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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, c’est le dimanche 1er février, donc le premier jour du 2e mois de l’année, le 1er jour de février, et je vous souhaite bien sûr la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien.
Alors aujourd’hui, je vais continuer à vous parler de Granville, du lieu, de la ville où j’ai passé mes vacances quand j’étais enfant. Il y a deux jours, vendredi, j’ai commencé à vous parler de la Normandie et j’ai commencé à vous parler de Granville. Donc aujourd’hui, je vais continuer un peu à vous raconter des souvenirs de vacances quand j’étais enfant.
Je vous ai déjà parlé de la plage de Granville avec une piscine d’eau de mer, une piscine créée par l’homme mais remplie grâce à la mer qui monte et qui descend. Je vous ai aussi parlé des châteaux de sable et des circuits de billes qu’on créait sur la plage avec mes cousins et mes cousines. Mais on faisait aussi d’autres choses sur la plage. Les châteaux de sable et les terrains de billes, c’était quand on était enfants.
Un peu plus tard, adolescent, on commençait à jouer au football, à jouer au beach-volley. Et on avait acheté un filet de beach-volley. Un filet et aussi des lignes pour délimiter le terrain. Mes cousins et moi, on était 5. Mais pour jouer au beach-volley, d’habitude c’est 2 contre 2. Là on avait un terrain de 6 contre 6, donc comme pour faire du volley normal. Et donc il faut être 12 joueurs, nous on n’était que 5. Mais dès qu’on installait le terrain, eh bien des gens venaient pour nous demander de jouer avec nous. Donc très rapidement, on était 6 contre 6. Et j’ai de très bons souvenirs de beach-volley sur la plage de Granville, de très bons souvenirs de football sur la plage aussi, où on s’est vraiment éclatés.
Et sur cette plage, il y a aussi un plongeoir en pierre. C’est en fait comme une tour sur la plage qui a deux étages. Il y a une échelle et donc quand la marée monte, vous pouvez nager jusqu’à ce plongeoir, soit au premier étage, soit au deuxième. Je crois que le premier était à 2 ou 3 mètres du sol et le deuxième devait être à 6-7 mètres du sol. Donc quand la marée est montée, quand l’eau monte, le plongeoir est dans l’eau et à ce moment-là on peut plonger. Et on allait souvent là-bas avec mes cousins pour s’amuser à plonger dans l’eau.
Donc sur cette plage à Granville, sur les plages de Normandie et sur les plages françaises en général, et bien sûr sur les plages mondiales, il y a souvent des choses pour pouvoir s’amuser. Souvent la possibilité de s’amuser avec la piscine, le plongeoir, à faire du sport sur la plage. Bref, c’est très sympa.
Et après, à la fin de la journée, on revenait de la plage vers la maison. Et en revenant, juste à la sortie de la plage, il y avait un vendeur de gaufres, de crêpes et de glaces et de temps en temps, mes parents ou mon oncle et ma tante, donc les parents de mes cousins, nous achetaient des glaces. Et ça, c’est un souvenir important pour moi. J’ai encore le goût de la glace, la sensation de fraîcheur, de froid, de glacé dans la bouche, alors que la journée était très chaude. Et ça, franchement, c’est un souvenir que je vais garder toute ma vie.
Il y a plusieurs semaines, je vous ai parlé d’un cauchemar que j’ai fait quand j’étais enfant. Eh bien ce cauchemar, je l’ai fait alors que je dormais à Granville. Je crois que je vous l’avais dit déjà à l’époque, mais du coup vous pouvez faire la connexion avec aujourd’hui, avec mes souvenirs de Granville.
Et à Granville, comme dans quasiment toutes les villes de France, il y a un marché. Le marché, je vous en ai déjà parlé, c’est un endroit où vous avez des commerçants qui viennent avec leurs produits, ils vont monter leur tente ou plutôt leur protection contre la pluie, ils vont monter leurs étalages et vendre les produits une ou deux fois par semaine aux clients, aux Français ou bien sûr aux autres personnes, aux touristes, etc.
