« Diviser pour mieux régner » et le soir du réveillon

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, c’est le… pardon, je m’étouffe. Aujourd’hui, c’est le dernier jour de l’année. On est le mercredi 31 décembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien.

Et aujourd’hui, j’entame la deuxième année de mon podcast. Si vous avez écouté l’épisode d’hier, j’ai fait un petit bilan de cette année et à partir d’aujourd’hui, c’est la deuxième année de mon podcast Le français, c’est facile avec Adrien. Peut-être que vous entendez mon chien derrière, il est en train de s’énerver sur le canapé, il est en train de grogner en jouant tout seul. Enfin bref, ne faites pas attention à lui et on va pouvoir commencer aujourd’hui avec, eh bien comme d’habitude, une nouvelle expression française qui est « diviser pour mieux régner ».

1) Le soir du réveillon selon l’âge

Mais avant, comme on est le 31 décembre, je vais vous parler un peu du soir du réveillon en France et dans le monde en général. Car je pense que ce dont je vais vous parler, ça arrive dans le monde entier et pas qu’en France. Je vais vous parler un peu de comment on passe le réveillon suivant l’âge qu’on a, suivant si on est enfant, ado, adulte ou plus âgé.

Alors quand on est enfant, eh bien on ne peut que suivre ses parents. Et en général, les parents vont passer le réveillon chez des amis ou en famille. Donc, on va suivre les parents chez des amis et à ce moment-là, on s’ennuie. Pourquoi ? Parce que les amis n’ont pas d’enfant. Si les amis de nos parents ont des enfants de notre âge, alors là, ça va.

Je me souviens avoir passé un réveillon du 31 chez des amis de mes parents alors que j’avais huit ans et la fille de ces amis avait quinze ans et elle a regardé le film Ça à la télé. Le film Ça, c’est un film d’horreur, c’est It en anglais, c’est de Stephen King et c’était la version des années 90 et ça faisait très peur. Moi, j’avais huit ans. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, à huit ans, de regarder le film d’horreur Ça de Stephen King. Eh bien, ça marque. La preuve, c’est que je m’en souviens encore aujourd’hui. Mes parents, eux, faisaient la fête dans leur coin, faisaient leur dîner avec leurs potes et moi, je suis resté avec la fille de leurs amis à regarder ce film. Donc quand on est enfant, eh bien on suit les parents pour le soir du 31, pour le réveillon.

À partir de 13-14 ans, on veut sortir de son côté. On veut faire ses premières expériences. On veut faire son premier soir du réveillon, son premier 31 décembre avec des potes et sans les parents. Donc qu’est-ce qui se passe ? Eh bien en général, il y a une fête qui est organisée chez un ami ou chez vous. Peut-être que vous avez un ado à la maison, un garçon ou une fille de 14-15 ans, et il va vous demander, ou il vous a déjà demandé, de libérer la maison pour faire la fête. Alors à cet âge-là, on est censé ne pas boire d’alcool, ou peut-être pas beaucoup, donc c’est important que les parents régulent la fête ou soient dans la maison pour faire attention à ce qui va se passer. Donc à cet âge-là, entre 13 et 16 ans, on veut faire ses réveillons tout seul. On veut avoir ses premières expériences, les premières choses qui arrivent dans la vie, etc. Bref, on est un ado, un adolescent.

