« Prendre la main dans le sac » et l’apocope 2e partie

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Comment allez-vous ? Aujourd’hui, on est le lundi 19 janvier. J’espère que vous allez attaquer la semaine en forme. Je vous souhaite la bienvenue, bien sûr, dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « prendre la main dans le sac ».

1) Apocope 2e partie

Mais avant, comme d’habitude, petite introduction, une première partie sur autre chose. Aujourd’hui on va continuer sur le sujet d’hier. Hier je vous ai parlé de l’apocope pour ceux qui ont écouté le podcast et pour ceux qui se souviennent.

L’apocope c’est quand on retire une partie d’un mot, on retire la fin d’un mot et on va avoir un mot qui est raccourci, comme ciné pour cinéma, resto pour restaurant, micro pour microphone et hier, je vous en ai dit plusieurs, je vous ai même donné les mots raccourcis et vous avez essayé de trouver les mots rallongés, les vrais mots.

Aujourd’hui, on continue sur l’apocope, on continue et on termine. Les mots que je vous ai donnés hier, ce sont des mots où on va faire une apocope pour avoir des mots plus courts qui sont du langage courant ou du langage soutenu. Par exemple, ophtalmologiste, du langage soutenu et ophtalmo c’est du langage courant. Aujourd’hui, je vais vous parler d’apocope du langage familier, du langage parlé, donc de choses que vous pouvez tout à fait utiliser à l’oral, mais moins à l’écrit.

Il y a peu de chance que vous voyez ces mots raccourcis dans des livres, peut-être dans des bandes dessinées, ça c’est sûr, mais dans des livres il y a moins de chances. Donc aujourd’hui, on va voir sept mots qui sont raccourcis, donc sept apocopes du langage familier, mais on peut aussi avoir une apocope avec des noms propres. Je vous parlerai de ça juste après.

Alors on commence avec le premier mot. Le premier mot c’est « deg ». D-E-G. Un exemple de phrase : « Hier, j’ai raté mon examen, ch’uis deg. » « Hier j’ai raté mon examen, ch’uis deg. » Vous entendez, je dis « ch’uis deg », je ne dis pas « je suis » et le mot c’est « dégoûter ». Donc j’utilise « ch’uis » du langage familier à la place de « je suis » dont je vous ai parlé il y a trois ou quatre jours et « deg » à la place de « dégoûté ». Être dégoûté, ça a deux sens — soit quand vous mangez ou quand vous sentez quelque chose de très mauvais, une odeur très forte, on peut être dégoûté, avoir du dégoût — mais on peut aussi être dégoûté, « je suis deg », quand vous avez raté quelque chose, quand quelque chose se passe mal. Par exemple, un examen de français. « J’ai raté mon examen, je suis deg. » Donc c’est ça, « dégoûter ». « Dégoûter » c’est le vrai mot. L’apocope de « dégoûter » c’est « deg ».

On en a un autre qui ressemble, qui est « dégueu ». Dégueu. Là c’est D-E-G-U-E-U. Dégueu. Est-ce que vous connaissez ce mot « dégueu » ? Je vous donne un exemple de phrase : « Hier j’ai cuisiné mais c’était très mauvais, c’était dégueu. » Dégueu, ça veut dire dégueulasse. Dégueu c’est l’apocope de dégueulasse. Dégueulasse c’est quelque chose de vraiment immonde, de très mauvais, de très sale. Comme… je sais pas… les chiottes d’un camping. Les chiottes d’un bar à Paris, ça c’est dégueulasse aussi. Donc dégueu c’est immonde, c’est crade, c’est dégueulasse tout simplement. Donc dégueulasse c’est le vrai mot, dégueu c’est l’apocope.

