« À l’impossible nul n’est tenu », course à pieds et tétons

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, c’est jeudi. On est le jeudi 29 janvier 2026, bientôt la fin du mois de janvier. Je vous souhaite bien sûr la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien et aujourd’hui, je vais vous parler de course à pied et de tétons.

1) Course à pied et tétons

Alors, deux sujets qui n’ont absolument rien à voir et pourtant qui sont liés. Je vais vous raconter un peu ce qui m’est arrivé l’autre jour, mais avant, je vais vous mettre un peu de contexte. Je vais vous expliquer un peu ce qui se passe dans ma vie.

Alors, il faut savoir que je fais pas mal de sport. Je fais deux fois par semaine du badminton, je fais deux fois par semaine un peu de rameur et un peu de renforcement musculaire et je me suis remis à la course à pied. J’avais arrêté pendant plusieurs mois parce que je trouve ça monotone, je trouve ça ennuyeux, mais j’ai repris pour plusieurs raisons.

La première, c’est que c’est bon pour la santé de courir, de mettre le corps en activité, c’est une bonne chose et donc j’ai repris la course à pied. La deuxième raison pour laquelle j’ai repris la course à pied, c’est pour me laisser du temps pour écouter aussi des podcasts. J’écoute des podcasts quand je suis en voiture, quand je promène les chiens et maintenant quand je fais de la course à pied. Comme ça, je fais deux choses à la fois, je fais d’une pierre deux coups. C’est une expression que je vous ai déjà expliquée. Je profite d’une chose pour en faire une autre. Et la troisième raison pour laquelle j’ai repris la course à pied, c’est pour gagner en endurance pour m’aider au badminton. Quand on fait des matchs en simple de badminton, c’est fatigant. On a souvent le souffle coupé, ça va très vite. Et donc pour gagner en endurance, pour gagner en capacité respiratoire, je me suis remis à la course à pied.

Donc me voilà à acheter des baskets. J’ai pris d’ailleurs, pour ceux qui aiment la course à pied, des Brooks Glycerin Max — très bonne chaussure pour moi, de la marque Brooks. Donc me voilà à reprendre la course. Je mets mes chaussures, je me prépare, je vais courir alors qu’il fait froid parce que oui en France en ce moment il fait froid, il pleut beaucoup dans la région où je suis et en montagne il neige. Alors je vais courir, c’est difficile, je souffle, je râle, c’est la galère. En plus, il caillait ce jour-là, il faisait trop froid. Je mets mon podcast, j’écoute, je vais courir et ça va.

J’ai prévu de courir à peu près une heure et je fais 11 km. C’est une boucle que je fais. Donc une fois que je suis parti, je peux faire demi-tour mais comme je fais une boucle, eh bien j’essaie de la finir. Donc je cours et au bout de 20 à 25 minutes, une demi-heure, j’ai mal aux tétons. Les tétons c’est quoi ? C’est chez les hommes les deux petites choses qui dépassent sur le torse, et chez les femmes c’est au même endroit mais c’est au bout de la poitrine, au bout des seins. Et donc j’ai les tétons qui me font mal, qui frottent sur mon t-shirt, mais vraiment très mal. C’était horrible ! J’avais du mal à courir.

Du coup, qu’est-ce que je fais ? Je m’arrête deux minutes, je remets mon t-shirt, je remets mon pull pour voir si ça va mieux, je me remets à courir, et encore super mal. Je me dis mais pourquoi j’ai mal aux tétons ? C’est atroce ! Et en fait j’ai compris que c’est plusieurs choses en même temps qui se sont passées.

