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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le 23 janvier 2026, c’est vendredi. Je suis content de vous retrouver comme tous les jours pour vous parler d’une nouvelle expression française, mais avant, vous le savez, on va parler d’autres choses.
1) Des noms communs devenus des noms propres
Je vais vous parler des anthroponymes. Alors ça, c’est un mot très compliqué, mais en fait pour dire quelque chose d’assez simple. Un anthroponyme, c’est un nom propre qui va devenir un nom commun.
Un nom propre, c’est le nom d’une personne. Euh… Bon, je ne vais peut-être pas vous donner mon nom à l’antenne. On va dire que mon prénom, c’est Adrien, c’est un nom propre. Et un nom commun, eh bien c’est tout ce qui n’est pas un nom propre. Une table, une chaise, un fauteuil, une maison, tout ça, ce sont des noms communs.
Eh bien, un anthroponyme, c’est comme si je donnais mon nom, Adrien, à quelque chose. Comme si j’avais inventé une chose, et donc la chose que j’ai inventée portera mon nom. On dira peut-être dans le futur « je vais utiliser un Adrien ». Je ne sais pas ce que ça voudra dire mais c’est ça un anthroponyme. C’est une personne qui a créé, qui a inventé, qui a découvert quelque chose et qui va donner son nom à son invention.
Alors, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup des mots en français qui sont en fait à la base des noms propres. J’en ai sélectionné quelques-uns. Je vais vous en parler, je pense aujourd’hui et demain parce que j’en ai plusieurs à vous expliquer et comme ça, vous allez peut-être apprendre des mots. Et si je fais ça aujourd’hui en entier, eh bien très bien, demain, on parlera d’autres choses.
Alors on va commencer par la béchamel. Est-ce que vous connaissez la béchamel ? La béchamel, c’est une sauce française qui est très facile à faire. Je vais vous donner la recette puisque je la connais par cœur. Vous mettez du beurre dans une casserole, un peu de farine, ça fait un beurre manié, on dit. Et ensuite, vous rajoutez du lait, et si vous voulez de la crème, mais que du lait, ça suffit. Du sel, du poivre, noix de muscade, vous mélangez doucement en faisant chauffer. Ça fait une sauce qui s’appelle la béchamel. Et béchamel, ça vient du nom Louis de Béchamel. Louis de Béchamel, c’était un maître d’hôtel — donc on va dire plus simplement un cuisinier, sinon ça va être compliqué — de Louis XIV, du roi Soleil, d’un roi français. Et ce Louis de Béchamel, eh bien c’est lui qui a créé une sauce et il a donné son nom à cette sauce, c’est la béchamel. Ça arrive beaucoup en cuisine que des plats, des sauces, des créations culinaires portent le nom de leur créateur.
La tarte Tatin. Est-ce que vous connaissez ça ? La tarte Tatin. Eh bien la tarte Tatin, ce sont en fait des pommes que vous faites caraméliser dans un plat et vous ajoutez de la pâte au-dessus et pas en dessous. Vous mettez au four, vous sortez, vous retournez et vous avez une tarte Tatin. Si vous ne connaissez pas la tarte Tatin, je vous conseille de goûter ça, c’est sublime. Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que Tatin, c’est le nom de deux sœurs, les sœurs Tatin, elles ont donné leur nom à la tarte Tatin. Et pourquoi c’est une tarte avec la pâte au-dessus dans le four ? Alors il y a deux légendes possibles. La première, c’est qu’une des sœurs a oublié de mettre la pâte au fond du moule avec les pommes au-dessus. Elle a mis les pommes directement dans le plat, elle s’est rendu compte qu’elle avait oublié la pâte et donc elle a mis la pâte à tarte au-dessus et après elle l’a retournée. Ça c’est la première légende et la deuxième c’est qu’en sortant sa tarte du four, elle l’a fait tomber et donc la tarte s’est retournée, elle a essayé de sauver ce qu’elle pouvait de la tarte et c’est comme ça qu’elle aurait créé la tarte Tatin, ou plutôt qu’elles auraient créé la tarte Tatin puisque ce sont deux sœurs.
C’est pareil pour les crêpes Suzette. Les crêpes Suzette, c’est une façon de manger des crêpes spécifiques, eh bien cette Suzette, c’était une personne. Donc en cuisine, on ne va pas tous les faire, il y a beaucoup, beaucoup de noms propres qui sont devenus des noms communs.