On continue. Allez, encore une apocope du langage familier. Le mot c’est « cata » et on dit « c’est la cata ». « C’est la cata » : « Demain je dois rendre un dossier à mon travail mais je n’ai rien fait. C’est vraiment la cata. » La cata c’est quoi ? Est-ce que vous connaissez le vrai mot qui suit après cata ? C’est la catastrophe. La catastrophe, c’est quelque chose qui arrive et qui va vraiment causer des problèmes. De ne pas rendre un dossier à son travail, ça peut vous causer des problèmes. C’est une catastrophe. Donc ça peut être au niveau personnel, au niveau familial, amical dans sa vie, quelque chose de mauvais, de mal, mais ça peut aussi être à l’échelle mondiale. On parle de catastrophes naturelles comme les tremblements de terre, les tsunamis, les incendies, les inondations, le virus avec la pandémie. Tout ça, ce sont des catastrophes naturelles. Mais quand on dit « c’est la cata », c’est plutôt dans sa vie personnelle, dans sa vie à soi, ou dans la vie de quelqu’un d’autre, mais pas à une échelle mondiale. Donc ça, c’était le troisième mot, la troisième apocope. Je vous rappelle les trois premières. « Deg, dégoûter, dégueu, dégueulasse, cata, catastrophe. »

On continue avec l’hallu, une hallu : « Hier, j’ai cru voir quelqu’un chez moi, j’ai eu une hallu. » Est-ce que vous comprenez ? Ou alors : « Je conduisais sur la route et j’ai cru voir passer quelqu’un mais c’était une hallu. » Une hallu, c’est une hallucination. Une hallucination, c’est quand on pense voir quelque chose, mais que cette chose n’existe pas. Si vous prenez de la drogue, si vous prenez des champignons, d’ailleurs on dit champignon hallucinogène, vous allez voir des choses qui n’existent pas. Vous allez avoir des visions. Eh bien une hallu, c’est ça. C’est quand on pense avoir vu ou entendu quelque chose, mais que ça n’a pas existé. Donc on dit une hallu, une hallucination. J’ai eu une hallu, c’était l’hallu, c’était une hallucination.

Allez, on continue avec encore trois mots du langage familier, trois apocopes. Une apocope ici de la cuisine, un mot qui désigne un condiment qu’on peut manger avec des frites, avec un hamburger, avec des œufs et ça s’appelle la mayo. Vous connaissez la mayo ? La mayo c’est de la mayonnaise. Ce sont des jaunes d’œufs avec de la moutarde, du sel, du poivre, on mélange, on rajoute de l’huile de tournesol, on fouette et on a de la mayonnaise. Et comme ça vous avez la recette de la mayonnaise maison. Parce que de faire quelque chose comme ça maison, de le faire soi-même, c’est toujours bien meilleur qu’acheter en magasin. La mayo, c’est la mayonnaise. Si vous allez manger dans un fast-food grec ou turc en France et qu’il vous demande quelle sauce, vous pouvez dire « ketchup mayo ». « Quelle sauce pour le sandwich ? » « Ketchup mayo. » « Ketchup et mayonnaise. » Ou alors « que mayo ». Il vous mettra que de la mayonnaise.

Allez, on continue avec le suivant et le suivant c’est « n’imp ». « N’imp, N-I-M-P ». Est-ce que vous connaissez ce mot ? C’est n’imp. N’imp. Je vous donne un exemple : « J’ai lu un article sur internet mais c’est vraiment n’imp. » Ah ah ! Ça c’est compliqué à comprendre. « J’ai lu un article sur Internet, c’était vraiment n’imp. » Ça veut dire c’était vraiment n’importe quoi. C’était que des conneries, c’était que des mensonges. « C’est n’imp », ça veut dire c’est n’importe quoi ou quand quelqu’un vous dit quelque chose et que vous ne le croyez pas, vous pouvez dire « je te crois pas, c’est n’imp, c’est n’importe quoi ». Ça veut dire « ce que tu dis, en gros, c’est de la merde ». C’est faux. Donc ça c’est n’imp.

