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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le mardi 20 janvier 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, je vais vous parler d’une expression. Ah, est-ce que c’est vraiment une expression ? Je sais pas. En tout cas, je vais vous parler de la locution, donc de la phrase « tiens, c’est cadeau ». Le ton est très important dans cette phrase, je vous expliquerai ça tout à l’heure.
1) Emily in Paris, fiction vs réalité
Mais avant, je voulais vous parler un peu d’Emily in Paris et de Offline Love. Alors, quoi dire et par où commencer ? J’ai réussi à regarder quatre épisodes d’Emily in Paris. J’ai vu quatre épisodes donc c’est déjà pas mal. J’ai réussi à tenir quatre épisodes d’Emily in Paris alors que clairement, c’est une série qui n’est pas faite pour moi. Je ne suis pas du tout la cible de cette série, c’est plutôt pour les femmes je pense qui aiment la mode, qui aiment les gossips, qui aiment les potins, qui aiment les histoires d’amour. Bref, c’est pas pour moi. Mais j’ai quand même regardé pourquoi ? Parce que j’ai vu des critiques de cette série qui disaient que Paris était très mal représentée dans cette série.
Je connais bien Paris, j’y ai vécu pendant dans 20 ans, un tout petit peu moins, peut-être 18 ans, donc Paris, je connais par cœur. Alors, effectivement, le Paris qu’on voit dans Emily in Paris, c’est pas du tout le Paris réel. Alors, j’ai plein de choses à dire. Déjà, les bonnes choses. C’est une bonne publicité pour Paris que des séries, que des films se tournent dans la capitale française. Ça fait venir beaucoup plus de touristes. Les gens ont envie de voir les endroits où sont tournées les séries ou sont tournés les films. Même quand des livres parlent de Paris, les gens veulent venir voir l’endroit où se passent les livres. Je me souviens à la sortie du Da Vinci Code de Dan Brown, il y a une scène qui se passe dans le livre à l’église Saint-Sulpice, c’est dans le 6e arrondissement de Paris. Eh bien, l’église a eu énormément de fréquentations, les touristes sont venus beaucoup plus visiter cette église grâce au livre de Dan Brown, Da Vinci Code.
Et pour Emily in Paris, c’est pareil. Les gens voient la série et donc ont envie de venir à Paris et ça, c’est très bien. Il y a d’ailleurs pas mal de séries, pas mal de films qui se tournent à Paris parce que la ville de Paris et la région parisienne offrent des aides pour tourner justement ces films. Il y a des facilités pour faire venir les équipes de tournage, ça crée du commerce, ça crée des nuits d’hôtel, etc. etc. Donc ça c’est positif et c’est à peu près tout pour les points positifs.
Donc pour moi il n’y a pas grand-chose d’autre de positif. Et maintenant dans la série, tout ce qui ne ressemble pas à la réalité, tout ce qui est différent de la réalité. Avant de vous parler de Paris en elle-même, de Paris la ville, je vais vous parler des acteurs, des personnes dans la rue et même les figurants. Dans Emily in Paris, ce qui m’a choqué d’abord, c’est que tout le monde est sublime et tout le monde est hyper bien habillé. Alors oui je comprends, c’est une série de fiction, mais c’est quand même une série qui est censée se passer dans le monde réel. C’est une série qui retrace l’histoire d’une fille qui est mutée à Paris pour travailler dans la mode, mais c’est quand même censée se passer dans la vraie vie. Je veux dire, c’est pas Star Wars ou Avatar. Et j’ai vécu 20 ans à Paris comme je vous disais, je peux vous assurer qu’il n’y a pas beaucoup de monde qui ressemble aux personnes de la série. Les femmes sont magnifiques, les hommes sont magnifiques, il n’y a pas de gros ou très peu. Je peux vous assurer que les Français, les Parisiens, sont bien différents.
Et les vêtements… mais ils sont tous habillés comme s’ils allaient à un défilé de mode. Les seuls endroits où on voit ça dans Paris et la seule semaine c’est pendant la fashion week. Alors là oui, pendant la fashion week, on voit des gens qui ont un style, on va dire, un peu particulier, un style bien personnel en tout cas. Franchement j’ai vu des trucs pendant la fashion week, pas des mannequins, des gens dans la rue qui étaient habillés, mais c’était immonde, immonde ! Mais comment on peut s’habiller comme ça ? Moi après, chacun est libre, il n’y a pas de problème, vous vous habillez comme vous voulez, mais j’ai le droit aussi d’aimer ou de ne pas aimer. Donc, les gens dans la série et leurs vêtements, leurs habits, franchement, ce n’est pas possible.
