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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le mardi 6 janvier 2026 et on va parler d’une nouvelle fable de La Fontaine. Tous les dix jours, j’étudie avec vous, je vous explique une fable de La Fontaine et aujourd’hui, on va parler en fait de deux fables. C’est une seule fable de La Fontaine, mais La Fontaine, l’auteur, a en fait réuni deux fables d’un auteur grec qui s’appelle Ésope. Une fable avec une histoire de chameau et une fable avec des bâtons qui flottent. Dans chaque fable, dans chaque histoire, il y a une morale différente mais qui a un lien avec l’autre. Les deux morales sont un peu différentes mais sont aussi un peu semblables. Donc je vous expliquerai tout ça tout à l’heure. Ces deux histoires en une seule, puisque La Fontaine a réuni deux fables d’Ésope en une seule fable. Et donc, cette fable, elle s’appelle Le Chameau et les Bâtons flottants.
Comme d’habitude, je vais vous lire la fable doucement, puis je vais vous lire chaque ligne et vous expliquer les mots, les formules de phrases compliquées, ce que vous pouvez ne pas comprendre en tant qu’étranger qui apprend le français. Après, je vous lirai la fable à vitesse standard, comme si je la lisais à des Français, et enfin, je vous lirai une version plus facile que j’ai réécrite pour vous.
Donc, dans cette fable qui s’appelle Le Chameau et les Bâtons flottants, déjà je vais vous expliquer ce que c’est un chameau. Un chameau, c’est un animal qui vit en Afrique, qui est sur quatre pattes et sur lequel on peut monter pour se déplacer. Le chameau, il peut marcher dans le désert pendant longtemps sans boire d’eau. Je ne vais pas vous imiter le chameau, parce que je ne sais pas le faire, mais bon, si vous ne voyez pas ce que c’est, allez voir sur Internet, comme ça vous verrez tout de suite en marquant le mot « chameau ». Et les bâtons flottants, le reste du titre — le bâton, c’est un morceau de bois. Et flottant, c’est le participe présent de flotter. Flotter, c’est être à la surface de l’eau. Donc ce sont des bâtons qui sont en train de flotter, des bâtons à la surface de l’eau. Là, je vous ai expliqué le titre et maintenant, je vais vous lire la fable doucement.
Le Chameau et les Bâtons flottants, par Jean de La Fontaine.
Le premier qui vit un chameau S’enfuit à cet objet nouveau. Le second approcha. Le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire. L’accoutumance ainsi nous rend tout familier. Ce qui nous paraissait terrible et singulier S’apprivoise avec notre vue, Quand ce vient à la continue. Et puisque nous voici tombés sur ce sujet, On avait mis des gens au guet, Qui, voyant sur les eaux de loin certains objets, Ne pur s’empêcher de dire Que c’était un puissant navire. Quelques moments après, l’objet devint brûlot, Et puis nacelle, et puis ballot, Enfin bâton flottant sur l’onde. J’en sais beaucoup de par le monde À qui ceci conviendrait bien : De loin c’est quelque chose, et de près ce n’est rien.
Est-ce que vous avez compris quelques mots ? Si vous n’avez pas compris le sens de la fable, c’est normal, c’est très dur à comprendre, même pour un Français — non, pour un Français ça va — mais pour quelqu’un qui apprend le français, c’est très compliqué. Donc je vais vous expliquer un peu de quoi parle cette fable, ou plutôt de quoi parlent ces deux fables, ces deux histoires.
Comme d’habitude, vous pouvez toujours retrouver ce poème, cette fable sur mon Patreon afin de pouvoir la lire. Vous pouvez également vous abonner. Ça me permet d’essayer un jour peut-être de vivre de mon podcast et c’est donc un remerciement de produire ce podcast tous les jours. Mais vous pouvez bien sûr trouver la fable sur Internet, c’est très facile, il n’y a aucun problème.
