L’amour et la folie

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Moi ça va pas mal. Aujourd’hui on est le vendredi 16 janvier 2026 et donc on va commencer une nouvelle fable de La Fontaine. Je dis « commencer » parce que ça va nous prendre, je pense, deux épisodes, voire peut-être trois, parce que c’est une fable qui est assez longue et qui est surtout assez compliquée. J’ai besoin de vous expliquer beaucoup de mots, beaucoup de contexte pour que vous puissiez bien comprendre cette fable.

Alors comme d’habitude, je vais vous lire la fable en entier, puis je vais vous expliquer les mots, je vais vous expliquer les phrases, ce qu’elles veulent dire. Après je vous relirai la fable plus rapidement, comme si je la lisais à des Français. Et enfin je vous lirai, comme je le fais à chaque fois, une version plus facile pour que vous puissiez bien comprendre cette fable en entier.

Alors, cette fable, elle s’appelle L’Amour et la Folie et elle fait 31 lignes. On va voir comment j’avance, on va voir si j’ai besoin de beaucoup de temps pour vous expliquer les mots. Alors c’est parti, on commence avec la fable L’Amour et la Folie par Jean de La Fontaine.

Tout est mystère dans l’Amour, Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance. Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour Que d’épuiser cette science. Je ne prétends donc point tout expliquer ici. Mon but est seulement de dire à ma manière Comment l’aveugle que voici (C’est un Dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière. Quelle suite eut ce mal qui peut-être est un bien ? J’en fais juge un amant, et ne décide rien. La Folie et l’Amour jouaient un jour ensemble. Celui-ci n’était pas encore privé des yeux. Une dispute vint ; l’Amour veut qu’on assemble Là-dessus le conseil des Dieux. L’autre n’eut pas la patience. Elle lui donne un coup si furieux Qu’il en perd la clarté des cieux. Vénus en demande vengeance. Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris. Les Dieux en furent étourdis, Et Jupiter, et Némésis, Et les juges d’Enfer. Enfin l’on présenta l’énormité du cas. Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas. Nul peine n’était pour ce crime assez grand. Le dommage devait être aussi réparé. Quand on eut bien considéré L’intérêt du public, celui de la partie, Le résultat enfin de la suprême cour Fut de condamner la Folie À servir de guide à l’Amour.

Et voilà, j’ai fini de vous lire la fable de La Fontaine. Est-ce que vous avez compris ? Franchement, si vous avez tout compris, je ne sers à rien. Si vous n’avez rien compris, vous pouvez écouter, je vais tout vous expliquer. Et si vous avez compris un petit peu, c’est déjà super. Si vous avez reconnu des mots, des termes que vous connaissez, c’est magnifique.

Alors, comme d’habitude, vous pouvez retrouver ce texte de La Fontaine sur Internet. Mais si vous voulez me soutenir, abonnez-vous à mon Patreon, vous aurez accès au texte et à toutes les transcriptions écrites de mes podcasts. C’est un moyen pour vous de vous améliorer aussi en français et de soutenir ce podcast.

Bien ! Alors maintenant, on commence avec la première ligne.

« Tout est mystère dans l’Amour. »

Un mystère, c’est quelque chose qu’on ne connaît pas, qui est secret. Donc ici, on nous dit que dans l’amour, tout est un secret, tout est mystère. Et ici dans le texte, l’Amour a un A majuscule. Ce n’est pas un a minuscule, donc c’est un nom propre. Ici en fait, on parle du Dieu Amour qui est en romain Cupidon et en grec Éros. Éros, qui donne d’ailleurs les mots érotique, érotisme — ce sont des mots français pour décrire la sensualité, le désir sexuel — et donc ça vient d’Éros en grec, qui est le dieu de l’amour.

