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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le jeudi 8 janvier, le jeudi 8 janvier 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va voir une expression assez longue qui est « Quand on parle du loup, on en voit la queue ». Je vous explique ça tout à l’heure, mais avant…
1) Comment retenir des mots de vocabulaire ?
On va revenir un peu au basique, on va revenir à comment apprendre une langue et comment retenir une langue surtout. On va parler spécifiquement du français, mais ça marche bien sûr pour toutes les langues.
Si vous êtes d’origine étrangère, donc pas d’origine française, et que vous habitez en France, c’est facile d’apprendre le français et de le retenir puisque vous allez être obligé de parler tous les jours, d’écouter du français tous les jours et donc votre cerveau va retenir les mots et ça, c’est quelque chose de naturel. Donc ça, c’est assez simple.
Moi je vais plutôt vous parler de comment faire pour retenir une langue sur le long terme, ne pas l’oublier quand on n’est pas dans le pays et quand on n’a pas beaucoup d’occasion de pratiquer cette langue. Et je vais surtout vous expliquer aujourd’hui comment retenir du vocabulaire, comment retenir des mots nouveaux et les ancrer dans votre mémoire.
Le problème de la mémoire, c’est que c’est très sélectif. La mémoire va retenir les choses qui sont importantes pour elle et va oublier les choses pas importantes. Donc en fait, il faut arriver à dire à votre mémoire que le mot que vous voulez apprendre est important pour vous.
Alors comment on fait ça ? Déjà pour comprendre comment on va faire ça, il faut comprendre comment la mémoire retient des choses importantes. La mémoire retient des informations parce qu’elles sont associées à une émotion, à quelque chose d’important.
On va prendre comme exemple des événements graves, comme par exemple le 11 septembre 2001, l’attentat sur les tours de New York. Eh bien je me souviens exactement l’endroit où j’étais, je me souviens l’heure qu’il était, je me souviens de ce que je faisais à l’instant précis où j’ai vu cette information à la télé. Ça m’a tellement choqué que je me souviens exactement de tout ça. Les attentats en France en 2015, au Bataclan, il y a eu tellement de morts, c’était tellement choquant pour moi que je me souviens là encore exactement du moment où j’ai appris l’information, de ce que je faisais, où j’étais, etc. Donc ces instants sont ancrés dans ma mémoire et je m’en souviendrai toute ma vie parce que ces moments sont associés à une émotion forte, à un instant important dans ma vie. Et la mémoire retient comme ça des informations importantes.
Alors comment on fait pour dire à la mémoire, pour lui faire comprendre qu’il faut retenir un mot de vocabulaire ? Eh bien pour ça, il y a deux systèmes à mettre en place. Le premier système, c’est ce qu’on appelle le SRS. C’est le Spaced Repetition System. C’est la répétition espacée dans le temps. On va prendre un exemple facile. On va prendre « maison ». Et on va dire que vous êtes d’origine anglophone, donc vous parlez anglais. Vous allez écrire sur un petit papier, faire une carte mémoire, une flashcard, en marquant d’un côté house et de l’autre côté « maison ». Donc vous avez le mot dans votre langue natale en anglais, et le mot en français de l’autre côté de la carte. Donc vous allez regarder house et vous allez vous dire, c’est quoi le mot correspondant ? Vous regardez « maison », ok, house, ça veut dire maison. Vous cachez et vous revenez sur votre carte, peut-être quelques heures après ou même le lendemain. Si le lendemain, vous vous souvenez que house, ça veut dire maison, vous pouvez revoir cette carte deux jours ou trois jours après. Et en fait, comme ça, vous allez espacer de plus en plus les répétitions, vous allez espacer de plus en plus dans le temps le moment où vous allez vous demander ce que ça veut dire « house ». Ça, c’est le système de répétition espacée.