Alors première ligne : « Le premier qui vit un chameau. »
Le premier, ici, c’est en fait la première personne. Le premier humain qui vit — c’est un passé simple de « voir ». On aura beaucoup de passés simples dans cette fable. Donc si vous voulez réviser le passé simple, comme d’habitude, les fables, c’est top. Donc le premier qui vit un chameau. Chameau, je vous ai expliqué ce que c’était, c’est un animal du désert. Et donc ici on parle du premier humain, la première personne qui a vu un chameau.
Ligne 2 : « S’enfuit à cet objet nouveau. »
« S’enfuit », c’est ici encore un passé simple, le passé simple de « s’enfuir ». Ici, on pourrait croire que c’est un présent puisque « il s’enfuit » c’est en même temps le présent et en même temps le passé simple du verbe « s’enfuir ». Mais comme on a un passé simple dans la ligne juste avant, on a de grandes chances d’avoir un passé simple à la suite. Donc, on revient à la fable. La première personne qui vit un chameau s’enfuit — ça veut dire s’en aller, partir. Et « à cet objet nouveau », c’est une nouvelle chose, un nouvel animal. Donc le premier qui vit un chameau, la première personne, est partie, elle a eu peur, elle s’est enfuie.
Ligne 3 : « Le second approcha. Le troisième osa faire. »
La deuxième personne à voir ce chameau, peut-être que la première lui en a parlé et elle lui a dit « Attention, il y a un animal bizarre, mais peut-être qu’il est gentil ». Donc la deuxième personne va s’approcher du chameau. « Approcha », c’est le passé simple du verbe « approcher ». C’est se rendre plus près de quelque chose. Et à la suite de la ligne, le troisième osa faire — la troisième personne va faire plus que s’approcher, elle va oser faire quelque chose. « Osa », c’est le passé simple de « oser ». Elle va oser faire quoi ?
Ligne 4 : « Un licou pour le dromadaire. »
Alors là, il y a deux mots compliqués. Le licou, c’est un mot assez rare en français. Le licou, c’est en fait le système qui est sur la tête des chevaux ou des vaches, qui permet de les diriger. Ça peut être de la corde, ça peut être du cuir et donc le troisième humain ici dans notre histoire va fabriquer quelque chose, va fabriquer une pièce en cuir afin de pouvoir diriger le chameau. Donc le premier a eu peur, le deuxième avec un peu plus de temps et des informations s’est approché et le troisième va faire plus que s’approcher, il va même fabriquer quelque chose pour pouvoir profiter du chameau, pour pouvoir le diriger.
Alors pourquoi dans la ligne, on parle de dromadaire ? À l’époque, on ne faisait pas vraiment la différence entre un dromadaire et un chameau. Aujourd’hui bien sûr, on sait que ce sont deux animaux différents. Le chameau a deux bosses sur le dos et le dromadaire n’en a qu’une. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle l’auteur utilise « dromadaire ». La deuxième raison, c’est que ça rime. Ça rime avec la ligne d’avant. Je vous la relis. Ligne 3 : « Le second approcha. Le troisième osa faire », ligne 4 : « Un licou pour le dromadaire. » On a le mot « faire » qui rime avec « daire ». Si La Fontaine avait utilisé encore « chameau », d’abord il n’y aurait pas eu de rime et ensuite il y aurait eu une répétition puisqu’il a déjà parlé du chameau avant.
Donc on continue la fable. Ligne 5 : « L’accoutumance ainsi nous rend tout familier. »
L’accoutumance, c’est quoi ? C’est l’habitude de quelque chose. Quand on dit qu’on va s’accoutumer, c’est le verbe qui est dérivé d’accoutumance. S’accoutumer à quelque chose, c’est s’habituer à quelque chose. Donc ici la ligne, « l’accoutumance ainsi nous rend tout familier », ça veut dire qu’on s’habitue à tout. Le mot « familier » à la fin de la ligne, il veut dire quelque chose qu’on connaît. Une chose familière, c’est quelque chose qu’on a déjà vu, qu’on a déjà senti, qu’on a déjà touché. Si dans la rue, vous reconnaissez une odeur, vous pouvez dire « Tiens, cette odeur m’est familière, je connais cette odeur ». Donc ici, dans la ligne 5, « l’accoutumance ainsi nous rend tout familier », ça veut dire que au fur et à mesure du temps, on s’habitue à une chose, à un animal, à un autre humain. Le temps fait qu’on va s’habituer, qu’on va s’accoutumer à une chose, à un animal ou à une personne.
