« Prendre ses jambes à son cou » et l’écriture inclusive

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui on est le mardi 23 décembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Alors aujourd’hui je vais vous parler un peu d’écriture inclusive.

1) L’écriture inclusive

Est-ce que vous avez déjà entendu parler de ça ? Est-ce que vous savez ce que c’est l’écriture inclusive ? Je vais vous expliquer tout de suite. Alors, avant de vous expliquer l’écriture inclusive, ou plutôt pour que vous puissiez la comprendre, il faut que je vous rappelle une règle de grammaire en français.

C’est qu’en général, dans les accords de mots, eh bien on dit que le masculin l’emporte sur le féminin, le genre masculin dans les mots l’emporte sur le genre féminin. Par exemple, avec un participe passé et le verbe être, on va prendre par exemple le verbe « entrer ». Si je dis « nous sommes entrés », « entré » c’est le participe passé et on va donc devoir accorder « entré » avec le « nous ». Le « nous », c’est moi et d’autres personnes. Si c’est moi avec, on va dire, deux autres hommes, on est trois hommes, eh bien c’est facile, on met un « s » à « entré » puisqu’on est masculin et on est plusieurs. Si c’est trois femmes qui disent « nous sommes entrées », « entré », on va mettre « é,e,s » parce qu’il y a trois femmes et elles sont plusieurs.

Mais alors, comment on fait quand il y a un homme avec deux femmes ou une femme avec deux hommes ? Eh bien dans tous les cas, le masculin l’emporte sur le féminin, donc on va conjuguer « entrés » (é,s), même s’il y a plus de femmes que d’hommes. Si le « nous » dans « nous sommes entrés », c’est un homme et cent femmes, eh bien on accordera quand même « é,s », on va donc accorder le participe passé au masculin et au pluriel. C’est pour ça que je vous dis, en grammaire française, le genre masculin l’emporte sur le féminin.

En ce moment, dans notre société actuelle moderne, on est à une époque où on est en train de se demander si la grammaire française influe sur la société. Est-ce que le fait de dire en grammaire que le masculin l’emporte sur le féminin, ça veut dire que les hommes sont supérieurs aux femmes ?

Personnellement, je ne le crois pas, je ne pense pas que la grammaire ait un quelconque rapport avec les inégalités entre les hommes et les femmes, mais apparemment certaines personnes le pensent et donc ont créé l’écriture inclusive, où on va avoir des modifications du français — il y a des mots qui vont changer, il y a des accords qui vont changer, il y a des mots qui vont être créés — tout ça pour créer une égalité au niveau de la grammaire entre le masculin et le féminin.

Alors l’écriture inclusive, ça contient beaucoup de choses. Je vais vous parler des points principaux et je vais vous donner mon avis. Ce n’est que mon avis personnel et ça n’engage évidemment que moi.

Dans l’écriture inclusive, on va avoir la création de mots de métier et de fonction au féminin. On va rendre féminin des mots qui étaient avant uniquement masculins. Je vous donne l’exemple pour un directeur d’école. Eh bien avant, que ce soit une femme ou un homme, on disait « Madame le directeur, Monsieur le directeur ». Maintenant on va dire « Madame la directrice et Monsieur le directeur ». Pareil pour un ministre — avant on disait « Monsieur le ministre, Madame le ministre ». Eh bien maintenant on va dire « Monsieur le ministre, Madame la ministre ». Un auteur de roman, aujourd’hui on va dire autrice. Un auteur, une autrice, ou alors auteure avec un « e ». Donc vous voyez, on a en fait transformé des mots masculins en féminin pour qu’il y ait une égalité dans ces mots, dans ces titres, dans ces métiers, dans ces fonctions.

Alors pour moi, ça, c’est une bonne chose. Ça ne me choque pas de dire directrice plutôt que directeur. Je trouve ça très bien d’avoir féminisé des mots de métier, des mots de titre, des fonctions pour qu’il y ait un mot pour l’homme et un mot pour la femme. Avec ça, moi j’ai aucun problème. La langue française évolue comme toutes les langues vivantes, c’est quelque chose qui va changer au fil des ans et je trouve que ce changement est très bien.