Et le dernier, la dernière apocope pour aujourd’hui du langage familier, c’est quoi ? C’est « impec ». C’est impec, I-M-P-E-C. Un exemple de phrase : « Est-ce que ça te va si on se retrouve demain à 18h ? Oui c’est impec. Oui c’est ok pour moi. Oui c’est impec pour moi. Oui c’est impeccable. » Le vrai mot c’est impeccable, ça veut dire parfait, nickel. Et l’apocope c’est impec. On peut parler de quelque chose d’impeccable quand une chose est très propre, ou alors quand vous êtes ok avec quelque chose. « Oui, c’est bon pour moi, c’est impeccable. »

Et maintenant, je vais vous expliquer rapidement les apocopes avec les noms propres. Ce dont je vous ai parlé aujourd’hui, c’était des noms communs du langage familier. Mais ça marche aussi pour les noms propres, pour les prénoms ou bien les noms de famille. On va dire que vous avez un ami qui s’appelle Sébastien, l’apocope de Sébastien c’est Seb. On enlève « astien » à la fin du mot, à la fin du nom. Donc Seb c’est un surnom mais c’est aussi une apocope de Sébastien. Un pote qui s’appelle Grégory, eh bien l’apocope c’est quoi ? Le surnom de Grégory, l’apocope de Grégory c’est Greg. Grégory, Greg, Sébastien, Seb. Ça c’est les noms propres, donc deux prénoms.

Et enfin je vous ai sélectionné une apocope sur un nom propre, un nom de famille. Et cette apocope c’est Sarko. Est-ce que vous connaissez Sarko ? Sarko, c’est l’apocope de Sarkozy, qui est un ancien président de la République française. On en a entendu beaucoup parler récemment, parce qu’il a été en prison pendant trois semaines, je crois. Maintenant, il est sorti, mais donc on en a beaucoup entendu parler. Eh bien on dit souvent, Sarko ceci, Sarko cela. Et donc Sarko, c’est l’apocope de Sarkozy. On peut dire aussi c’est le surnom.

2) Expression française : Prendre la main dans le sac

Bien, maintenant on passe à la deuxième partie du podcast, l’expression du jour, « prendre la main dans le sac ». Prendre, c’est un verbe du troisième groupe qui se conjugue avec l’auxiliaire avoir. Le fait de prendre quelque chose, c’est d’attraper. Mais ici dans l’expression prendre la main dans le sac, ça veut plutôt dire prendre quelqu’un sur le fait. C’est remarquer quelqu’un en train de faire quelque chose d’interdit ou de pas bien ou qui se cache pour faire cette chose.

Donc prendre, je vous ai dit, c’est un verbe du troisième groupe. Je vais donc vous le conjuguer au présent et au passé composé avec donc l’auxiliaire avoir. Prendre au présent, ça donne « je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez et ils prennent ». Et au passé composé, donc auxiliaire avoir au présent plus participe passé : « J’ai pris, tu as pris, il a pris, nous avons pris, vous avez pris et ils ont pris ». Ça c’est pour le verbe prendre.

Ensuite on a « la main », la main je pense que vous connaissez, c’est le bout du bras, c’est là où il y a les doigts. On dit d’ailleurs les cinq doigts de la main. Tout le monde a deux mains et dix doigts de la main.

Et dans le sac, « dans » c’est à l’intérieur de, dans quelque chose, à l’intérieur de quelque chose, ici c’est le sac. Le sac c’est quoi ? C’est ce que vous portez, par exemple, pour mettre vos courses. Quand vous allez au supermarché, vous avez un sac pour récupérer vos courses. Ça c’est un sac classique, mais on peut aussi parler de sac à main. Un sac à main, c’est surtout pour les femmes et c’est là-dedans qu’elles vont mettre toutes leurs petites affaires personnelles. On peut parler aussi de sac à dos. C’est un sac qu’on met sur le dos, qu’on porte et qui va être dans notre dos. On peut parler aussi de sac de couchage. Ça, c’est pour dormir sous une tente, faire du camping, pour ne pas avoir froid. Bref, le sac, on va mettre quelque chose dedans.