Ligne 6 : « Ce qui nous paraissait terrible et singulier. »
Alors « paraissait », c’est l’imparfait de « paraître ». Ce qui nous paraissait terrible et singulier — ça veut dire ce qu’on trouvait terrible, ce qui avait l’air terrible. Et le dernier mot de la ligne, « singulier », c’est quelque chose d’unique, de peu commun. C’est le contraire d’une habitude. Une chose singulière, c’est une chose qui n’arrive pas souvent.
Ligne 7 : « S’apprivoise avec notre vue. »
C’est la suite de la ligne 6. Ce qui nous paraissait terrible et singulier, ça veut dire ce qui avait l’air terrible, ce qui faisait peur — ligne 7 — s’apprivoise avec notre vue. Ici, on a le verbe « s’apprivoiser » qui est au présent. Donc, on est passé à quelque chose de général. Ce n’est plus l’histoire du chameau, on n’a plus de passés simples, on a un présent, pour une généralité. Et apprivoiser un animal, c’est qu’on va s’habituer à lui. Apprivoiser un animal, c’est le rendre gentil, faire en sorte que cet animal qu’on ne connaissait pas, qui était peut-être sauvage, va devenir un animal qui peut être près de l’humain, un animal qui va devenir notre ami. Si vous lisez sur ma chaîne YouTube ou sur mon Patreon Le Petit Prince, que je suis en train de vous lire et en train de vous sortir les chapitres, dans le livre du Petit Prince, il y a un renard qui va être apprivoisé par le Petit Prince. Au début, le renard et le Petit Prince ne se connaissent pas. Mais le renard dit au Petit Prince : si je deviens ton ami, si tu m’apprivoises, alors on va être amis, on va vivre ensemble, on va être des copains, mais quand on devra se séparer, ça va être très dur. Alors que si je reste un animal sauvage, on va faire notre vie, mais on n’aura pas cette amitié. Donc ça, c’est pour le verbe apprivoiser. Je vous invite à lire ce livre soit sur ma chaîne YouTube, soit chez vous. C’est vraiment un très beau livre et assez facile quand on apprend le français.
Ligne 8 : « Quand ce vient à la continue. »
Alors ici, le verbe c’est « vient », c’est le présent de « venir ». Et c’est une formule assez ancienne. C’est une formule qu’on ne dit plus depuis un moment. En fait, ça veut dire « avec le temps ». En gros, ici, la phrase, c’est les lignes 6, 7 et 8. C’est une seule phrase. Et cette phrase, c’est « ce qui nous paraissait terrible et singulier, s’apprivoise avec notre vue quand ce vient à la continue ». Ça veut dire, ce qui avait l’air terrible avant, ce qui faisait peur, devient normal avec le temps. Le temps fait en sorte que les choses deviennent plus normales. Le temps fait qu’on va s’habituer à tout, on va s’habituer à une nouvelle situation, à une nouvelle chose, à un nouvel animal, comme les humains qui s’habituent au chameau. Au début, le chameau faisait peur, après, on s’est approché du chameau et enfin, on a créé un système pour utiliser le chameau, pour que le chameau puisse nous aider.