Ensuite, si on reparle de l’accord du participe passé dont je vous ai parlé au début, il y a dans l’écriture inclusive une règle qui dit que c’est le nombre qui va décider de l’accord qu’on va faire. Par exemple, on reprend « nous sommes entrés » — s’il y a un homme et trois femmes, il y a plus de femmes que d’hommes et donc « entré » prendra un « é,e,s ». Mais si il y a autant d’hommes que de femmes, comment on fait ? Eh bien j’en sais rien. C’est pour ça que je trouve que cette règle vraiment, elle ne sert pas à grand-chose. D’ailleurs, elle est très peu appliquée. On apprend toujours aux enfants, en grammaire, que s’il y a un homme et plusieurs femmes, on accorde comme si c’était masculin.

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Ensuite, on a dans l’écriture inclusive un nouveau pronom qui a été créé, c’est le « iel », I-E-L, et c’est un mélange entre il et elle. Ça a été créé pour les personnes qui ne se définissent ni comme un homme, ni comme une femme, pour les personnes qui pensent ne pas appartenir au genre masculin et ne pas appartenir au genre féminin. Alors, j’ai pas d’avis là-dessus. Je pense que s’il y a des personnes que ça rassure d’avoir un pronom à elles, le « iel », si c’est quelque chose pour leur santé mentale qui est important, eh bien très bien, on peut adopter ce « iel ». Mais franchement, je ne le vois quasiment jamais dans les livres, donc j’imagine que soit ça va disparaître, soit ça va prendre plus de temps qu’on pensait à l’adopter.

Et enfin, dernière chose avec l’écriture inclusive — là par contre c’est quelque chose que je trouve insupportable, que je déteste et que j’espère va disparaître — c’est que parfois à la fin des mots, il y a un point médian et on va rajouter un « e » et un autre point et un « s ». On va prendre le mot artisan, les artisans. Un artisan, c’est quelqu’un qui va faire un travail manuel et qui va fabriquer quelque chose. Un boulanger, c’est un artisan. Donc on va écrire « artisan·e·s » avec un point médian. Et ça, c’est horrible. Quand on lit, franchement c’est compliqué, c’est pas fluide. Alors peut-être que je suis un vieux con, mais le point médian, moi, il me sort par les yeux. Je trouve ça moche d’écrire comme ça. Autant le fait de mettre au féminin des noms de métier, je suis tout à fait pour. Autant le « iel », ça ne me dérange pas. L’accord du participe passé, bon, je trouve ça discutable, mais pourquoi pas. Mais le point médian, ça, c’est no way.

Enfin bref, ça, c’est que mon avis. Le futur nous dira si en français l’écriture inclusive va disparaître ou alors si elle va rester et qu’on va la retrouver dans les livres au fur et à mesure du temps.

2) Expression française du jour : Prendre ses jambes à son cou

Maintenant je vais vous parler d’une expression qui est « prendre ses jambes à son cou ». On va détailler les mots de l’expression. Il y a six mots. Le premier, c’est un verbe, le verbe « prendre » dont on a déjà parlé plusieurs fois. Souvent, « prendre » c’est attraper quelque chose avec la main. Là, à côté de moi, j’ai une tasse de thé. Je prends la tasse à la main. Ça, c’est le verbe « prendre ». Mais aujourd’hui, je vais vous donner un sens un peu différent de prendre.