La première, c’est qu’il pleuvait. Donc mon pull a été mouillé, mon t-shirt en dessous a été mouillé et le t-shirt mouillé frottait sur mes tétons en courant. Le frottement avec la pluie, ça a irrité. Comme il faisait froid, vous comprenez pourquoi, c’était encore pire. Et donc je me suis mis à courir avec les deux mains qui tiraient mon pull vers l’avant pour qu’il n’y ait pas de frottement entre mes tétons et mon pull et mon t-shirt. Là, honte ! Et donc j’ai couru comme ça en alternant la course normale et la course où je tirais mon pull vers l’avant pour éviter d’avoir mal. Mais c’était horrible, une douleur qui fait que je ne pouvais plus courir. Le même style que d’avoir une ampoule au pied.

Est-ce que vous savez ce que c’est une ampoule ? Alors une ampoule en général, c’est ce qui va permettre d’éclairer une pièce. Quand vous allumez la lumière, vous allumez en fait une ampoule. Mais une ampoule ça veut dire autre chose. Ce sont sur les pieds ou sur les mains les cloques qui se forment, les blessures qui se forment à force de faire un mouvement répété. Souvent quand on va courir plusieurs fois par semaine, on a des ampoules qui se forment aux pieds. Les personnes qui utilisent, je ne sais pas, un balai, une hache, un râteau — les jardiniers — mettent des gants sur les mains pour ne pas avoir d’ampoule, sinon ça fait trop mal.

Eh ben la douleur des tétons, c’était la même que des ampoules, comme si j’avais deux ampoules à la place des tétons. Ah là là, qu’est-ce que j’ai eu mal ! Donc j’ai réussi à rentrer tant bien que mal avec douleur. J’ai évidemment fait un temps de merde parce que j’avais du mal à courir. J’étais obligé de courir avec le t-shirt tenu vers l’avant, avec les deux mains qui tenaient le t-shirt vers l’avant. Est-ce que ça vous est déjà arrivé ? Eh bien moi, ça ne m’était jamais arrivé. Donc, je pense que si je retourne courir quand il pleut, quand il fait froid et que j’ai besoin de me couvrir, je vais mettre, je pense, de la crème ou un corps gras, quelque chose qui empêche ou diminue le frottement. Peut-être même un pansement. Je vais être très beau avec un pansement sur chaque téton. Après, quand je vais le tirer avec les poils, ça va être horrible.

Enfin bref, ça, c’était ma petite aventure de course à pied. Et ce qui est fou, c’est que pendant que je courais, pendant que j’avais mal, je me disais, tiens, ça fera un bon sujet pour un podcast. Donc, j’ai pensé à vous. Maintenant, quand j’ai des choses en tête, quand j’ai de bons sujets qui me viennent, je prends mon téléphone et je note « parler de… » et là, c’était « course à pied et tétons ».

Donc, je vous en parle aujourd’hui, je vous ai raconté ma mésaventure. Ah, ça, c’est intéressant. C’est quoi la différence entre une aventure et une mésaventure ? Une aventure, c’est quelque chose qui vous arrive et qui est bien, quelque chose que vous avez aimé. Et une mésaventure, c’est quelque chose qui vous arrive, mais c’est un problème. Ça fait mal, ça rend triste, c’est quelque chose de pas agréable. Donc la course à pied et les tétons, ce jour-là pour moi, c’était une mésaventure.

Mais il n’y a pas que ça comme douleur ou comme problème à la course à pied. Alors la première douleur, ou le premier problème, auquel je pense, ce sont les courbatures. Les courbatures, ce sont des douleurs musculaires après le sport. Mais ça, à la limite, ça montre qu’on a bien travaillé, ça montre qu’on a fait du sport, qu’on s’est dépensé. Pour moi, les courbatures, je ne vais pas dire que j’aime ça, mais ça me rend fier, ça me fait du bien. Mais il y a une autre douleur, ailleurs que les tétons, ailleurs que les ampoules, c’est le frottement entre les cuisses. Peut-être que j’ai de grosses cuisses. Pourtant, non, franchement, je fais 1,82 m pour 82 kg. Je crois pas que je sois trop gros et je crois pas que j’aie de grosses cuisses, mais le haut des cuisses frotte un peu. Et au bout de plusieurs kilomètres, ça fait une irritation et ça aussi, ça fait mal. Ah là là, qu’est-ce que je vous raconte ! Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir des douleurs comme ça, des frottements, des problèmes, pendant que vous faisiez du sport ? Vous pouvez me le raconter en commentaire sur YouTube.