Et à Granville, le marché, il est un peu particulier. Pourquoi ? Parce que c’est un marché couvert. En fait c’est un bâtiment où les commerçants vont s’installer pour vendre deux ou trois fois par semaine leurs produits. Une fois que la matinée est finie, ils enlèvent leurs produits et ils repartent dans un autre marché ailleurs. Et dans ce marché à Granville, vous pouvez manger une spécialité normande et une spécialité bretonne. Normand, ça vient de Normandie et breton-bretonne, ça vient de la Bretagne. C’est une région juste à côté de la Normandie. Et cette spécialité, c’est quoi ?
Ça s’appelle la galette saucisse. Je vous répète, galette saucisse. Alors, c’est quoi cette spécialité ? Je vais vous expliquer et je vais essayer de vous décrire le goût. La galette, c’est une crêpe à base de farine de sarrasin. Si vous êtes déjà venu en France, je vous conseille de manger dans une crêperie et vous aurez des plats salés avec des galettes. C’est à base d’une pâte avec de la farine de sarrasin et dessus, on va mettre un œuf, du jambon, des champignons, peu importe, il y a plein de galettes différentes. Ça c’est le côté salé. Et en dessert, vous avez des crêpes sucrées avec de la farine de blé, la farine de froment.
Pourquoi je vous dis ça ? Parce que la galette saucisse, c’est avec une galette de sarrasin. Et au milieu, vous avez une saucisse. Une saucisse, c’est une préparation de viande. Souvent, c’est de la viande de porc, qui est dans un boyau de porc. Tout le monde connaît ou tout le monde a mangé des saucisses — c’est ce qu’on met dans les hot-dogs — mais ici c’est une saucisse normande. C’est une saucisse qui est faite en Normandie et qui a beaucoup plus de goût que les saucisses à hot-dogs. Donc ils prennent une galette, ils mettent une grosse saucisse dedans, des petits oignons frits, des petits oignons rissolés, de la sauce, ils plient la galette et ils vous donnent ça à manger pendant que vous faites le marché. Enfin, ils vous le donnent pas, ils vous le vendent bien sûr.
Et ce qui est incroyable, c’est qu’ils font cuire leurs saucisses bien sûr, et au-dessus du barbecue, là où ils cuisent les saucisses, il y a une énorme fumée qui monte et qui met une odeur de saucisses dans tout le marché. Et là, tout le monde a envie de manger une galette saucisse. Donc souvent il y a la queue, mais ça vaut le coup d’attendre, ça vaut le coup de faire la queue parce que c’est très, très bon, c’est très simple mais c’est très bon, et c’est une spécialité du coin, la galette saucisse.
Qu’est-ce que j’ai d’autre comme souvenir à Granville ? En vrai j’en ai plein. Je vais peut-être vous en raconter un dernier et ça c’est un peu une madeleine de Proust. C’est une expression française que je vous expliquerai un autre jour, qu’on verra en détail, mais en gros une madeleine de Proust, c’est un souvenir d’enfance qui est très important pour nous, où on va se rappeler des odeurs, on va se rappeler du goût et souvent c’est de la nourriture.
Tout à l’heure, la glace après la plage dont je vous parlais, ça peut être pour moi une madeleine de Proust. Mais il y en a une autre, c’est l’odeur des maquereaux grillés. Les maquereaux, c’est un poisson qu’on trouve beaucoup en Normandie. Et mon grand-père, qui vivait bien sûr à Granville, il avait une espèce de hutte où il avait un barbecue, une cheminée, et il faisait griller des maquereaux. L’odeur du poisson grillé, je peux encore la ressentir, la sentir, rien qu’en fermant les yeux. C’est incroyable le pouvoir des odeurs, le pouvoir des souvenirs. De revivre ça, c’est quelque chose que je trouve de génial. Mes grands-parents sont morts, sont partis, mais leurs souvenirs perdurent. Leur vie, on va dire, peut continuer à travers nous, à travers les souvenirs qu’on a des personnes décédées.