Que Emily et ses copines qui travaillent dans la mode soient toujours habillées hyper classe comme à un défilé, passe encore, mais c’est pas la réalité, mais passe encore. Mais que les autres personnes soient toujours tirées à quatre épingles — tiens, ça c’est une autre expression française, ça veut dire très bien habillé, être tiré à quatre épingles — ça je comprends pas. Donc ça c’est la première chose.
Ensuite je vais vous parler de la capitale donc de Paris en elle-même. Alors, les rues de Paris. Comment dire ? Alors je ne veux pas faire de mauvaise publicité pour Paris. L’année dernière j’ai fait au moins sept ou huit épisodes de podcast où je vous conseille des choses à voir à Paris. Paris, c’est magnifique, c’est sublime, les bâtiments sont incroyables, il y a énormément de choses à faire. Mais les rues de Paris dans Emily in Paris, c’est pas les rues de Paris réelles. Dans la série, il n’y a pas une poubelle, pas une ordure. On ne voit même pas un petit rat qui se promène, c’est très, très loin de la réalité. Dans Paris, il y a des gens qui parlent, il y a des gens qui fument, il y a des gens qui sont au téléphone, il y a beaucoup de monde, ça piaille, il y a des poubelles, il y a parfois quelques ordures par terre. Au Champ-de-Mars, près de la Tour Eiffel, le soir, il y a plein de rats. Il ne faut pas croire que c’est une ville comme dans la série. Donc vraiment, c’est une série de fiction, ça fait rêver, mais Paris ce n’est pas comme ça.
Encore si vous venez en tant que touriste, franchement ça passe. Vous allez à l’hôtel, en Airbnb, vous visitez des choses, franchement c’est tranquille. Mais de vivre à Paris, c’est autre chose. Je vous parle là des embouteillages, des voitures dans Paris. C’est un cauchemar de conduire une voiture dans Paris. Et là dans la série, il n’y a pas beaucoup de voitures. Paris en réel, c’est toujours embouteillé. Si vous habitez à Paris et que vous travaillez à Paris et que vous allez au travail à pied ou en vélo, là c’est magnifique. Mais on ne peut pas habiter Paris parce que les loyers sont trop chers. Donc on habite en dehors de Paris, on prend le train et on vient travailler à Paris. Donc ça c’est pour les voitures.
Ensuite il y a un truc qui m’a choqué, ce sont les places en terrasse. La terrasse, c’est en dehors d’un café, vous avez des tables, des chaises à l’air libre où vous pouvez boire un coup et manger. C’est la terrasse. Dans la série, il y a des terrasses qui sont quasiment vides, où il y a toujours des places pour s’asseoir. Dans la vraie vie, il n’y a pas beaucoup de places en terrasse pour s’asseoir à Paris ou alors, il faut être au mois de janvier ou en février. Mais quand il fait beau, quand il fait bon, tout le monde sort prendre l’apéro en terrasse. Et là, pour avoir une place, il faut venir bien tôt. Bref, en tout cas, dans la série, j’ai vu des terrasses vides et ça m’a bien fait marrer. Donc, si vous venez à Paris, ne vous attendez pas à vivre la vie d’Emily in Paris.
C’est bien différent, mais c’est une ville qui est très attrayante. Il y a des mauvais côtés dont je viens de vous parler, mais il y a aussi des côtés extraordinaires. Il y a des côtés incroyables à vivre à Paris, des choses à faire qui sont top. Et vraiment ça, c’est quelque chose à vivre. Je ne vais pas vous refaire tous les arrondissements. Je vous ai déjà expliqué ça, je crois que c’était au mois de mai ou en juin dernier, où j’avais fait plusieurs séries de podcasts avec chaque arrondissement par podcast, les choses à voir, les choses à visiter, les parcs où aller, etc. Donc je ne vais pas tout vous redire aujourd’hui, mais venez visiter Paris, franchement, ça vaut le coup d’œil, ça vaut le coup de venir. Mais il n’y a pas que Paris en France, il y a aussi plein d’autres villes.
