« Ne pas être dans son assiette » et mon histoire chez le dentiste

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le mardi 12 janvier 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « ne pas être dans son assiette ». Mais dans cette expression, on ne parle pas de l’assiette qu’on met à table. On parle d’une autre assiette. Je vous expliquerai ça tout à l’heure, mais avant, je vais vous raconter quelque chose de marrant qui m’est arrivé récemment.

1) Mon histoire chez le dentiste

Pour que je vous raconte cette histoire et pour que vous compreniez bien, il faut que je vous donne un peu de contexte. Dans ma famille, mes parents, donc mon père et ma mère, sont dentistes. Ils vont bientôt prendre leur retraite, partir à la retraite, mais pour l’instant, ils travaillent encore et ils travaillent à Paris.

Quand j’ai besoin de me faire soigner les dents, quand j’ai besoin d’aller chez le dentiste, évidemment, je vais voir mes parents. Je prends le train ou je prends l’avion à partir de là où je suis, du sud-ouest de la France, et je rentre à Paris. Ça met une heure en avion ou quatre heures en train et donc, quand j’ai besoin de me faire soigner les dents, je vais voir mes parents à Paris et je fais ça, bien sûr, depuis que je suis né.

Depuis que je suis né, ce sont mes parents qui me soignent les dents. Alors je n’ai pas eu trop de problèmes de dents, j’ai eu de la chance, j’ai des dents assez fortes, assez saines et donc je n’ai pas trop de problèmes. Je vais voir mes parents pour me faire soigner les dents une fois de temps en temps. Et bien sûr, depuis que je suis né, je n’ai jamais payé le dentiste. Ce sont mes parents, donc ils ne me font pas payer. Je n’ai jamais payé le dentiste. J’ai toujours été voir mes parents, voir les dentistes et je pars évidemment sans payer. Le dentiste pour moi, c’est gratuit.

Et donc il y a quelques mois, je ne peux pas remonter voir mes parents à Paris et je suis obligé d’aller chez le dentiste ici dans le sud-ouest. Donc j’appelle mon père, je lui demande qui je peux aller voir, quelqu’un qui soigne de façon un peu plus naturelle que d’habitude, je demande ce qu’il faut savoir de particulier pour expliquer aux dentistes et donc je trouve un rendez-vous. Je prends rendez-vous, je vais chez le dentiste, je donne mon nom à la secrétaire et la dentiste me regarde les dents.

Franchement, elle était très bien, très professionnelle, elle m’a expliqué ce qui se passait. Et donc la consultation est finie et moi je m’en vais. Je pars, je dis merci, au revoir et je m’en vais. Sauf que je n’ai pas payé et donc la secrétaire me dit « Hey monsieur, monsieur, vous n’avez pas payé ». Et dans ma tête, je réalise que le dentiste, c’est payant. Bien sûr, je sais que le dentiste ça coûte cher, je sais que les soins dentaires ça coûte cher, mais je n’avais jamais vraiment percuté. Ça ne m’était jamais venu à l’esprit de payer en sortant du dentiste puisque je n’ai jamais payé. Et donc je commence à rigoler et la secrétaire ne comprend pas pourquoi je rigole. Elle, elle pensait que j’allais partir sans payer, que j’allais être un voleur en fait. Donc, je lui explique, je lui dis « Excusez-moi, désolé, mes parents sont dentistes, donc j’ai jamais payé, donc je suis parti sans payer. » Donc, la secrétaire s’est mise à rire également, j’ai réglé ma consultation et je suis parti. Et quand j’ai raconté ça à mes parents, ça les a beaucoup fait marrer et ma mère qui travaille toujours en tant que dentiste raconte cette histoire à ses patients et ensemble, ils se moquent de moi, ils rigolent bien de cette histoire.

Est-ce que vous avez compris cette petite histoire ? Avouez que c’est marrant quand même ! Et donc je suis parti comme un voleur, comme si j’allais voler le dentiste, mais bien sûr, sans faire exprès. On dit aussi « involontairement ». Involontaire, c’est sans faire exprès. C’est le contraire de volontaire, volontairement. Est-ce que c’est déjà arrivé à quelqu’un ce genre d’histoire ? Dites-moi dans les commentaires YouTube.