Mais bon, ça c’est un autre sujet, je vous en parlerai une autre fois. Bon, j’ai d’autres souvenirs après à Granville, bien sûr. J’ai passé des années et des années là-bas, mais je ne vais peut-être pas vous déballer toute ma vie. Je ne sais pas si ça vous intéresse d’ailleurs. Je vous parle de tout ça pour que vous puissiez bien sûr écouter du français. Donc, je vous raconte ma vie — elle n’est pas plus intéressante qu’une autre, elle est tout à fait banale — mais ça me permet de faire des épisodes de podcast et vous, ça vous permet d’apprendre, de mieux comprendre le français. Donc, si ça vous intéresse que je continue sur mes souvenirs d’enfance de Granville, je peux continuer. Donc, dites-moi dans les commentaires YouTube si ça vous va et si ça ne vous intéresse pas, eh bien dites-le moi aussi, comme ça je passe à autre chose.
D’ailleurs, si vous avez des sujets, s’il y a des choses dont vous voudriez que je parle, sur la culture française, sur l’histoire, sur l’art, sur des habitudes, sur quelque chose que vous avez vu, que vous avez entendu, eh bien il n’y a aucun problème. Laissez-moi un petit message sur YouTube, sur Instagram, ou vous voulez, même par mail, avec le sujet qui vous intéresse et j’essaierai d’en parler.
2) Expression du jour : Se faire tondre comme un mouton
Bien, maintenant, on passe à l’expression du jour « se faire tondre comme un mouton ». Alors dans cette expression, on a six mots, mais les trois premiers, on va les voir ensemble. « Se faire tondre ». Ça, c’est une formule grammaticale française qu’on utilise beaucoup. Je vous explique ce que c’est.
Alors, « se faire + infinitif » — puisque tondre est un verbe à l’infinitif — ça a un sens passif. On va insister sur le sujet, mais ce n’est pas une forme active, c’est une forme passive. Je vais vous expliquer en vous donnant des exemples, vous allez comprendre. Eh bien, on va prendre d’ailleurs l’exemple du mouton. Le mouton, c’est l’animal que vous voyez sur l’image du podcast. Si je vous dis : « le mouton mange », c’est le mouton qui mange, c’est lui qui fait l’action de manger. Et si je vous dis : « le mouton se fait manger », là c’est le mouton lui-même qui est mangé par quelqu’un d’autre, par un autre animal ou par un humain. On pourrait dire : c’est le mouton qui est mangé par un loup, par un humain. Le mouton ici ne fait pas d’action, c’est passif, il est mangé, il se fait manger.
Alors ça ne marche pas avec tous les verbes bien sûr, mais c’est une forme qu’il faut connaître, « se faire + infinitif ». D’ailleurs, on dit quasiment plus souvent cette forme que la forme passive. « Le mouton mange », c’est une forme active. « Le mouton est mangé », c’est le passif. Mais « le mouton se fait manger », on dit souvent ça. Et ici dans l’expression, c’est « se faire tondre ». Tondre, c’est enlever la laine du mouton. Le mouton se fait tondre. Le mouton est tondu.
On peut aussi tondre la pelouse. Si vous utilisez une tondeuse, vous allez tondre la pelouse. « Tondre » et « tondeuse », ce sont des mots qui ont la même racine.
Donc je vais vous conjuguer « se faire tondre » au présent et au passé composé. Au présent de l’indicatif, ça donne : « je me fais tondre, tu te fais tondre, il se fait tondre, nous nous faisons tondre, vous vous faites tondre et ils se font tondre ». Attention ici aux pronoms qui sont avant le verbe faire. Je vous répète la première personne du singulier : « je me fais tondre ». Ici, si vous dites « je te fais tondre », ça existe mais le sens est différent. Donc attention à bien utiliser ce pronom en français.
Et donc on continue avec le passé composé. Est-ce qu’on dit « je me suis fait tondre » ou est-ce qu’on dit « je m’ai fait tondre » ? On dit « je me suis fait tondre », donc l’auxiliaire c’est être. Et donc au passé composé, ça donne : « je me suis fait tondre, tu t’es fait tondre, il s’est fait tondre, nous nous sommes fait tondre, vous vous êtes fait tondre et ils se sont fait tondre ».
Donc « se faire », je vous rappelle, c’est un verbe pronominal, c’est un verbe qui est conjugué avec le petit pronom juste avant.