Ligne 2 : « Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance. »

Ici on parle de plusieurs choses qui appartiennent à l’Amour. Les flèches de l’amour, le carquois, le flambeau et l’enfance. Pourquoi on a ici plusieurs choses ? Parce qu’en fait, Cupidon ou Éros, le Dieu de l’amour, est représenté avec des flèches, avec un arc, avec un carquois. Un carquois, c’est l’endroit où on range ses flèches. Vous savez, généralement les archers ont dans le dos, comme Robin des Bois, un carquois où ils mettent leurs flèches. Et les flèches de Cupidon, les flèches d’Éros servent à rendre les gens amoureux. Éros tire une flèche sur quelqu’un et avec une autre flèche sur une autre personne et les deux personnes vont tomber amoureuses. Et donc dans la deuxième ligne, on nous parle des flèches de Cupidon, de son carquois, de son flambeau — parce qu’il est représenté avec une lumière, avec une torche, avec un flambeau — et de son enfance. C’est vrai que Cupidon ou Éros, on le représente toujours comme un enfant, alors que les autres dieux sont adultes. Pourquoi on représente Éros, Cupidon, en enfant ? C’est assez intéressant — au début, Éros n’était pas représenté comme un enfant. C’était un Dieu redoutable. Et après, au fur et à mesure du temps, les humains ont commencé à dessiner l’Amour, donc Éros, Cupidon, sous la forme d’un enfant pour souligner le côté impulsif, le côté iraisonné, le côté capricieux d’un enfant — exactement comme le sentiment amoureux. C’est pour ça qu’on représente Cupidon comme un enfant avec de petites ailes, avec des flèches, avec un flambeau, un carquois et bien sûr un arc.

Donc là, les deux premières lignes de la fable, je vous les répète — « Tout est mystère dans l’Amour, ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance. » On nous dit que le Dieu Amour est mystérieux.

Ligne 3 : « Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour. »

Ouvrage, c’est le travail. C’est un travail qui se fait sur le long terme, un travail qu’on va mettre longtemps à faire. Par exemple, écrire un livre, on peut dire que c’est un ouvrage. Donc on nous dit ici que quelque chose n’est pas le travail d’un seul jour. Quoi donc ?

Ligne 4 : « Que d’épuiser cette science. »

Épuiser une science, c’est tout dire de cette chose, tout expliquer de la science de l’amour. Donc dans les lignes 3 et 4, La Fontaine nous dit qu’il ne faut pas qu’une journée pour parler, pour expliquer, pour tout comprendre de l’amour. Il faut plusieurs jours, plusieurs mois, peut-être plusieurs années.

Ligne 5 : « Je ne prétends donc point tout expliquer ici. »

Le « point », c’est une forme ancienne pour dire « pas ». En fait, c’est la négation. « Je ne prétends donc pas tout expliquer ici. » C’est l’auteur qui parle, c’est le narrateur, c’est La Fontaine. Donc La Fontaine nous dit : « L’amour est mystérieux, il faudrait beaucoup de temps pour expliquer ce que c’est l’amour. Donc, je ne vais pas le faire aujourd’hui. »

Ligne 6 : « Mon but est seulement de dire à ma manière. »

La Fontaine nous dit quel est son but, le but de cette fable — c’est qu’il nous dise à sa manière, avec ses mots, quoi donc ? On va le voir après.

Ligne 7 : « Comment l’aveugle que voici. »

L’aveugle, c’est quelqu’un qui ne voit plus, qui n’a pas l’usage de ses yeux. Donc ici, il nous dit qu’on va parler d’un aveugle, de quelqu’un qui a perdu la vue.

Ligne 8 : « (C’est un Dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière. »

En fait, il nous dit à nouveau ce qu’il avait dit dans la ligne d’avant. L’auteur va nous expliquer comment un Dieu a perdu la vue. Perdre la lumière, c’est une expression poétique pour dire perdre la vue. Il va nous dire comment un Dieu a-t-il pu devenir aveugle ?

