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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, on est le 18 janvier 2026, c’est dimanche. J’espère que la fable de La Fontaine qu’on a travaillée hier et avant-hier n’était pas trop dure. En tout cas, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien.
1) L’apocope
Alors aujourd’hui, comme prévu et comme promis il y a quelques jours, on va parler de l’apocope. Il y a quelques jours, je vous ai expliqué comment on pouvait enlever des lettres, enlever des syllabes, parfois même enlever des mots dans les phrases en français pour parler plus simplement, plus rapidement à l’oral. Et il y a un procédé qui s’appelle apocope — ce n’est pas utile que vous le reteniez, mais aujourd’hui je vais vous expliquer ce que c’est et on va faire des exemples d’apocope.
Alors, c’est quoi une apocope ? Une apocope, c’est quand on va enlever la fin d’un mot. On va enlever une partie du mot et ça va donner un autre mot, mais qui aura le même sens. Je vous donne un exemple facile. Le « resto », c’est le restaurant. Mais on a enlevé la fin du mot restaurant, on a enlevé les syllabes « rant » et ça donne « resto ». Eh bien c’est tout simplement ça une apocope.
Donc aujourd’hui, on va se faire un petit quizz. Je vais vous proposer un petit jeu et vous allez essayer chez vous de chercher le mot entier quand je vous donnerai la forme courte. Alors je vous ai fait trois niveaux — un niveau facile, un niveau plutôt dur et un niveau très dur. On va voir jusqu’où vous arrivez à trouver.
Donc facile, je vous ai donné l’exemple de « restaurant » qui donne « resto ». Je vais vous donner les formes courtes et il faut trouver le mot en entier.
Donc facile — « le ciné ». Je vais au ciné. C’est quoi ça ? Est-ce que vous connaissez ? Le ciné, c’est le cinéma. Je vais voir un film au cinéma. Je vais voir un film au ciné.
Allez, deuxième — « le micro ». Là aussi c’est assez simple. Ça donne quoi comme mot plus long ? Ça donne le microphone. C’est ce dans quoi je suis en train de parler. Là, je parle devant un microphone. Je parle devant un micro. Donc on a enlevé la syllabe « phone ».
Un troisième — « le kilo ». Je voudrais un kilo de pommes. C’est quoi le mot plus long de kilo ? Eh bien c’est kilogramme. Donc là, carrément on enlève deux syllabes, « gramme ». Un kilogramme, c’est un kilo, tout simplement.
Encore, allez, encore un facile — « les maths ». Je suis très bon en maths, j’adore mon prof de maths. Les maths, c’est les mathématiques. « Maths » ça donne « mathématiques » — ici on enlève carrément le son « ématique », la fin du mot.
Donc ciné-cinéma, micro-microphone, kilo-kilogramme, maths-mathématiques. Ça c’était le niveau facile. Donc si vous n’avez pas trouvé la suite, ça va être compliqué, mais vous pouvez toujours écouter.
Pour ceux qui ont tout trouvé, on continue avec le niveau un peu plus dur. « Un pneu ». Alors d’abord, c’est quoi un pneu ? Et c’est quoi le mot plus long pour pneu ? Un pneu, c’est un pneumatique — c’est ce qui sert à rouler sur les voitures, sur les camions, sur les tracteurs. C’est en forme de roue, en forme de rond, et c’est là qu’on met l’air pour pouvoir rouler avec la voiture.
Ensuite on a le mot « coloc ». Je vous donne un exemple : « Ce soir je fais un repas avec mes colocs » ou alors « chez moi j’ai des colocs qui sont très sympas ». Est-ce que vous avez trouvé ? Coloc, c’est le diminutif de colocataire. Ce sont des locataires qui vivent dans un même appartement. Généralement, il y a une cuisine commune, la salle à manger, le salon commun et chacun a une chambre. Ce sont des colocataires.
Encore un autre qui est peut-être un peu compliqué — « le bac ». Exemple de phrase : « Je suis trop content, j’ai eu mon bac avec mention. » Le bac, c’est le baccalauréat — c’est l’examen à la fin du lycée, que les lycéens passent avant de passer en études supérieures, avant d’aller à l’université ou dans les grandes écoles.