Alors, c’est assez compliqué à mettre en place avec des cartes papier, mais heureusement, aujourd’hui, on a ce qui s’appelle les téléphones portables, les smartphones, et dans les smartphones, vous avez des applications qui sont exprès pour ça, qui permettent d’avoir un système de répétition espacée comme l’application Anki. D’ailleurs, Anki, pour la petite histoire, ça veut dire « par cœur » en japonais. Enfin bref, donc Anki, c’est un système de carte mémoire où vous allez créer vos propres cartes et l’application va vous demander si vous vous souvenez du mot ou pas.
Si vous vous souvenez que house, ça veut dire maison, vous dites « OK, redemande-moi demain ». Demain, l’application va vous redemander. Si vous vous souvenez toujours, eh bien vous pouvez dire « OK, redemande-moi dans trois jours ». Vous tapez comme ça sur des boutons, en disant « je me souviens » ou « je ne me souviens pas ». Ça, c’est le système de répétition espacée. C’est très bien pour apprendre. Le problème, c’est que ça ne marque pas la mémoire.
C’est-à-dire que, au fur et à mesure, vous allez retenir le mot, mais ce qui est idéal, c’est d’arriver à associer le mot « maison » à une image qui représente une maison. Donc, ce qu’on veut, c’est ne plus passer par votre langue maternelle, ne plus passer par l’anglais si vous êtes d’origine américaine ou anglaise. On veut une carte où d’un côté, vous avez le mot « maison », donc en français, dans la langue que vous voulez apprendre, et de l’autre côté, une image de maison.
On veut en fait ne plus penser avec votre langue maternelle, mais associer directement une image de maison au mot « maison » en français. Donc, vous pouvez choisir une image sur Google Images ou sur ce que vous voulez, mais ce qui est encore mieux, c’est d’utiliser une image d’une maison que vous connaissez. Par exemple, vous prenez votre maison en photo, la maison de votre enfance, ce que vous voulez, une maison qui vous parle où vous avez des souvenirs, et vous allez mettre d’un côté le mot « maison » et de l’autre côté l’image en question, de la maison qui vous rappelle des souvenirs.
Et c’est comme ça que vous allez dire à votre mémoire, que vous allez dire à votre cerveau : « OK, le mot maison, c’est associé à ma maison quand j’étais enfant où j’ai des souvenirs et donc c’est un mot important à retenir ». Et en associant cette façon d’apprendre des mots avec des images et le système de répétition, vous allez voir que les mots vont entrer dans votre tête plus facilement et vous allez surtout les retenir plus longtemps.
Et parfois, vous allez vous retrouver à discuter français avec quelqu’un et le mot va sortir comme ça sans que vous y pensiez. Pourquoi ? Parce que dans votre esprit, dans votre cerveau, le mot « maison » est associé à une image forte et donc vous saurez que votre maison, ça se dit house dans votre langue et « maison » en français. Je vous assure que ça marche extrêmement bien. C’est ce que je fais pour le japonais en ce moment et maintenant, à chaque fois que je crée une carte sur Anki, je mets d’un côté le mot japonais et je mets de l’autre côté, une image qui correspond à ce mot et qui va me rappeler ce mot.
Ce que vous pouvez faire aussi si vous aimez les mangas, si vous aimez les bandes dessinées, c’est prendre une photo de l’image, de la bulle où il y a le mot. Comme ça, vous vous rappelez du moment où vous avez vu ce mot et vous avez voulu le retenir. Quand vous êtes en train de lire une bande dessinée ou un manga, rien que le fait de s’arrêter, de prendre son téléphone, de créer une carte, de prendre une photo de la bulle, de l’enregistrer, votre cerveau va travailler sur le mot et va se rendre compte que c’est important. Mais il faut que ce soit quelque chose que vous aimez, il faut que ce soit associé à une notion de plaisir. Et après, il faut prendre dix minutes, un quart d’heure tous les jours pour réviser ces mots sur l’application et au début, c’est pas vraiment intéressant. Au début, c’est même ennuyant de faire ça et très rapidement, on se prend au jeu.