Ligne 9 : « Quelle suite eut ce mal qui peut-être est un bien ? »

L’auteur nous dit qu’il va nous expliquer la suite du moment où le Dieu est devenu aveugle. C’est quelque chose de mal de devenir aveugle, c’est une mauvaise nouvelle, mais il dit que c’est peut-être aussi une bonne chose. Pourquoi ? Quand vous devenez aveugle, c’est quelque chose de mal, c’est triste, mais dans l’histoire qui va suivre, dans l’histoire des dieux, c’est peut-être quelque chose de bien. La Fontaine ne se pose pas en juge de cette histoire, il se pose en observateur. Il dit « c’est peut-être mal, c’est peut-être bien, ce n’est pas à moi d’en juger ».

D’ailleurs, il le dit dans la ligne d’après.

Ligne 10 : « J’en fais juge un amant, et ne décide rien. »

Il donne la responsabilité à un amant. Alors, c’est quoi un amant ? Imaginez — vous êtes une femme mariée à un homme et vous allez avoir une aventure avec un autre homme. Eh bien, cet autre homme, c’est un amant. Et en général, on a une passion, un amour fort pour son amant. Donc l’amant, en fait, est synonyme de côté amoureux, d’histoire passionnelle, de passion, de folie. La Fontaine a bien choisi le mot amant et pas le mot mari. L’amant représente vraiment la folie, la passion, la déraison.

Mais alors, si l’amant représente tout ça, comment un amant pourrait-il être un juge de quelque chose ? Et c’est là qu’on voit tout le génie de La Fontaine. En fait, La Fontaine laisse le choix au lecteur de choisir si le Dieu Amour qui va devenir aveugle, c’est quelque chose de bien ou de mal. Il laisse le lecteur être juge. En fait, l’amant ici, c’est vous. Tout le monde a déjà été au moins amoureux une fois dans sa vie et donc vous avez été pris de passion pour quelqu’un. La Fontaine laisse le lecteur être juge de savoir si la perte de la vue du Dieu Amour, c’est une bonne chose ou non. Et on va voir ça après — comment a-t-il perdu la vue ? Et surtout, est-ce que le fait qu’il ait perdu la vue, c’est bien ou c’est mal ?

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Super cliffhanger pour la suite, parce qu’à partir de la ligne 11, c’est le début de l’histoire qui nous raconte comment le Dieu Amour, comment Cupidon a perdu la vue. Je vous raconterai tout ça demain.

Alors, je vous relis la fable originale.

Tout est mystère dans l’Amour, ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance. Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour que d’épuiser cette science. Je ne prétends donc point tout expliquer ici. Mon but est seulement de dire à ma manière comment l’aveugle que voici, c’est un Dieu, comment, dis-je, il perdit la lumière. Quelle suite eut ce mal qui peut-être est un bien ? J’en fais juge un amant, et ne décide rien.

Et je vous lis maintenant la version que j’ai créée.

Tout est mystère dans l’Amour, son arc et ses flèches, le fait qu’il soit un enfant. Cela ne se fera pas en un jour que de tout comprendre de l’amour. Je ne vais donc pas expliquer tout cela dans cette fable. Mon but est seulement de dire avec mes mots comment l’aveugle dont je vais vous parler, comment ce Dieu a perdu la vue. Quelle a été la suite de ce malheur, ou de ce bonheur ? Je vous laisse seul juge et ne décide de rien.

Et donc on continuera cette fable demain. J’espère que ces études de fables vous plaisent. J’espère que ça vous intéresse. En tout cas moi, je trouve ça passionnant. J’adore les fables de La Fontaine, c’est pour ça que j’ai envie de vous les faire découvrir. Et donc, on continuera cette magnifique fable demain, samedi. N’hésitez pas, si vous avez des questions, des choses que vous ne comprenez pas, à me laisser un message sur YouTube en dessous en commentaire de la vidéo. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui on est samedi, c’est le week-end, on est même le samedi 17 janvier 2026, j’espère que vous allez bien, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va voir la deuxième partie d’une fable de La Fontaine qui s’appelle L’Amour et la Folie.