On continue. Allez, encore un nouveau mot. Est-ce que vous connaissez le mot « chauvin », être chauvin ? Être chauvin, ça veut dire adorer son pays. Par exemple, si moi je suis chauvin, je vais dire : « La France, c’est le plus beau pays du monde. Il n’y a que là que je veux vivre, c’est magnifique, c’est génial. J’adore mon pays. » Ça, c’est être chauvin. Eh bien chauvin, aujourd’hui c’est un nom commun, mais c’était un nom propre. C’était qui ce monsieur Chauvin ? Eh bien il s’appelait Nicolas Chauvin et c’était un soldat de Napoléon. C’était un soldat de l’empereur Napoléon Bonaparte et ce soldat Nicolas Chauvin adorait son empereur, il le considérait comme un dieu, vraiment il adorait l’empereur et la France. Et donc de son nom, ça a donné le fait d’adorer quelque chose, adorer son pays, adorer sa patrie, sa nation. De Nicolas Chauvin, de ce monsieur Chauvin, on a créé un mot à partir de son nom qui est « être chauvin ». Est-ce que vous comprenez le principe ? Je vais vous en donner un autre avant de passer, je pense, à l’expression du jour parce qu’elle est assez longue et il y a pas mal de choses à dire.
Ben tiens, on va en faire encore un qui parle de nourriture. Et d’ailleurs, c’est de saison puisque c’est ce qu’on mange en ce moment en France. Pendant tout le mois de janvier en France, on mange de la galette des rois. Je vous ai déjà parlé de la galette des rois dans un précédent podcast.
En deux mots, c’est de la pâte feuilletée avec au milieu une crème à base d’amandes, à base de sucre, d’œufs, de rhum, à base d’essence d’amandes amères et ça s’appelle la frangipane. La frangipane, c’est donc le mélange qu’il y a entre les deux pâtes de la galette des rois. Eh bien frangipane, c’est un nom commun et avant, c’était un nom propre. Ça vient du nom « Frangipani » qui était un monsieur italien et c’est lui apparemment qui aurait inventé le parfum de la galette des rois, le parfum de la frangipane. Frangipani a donné frangipane.
Bien, alors on a fait quatre mots avec la tarte Tatin. On a fait quatre mots qui étaient des noms propres qui sont devenus des noms communs. Donc, on continuera bien sûr demain avec cela.
2) Expression du jour : Manger les pissenlits par la racine
Et tout de suite, je vous parle de l’expression du jour « manger les pissenlits par la racine ». Je vous explique les mots de l’expression ? Alors, « manger » est déjà le premier mot, je ne vais pas vous l’expliquer parce que tout le monde connaît. On va juste parler du verbe en lui-même. Déjà, si on le conjugue à un temps composé, est-ce qu’on va utiliser l’auxiliaire être ou l’auxiliaire avoir ? Est-ce qu’on dit « j’ai mangé » ou « je suis mangé » ? Alors là c’est un peu particulier parce qu’on peut dire les deux mais ça n’a pas le même sens.
Si on dit « je suis mangé », c’est le verbe être mangé. Ça veut dire que quelqu’un vous mange. Ce n’est pas que vous mangez quelque chose. Donc on dit « j’ai mangé ». Le verbe manger s’utilise avec l’auxiliaire avoir. On dit donc « j’ai mangé, tu as mangé, il a mangé, nous avons mangé, vous avez mangé et ils ont mangé ». Ça c’était donc le passé composé de manger. Je vais de plus en plus vous parler des temps composés et des auxiliaires parce que si vous voulez bien parler français, il faut savoir quel auxiliaire est utilisé pour quel verbe. Donc manger, auxiliaire avoir. Je vais vous le conjuguer à l’imparfait, encore un temps du passé. Ça donne donc manger à l’imparfait : « Je mangeais, tu mangeais, il mangeait, nous mangions, vous mangiez et ils mangeaient. »
Ensuite on a dans l’expression les pissenlits. « Manger les pissenlits par la racine. » Alors c’est quoi les pissenlits ? Déjà, c’est une plante, c’est quelque chose donc qui pousse dans la terre, c’est une plante dont on peut manger les feuilles. Les feuilles de pissenlits se mangent en salade et c’est très bon. Et quand on laisse pousser les pissenlits, ça fait une tige avec une fleur jaune au bout de la tige. C’est ça un pissenlit ou des pissenlits.
On revient à l’expression « manger les pissenlits par la racine ». « Par », c’est une préposition et ça veut dire « à partir de ». Donc les pissenlits par la racine, les pissenlits à partir de la racine. Et la racine c’est quoi ? Eh bien dans la plante, c’est ce qui est dans la terre et qui va aller chercher la nourriture pour la plante. Les racines des pissenlits se trouvent dans la terre. Les racines des arbres, ce sont les branches souterraines de l’arbre. On appelle ça les racines, c’est par là que l’arbre va se nourrir. Donc là je vous ai expliqué tous les mots de l’expression.
Est-ce que vous pouvez comprendre ce que ça veut dire, manger les pissenlits par la racine ? Pourquoi on mangerait la racine des pissenlits alors que nous les vivants, on mange les feuilles ? Là je vous ai donné un indice en disant les vivants parce que en fait, manger les pissenlits par la racine, c’est pour parler des personnes mortes.