Vous pouvez m’envoyer aussi un petit message sur Instagram parce que j’ai réactivé mon compte Instagram où je vais poster de temps en temps des vidéos spéciales, un livre audio, des choses que vous trouverez également sur YouTube, mais qui sont destinées à ceux qui passent du temps sur Instagram.

2) Expression du jour : À l’impossible, nul n’est tenu

Et donc maintenant, on commence l’expression du jour qui est « à l’impossible, nul n’est tenu ». Alors dans cette expression, il y a plusieurs mots et on va commencer par le premier qui est le « à ». Alors ici, c’est « à ». Est-ce que vous savez comment on peut faire la différence entre le « à » avec accent grave et le « a » sans accent ? Parce que ce n’est pas du tout la même chose.

Le « à », c’est une préposition qui va indiquer un lieu, un temps, une provenance, une manière, plein de choses. Et le « a », c’est le verbe avoir qui est conjugué au présent à la troisième personne du singulier. Donc dans une phrase en français, pour savoir s’il faut mettre « à » ou « a », il faut se poser la question : est-ce que je peux remplacer le « a » par « avait » ?

Je vous donne un exemple : « J’ai un appartement à Bayonne. » Est-ce qu’on peut dire « j’ai un appartement avait Bayonne » ? Eh bien non. Ça ne veut rien dire. Par contre dans la phrase « il a mangé du chocolat », est-ce qu’on peut dire « il avait mangé du chocolat » ? Oui, on peut dire ça, c’est français. Donc dans la deuxième phrase « il a mangé du chocolat », c’est « a » sans accent. Dans la première phrase « j’ai un appartement à Bayonne », c’est « à » avec un accent. C’est comme ça que vous pouvez savoir, quand vous écrivez en français, comment faire la différence entre les deux.

On revient donc à l’expression : « à l’impossible… ». Impossible, c’est quoi ? C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire, quelque chose qui n’est pas possible. « Im- », c’est le préfixe, et possible, c’est le mot qui suit. Donc possible, on peut le faire. Impossible, on ne peut pas le faire. Alors normalement, « impossible » c’est un adjectif dans beaucoup de cas, mais ça peut aussi être un nom. Et « l’impossible », c’est donc un nom, c’est une chose qu’on ne peut pas faire.

Et ensuite, on a le mot « nul ». « À l’impossible, nul n’est tenu. » Alors nul, ça veut dire deux choses. La première, c’est mauvais dans un domaine. Si je vous dis « je suis nul en maths », ça veut dire que je suis mauvais en mathématiques. Je ne comprends pas les mathématiques. Je suis nul. Mais ça peut aussi vouloir dire « personne ». Si je vous dis « nul ne peut vivre sous l’eau », ça veut dire personne ne peut vivre sous l’eau. C’est une formule qui est du langage soutenu, qui est assez ancienne, mais que vous pouvez retrouver dans les livres et dans certaines expressions comme celle-là.

Donc pour l’instant on nous dit : pour quelque chose qui n’est pas possible, personne — à la place de nul — n’est tenu. « N’est tenu », c’est ici un négatif, et « être tenu de », c’est devoir faire quelque chose, être obligé de faire quelque chose, mais c’est du langage soutenu, c’est du langage formel, même très formel. Si je vous dis comme exemple « je suis tenu de faire la vaisselle après avoir mangé », je suis obligé de faire la vaisselle après avoir mangé. « Être tenu de + infinitif ». Un autre exemple : « il est tenu d’appeler sa femme chaque jour ». Il est obligé d’appeler sa femme chaque jour. Donc « être tenu de + un verbe à l’infinitif », c’est devoir faire quelque chose.