Et est-ce que ça vous est déjà arrivé de voler sans faire exprès ou alors en faisant exprès ? Vous allez me dire comment on peut voler sans faire exprès ? Eh bien par exemple, vous allez au supermarché, vous prenez des articles, vous passez à la caisse et la caissière oublie de scanner un article. Et vous vous en rendez compte seulement une fois rentré chez vous. Eh bien vous aurez profité de quelque chose de gratuit, comme si vous aviez volé, sans faire exprès, le supermarché. Ce n’est pas de votre faute, c’est de la faute de la caissière. Ça, c’est voler involontairement, sans faire exprès. Mais on peut aussi voler, bien sûr, volontairement en faisant exprès et moi, j’ai déjà fait ça quand j’étais plus jeune.

Alors, je n’ai pas volé grand-chose, donc franchement, je peux vous en parler. Vous savez, ce sont les bonbons qui sont au poids au supermarché. Dans les supermarchés en France, on va retrouver des bonbons, on pèse le sac de bonbons et on paye à la caisse le poids du sac. Eh bien je me souviens que quand j’étais ado, une fois, j’ai pris un sac de bonbons, j’ai mis des bonbons dedans, j’ai pesé, ça coûtait peut-être 1 €, 2 €, 3 €, j’en sais rien, et après j’ai remis des bonbons. Et ça, c’est du vol. Alors c’est pas grand-chose, c’est pas la fin du monde, c’est pas à cause de ça que les supermarchés vont s’écrouler en France, mais je ne suis pas fier de cela. Évidemment, ce n’est pas bien de voler, mais je pense que quand on est jeune adolescent, on cherche des sensations fortes, on cherche des expériences. Et je me souviens qu’avoir volé trois ou quatre bonbons m’avait fait stresser. En passant à la caisse, j’avais eu le cœur qui bat très rapidement parce que je pensais que la caissière allait le remarquer. Tu parles, la caissière s’en foutait complètement, elle a passé mon article devant le scanner, ça a fait bip bip, « un euro vingt monsieur », circulez, y a rien à voir.

Enfin bref, est-ce que ça vous est arrivé ça aussi ? De prendre quelque chose au poids et d’en rajouter après ? Franchement, c’est pas bien, faut pas faire ça. Allez, maintenant que je vous ai raconté ma petite histoire rigolote de dentiste, je vais vous expliquer l’expression du jour.

2) Expression française du jour : Ne pas être dans son assiette

« Ne pas être dans son assiette ». « Ne pas », c’est la négation. Maintenant, vous connaissez. Donc, on a ici une phrase négative. Troisième mot, c’est le verbe ou l’auxiliaire être. Je vous en ai déjà parlé plusieurs fois. Ce qu’on va faire, c’est que je vais vous conjuguer le verbe être aux mêmes temps que je vous l’ai conjugué il y a deux jours.

Est-ce que vous vous en rappelez ? Est-ce que vous vous souvenez quelles sont les conjugaisons de « être » à l’imparfait et au passé simple ? Eh bien je vais vous les redire maintenant, essayez de vous en souvenir dans votre tête parce que c’est comme ça qu’on retient les choses. C’est en essayant de se rappeler qu’on va retenir. Ce n’est pas en lisant. Quand vous lisez un texte, quand vous lisez une règle de grammaire, vous vous entraînez à la lecture. Mais quand vous regardez un mot dans votre langue et que vous cherchez le même mot dans l’autre langue, là vous réfléchissez, là vous vous entraînez à retenir. Et c’est comme ça que vous allez retenir les mots. C’est en répétant les mots, en répétant les exercices, en demandant à votre cerveau, c’est quoi ce mot ? Et cette répétition, il faut la faire de plus en plus espacée. Je vous ai parlé de cette méthode il y a quelques jours, ça s’appelle le spaced repetition system, système de répétition espacée en français, et ça marche extrêmement bien.

Bref, tout ça pour vous dire que je vais donc vous conjuguer encore le verbe être à l’imparfait et au passé simple. Alors, être à l’imparfait ça donne : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez et ils étaient » et ensuite être au passé simple ça donne : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes et ils furent ».

Ensuite on revient à l’expression « ne pas être dans son assiette ». « Dans », c’est quelque chose qui veut dire « à l’intérieur de », ça aussi je vous en ai parlé il y a quelques jours. C’est un rapport entre le contenu et le contenant.