Ça, c’était la première histoire dans la fable. Demain, on va continuer avec cette fable de La Fontaine. Je vous lirai donc la suite et je vous expliquerai l’histoire des bâtons qui flottent. J’espère que vous avez à peu près compris. Bien sûr, vous pouvez toujours me laisser un petit message sur YouTube si vous voulez plus d’explications. Et pour me remercier de ce podcast, vous pouvez tout simplement laisser un commentaire sur vos applications Apple Podcasts, Spotify, laisser une bonne note. C’est ça qui me permet, qui permet à mon podcast d’être vu par plus de personnes. Merci beaucoup de m’avoir écouté. On va se retrouver donc demain mercredi pour la suite de la fable. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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Bonjour à toutes, bonjour à tous, on est le mercredi 7 janvier 2026 et on parle aujourd’hui de la suite de la fable d’hier. Donc si vous n’avez pas écouté le podcast d’hier, je vous conseille de l’écouter pour que vous compreniez le début de la fable. Parce que cette fable de La Fontaine, Le Chameau et les Bâtons flottants, c’est en fait deux histoires en une seule. Hier, mardi, je vous ai expliqué l’histoire du chameau et aujourd’hui, je vais vous expliquer la suite, l’histoire du bâton flottant ou plutôt des bâtons flottants.
Alors, je vais vous relire la fable en entier assez doucement et ensuite, je vous explique la suite d’hier donc à partir de la neuvième ligne. Je vous la relis doucement pour voir si vous vous rappelez de l’histoire du début, pour voir si vous arrivez à comprendre la fable avec mes explications d’hier. Allez, c’est parti !
Le Chameau et les Bâtons flottants.
Le premier qui vit un chameau S’enfuit à cet objet nouveau. Le second approcha. Le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire. L’accoutumance ainsi nous rend tout familier. Ce qui nous paraissait terrible et singulier S’apprivoise avec notre vue Quand ce vient à la continue. Et puisque nous voici tombés sur ce sujet, On avait mis des gens au guet, Qui, voyant sur les eaux de loin certains objets, Ne purent s’empêcher de dire Que c’était un puissant navire. Quelques moments après, l’objet devint brûlot, Et puis nacelle, et puis ballot, Enfin bâton flottant sur l’onde. J’en sais beaucoup de par le monde À qui ceci conviendrait bien : De loin c’est quelque chose, et de près ce n’est rien.
Et là, j’ai fini de vous lire la fable. Et donc, on va reprendre notre travail d’hier à la neuvième ligne.
La neuvième ligne, c’est la suite de l’histoire du chameau. Donc ici, on va commencer une nouvelle histoire.
Ligne 9 : « Et puisque nous voici tombés sur ce sujet. »
Ici, en fait c’est une ligne de transition entre la première histoire et la deuxième. L’auteur nous dit : « Ah, cette histoire du chameau me fait penser à une autre. On parle de ce sujet et donc je vais vous en raconter une autre sur un sujet semblable. »
Ligne 10 : « On avait mis des gens au guet. »
Le guet — G-U-E-T — et le verbe « guetter », ça veut dire observer quelque chose avec un objectif. On va prendre par exemple les films policiers. Il y a toujours un tueur qui va tuer une victime. Eh bien, souvent, le tueur attend dehors et observe si la personne qu’il veut tuer sort de sa maison. Le tueur guette la personne. Il fait le guet auprès de sa victime. Il regarde si sa victime va sortir pour la tuer. Donc ici dans notre histoire, on nous dit que des gens font le guet. Des gens regardent la mer, regardent l’horizon pour voir si des vaisseaux, si des bateaux arrivent. Je vous rappelle qu’avec les fables de La Fontaine, on est au XVIIe siècle et donc, on n’a pas encore de radar, on n’a pas de satellite, on est obligé de regarder la mer, de regarder au loin, pour voir si des bateaux arrivent.
Ligne 11 : « Qui, voyant sur les eaux de loin certains objets. »
Donc les personnes qui regardent voient sur les eaux au loin un objet. Ils voient quelque chose.