Et je vais vous parler de… Ah non, je ne vais pas vous parler de ça aujourd’hui parce que ça fait déjà un petit moment que je parle, il faut encore que je vous explique l’expression du jour. Donc ce qu’on va faire, c’est que demain, je vais vous parler d’un film, d’un film français, et après-demain je vous parlerai d’Offline Love, l’émission que je regarde en ce moment, c’est une émission japonaise. Peut-être que ça existe d’ailleurs dans d’autres pays. En tout cas, là, c’est la version japonaise que je regarde et ça se passe à Nice. Nice, c’est une ville du sud-est de la France. Je vous parlerai donc de tout ça jeudi puisque demain, comme je vous le disais, je vais vous parler d’un film français qui est magnifique. C’est un film français qui n’est pas du tout humoristique, qui n’est pas drôle du tout, mais ce film est sublime. J’ai adoré ce film. Je vous parlerai de tout ça demain. Ça s’appelle De rouille et d’os. Pour ceux qui l’ont déjà vu, je pense que vous avez aussi aimé. Pour ceux qui ne connaissent pas ce film, on en parlera demain.
2) Expression du jour : Tiens, c’est cadeau
Alors, à partir de maintenant, je vais vous parler de l’expression du jour, de la phrase du jour, « tiens, c’est cadeau ». Alors déjà le mot « tiens », c’est le verbe « tenir » qui est conjugué ici à l’impératif. Alors ce n’est pas très important de savoir que c’est l’impératif, mais quand même c’est important de savoir que l’impératif est utilisé pour donner un ordre ou un conseil. Ici, le « tiens », c’est un mot qui est utilisé en fait pour attirer l’attention de quelqu’un. C’est maintenant ce qu’on appelle un mot un peu passe-partout.
D’habitude, le « tiens », c’est quand on donne quelque chose. Si je dis : « tiens, un stylo », je vous donne un stylo. Je te donne un stylo. Si je dis « tiens ou tenez, un verre d’eau », je vais donner un stylo ou un verre d’eau. Mais ici dans l’expression, comme on ne donne pas vraiment de cadeau, le « tiens » c’est plutôt pour commencer la phrase, c’est plutôt pour dire à la personne qu’on va lui parler. C’est comme si je disais « tiens, hier, tu sais pas ce qu’on m’a raconté ? » J’ai commencé la phrase par « tiens ». Ça vous pouvez le faire vous aussi, vous aurez l’air beaucoup plus naturel en français. « Tiens, c’matin, je vais t’dire ce qui m’est arrivé. » Là encore, je commence la phrase par « tiens ». C’est pour dire à la personne en face de vous que vous allez dire quelque chose de spécial.
Alors donc je vous disais « tiens », c’est le verbe tenir qui est à l’impératif. L’impératif, c’est un temps pour donner un ordre ou un conseil et c’est un temps où on n’a que trois conjugaisons. Il n’y a pas six pronoms. « Je, tu, il, nous, vous, ils ». Il n’y en a que trois : « tu, nous et vous ». Donc, c’est plus facile que les autres temps. Et il y a aussi un impératif passé, mais on vous en parlera une autre fois.
Donc je vais vous conjuguer aujourd’hui le verbe tenir à l’impératif présent et après on va faire au présent. Donc le verbe tenir à l’impératif présent, ça donne « tiens, tenons, tenez ». Il n’y a que trois pronoms « tu, nous et vous » et au présent de l’indicatif : « je tiens, tu tiens, il tient, nous tenons, vous tenez et ils tiennent ». Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le tu, le nous et le vous, entre le présent et l’impératif présent, ce sont les mêmes prononciations, ce sont les mêmes écritures. « Tiens, tenons, tenez. » Ce n’est pas toujours le cas, mais ici, c’est la même chose, donc c’est assez pratique.
Ensuite on a « c’est cadeau ». Un cadeau, c’est quelque chose qu’on donne à quelqu’un. Mais ici, je n’ai pas dit « c’est un cadeau », j’ai dit « c’est cadeau ». Il n’y a pas d’article. Alors que normalement, quand on donne quelque chose ou quand on montre quelque chose, on met un article. Par exemple, « c’est une pomme, c’est un sac, c’est un document, c’est une voiture ». À chaque fois, il y a un ou une, ou même le ou la. Ici, on dit « c’est cadeau ». Alors que si je dis « c’est pomme », « c’est voiture », ça n’est pas français, ça ne marche pas. Mais ici ça fonctionne.