Ensuite, on arrive jeune adulte, à peu près entre 20, peut-être 25 ans et 30, 35 ans. À ce moment-là, qu’est-ce qu’on veut faire pour le réveillon du 31 ? On veut faire la fête, on veut sortir en boîte, on veut aller sur les Champs-Élysées — là ça c’est pour la France — pour faire la fête justement, dehors pour fêter le 31 sur les Champs-Élysées. On veut surtout pas aller chez des amis, on veut surtout pas rester calmement à dîner. On veut s’éclater, on veut sortir, on veut trouver une copine, un copain, on veut s’amuser avec ses potes. Bref, on veut s’amuser, on veut s’éclater, on veut profiter de la vie comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Et après, quand on commence à avoir 30, 35 ans, 40 ans, ça dépend des gens, ça dépend des personnes, mais à partir de cet âge-là, la fête tous les 31 décembre, c’est fini. Qu’est-ce qu’on fait à partir de cet âge-là ? Eh bien on organise des dîners entre amis. Et on se retrouve soi-même parent, peut-être avec des enfants qui vont s’ennuyer pendant ces dîners. Nous qui étions enfants, on a grandi et on se retrouve maintenant — en tout cas pour moi à 40 ans — eh bien ce soir, je vais dîner chez des amis. Je n’organise rien de spécial chez moi, je ne vais pas faire la fête, je vais dîner entre amis, tranquille, un bon repas, un peu de vin et à une heure tout le monde s’en va. Une heure du mat’ on rentre, terminé, c’est la nouvelle année et c’est reparti, on fait dodo et ça, ça dure plusieurs années.

Je ne sais pas comment c’est la tradition dans votre pays, je ne sais pas comment vous fêtez le nouvel an, mais moi, ça s’est passé comme ça. Enfants, on suit les parents, ados, on veut s’amuser tout seul, adulte, jeune adulte, on veut faire la fête, adulte de 40 ans, dîner entre amis et après, pour les seniors, 60, 70 ans, eh bien là, je vais prendre l’exemple de mes parents. Jusqu’à 60, 65 ans, ils allaient encore dîner chez des amis. Peut-être qu’ils le font encore de temps en temps, mais en général, le 31 au soir, eh bien ils dînent tous les deux, ils se couchent comme d’habitude et ils s’endorment même avant minuit. Ils n’en ont rien à faire du 31 décembre, ils n’en ont rien à faire du nouvel an, ils en ont déjà vécu plus de 60, plus de 65, donc ils savent ce que c’est. 23 heures au lit et tout le monde au dodo.

Et donc ça, c’est quand on est senior, c’est quand on est plus âgé. Donc c’est marrant de voir comment chaque tranche d’âge va passer un réveillon différent, comment dans chaque tranche de la vie, on a envie de faire des choses différentes. L’humain évolue, l’état d’esprit de l’humain change au fil des ans et j’ai l’impression que plus on avance dans le temps, plus on prend de l’âge, plus on va regarder derrière soi et se dire : est-ce que ma vie a été une bonne vie ? Est-ce que j’ai fait ce que je voulais ?

Alors moi j’ai 40 ans, j’ai encore j’espère plusieurs années à vivre devant moi, mais parfois je me dis, j’ai l’impression qu’hier j’avais 20 ans, j’ai l’impression que les 20 dernières années sont passées en un éclair. Et peut-être qu’à 60 ans, dans 20 ans, je me dirai : mais où sont passées mes 40 dernières années ? Les quarante dernières années, depuis mes vingt ans, se sont passées en un éclair. Et plus j’avance dans l’âge — je pense que c’est quelque chose de général — plus on va se demander si ce qu’on a fait, c’était quelque chose d’utile, si ce qu’on a fait, c’était quelque chose de bien, si on a eu une vie bonne, une vie heureuse, une vie qu’on voulait avoir.

Bon là, c’est des questions un peu plus philosophiques, donc je ne vais pas m’entraîner là-dedans maintenant. Peut-être qu’un jour je vous parlerai d’un philosophe français que j’aime beaucoup, qui s’appelle Luc Ferry. J’ai écouté quelques-unes de ses conférences sur ce que c’est qu’avoir une bonne vie et ça m’a beaucoup intéressé. Mais pas maintenant, je vous parlerai de ça un autre jour.