Hier, vendredi, je vous ai expliqué les dix premières lignes de la fable. Aujourd’hui, on va continuer à partir de la ligne 11. J’essaie de pas faire des podcasts de plus de 20-25 minutes max parce que quand on apprend une langue, c’est assez fatiguant d’écouter des podcasts dans la langue qu’on apprend, ça prend de l’énergie. Donc, j’essaye de ne pas faire des podcasts trop longs.

Alors, cette fable qui s’appelle L’Amour et la Folie. Je vais vous résumer les dix premières lignes pour ceux qui n’ont pas écouté le podcast d’hier. Dans les dix premières lignes de la fable, on nous dit que l’Amour est un mystère — c’est l’Amour avec un A majuscule, donc c’est le Dieu Amour. C’est Cupidon en romain, Éros en grec. Donc l’Amour est un mystère et l’auteur ne peut pas tout expliquer sur l’amour, tout comprendre. Donc ce n’est pas le but de cette histoire. Le but de la fable, c’est d’expliquer comment le Dieu Amour a perdu la vue, comment il est devenu aveugle. Est-ce que c’était une bonne chose qu’il perde la vue ? Ou est-ce que c’était un malheur ? Eh bien l’auteur nous laisse, nous, lecteurs, seul juge de cela. Quand j’aurai fini de vous expliquer la fable, vous pourrez réfléchir à savoir si c’est une bonne chose que ce Dieu ait perdu la vue ou une mauvaise chose.

Alors donc on reprend à la ligne 11.

« La Folie et l’Amour jouaient un jour ensemble. »

Ici, le mot Folie et le mot Amour ont des majuscules — F majuscule, A majuscule. Donc, on parle de noms propres, on parle du Dieu Amour, Éros, et du Dieu Folie. Donc on nous dit que deux dieux jouaient ensemble — c’était l’Amour et la Folie.

Ligne 12 : « Celui-ci n’était pas encore privé des yeux. »

« Celui-ci », c’est le dernier Dieu dont on a parlé, donc c’est l’Amour. Et on nous dit que l’Amour avait encore ses yeux. « N’était pas privé », c’est une double négation — « n’était pas », c’est la négation. Et quand on est privé de quelque chose, c’est qu’on n’a pas le droit d’avoir une chose. Donc deux fois négatif, ça fait du positif. Donc quand on nous dit à la ligne 12 « celui-ci n’était pas encore privé des yeux », ça veut dire le Dieu Amour avait encore ses yeux. Il pouvait encore voir, il n’était pas aveugle.

Ligne 13 : « Une dispute vint. L’Amour veut qu’on assemble » et ligne 14 : « Là-dessus le conseil des Dieux. »

Une dispute, c’est un problème entre les deux dieux. Ils se sont peut-être bagarrés, il y a quelque chose sur lequel ils ne sont pas d’accord. Et « vint », le troisième mot de la ligne 13, c’est le passé simple du verbe venir — donc une dispute arriva en fait. Et le Dieu Amour, Cupidon, Éros, veut qu’on assemble, ligne 14, là-dessus le conseil des Dieux. Donc Éros, l’Amour, demande qu’on réunisse à ce sujet les autres dieux, comme s’il y avait une assemblée où l’Amour et la Folie auraient pu présenter leur dispute pour trouver une solution, pour dire lequel des deux dieux avait raison. Donc l’Amour veut une solution plutôt pacifique.

Ligne 15 : « L’autre n’eut pas la patience. »

L’autre, ici on parle de la Folie. Évidemment, c’est le Dieu de la Folie, donc il est tout sauf patient. Il n’a pas attendu le conseil, il n’a pas voulu de la solution que proposait l’Amour.