Et un dernier pour le niveau moyen — « être bi ». « T’as entendu celui-là ? Je crois qu’il est bi. » Être bi, c’est être bisexuel. Ça veut dire que la personne aime les hommes et aime les femmes. Si vous êtes un homme qui aime les femmes, vous êtes hétérosexuel. Si vous êtes une femme qui aime une femme ou un homme qui aime un homme, vous êtes homosexuel. Et si vous aimez les hommes et les femmes, vous êtes bisexuel, vous êtes bi.
Alors maintenant, on va faire quatre nouveaux mots, très, très durs. Est-ce que vous allez réussir à trouver les apocopes ?
Le premier, c’est « ophtalmo ». Exemple de phrase : « Hier j’avais mal aux yeux, j’ai dû aller voir l’ophtalmo. » L’ophtalmo, c’est quoi déjà ? C’est le médecin des yeux. « Ophtalmo », ça donne « ophtalmologue » ou « ophtalmologiste » — on peut dire les deux. Donc là on enlève « logue » ou « logiste ».
Encore un dans le domaine médical — « un kiné ». Exemple de phrase : « Hier j’ai vu mon kiné parce que j’avais mal au dos. » Ou alors : « Pendant trois semaines, j’ai des séances de kiné à cause de ma fracture à la jambe. » Kiné, c’est une profession de santé, c’est la personne qui va vous aider à améliorer votre état de santé suite à un problème articulaire ou musculaire ou osseux. Kiné, ça donne ? C’est la question que je vous pose. Kiné, ça donne kinésithérapeute ! Tout ça, ce sont des mots compliqués, c’est pas obligé de les retenir, c’est juste pour que vous les entendiez au moins une fois.
Et un dernier que vous allez utiliser si vous venez à Paris — « le métro ». J’ai pris le métro pour aller à la Tour Eiffel. Le métro, c’est le train qui passe sous terre. Eh bien « métro », c’est une apocope. Le vrai mot de métro, c’est « métropolitain ». Si vous êtes déjà venu à Paris, sur certaines bouches de métro, il y a marqué au-dessus « métropolitain ». Mais personne ne dit métropolitain. On dit tous « je prends le métro » — c’est trop long de dire métropolitain. Donc, si vous utilisez « métropolitain », c’est du langage soutenu. « Métro », c’est du langage courant.
Mais on a aussi des apocopes dans le langage parlé et familier et sur les noms propres. Et comme ça fait déjà 12 minutes que je parle, je vous parlerai de ça demain. Donc demain, la suite des apocopes avec le langage parlé, le langage familier et les noms propres.
2) Expression du jour : Faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué
Et donc maintenant, on commence l’expression du jour. « Faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » Alors là, la vraie phrase c’est « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » Mais on a enlevé le « il », on a enlevé le « ne ». Comme je vous l’expliquais il y a quelques jours, parfois en français, on enlève des mots pour aller plus vite. Donc ça donne « faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».
Alors dans cette expression, il y a beaucoup de mots et on va commencer tout simplement par le premier. Le premier mot c’est « faut » — F-A-U-T. C’est le verbe falloir, c’est un verbe impersonnel. Ça veut dire qu’il ne se conjugue qu’à la troisième personne du singulier, donc « il » singulier. Et falloir, c’est quand vous devez faire quelque chose. « Il faut manger », ça veut dire qu’il est nécessaire de manger. « Faut travailler », quelque chose qu’on doit faire. Et pour les conjugaisons, le verbe falloir c’est simple puisqu’il n’y a que la troisième personne du singulier. Le verbe falloir au présent c’est « il faut », à l’imparfait « il fallait » et au passé simple « il fallut ». Attention — « il fut », c’est le passé simple du verbe être. « Il fallut », c’est le passé simple du verbe falloir.
On revient à l’expression. On a le mot « pas », deuxième mot — c’est le marqueur de la négation. Normalement c’est « ne…pas », mais ici on a enlevé le « ne ». Donc c’est une phrase négative.
Ensuite, on a le mot « vendre ». Vendre, c’est quoi ? C’est quand vous allez prendre de l’argent à quelqu’un en échange d’un objet. Je vends un livre, donc je vais donner un livre et en échange, on va me donner de l’argent. C’est le contraire d’acheter. Vendre, c’est un verbe du troisième groupe. Je vais vous le conjuguer au présent et au passé composé. Au présent, ça donne « je vends, tu vends, il vend, nous vendons, vous vendez et ils vendent ». Et au passé composé — c’est un temps composé, on a besoin de l’auxiliaire avoir plus le participe passé de vendre. Est-ce que vous connaissez le participe passé de vendre ? Eh bien c’est « vendu ». Donc ça donne : « j’ai vendu, tu as vendu, il a vendu, nous avons vendu, vous avez vendu et ils ont vendu ».