« Son », le mot d’après, ça s’appelle un déterminant possessif et ça désigne l’appartenance de quelque chose à quelqu’un. On peut dire « son vélo ». C’est le vélo de cette personne. Mon vélo, c’est le vélo qui m’appartient, c’est le mien. Ton vélo, c’est le tien. Donc ici, c’est « son assiette ».

Et « assiette », je pense que vous connaissez ce mot dans le sens de la chose qu’on met sur la table pour manger, ce qui est en faïence, en porcelaine. Effectivement, c’est le sens le plus commun en français d’assiette. Mais ici, c’est un autre sens qu’on utilise. On parle aussi d’assiette pour la bonne façon de s’asseoir sur un cheval. Un cavalier, c’est une personne qui va monter un cheval. On dit qu’il a une bonne assiette quand il est bien assis, quand il est assis de la bonne façon. Quelqu’un qui est mal assis sur un cheval, un cavalier qui n’est pas bien assis, qui ne se tient pas bien, on dit qu’il n’est pas dans son assiette, qu’il a une mauvaise assiette puisqu’il a une mauvaise position.

Et donc au fur et à mesure du temps, au fur et à mesure des années et des décennies, l’expression « ne pas être dans son assiette » s’est transformée de « être mal assis sur un cheval », « être dans une mauvaise position » jusqu’au sens d’aujourd’hui qui veut dire « ne pas être en forme », « ne pas se sentir bien ».

Sur l’image du podcast, je vous ai mis une femme qui tient une tasse de café et cette femme, elle a l’air un peu malade, elle a les joues un peu rougies comme si elle avait chaud, elle a l’air un peu aussi déprimée, elle a l’air de ne pas être bien, elle a les yeux un peu dans le vide. On peut dire qu’elle n’est pas dans son assiette, elle n’est pas en forme, elle n’est pas bien.

On a tous été comme ça au moins une journée dans notre vie. Vous vous réveillez le matin et vous n’allez pas bien, c’est dur de vous lever, vous avez mal à la tête et mal au ventre. Il faut quand même s’occuper des enfants, il faut aller travailler, il faut quand même vivre sa vie. Mais à ce moment-là, vous pouvez dire « je ne suis pas bien, je ne suis pas dans mon assiette ».

Cette expression, elle ressemble à une autre expression que je vous ai déjà expliquée en début d’année dernière qui était « ne pas avoir les yeux en face des trous ». D’ailleurs, je fais une petite parenthèse pour les nouveaux auditeurs qui m’écoutent. Je vous conseille de commencer mes podcasts à partir du début, à partir du premier épisode, parce que j’explique beaucoup de règles de grammaire, beaucoup de règles de français que je n’explique plus maintenant. Donc ce n’est pas qu’il y a une suite dans les épisodes, c’est qu’au début, pendant plusieurs mois, j’ai expliqué des règles de prononciation, d’orthographe, de conjugaison, de grammaire que je ne fais plus aujourd’hui. Donc si vous voulez bien comprendre ces règles, je vous conseille d’écouter mon podcast à partir du début et de remonter le fil au fur et à mesure. Je referme donc la parenthèse.

Donc, « ne pas être dans son assiette », on peut dire aussi « ne pas avoir les yeux en face des trous » et on peut dire aussi « être patraque ». Je l’ai notée cette expression, je vous l’expliquerai dans quelques mois — c’est une autre expression française, « être patraque », ça veut dire ne pas être bien, ne pas être en forme.

En anglais, ça se dit tout simplement to not feel well ou to feel sick.

Donc, demain, on fera une nouvelle expression française. Je vous parlerai d’une expression qui est « ça vaut le détour ». Sur mon Patreon, vous pouvez toujours retrouver des livres audio — Le Petit Prince, Voyage au centre de la Terre de Jules Verne — si vous voulez écouter un livre en français et aussi lire un livre en français. Laissez-moi une bonne note sur vos applications de podcast, c’est très gentil à vous et c’est ça qui me permet de faire connaître le podcast et de toucher plus de monde. Je vous remercie beaucoup en tout cas de m’écouter. On se retrouve demain pour une nouvelle expression et de nouvelles aventures. À demain ! Bye bye ! Hasta luego ! Matane !


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