Ligne 16 : « Elle lui donne un coup si furieux » et ligne 17 : « Qu’il en perd la clarté des cieux. »

Les lignes 16 et 17 ne font qu’une seule phrase. « Elle » ici, on parle de la Folie. Elle donne un coup à l’Amour. Et « furieux », c’est quand on est enragé, quand on est très énervé. Donc la Folie est énervée au sujet de la dispute et frappe l’Amour. On imagine qu’elle le frappe dans les yeux — peut-être qu’elle lui met un grand coup de je ne sais quoi dans les yeux. C’est la Folie, elle est folle. Et donc l’Amour, ligne 17, perd la clarté des cieux. Alors, la clarté, c’est le côté clair de quelque chose, quelque chose qu’on peut voir très bien. Et les cieux, c’est là-haut, au-dessus des nuages, là où vivent les dieux. Donc « la clarté des cieux », c’est une formule poétique, une jolie formule pour dire « la vue ». Puisque ces dieux habitent dans les nuages, dans l’Olympe, on parle ici de clarté des cieux. Donc, la Folie frappe l’Amour et il devient aveugle.

Alors je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c’est un peu dégueulasse pour les femmes, cette fable, parce qu’on dit « la Folie » — donc c’est elle, on imagine que c’est une femme — et l’Amour, c’est masculin, on dit « il ». Donc en fait, la Folie est représentée par une femme, et l’Amour est représenté par un garçon. Bon, bref, c’est une petite aparté, mais j’ai trouvé ça marrant à souligner.

Ligne 18 : « Vénus en demande vengeance. »

Voilà un autre dieu, une déesse plutôt, qui arrive dans l’histoire. Vénus en romain, c’est Aphrodite en grec. Aphrodite, c’est qui ? C’est la mère d’Éros, c’est la mère du Dieu Amour. C’est pour ça qu’elle vient demander vengeance. Elle veut se venger de la Folie parce que la Folie a pris la vue, a détruit les yeux, a frappé son fils. Aphrodite Vénus, c’est la mère d’Éros — la mère de l’Amour et du désir. Donc la mère arrive dans l’histoire et elle demande vengeance.

Ligne 19 : « Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris. »

Donc on nous dit que Vénus est une femme et surtout est la mère d’Éros. « Il suffit pour juger de ses cris » — on nous dit en fait qu’elle cria tellement fort qu’on a compris qu’il était arrivé quelque chose de grave. Elle cria énormément, de douleur, de rage. Elle avait envie de vengeance.

Ligne 20 : « Les Dieux en furent étourdis. »

Être étourdi, c’est quand vous êtes un peu grogui, un peu dans les vapes. Parce que Vénus, la mère de l’Amour, a crié tellement fort qu’elle a étourdi certains dieux.

Ligne 21 : « Et Jupiter, et Némésis. »

Alors Jupiter, c’est qui ? Est-ce que vous connaissez ? Jupiter c’est le Dieu des dieux. Le nom romain c’est Jupiter, le nom grec c’est Zeus. Jupiter c’est la mythologie romaine, Zeus la mythologie grecque. Mais c’est en fait le même Dieu. Et Némésis, c’est qui ? Némésis, c’est la déesse de la colère des dieux et de la justice divine. Donc ici, Némésis va avoir un rôle à jouer, puisque c’est elle qui est chargée de gérer la colère des dieux, c’est elle qui est chargée de gérer la justice divine. Et pour ceux qui sont des gameurs comme moi, pour ceux qui jouent aux jeux vidéo, Némésis, c’est aussi un des méchants, le méchant ultime dans Resident Evil 3. C’est Némésis le méchant, on le voit d’ailleurs sur la pochette du jeu — ils ont fait un remake sur PS4 et PS5.