Ici, c’est quoi alors ? À l’impossible, nul n’est tenu. Pour quelque chose qui n’est pas possible, personne n’est obligé de le faire. Vous n’êtes pas obligé de faire quelque chose si c’est impossible. Si quelqu’un vous demande quelque chose qui n’est pas possible, ne le faites pas. Vous n’êtes pas obligé de faire une chose impossible. C’est ça que ça veut dire : à l’impossible nul n’est tenu. C’est une expression qui est très ancienne et qui a une origine latine. En latin, on disait ad impossibilia nemo tenetur.

Je vous explique, en fait, c’est qu’à l’époque, comme aujourd’hui, il y avait des contrats entre les personnes. Un contrat, c’est quelque chose qui va lier une personne à une autre. Par exemple, si vous allez acheter une voiture, vous allez dans un magasin et vous allez signer un papier qui dit que vous êtes prêt à acheter la voiture. Vous lisez le papier, vous lisez le contrat, les clauses du contrat et vous signez. Donc, le vendeur est obligé de vous la vendre et vous, vous êtes obligé de l’acheter. Donc, ça, c’est un contrat. Mais, si dans ce contrat, il y a quelque chose d’impossible à faire, impossible à réaliser, alors la clause du contrat ne s’applique pas.

On va revenir sur l’exemple de la voiture. Dans ce contrat, c’est marqué : « La voiture vous sera livrée obligatoirement le 30 février. » Sauf que le 30 février, ça n’existe pas. Il y a soit 28, soit 29 jours en février, mais pas de 30 février. Donc, la clause qui vous dit que la voiture doit vous être livrée le 30 février est impossible, donc elle ne s’applique pas. À l’impossible nul n’est tenu.

Un autre exemple dans la vie de tous les jours — on va dire que vous travaillez dans une société d’informatique et vous êtes chargé des serveurs, de faire en sorte que les serveurs fonctionnent. Et un jour il y a une panne sur un serveur. Votre patron arrive et vous demande de le réparer tout de suite, que ce soit réparé dans les deux minutes. C’est impossible. Vous allez dire à votre patron : « Écoutez patron, c’est impossible, il faut trouver la panne, il faut réparer, il faut tester, il faut redémarrer… je vais faire de mon mieux mais à l’impossible nul n’est tenu. » Bon si vous dites ça à votre patron, ça va être un peu moyen, pourquoi ? Parce que c’est une formule de langage très soutenu, très formel, qu’on emploie pas souvent dans la vie de tous les jours. C’est plutôt une expression qu’on va retrouver dans les livres, dans les articles de journaux.

Bref, vous avez compris, à l’impossible nul n’est tenu, ça veut dire que quelque chose que vous ne pouvez pas faire, eh bien ne le faites pas. Vous n’êtes pas obligé de faire une chose impossible. Sur l’image du podcast, je vous ai mis une femme qui est pieds nus en haut d’une montagne et elle doit descendre pieds nus. On l’a obligée à descendre pieds nus la montagne. Eh bien moi, j’aurais envie de lui dire : à l’impossible nul n’est tenu, appelle quelqu’un, fais le tour, ne descends pas pieds nus la montagne parce que tu vas galérer.

En anglais on dit no one is bound to do the impossible. Bound to, c’est être tenu de, être obligé de.

Qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Comme d’habitude, vous pouvez me retrouver sur mon Patreon, vous pouvez vous abonner et donc participer à ce podcast et m’aider. Vous pouvez aussi me retrouver bien sûr sur YouTube où vous pouvez me laisser un commentaire et j’y répondrai avec plaisir.

Demain, on fera une nouvelle expression française qui est « faire une réponse de Normand ». Je vous explique tout ça demain. D’ici là, je vous souhaite de passer une bonne journée. Et trouvez comme d’habitude à 18h un conte de Normandie — ça tombe bien puisque l’expression de demain concerne aussi la Normandie. Écoutez ce conte, dites-moi ce que vous en avez pensé et on se retrouve donc demain ! À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !


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