En tout cas, moi, je me suis pris au jeu et maintenant, ça fait plusieurs mois que je fais ça et tous les jours, je révise 200 mots de vocabulaire en japonais et j’en apprends 10 de nouveaux. Donc, c’est énorme. J’apprends 10 nouveaux mots par jour, j’en révise 200 anciens, ça me prend à peu près 25 minutes, mais c’est très efficace pour retenir. Donc ça, c’est une bonne méthode que vous pouvez utiliser pour retenir des mots en français.
Je vous assure, testez chez vous, faites ça pendant plusieurs semaines, plusieurs mois et vous verrez qu’au final, dans 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12 mois, vous aurez appris énormément de mots de vocabulaire et vous les retiendrez beaucoup mieux.
2) Expression du jour : Quand on parle du loup, on en voit la queue
Bien, maintenant que je vous ai dit ça, on va passer bien sûr au sujet principal du podcast qui est l’expression du jour et c’est « Quand on parle du loup, on en voit la queue ». Dans cette expression, il y a combien de mots ? 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 mots. Je vais vous expliquer ce que ça veut dire, je vais vous expliquer les mots, même si dans l’expression il n’y a pas de mot trop compliqué.
Le premier mot, c’est « quand », ça veut dire au moment où. C’est le temps, l’instant où il se passe quelque chose. Ici, c’est au moment où on parle du loup. « On parle », c’est ce que je fais en ce moment. Là, je suis en train de parler.
Et le loup, c’est quoi ? Maintenant, je pense que vous connaissez ce mot puisque j’en parle beaucoup dans les fables de La Fontaine que je vous explique tous les dix jours. Le loup, c’est un animal sauvage à quatre pattes qui ressemble au chien mais qui est beaucoup plus féroce, beaucoup plus sauvage.
Alors je vais faire une petite parenthèse. Est-ce que vous avez vu la pub Intermarché avec un loup ? La pub en images d’animation qui a été créée par un studio français et qui a fait un carton sur Internet. Est-ce que vous avez vu cette publicité ? Allez la voir, franchement, elle est très mignonne, c’est une super publicité qui a été faite par un supermarché qui s’appelle Intermarché. Et depuis cette pub, suite au succès de cette publicité, maintenant on peut acheter une peluche qui ressemble au loup de la publicité. C’est une peluche qui est faite en France. Ce loup, dans la pub, il devient végétarien, il va se mettre à cuisiner des légumes. Enfin bref, ça c’était une parenthèse sur une publicité mignonne.
Donc l’expression du jour, « quand on parle du loup » — il y a une virgule après — « on en voit la queue ». « On en » — « en » c’est E-N — et ici, en fait, ça remplace le loup. On pourrait dire « Quand on parle du loup, on voit la queue du loup ». Sauf qu’en français, on n’aime pas les répétitions de mots. On ne veut pas que deux mots identiques, deux mots semblables, se répètent trop rapidement. Donc, on utilise la préposition « en » pour remplacer le loup : « Quand on parle du loup, on en voit la queue ».
« Voit », c’est le verbe voir, on voit donc avec les yeux et je vais vous conjuguer ce verbe, on va faire le présent et on va faire le futur parce que le futur, c’est un peu différent. Alors, le présent de « voir » c’est : « je vois, tu vois, il voit, nous voyons (avec un Y au milieu), vous voyez et ils voient » (là, il n’y a pas de Y). Et le futur : « je verrai, tu verras, il verra, nous verrons, vous verrez et ils verront ».
Et « la queue » c’est quoi ? Eh bien c’est au bout du loup, après les fesses, on a une queue. Les chiens aussi ont une queue, les écureuils, les renards. C’est en fait la prolongation, le prolongement de la colonne vertébrale. Les humains n’ont pas de queue par exemple. Enfin si, les hommes, oui… mais… je rigole parce que là, il y a une blague. En fait, la queue, c’est un mot vulgaire pour dire le sexe masculin. Donc quand je dis « les hommes n’ont pas de queue », on n’a pas de queue derrière mais une devant. Enfin bref, c’est une petite blague, peu importe.