Et donc prendre la main dans le sac, comme j’ai commencé à vous l’expliquer tout à l’heure, ça veut dire prendre quelqu’un sur le fait. Pendant que cette personne commet un acte qu’il aurait voulu cacher ou un acte qui est interdit. Imaginez, vous êtes à Paris en voyage en tant que touriste, vous prenez le métro qui est l’apocope de métropolitain et vous sentez quelque chose près de vous. Vous sentez que votre sac est en train de bouger. Vous regardez et vous voyez quelqu’un fouiller dans votre sac. Vous voyez un pickpocket essayer de voler votre argent. Eh bien à ce moment-là, vous aurez pris la personne la main dans le sac.

Donc cette expression, elle peut s’utiliser bien sûr de façon littérale pour les pickpockets et ceux qui essaient de voler, mais on peut aussi et surtout utiliser cette expression quand vous voyez quelqu’un faire quelque chose qu’il veut cacher. Exemple, on va dire que vous êtes surveillant pour un examen. Vous devez surveiller des élèves qui passent un examen et vous voyez qu’un élève est en train de tricher. Avec je ne sais quelle technique, il est en train de tricher pour son examen. Eh bien vous allez pouvoir lui dire qu’il est disqualifié ou que vous l’avez vu en train de tricher, vous l’aurez pris la main dans le sac. Vous aurez vu qu’il trichait au moment où il trichait et c’est ça prendre la main dans le sac, prendre quelqu’un sur le fait.

Donc là je vous ai parlé d’actes physiques, le vol de pickpocket, la tricherie à un examen, et on peut aussi utiliser prendre la main dans le sac pour un mensonge, pour une maladresse. Ce n’est pas forcément un acte physique. Si vous savez que quelqu’un vous ment en face de vous, eh bien vous pouvez lui dire, je te prends la main dans le sac en train de mentir.

Donc c’est une expression qu’on peut utiliser pour des sujets sérieux ou aussi pour des sujets plus légers, pour des choses sans conséquences, pour des choses un peu plus drôles. Donc c’est soit sérieux, soit humoristique. On peut faire les deux, il n’y a aucun problème. Alors qu’une autre expression qui veut dire la même chose, en flagrant délit, eh bien ça c’est plutôt utilisé pour les choses sérieuses. Prendre la main dans le sac et prendre en flagrant délit, c’est la même chose, sauf que en flagrant délit, ça s’utilise pour les choses uniquement sérieuses. On dit d’ailleurs « pris en flag », mais je vous expliquerai cette expression un autre jour.

Est-ce que vous avez compris le sens de l’expression ? N’hésitez pas à me dire sur YouTube si vous comprenez ou si vous ne comprenez pas. Si vous avez des questions, s’il y a des choses que je peux expliquer de manière différente, je prends tous les commentaires, il n’y a aucun problème. En anglais, ça se dit to catch red-handed. L’expression to catch red-handed, ça veut dire en français « attraper avec les mains rouges » et les mains rouges c’est en fait les mains pleines de sang, comme si vous étiez en train d’attraper quelqu’un qui vient de tuer, qui vient de blesser une autre personne. Et donc à ce moment-là, vous l’aurez pris la main dans le sac, vous l’aurez pris en flagrant délit.

Bien, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Demain, on fera une nouvelle expression française qui est « tiens, c’est cadeau ». Je vous répète « tiens, c’est cadeau ». Donc, je vous expliquerai tout ça demain. Si vous le pouvez et si vous le souhaitez, laissez-moi une bonne note sur vos applications de podcast, Spotify, Apple Podcasts, etc. Parce que c’est ça qui sert à faire connaître mon podcast. J’espère que ça vous a plu, on se retrouve donc demain pour une nouvelle expression française et d’ici là je vous souhaite de passer une bonne journée, à bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !


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