Ligne 22 : « Et les juges d’Enfer, enfin toute la bande. »

Les juges des enfers, ce sont des juges qui sont chargés de dire si les âmes des morts vont dans tel ou tel endroit des enfers. Pourquoi on a ici les juges des enfers ? C’est pour dire que la souffrance de Vénus a été si forte que ses cris ont été entendus depuis le palais des dieux au-dessus des nuages jusque dans les enfers, jusque sous la terre. Donc vraiment, elle a crié énormément.

Ligne 23 : « Elle représenta l’énormité du cas. »

Énormité, c’est quelque chose de très grand, d’énorme. Donc elle présente en fait au tribunal le cas, donc ce qu’il s’est passé. On est comme si on était à un procès, à un tribunal, où la victime c’est l’Amour, Éros, et l’accusée c’est la Folie. Ici, c’est Vénus, la mère, qui s’exprime.

Ligne 24 : « Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas. »

Son fils, donc le Dieu Amour, Éros, Cupidon, ne pouvait plus marcher sans un bâton. Comme il est devenu aveugle, il a besoin d’un bâton, d’une canne pour se déplacer.

Ligne 25 : « Nul peine n’était pour ce crime assez grande. »

La peine et le crime, c’est du langage de justice. On comprend vraiment ici qu’on est au tribunal des dieux. Vénus, la mère de l’Amour, considère qu’aucune peine ne peut être assez grande pour ce crime, pour ce que la Folie a fait.

Ligne 26 : « Le dommage devait être aussi réparé. »

Le dommage ici, c’est le fait que l’Amour soit devenu aveugle. Donc, Vénus exige, demande que ce dommage soit réparé, qu’il y ait une compensation, que l’Amour soit dédommagé.

Ligne 27 : « Quand on eut bien considéré. »

Ça veut dire quand tout fut pris en compte. « On eut considéré » — on a ici un auxiliaire au passé simple avec le participe passé, ça fait donc le passé antérieur.

Ligne 28 : « L’intérêt du public, celui de la partie. »

Donc ici, en fait, l’assemblée des dieux, le tribunal des dieux va prendre en compte l’intérêt du public — c’est qui le public ? C’est nous. C’est les humains, les hommes et les femmes. Si l’Amour, si Cupidon et Éros ne voient plus, ne peuvent plus viser avec ses flèches pour rendre les gens amoureux, il n’y aura plus d’amour entre les personnes, donc plus d’enfants, donc l’ordre du monde sera menacé et les hommes et les femmes vont disparaître. Et dans la ligne 28, on considère aussi l’intérêt de la partie — c’est encore un terme juridique, c’est la victime, donc Éros.

Ligne 29 : « Le résultat enfin de la suprême cour. »

Le résultat, c’est ce que les dieux vont décider. La cour, c’est encore du langage juridique, les juges. Et « suprême » ici est utilisé pour dire que ce sont des dieux — suprême, c’est quelque chose d’extraordinaire, de supérieur. On attend la décision des dieux juges.

Ça a été quoi la décision ?

Ligne 30 : « Fut de condamner la Folie » et ligne 31 : « À servir de guide à l’Amour. »

Donc les dieux ont condamné la Folie à être toujours auprès de l’Amour, à lui servir de guide parce que l’Amour est aveugle. Donc, la condamnation, la peine de la Folie, c’est de rester auprès de l’Amour. Et c’est pour ça qu’il y a un côté fou dans l’amour, parce que l’Amour est toujours accompagné de la Folie pour le guider. Est-ce que c’est pas magnifique comme histoire ? Est-ce que c’est pas magnifique comme fable ?

Donc, c’est pour ça que l’amour est iraisonné, n’a pas de raison. C’est pour ça que l’amour peut être passionnel, qu’il va au-delà des frontières, au-delà des âges, des pays, des ethnies, des origines, de la couleur de la peau, etc.