C’est une expression humoristique, une expression plutôt drôle. Je vous expliquerai tout à l’heure comment l’utiliser de façon drôle, pour parler d’un mort, pour parler de quelqu’un de mort. Et pourquoi la personne morte va manger les pissenlits par la racine ? Eh bien parce qu’elle est enterrée, parce qu’elle est sous terre. Alors évidemment, elle est morte, donc elle ne mange rien. Mais c’est une image. Imaginez qu’un corps est enterré, eh bien s’il a faim, s’il est toujours vivant, il pourra manger des pissenlits, mais que la racine, parce qu’il est sous terre.
Alors, avant de vous expliquer comment on utilise cette expression, je vais vous dire pourquoi on dit ça. Moi personnellement, j’aime beaucoup cette expression, je la trouve très jolie, très poétique et très marrante. Mais d’abord, pourquoi on dit ça ? Aujourd’hui, quand on va à un enterrement, la personne est dans un cercueil, le cercueil est mis dans la terre, mais il y a du béton. Il n’est pas à même la terre, en tout cas en France, c’est comme ça. Et au-dessus du béton, au-dessus du cercueil, vous avez ce qu’on appelle une pierre tombale, avec marqué le nom de la personne, l’année de naissance et l’année de la mort.
Mais avant, ça ne se faisait pas comme ça. Évidemment, avant, on enterrait les morts directement dans la terre et pour pouvoir enterrer quelqu’un, il faut d’abord creuser un trou. Donc on creusait un grand trou, on mettait le cadavre de la personne et on remettait la terre par-dessus. Sauf que la terre, quand elle est retournée, quand elle est travaillée, les plantes poussent très rapidement dessus et surtout les pissenlits. Donc la personne qui était sous terre pouvait manger des pissenlits par la racine, mais évidemment elle ne mange pas puisqu’elle est morte. Mais c’est une image, c’est une formule humoristique pour dire quelqu’un de mort, pour parler de la mort.
Alors cette expression, je vais vous expliquer à quel moment on peut l’utiliser. C’est quelque chose de drôle, d’humoristique. Donc évidemment, il ne faut pas utiliser cette expression pendant un enterrement, pendant quelque chose de triste. Ce n’est pas vraiment pour parler de quelqu’un de mort. Si vous dites ça à un enterrement, vous allez vous faire jeter. Je vais vous donner un exemple de comment utiliser cette expression.
Imaginez que vous faites de la course à pied. Vous faites de la course à pied toutes les semaines, deux, trois fois par semaine, depuis des années. Et donc vous êtes habitué à courir et un jour vous invitez un pote, vous invitez un copain, pour qu’il vienne courir avec vous. Et ce copain, il n’est pas habitué à la course à pied, et il n’est pas habitué à faire du sport. Mais il accepte, donc il vient courir avec vous. Il commence à courir, il vous suit, vous discutez un kilomètre, deux kilomètres, ça court toujours. Et au bout de cinq kilomètres, vous voyez que votre pote, votre copain, est en train de souffler, d’avoir du mal, il est en train de traîner la patte, il est en train de souffler très fort, il est tout rouge. Vous lui demandez si ça va ? Et il peut vous répondre : « Bientôt, je vais manger les pissenlits par la racine ! » en étant tout essoufflé. Ça veut dire « Bientôt, je vais mourir si je continue à courir comme ça » mais il ne va pas vraiment mourir, c’est une image. C’est pour dire qu’il est très fatigué et qu’il n’en peut plus, qu’il en a marre de courir. Donc vous voyez, il aura dit « je vais bientôt manger les pissenlits par la racine ». Ça veut dire « Je vais bientôt crever, j’en peux plus de courir, je suis fatigué ».
Donc c’est une expression à utiliser quand vous voulez dire « je vais mourir », mais que vous n’allez pas vraiment mourir. Vous n’allez pas utiliser cette expression si vous avez une maladie grave. C’est quelque chose de drôle, c’est quelque chose d’humoristique. Donc, attention avec cette expression, elle est vraiment top, mais il ne faut pas l’utiliser partout ni tout le temps.
Alors, qu’est-ce qui me reste à vous dire ? En anglais, ça se dit to be pushing up the daisies.
Il me reste à vous dire aussi que, comme d’habitude, si vous voulez approfondir le français, avoir les transcriptions des épisodes ou tout simplement soutenir mon podcast parce que le podcast vous plaît, vous pouvez vous abonner à mon Patreon et vous aurez aussi des podcasts exclusifs. Et je ferai bientôt, je pense, dans quelques semaines, dans quelques mois le même type d’abonnement, le même type de participation sur YouTube parce que j’espère qu’un jour peut-être dans quelques années, je pourrais gagner plus d’argent avec ce podcast et pourquoi pas en vivre ? Pourquoi pas avec ma chaîne YouTube ? Quitter mon travail et vivre de ce podcast ? J’aimerais beaucoup ça mais bon, on n’en est pas encore là, il faut plusieurs années pour cela. Donc tranquille, pour l’instant, je vais continuer à vous expliquer des expressions et j’espère que ça vous plaît. Demain, nouvelle expression française. On va parler d’un train qui en cache un autre. Et donc, je vous souhaite une bonne journée. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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