Je vais vous parler du sens de prendre pour grossir. On peut utiliser le verbe prendre quand vous voulez dire à quelqu’un qu’il a grossi. Vous pouvez dire « Qu’est-ce que t’as pris ! » ça veut dire « Qu’est-ce que t’as grossi ! » Alors c’est pas très gentil de dire ça à quelqu’un, mais si c’est à un pote et que vous le connaissez bien, si c’est en rigolant, il n’y a pas de problème. Donc prendre, ça veut dire prendre du poids en fait, grossir. On dit d’ailleurs prendre des hanches, prendre du ventre, prendre du poids, prendre de l’embonpoint. Vous pourriez dire : « T’as vu Adrien récemment ? Il a pris du ventre, c’est incroyable ! » Non, j’ai pas pris du ventre, c’est faux ! Ou vous pourriez parler d’une femme que vous connaissez et vous dites « Elle a pris des hanches depuis le mois dernier, c’est impressionnant ». Ça veut dire que cette femme aurait grossi des hanches.

Ensuite on a « ses jambes ». « Ses » quand c’est écrit S-E-S, c’est un déterminant possessif, ça veut dire que quelque chose appartient à quelqu’un. Ici c’est les jambes d’une personne. Les jambes, vous connaissez, c’est ce qu’il y a en dessous de la taille. Mais en fait, si on veut être plus précis, en anatomie, la jambe, c’est du genou à la cheville et la cuisse de la hanche au genou. Mais bon, peu importe, on va dire que les jambes, c’est en dessous du bassin. Donc, « prendre ses jambes » — « à », c’est une préposition — et ici ça va introduire l’endroit où vont aller les jambes. Où ça ? Eh bien à son cou. On a encore là un déterminant possessif qui marque la possession et le cou, c’est ce qui va relier la tête au buste.

Donc imaginez que vous courez tellement vite que vos jambes vont arriver au niveau de votre cou. Eh bien « prendre ses jambes à son cou », c’est s’enfuir. Déguerpir, c’est partir en vitesse. Vous courez tellement vite que vos jambes vont monter au niveau de votre cou. Évidemment, c’est une image, c’est quelque chose d’un peu humoristique, mais en vrai, ça veut dire s’enfuir. Ça veut dire partir très vite.

Et souvent, c’est suite à une émotion, suite à de la peur, de la terreur, ça peut être de la surprise, de la tristesse. Si vous regardez l’image du podcast, je vous ai mis une petite fille qui court très vite parce que derrière, il y a un énorme monstre avec la bouche ouverte. La petite fille doit avoir peur, elle n’a pas l’air rassurée parce qu’elle va se faire manger par le monstre. Donc elle court très vite, elle court pour sauver sa vie, elle court parce qu’elle a peur, elle court pour s’enfuir. Elle prend ses jambes à son cou.

Est-ce que vous avez compris ? « Prendre ses jambes à son cou », ça veut dire s’enfuir. Souvent on voit ça aussi dans les livres d’horreur ou les films d’horreur. Il y a toujours une scène où le héros ou l’héroïne, le personnage principal, va s’enfuir, va essayer de partir au plus vite pour ne pas se faire rattraper par le tueur. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, dans ces films, le personnage principal est toujours en train de courir, le tueur lui, il marche, mais le personnage principal n’arrive jamais à prendre de la distance par rapport au tueur, alors qu’il y en a un qui court et l’autre qui marche. Soit la personne court très doucement et donc le tueur peut la rattraper en marchant, soit c’est de la connerie les films d’horreur. Enfin bref, je suis en train de m’égarer, revenons à nos moutons.

Donc prendre ses jambes à son cou, c’est partir en vitesse, c’est s’enfuir. En anglais, on dit to run for your life, courir pour sa vie. N’hésitez pas à utiliser cette expression en français quand vous voyez quelqu’un qui court très, très vite parce qu’il a eu peur. Si vous voyez quelqu’un qui court très vite sur une piste d’athlétisme, on ne peut pas utiliser prendre ses jambes à son cou. C’est uniquement quand il y a eu un événement spécifique — de la peur, de la surprise — qui a déclenché la course.

Demain, nouvelle expression française — on sort le mercredi 24 décembre, c’est le réveillon de Noël, mais je serai quand même là pour vous fournir un podcast par jour. Et on va voir ensemble une expression qui est « être un pique-assiette ». Je vous parle de tout ça demain, d’ici là, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit et je vous dis à bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !


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