Alors, si on revient plus en avant dans la fable — je vous avais dit que ce serait vous le juge de savoir si c’est bien ou pas que l’Amour ait perdu la vue. C’est une question que La Fontaine nous pose. L’Amour perd la vue à cause de la Folie et donc maintenant l’Amour est toujours accompagné de la Folie. Est-ce que c’est bien ou est-ce que c’est mal ? Est-ce que ça serait mieux d’être amoureux et d’être raisonnable ? Ou est-ce que c’est bien d’être amoureux et de faire des choses folles ? Donc ça, c’est à vous de juger. Franchement, je trouve que c’est une fable magnifique, j’adore cette fable, vraiment j’adore.

Alors, je vais vous relire la fable en entier comme si je la lisais à un public français. Maintenant que je vous ai expliqué les phrases et tous les mots, je pense que vous allez beaucoup mieux comprendre.

L’Amour et la Folie, par Jean de La Fontaine.

Tout est mystère dans l’Amour, ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance. Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour que d’épuiser cette science. Je ne prétends donc point tout expliquer ici. Mon but est seulement de dire à ma manière comment l’aveugle que voici, c’est un Dieu, comment, dis-je, il perdit la lumière. Quelle suite eut ce mal qui peut-être est un bien ? J’en fais juge un amant, et ne décide rien. La Folie et l’Amour jouaient un jour ensemble. Celui-ci n’était pas encore privé des yeux. Une dispute vint. L’Amour veut qu’on assemble là-dessus le conseil des Dieux. L’autre n’eut pas la patience. Elle lui donne un coup si furieux qu’il en perd la clarté des cieux. Vénus en demande vengeance, femme et mère, il suffit pour juger de ses cris. Les Dieux en furent étourdis, et Jupiter, et Némésis, et les juges d’Enfer, enfin toute la bande. Elle représenta l’énormité du cas. Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas. Nulle peine n’était pour ce crime assez grande. Le dommage devait être aussi réparé. Quand on eut bien considéré l’intérêt du public, celui de la partie, le résultat enfin de la suprême cour fut de condamner la Folie à servir de guide à l’Amour.

Et voilà la fin de la fable de La Fontaine que je pense vous avez beaucoup mieux comprise. Et si vous n’avez pas encore tout compris, je vais vous lire ma version de la fable, beaucoup plus facile.

L’Amour et la Folie, repris par Adrien.

Tout est mystère dans l’Amour, son arc et ses flèches, le fait qu’il soit un enfant. Cela ne se fera pas en un jour que de tout comprendre de l’amour. Je ne vais donc pas expliquer tout cela dans cette fable. Mon but est seulement de dire avec mes mots comment l’aveugle dont je vais vous parler, comment ce Dieu a perdu la vue. Quelle a été la suite de ce malheur ou de ce bonheur ? Je vous laisse seul juge et ne décide de rien. La Folie et l’Amour jouaient un jour ensemble. À ce moment, ce dernier pouvait encore voir. Une dispute arriva. L’Amour demanda qu’on rassemble à ce sujet les autres dieux. La Folie n’eut pas la patience d’attendre. Elle frappa l’Amour si fort qu’il en perdit la vue. La mère de l’Amour demanda vengeance. En tant que femme et mère, elle cria si fort que les dieux en furent étourdis — Jupiter comme Némésis, comme les juges des enfers, en gros tous les dieux. Elle présenta au tribunal des dieux le handicap de son fils devenu aveugle. L’Amour ne pouvait plus faire un pas sans un bâton. Aucune peine n’était assez grande pour ce crime et le dommage devait aussi être réparé. Quand tout fut pris en compte, l’intérêt du monde et celui de l’Amour, la décision des dieux fut de condamner la Folie à servir de guide à l’Amour.

J’espère que ça vous a plu, j’espère que vous avez compris la fable. Laissez-moi un petit commentaire si vous avez des questions ou même pour me remercier, c’est toujours sympa. On se retrouvera demain avec une nouvelle expression française. Demain, on va voir une expression française qui est « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». On se retrouve donc demain. D’ici là, passez une bonne journée. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !


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