Alors on continue avec les trois derniers mots, c’est assez facile. « Comme » c’est « à l’image de, de la même manière que », et un mouton, je vous en ai parlé, c’est l’animal que vous voyez sur l’image du podcast. On en a déjà parlé dans plusieurs fables de La Fontaine, donc je pense que maintenant vous connaissez le mot mouton.
Alors ça veut dire quoi « se faire tondre comme un mouton » ? Ça veut dire se faire voler, se faire exploiter, se faire arnaquer. On peut dire aussi être volé, être exploité. C’est quand une personne va tout prendre à une autre, va essayer de tout lui voler, de tout lui prendre, et l’autre personne ne va rien dire, ne va pas protester — un peu à l’image d’un mouton. Quand vous allez prendre la laine d’un mouton en le tondant, eh bien le mouton ne dit rien. Peut-être qu’il aura un peu peur au début avec le bruit de la tondeuse, mais après il s’habitue et vous pouvez récupérer la laine du mouton sans problème.
Le mouton, c’est un animal adorable, très gentil, mais qui est plutôt passif. On lui prend sa laine et lui, il ne dit rien. Eh bien, c’est la même chose avec les humains. Si on vous prend votre argent et que vous ne dites rien, eh bien vous vous serez fait tondre comme un mouton. En fait, c’est se faire arnaquer et des arnaques, il y en a des tonnes et des tonnes. Je pense notamment au mail et au SMS qu’on reçoit en disant « Un colis vous a été livré, merci de cliquer sur ce lien ». Et vous vous cliquez et là, ça vous renvoie sur un site qui va essayer de vous prendre de l’argent, de récupérer vos coordonnées et peut-être de récupérer de l’argent avec votre carte bleue. Si ça vous arrive, vous pourrez dire : « Tu ne te rends pas compte ce qui m’est arrivé, j’ai été victime d’une arnaque, je me suis fait tondre comme un mouton. » Ça veut dire qu’on vous aura pris de l’argent et que vous, vous n’aurez pu rien faire du tout.
Il y a une autre arnaque à laquelle je pense — il y en a plein qui existent — ce sont des personnes, deux généralement, qui arrivent chez vous et qui sont déguisées en techniciens pour l’électricité ou pour internet. Et ils viennent chez vous en vous disant qu’ils vont vérifier les branchements, vérifier les câbles, voir si tout fonctionne. Mais en fait, ils viennent repérer les lieux, ils viennent voir comment se situe l’appartement, s’il y a des choses de valeur pour venir les voler plus tard. Ce genre d’arnaque, ça marche surtout avec les personnes âgées. Et si les voleurs arrivent à voler les choses, arrivent à prendre l’argent, vous pourrez dire : « Cette personne s’est fait tondre comme un mouton. »
On a plusieurs expressions en français qui veulent dire la même chose. On a aussi « se faire plumer comme un pigeon » — je l’ai noté dans mon téléphone pour vous en parler une autre fois. On peut dire aussi, encore avec le mot tondre, « se faire tondre la laine sur le dos ». La laine, c’est ce que va produire le mouton sur sa peau, ce que vous allez pouvoir tondre. Donc « se faire tondre comme un mouton » et « se faire tondre la laine sur le dos », c’est la même chose. Ça veut dire la même chose, ça veut dire se faire avoir, se faire arnaquer.
Est-ce que tout est clair pour vous, est-ce que vous avez compris ? En anglais on dit to get fleeced.
Demain, nouvelle expression française, « avoir un appétit de moineau », donc un appétit de petit oiseau. Et d’ici là, je vous souhaite de passer une bonne journée, une bonne soirée. Comme d’habitude, si vous voulez m’aider, si vous voulez participer à la production de ce podcast, vous pouvez vous abonner à mon Patreon et vous aurez accès aux transcriptions des épisodes pour mieux réviser. Vous aurez accès à de nouveaux podcasts exclusifs et surtout, c’est une sorte de remerciement pour moi de faire ce podcast. D’ailleurs, merci beaucoup à mes abonnés Patreon. C’est pour vous et pour les autres bien sûr, mais c’est grâce à vous que je continue tout ça. Je vous remercie de m’avoir écouté. Je vous souhaite de passer une bonne journée et je vous dis donc à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !
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