Donc, ça veut dire quoi, « Quand on parle du loup, on en voit la queue » ? Ça veut dire qu’au moment où on parle d’une personne, eh bien souvent, la personne arrive sans qu’on l’attende. Imaginez, vous êtes au bureau, vous êtes dans une réunion et votre patron n’est pas là. Vous avez une réunion avec des collègues et justement vous parlez de votre patron. Vous dites à un collègue : « Eh, t’as vu le patron ce matin, il est encore arrivé en retard » et à ce moment-là, le patron entre dans la pièce. Eh bien là vous pourriez dire : « Tiens, quand on parle du loup, on en voit la queue. » Donc, ça veut dire, au moment où on parle de la personne, eh bien souvent ou parfois, la personne arrive.
Pareil à un dîner de famille. Imaginez, vous êtes à table et il y a toujours une personne qui est en retard. Il y a toujours une personne dans les dîners de famille ou les dîners entre amis qui dit qu’il va venir et qui arrive une heure après. Eh bien au moment où vous parlez de cette personne, bim, elle arrive juste à ce moment-là. Elle sonne à la porte au moment où vous en parlez. « Quand on parle du loup, on en voit la queue ».
Mais alors pourquoi on parle de loup dans cette expression ? Que vient faire le loup là-dedans ? En fait, il faut comprendre ce que représentait le loup il y a des années. Ça représentait la peur, la panique, ça représentait les attaques de moutons dans la campagne, dans la montagne. Donc quand le loup arrivait, on avait peur, on s’arrêtait de respirer, on s’arrêtait de parler. La parole était donc coupée par la peur et c’est comme ça qu’on a utilisé l’expression du loup pour parler de quelqu’un qui arrive sans qu’on s’y attende.
Quand vous parlez de quelqu’un, surtout quand vous dites quelque chose de mal et que la personne arrive à ce moment-là, vous vous arrêtez de parler. Quand on parle du loup, on en voit la queue. Ça veut dire quand on parle de quelqu’un, cette personne arrive. Quand on parle du loup, on commence à voir le loup arriver.
Il existe une variante de cette expression qui est « Quand on parle du soleil, on en voit le rayon ». Mais en fait, cette variante, elle ne s’utilise que quand vous dites quelque chose de sympa. Si vous aviez dit au sujet du patron : « Et as-tu vu le patron hier encore, il était bien habillé et il a bien travaillé ! » Et qu’à ce moment-là, votre patron entre dans la pièce, vous pourriez dire : « Tiens, quand on parle du soleil, on en voit le rayon. » Bon, si vous dites ça, ça fera un peu lèche-botte, mais bon, ça peut arriver. Donc ça, c’est quand on dit des bonnes choses. Mais quand on dit des choses bonnes ou mauvaises, on peut utiliser « quand on parle du loup, on en voit la queue ».
En anglais, ça se dit speak of the devil. En anglais, c’est « quand on parle du diable ».
Bien, j’espère que vous avez compris, j’espère que ça vous a intéressé. Vous pouvez toujours me retrouver sur YouTube et me laisser un petit commentaire, même si depuis quelques jours, il y a des retards sur YouTube. Je suis désolé pour ceux qui m’écoutent via YouTube parce que normalement les vidéos sont chargées tous les jours, mais depuis à peu près une semaine, il y a des retards et donc les podcasts sont parfois uploadés deux ou trois jours après. Donc désolé de cela, j’ai fait une demande à YouTube pour savoir ce qu’il en était.
Demain, on verra une nouvelle expression française qui est « pas de bras, pas de chocolat ». Ah, ça c’est intéressant. C’est une expression qui vient d’une blague en fait. Mais je vous parlerai de tout ça demain. Merci beaucoup de m’avoir écouté, je vous laisse ici, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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