Pourquoi ça fonctionne ? Parce que c’est en fait quelque chose d’humoristique. On ne donne pas vraiment un cadeau. On ne donne rien, rien de concret en tout cas. En fait cette expression, c’est de l’ironie. On veut dire quelque chose mais on dit l’inverse. On aime beaucoup faire ça en France et aussi en Angleterre, on utilise beaucoup l’ironie. Par exemple, vous êtes au bureau, vous marchez un peu vite et une personne arrive sur le côté et renverse du café sur vous. Vous avez du café partout et là vous allez dire « Ah ben merci ». Mais en fait, vous ne voulez pas dire merci évidemment. Merci, c’est quand on reçoit quelque chose. Là, le « Ah ben merci » veut dire « Franchement, tu déconnes, t’aurais pu faire attention avec ton café ». Mais c’est de l’ironie. Évidemment, on ne remercie pas la personne.
Eh bien, « tiens c’est cadeau », c’est un peu pareil. C’est quelque chose qu’on va dire par exemple, après une petite moquerie. Si vous faites un mot d’humour à quelqu’un, si vous vous moquez gentiment de quelqu’un, vous pouvez lui dire « tiens c’est cadeau ». Par exemple, qu’est-ce qu’on va prendre ? On va dire que vous êtes toujours au travail et vous avez une amie, une collègue devenue une amie, qui arrive au bureau comme si elle n’avait pas dormi. Elle arrive au bureau, pas coiffée, les cheveux en pagaille, pas maquillée, les yeux un peu rouges. Et vous pouvez lui dire : « dis donc, t’es vraiment en beauté ce matin, t’es vraiment magnifique ». Ça, c’est déjà de l’ironie parce qu’en fait, elle n’est pas magnifique du tout. Elle, elle va vous regarder et elle va vous faire un petit sourire en coin, l’air de dire « ta gueule ». Mais elle ne va rien dire. Et vous pouvez répondre à ça : « tiens c’est cadeau » ou alors, juste « c’est cadeau ». Ça mange pas de pain, c’est gratuit, c’est cadeau, tiens c’est cadeau.
Un autre exemple, on va dire que votre boss, votre supérieur en tout cas, vous amène un dossier le soir, un gros dossier à traiter pour le lendemain. Donc ça va vous donner beaucoup de travail et il vous le donne en disant « tiens, c’est cadeau ». Là c’est de l’ironie encore. C’est pas de l’humour mais en fait il veut dire : « désolé de te donner autant de travail pour le lendemain ». Mais il va vous dire « tiens, c’est cadeau, c’est pour demain ». Donc vous aurez beaucoup de temps à passer pour travailler ce dossier.
Donc « tiens, c’est cadeau », c’est vraiment quelque chose d’humoristique. C’est après avoir fait une moquerie ou même une petite blague, une mauvaise blague, eh bien juste après vous pouvez dire « tiens c’est cadeau » ou alors « tenez, s’il y a plusieurs personnes, tenez c’est cadeau ». Ça veut dire « Ça ne mange pas de pain, c’est gratuit, je sais que c’était une mauvaise blague, mais moi j’aime bien cette blague ».
Je vous ai mis une traduction toute bête en anglais, here it’s a gift. Mais s’il y a une manière plus naturelle de dire ça, vous pouvez me l’écrire dans les commentaires. Comme d’habitude, si vous voulez me soutenir, vous pouvez vous abonner à mon Patreon, vous aurez les transcriptions des épisodes et les podcasts exclusifs et des livres audio à lire et à écouter. Vous pouvez aussi me soutenir en laissant une bonne note sur vos applications de podcast. Ça serait très sympa. C’est comme ça que mon podcast gagne des auditeurs, Spotify spécialement, Apple Podcasts aussi. Même un petit commentaire, un « j’aime » sur YouTube, ça fait toujours plaisir. On se retrouve donc demain pour un film dramatique qui s’appelle De rouille et d’os qui est vraiment sublime. Je vous expliquerai tout ça et je vous parlerai de ce film demain. Je vous remercie beaucoup de m’avoir écouté. On se retrouve donc, eh ben, demain. À bientôt ! Bye bye ! Hasta luego ! Matane !
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