Ligne 12 : « Ne purent s’empêcher de dire. »
« Purent » ici, c’est le passé simple de « pouvoir ». Et ici, c’est « ne purent s’empêcher de dire ». On a une double négation, puisqu’il y a « ne » qui est la négation, et « s’empêcher » qui est ne pas faire quelque chose. Donc quand on a une double négation, ça donne quelque chose de positif. Donc « ne purent s’empêcher de dire » ça veut dire qu’ils se sentirent obligés de dire. Ils ont dit quelque chose en voyant l’objet au loin sur la mer. Et ils ont dit quoi ? On va le voir à la ligne 13.
Ligne 13 : « Que c’était un puissant navire. »
Un navire, c’est un bateau. Et puissant, c’est très gros, très fort, un gros bateau. Un très fort bateau peut être ennemi, peut être un navire de guerre venu pour attaquer le pays. Donc les personnes qui surveillent, les personnes qui font le guet voient un objet sur la mer. Ils ne savent pas ce que c’est, mais ils disent que c’est un énorme bateau.
Ligne 14 : « Quelques moments après, l’objet devint brûlot. »
Alors « devint », c’est le passé simple du verbe « devenir » et un brûlot c’est quoi ? C’est un ancien mot pour dire petit bateau. Donc le gros bateau au loin, quelques moments après, donc un peu après, est devenu un petit bateau.
Ligne 15 : « Et puis nacelle, et puis ballot. »
Donc encore un peu après, le petit bateau est devenu une nacelle. Une nacelle, c’est une barque. Donc c’est vraiment un tout petit bateau. Et ballot, c’est quoi ? Un ballot, c’est quelques rondins de bois attachés ensemble. Un ballot de bois, c’est quelques morceaux de bois que vous allez attacher.
Ligne 16 : « Enfin bâton flottant sur l’onde. »
Bâton, c’est un morceau de bois. Comme vous le savez, j’ai trois chiens et bien ils aiment les bâtons. Souvent, je prends un bâton par terre et je le lance pour mes chiens. Et « flottant sur l’onde », c’est des bâtons qui flottent à la surface de l’eau. Donc, les personnes qui regardaient au loin, qui surveillaient la mer ont vu un objet. Ils ont dit que c’était un gros bateau, un navire puissant. Et au fur et à mesure que l’objet se rapproche, au fur et à mesure du temps, au fur et à mesure qu’il y a moins de distance entre eux et l’objet, le bateau devient un petit bateau, puis une barque, puis des morceaux de bois, puis en fait des bâtons.
Ici, il reste trois lignes à la fable, mais l’histoire des bâtons est finie. Et les trois dernières lignes, 17, 18 et 19, c’est l’auteur qui parle.
Ligne 17 : « J’en sais beaucoup de par le monde. »
Le « je » ici, c’est La Fontaine, c’est l’auteur qui nous parle. Donc l’histoire des bâtons, l’histoire du chameau est finie. Et il dit « J’en sais beaucoup de par le monde »,
ligne 18 : « À qui ceci conviendrait bien. »
En fait, il dit ici « Je connais beaucoup de personnes dans le monde, beaucoup de personnes en général, à qui cette histoire irait bien. »
Ligne 19 : « De loin c’est quelque chose, et de près ce n’est rien. »
Ça veut dire, quand on voit une chose très loin, notre imagination va marcher. On va s’imaginer quelque chose de terrifiant, quelque chose qui fait peur, quelque chose dont il faut se méfier. Et quand on se rapproche, eh bien en fait, c’est rien du tout, c’est un morceau de bois, c’est une petite touffe d’herbe, c’est un petit animal, peu importe. La morale ici, c’est que quand on se rapproche d’une chose ou quand cette chose se rapproche de nous, on arrive à l’identifier et donc on a beaucoup moins peur.