Mais vendu quoi ? Qu’est-ce qui est à vendre dans l’expression ? Eh bien c’est la peau de l’ours. La peau d’un animal — ici c’est un ours. C’est quoi un ours ? C’est un animal qui vit dans la forêt, dans certaines forêts, pas dans toutes, qui est assez grand, plus grand qu’un homme parfois, et qui a plein de poils sur la peau. Il a de grandes griffes et dans l’imaginaire collectif, il mange du miel. En tout cas, l’ours le plus connu, je pense que c’est Winnie l’ourson, Winnie the Pooh en anglais — ça, c’est un ours. Mais en vrai, ça fait beaucoup plus peur. Donc la peau de l’ours, c’est l’enveloppe extérieure de l’ours, c’est sa peau.
Alors, on revient à l’expression. « Faut pas vendre la peau de l’ours », donc ça, on a vu. Et ensuite, on a « avant de l’avoir tué ». On a donc « avoir » avec le participe passé du verbe tuer, qui donne « tué ». Et quand on a « avant de avoir et participe passé », ça va marquer une action qui précède une autre, souvent avec un conseil ou un ordre. Par exemple, « lave-toi les dents après avoir mangé ».
Donc, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Mais ça veut dire quoi cette expression ? Est-ce que vous la connaissez ? Cette expression veut dire « ne pas crier victoire avant d’avoir gagné, ne pas se flatter d’un succès avant d’avoir réussi » ou alors « ne pas se vanter d’un exploit avant de l’avoir réalisé ». En gros, c’est faire attention à ne pas dire que vous avez fait quelque chose avant de l’avoir fait.
Si vous pensez pouvoir parler parfaitement français en un an d’apprentissage et que vous le dites à un ami, il pourra vous répondre : « Attention, faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » Ça voudra dire : « Attention, à ne pas en dire trop, essaye déjà de parler français correctement avant de dire que tu le feras en une année. »
L’autre jour, j’ai fait une compétition de badminton. Les matchs de badminton se jouent en deux sets gagnants et chaque set est de 21 points. J’avais gagné le premier set et au deuxième set je menais 15-5. Donc j’étais quasiment en train de gagner et je commençais à me relâcher, à me dire que j’avais gagné, que ça y était. Et donc je sortais mentalement du match, je n’étais plus concentré et l’adversaire réussit à revenir à mon niveau. Eh bien à ce moment-là, je me suis dit dans ma tête : « Attention Adrien ! Faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » Il ne faut pas dire dans ta tête que tu as gagné alors que tu n’as pas encore gagné.
Est-ce que vous avez compris le sens de l’expression ? C’est une expression tout à fait du langage courant et du langage soutenu, donc vous pouvez l’utiliser avec tout le monde.
Et cette expression, elle vient d’une fable de La Fontaine, mais cette fable est très compliquée et très longue, donc j’ai décidé de ne pas vous l’expliquer. Mais c’est bien de savoir quand même que ça vient d’une fable de La Fontaine.
On avait vu déjà il y a quelques mois une expression qui veut dire la même chose — c’est « ne pas mettre la charrue avant les bœufs ». Je vous en ai déjà parlé. Si vous voulez aller réécouter ce podcast, vous verrez que ça veut dire la même chose. « Faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué » et « ne pas mettre la charrue avant les bœufs », ça veut dire la même chose.
En anglais, l’expression équivalente c’est to count one’s chickens before they hatch — ne pas compter les œufs avant que les poules pondent, parce que peut-être qu’elles ne vont pas pondre du tout.
Est-ce que vous avez compris ? Laissez-moi un petit message sur YouTube. Vous pouvez toujours, si vous avez envie, vous abonner à mon Patreon, ça me permettra d’avoir du soutien pour faire ce podcast. Désolé pour ma voix un peu grave, un peu enrouée, mais j’ai beaucoup enregistré de livres audio aujourd’hui, donc j’ai la voix un peu cassée. Je pense que ça ira mieux demain. En tout cas, demain on va faire une nouvelle expression française qui est « prendre la main dans le sac ». Désolé d’avoir été un peu long, mais ça vous permet d’écouter du français. Merci beaucoup de m’avoir écouté et on se retrouve demain lundi pour de nouvelles aventures. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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