2) Expression française : Diviser pour mieux régner

Maintenant, je vais vous parler de l’expression française « diviser pour mieux régner ». Dans cette expression, on a deux verbes à l’infinitif — « diviser » et « régner » — et on a donc quatre mots : diviser, pour, mieux, régner.

Le premier mot « diviser », c’est un verbe du premier groupe. Ça veut dire quoi, diviser ? Diviser, ça veut dire séparer quelque chose en plusieurs parties. Si vous faites un gâteau et que vous le coupez en quatre, vous aurez divisé le gâteau en quatre. Si vous avez fait une tarte ou un cake et vous le coupez en 10 parts, vous aurez divisé le cake, divisé la tarte en 10 parts. Donc diviser, c’est séparer quelque chose d’entier en plusieurs choses.

Je vais vous raconter une anecdote de quand j’étais étudiant. À ce moment-là, pour gagner un peu d’argent, je donnais des cours de mathématiques à un enfant en sixième, donc en début de collège. Et j’essayais de lui expliquer le concept d’une division. J’essayais de lui faire comprendre c’était quoi diviser, c’était quoi une division et il ne comprenait pas. Je lui expliquais avec des mots simples, avec des mots compréhensibles, mais il ne comprenait toujours pas. Donc j’ai pris quatre stylos sur le bureau, je les ai mis devant lui et j’ai séparé le groupe de quatre stylos en deux groupes de deux stylos et je lui ai dit : « Là j’ai divisé en deux les quatre stylos, j’ai fait deux groupes de deux » et il ne comprenait toujours pas. Mais franchement, pourquoi n’a-t-il pas compris ça ? Et encore aujourd’hui, je ne sais même pas s’il a compris. J’ai passé une heure à lui expliquer simplement, avec des exemples, avec du matériel, avec des trucs concrets. Mais je pense qu’en fait, il avait soit un problème intellectuel, soit un blocage avec les divisions. En tout cas, il a bien galéré pour comprendre ce que c’était qu’une division.

Et donc diviser, c’est un verbe comme je vous le disais et je vais vous le conjuguer au présent et à l’imparfait. Diviser au présent, ça donne : « je divise, tu divises, il divise, nous divisons, vous divisez et ils divisent ». Et à l’imparfait : « je divisais, tu divisais, il divisait, nous divisions, vous divisiez et ils divisaient ». J’accentue un peu sur « divisions » et « divisiez », parce qu’il y a un « i » juste après le « s ». Donc, il faut le prononcer ce « i ».

On revient à l’expression. Deuxième mot, c’est « pour ». « Pour » c’est une préposition. Ça veut dire « dans le but de ». Donc ici, « diviser dans le but de mieux régner ». « Mieux » c’est juste après, troisième mot, c’est un adverbe. « Mieux » c’est utilisé comme comparatif entre deux personnes, entre deux choses ou entre deux moments. On va comparer quelque chose à une autre et on va dire qu’une chose est mieux que l’autre. On ne dit pas « plus bien », on dit « mieux ».

Je vais vous donner deux exemples. Si je vous dis : « il chante mieux que lui » — là, je vous dis que le monsieur, le « il », chante d’une meilleure façon qu’une autre personne. On ne dit pas « il chante plus bien que lui ». Donc là, on a une comparaison entre une personne et une autre. Si je vous dis « il chante mieux qu’avant », ici on va comparer le moment présent à un moment passé. On parle de la même personne qui chante aujourd’hui mieux qu’avant, mieux que dans le passé. Donc ici on a une comparaison de la même personne entre le moment présent et un moment passé.

Dans « diviser pour mieux régner », donc dans l’expression du jour, on va diviser quelque chose, on va créer la division pour régner, pour diriger d’une manière plus efficace. Et donc dernier verbe « régner », c’est quoi ? « Régner », au début, c’est le verbe utilisé pour le pouvoir du roi. C’est le roi du pays qui va régner. Mais plus généralement, on utilise maintenant « régner » pour dire avoir de l’autorité, avoir de l’influence sur quelque chose.

