève, et un jour, il sera meilleur que son maître.

Imaginez, vous avez un fils, une fille, peut-être que c’est la réalité, et vous lui faites découvrir un sport. Vous lui faites découvrir le football, par exemple. Donc vous prenez un ballon, vous tapez avec lui pendant quelques années. Ensuite, il va s’inscrire dans un club. Il va faire du foot en club, puis il aime tellement ça qu’il va faire sport-études. Il va faire du foot et faire de l’école en même temps. Il va grandir, devenir ado et devenir bien meilleur que vous. Eh bien l’élève aura dépassé le maître. Votre fils ou votre fille, qui est très bon au foot, va être meilleur que vous alors que c’est vous qui lui avez fait découvrir ce sport.

En anglais on dit The student has surpassed the master. L’élève a surpassé le maître. On peut dire ça aussi, plutôt que dépasser. Mais bon, les deux marchent, surpasser, dépasser, c’est tout bon. Bien, on arrive au bout du podcast. Demain, on fait quoi ? Demain, on ne fait pas une expression. Demain, je vais vous parler d’une nouvelle fable de La Fontaine qui s’appelle « Le Loup et les Brebis ».

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