Donc, d’un côté ici avec les bâtons, on a une morale qui parle de l’espace, qui parle de la distance entre les personnes qui font le guet, les personnes qui surveillent, et le pseudo-bateau, le faux bateau qui arrive — qui sont en fait des bâtons. Ça, c’est la morale avec l’espace. Et la morale avec le temps, ça concerne le chameau, l’histoire d’hier. Avec le temps, au fur et à mesure du temps, on s’habitue à quelque chose. Et ici avec les bâtons, au fur et à mesure que la distance diminue, qu’on se rapproche d’une chose, eh bien on va voir que ce n’est pas ce qu’on pensait, qu’on va se faire des idées, qu’on va parler pour ne rien dire alors qu’il n’y a pas de danger, alors qu’il n’y a pas de menace. Donc vous voyez, en fait les deux morales — dans la première partie de la fable et la deuxième — elles vont se rejoindre. Il y a ici une histoire de temps et d’espace, deux choses différentes mais qui sont en fait reliées. On parle souvent de temps et d’espace ou alors d’espace-temps.
Vous voyez comme ces fables de La Fontaine, et avant les fables d’Ésope, sont très profondes. On nous parle de petites histoires d’un chameau et de bâtons, mais en fait il y a vraiment un sens important derrière, il y a vraiment une profondeur dans ces fables que je trouve très intéressante. C’est pour ça que je vous en parle dans mon podcast. Je sais que c’est dur à comprendre, je sais que c’est difficile, mais ce sont des histoires, ce sont des morales très intéressantes qui nous permettent de réfléchir et c’est pour ça que ça me tient à cœur de vous les présenter et de vous les expliquer.
Bien, maintenant, je vais vous relire la fable à vitesse normale, comme si je la lisais à des Français, et ensuite je vous lis la version simplifiée, celle que j’ai réécrite, où vous allez vraiment tout comprendre.
Le Chameau et les Bâtons flottants, par Jean de La Fontaine.
Le premier qui vit un chameau s’enfuit à cet objet nouveau. Le second approcha, le troisième osa faire un licou pour le dromadaire. L’accoutumance ainsi nous rend tout familier. Ce qui nous paraissait terrible et singulier s’apprivoise avec notre vue quand ce vient à la continue. Et puisque nous voici tombés sur ce sujet, on avait mis des gens au guet, qui voyant sur les eaux de loin certains objets, ne purent s’empêcher de dire que c’était un puissant navire. Quelques moments après, l’objet devint brûlot, et puis nacelle, et puis ballot. Enfin, bâton flottant sur l’onde. J’en sais beaucoup de par le monde à qui ceci conviendrait bien. De loin, c’est quelque chose, et de près, ce n’est rien.
Ça, c’était la fable à une vitesse standard de français. Et maintenant, ma version de la fable un peu plus simple, même beaucoup plus simple.
Le Chameau et les Bâtons flottants, revu par Adrien.
La première personne qui vit un chameau s’enfuit en voyant cet animal. La seconde personne s’approcha et la troisième fabriqua une pièce en cuir à mettre sur le chameau. Les humains s’habituent à tout. Ce qui avait l’air terrible devient normal avec le temps. Et voici une autre histoire. Quelques personnes regardaient l’horizon et, voyant flotter au loin un objet sur la mer, dirent qu’ils voyaient un gros bateau. Puis, après un moment, l’objet devint petit bateau, puis barque, puis rondin de bois, et enfin bâton flottant sur l’eau. Je connais beaucoup de personnes dans le monde à qui cette histoire irait bien. De loin, c’est quelque chose, et de près, ce n’est rien.
Voilà, j’espère que ce n’était pas trop dur, j’espère que vous m’avez écouté jusqu’au bout. En tout cas, si vous m’écoutez encore, c’est que oui ! Demain, on va reprendre le cours normal du podcast avec une nouvelle expression française. Demain, on va parler d’une expression qui est « Quand on parle du loup, on en voit la queue ». Je vous expliquerai tout ça demain. Encore une histoire de loup, comme on l’a vu il y a une dizaine de jours avec la précédente fable de La Fontaine, Le Loup et les Brebis. Décidément, il y a du loup partout. Allez, on se retrouve demain, je vous souhaite de passer une bonne journée et une bonne soirée si vous m’écoutez le soir. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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