Et donc je vais faire comme pour le verbe diviser, je vais vous le conjuguer au présent et à l’imparfait. Alors régner au présent, ça donne : « je règne, tu règnes, il règne, nous régnons, vous régnez et ils règnent » et à l’imparfait : « je régnais, tu régnais, il régnait, nous régnions, vous régniez et ils régnaient ». Ici, à la première personne du pluriel et la deuxième personne, donc « nous régnions » et « vous régniez », il y a un « i » juste après « gn » puisque c’est l’imparfait. Sauf que « G-N » en français, ça se prononce la plupart du temps « gn » et donc on a déjà le son « i ». Donc entre le présent « nous régnons » et l’imparfait « nous régnions », ça se prononce de la même manière, mais quand on l’écrit ou quand on le lit, il y a un « i » en plus. Ça, c’est un petit détail, ce n’est pas très important, mais c’est bien de le savoir.

Alors « diviser pour mieux régner », c’est quoi ? C’est une stratégie politique, une stratégie de pouvoir et d’influence qui consiste à affaiblir ses adversaires en créant des conflits, en créant des désaccords. Donc, au début c’est un terme militaire, un terme politique qui veut dire qu’on va essayer de diviser l’adversaire, on va essayer de faire en sorte que l’adversaire ne soit plus uni pour permettre d’avoir une meilleure influence, pour permettre de dominer. Et parfois, on fait même ça dans son propre camp. On va créer des conflits, créer des problèmes parmi les personnes qui nous entourent, pour garder le pouvoir, pour garder l’influence qu’on a. Ce sont souvent les patrons qui font ça, les chefs d’entreprise, les chefs de partis politiques, les chefs militaires. Ils vont créer des tactiques, créer des choses qui vont générer des conflits et donc leur pouvoir ne sera pas remis en cause, leur pouvoir restera le même pendant que les personnes autour d’eux vont se charger de régler les problèmes.

Cette expression, elle vient de Philippe de Macédoine. C’était un roi de Macédoine qui a vécu au IVe siècle avant Jésus-Christ. Donc c’est une expression très ancienne qui vient de la langue latine et qui a donc plus de deux mille ans. Et ce roi, Philippe de Macédoine, c’est le père d’Alexandre le Grand. Je pense que vous connaissez plus Alexandre le Grand que Philippe de Macédoine.

Donc « diviser pour mieux régner », eh bien c’est une expression que vous pouvez utiliser avec n’importe qui. Ce n’est pas du tout vulgaire, c’est tout à fait distingué. Par exemple, si vous êtes un employé et que vous voyez votre patron qui cherche à créer des problèmes entre les employés, qui cherche à diviser les employés pour ne pas être remis en question, vous pourrez dire à un collègue : « le boss il est en train de diviser pour mieux régner ». « Le patron cherche à nous mettre en opposition, il cherche à nous opposer, il divise pour mieux régner ».

En anglais on dit divide and conquer, et non pas Command and Conquer, qui était un jeu des années 90-2000 auquel j’ai beaucoup joué. Bien, je vous parlerai peut-être d’ailleurs de Command and Conquer un autre jour.

Demain, nouveau film français : Le Dîner de cons. Très, très, très bon film. Je vous parle de tout ça demain. D’ici là, je vous souhaite une bonne journée. Bien sûr, si vous voulez m’aider, si vous voulez me soutenir pour créer ce podcast, vous pouvez vous abonner à mon Patreon. Ça coûte 5 dollars par mois et vous aurez accès à des podcasts exclusifs. Vous aurez accès à la transcription des épisodes et c’est surtout aussi pour me remercier tout simplement. Merci beaucoup de m’avoir écouté. Je vous souhaite un bon réveillon à tous, passez de bonnes fêtes, profitez bien et on se retrouve demain, à l’année prochaine. Bye bye, hasta luego. Matane !


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