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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va par chez vous. Aujourd’hui, on est le jeudi 15 janvier 2026, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va continuer sur notre sujet d’hier. On va continuer sur ces mots et ces phrases qu’on réduit en français, qu’on va comprimer, sur lesquels on va enlever des lettres, enlever des syllabes pour aller plus vite.
1) Suite d’hier sur les lettres, syllabes et mots qu’on supprime en français
Je vous fais un petit rappel de ce qu’on a vu hier. On a transformé « s’il te plaît » en « s’te plaît ». « S’il vous plaît » en « siouplaît ». « Peut-être » en « p’t-être ». « C’est-à-dire » en « c’t-à-dire ». « Regarde » en « r’garde ». « Monsieur » en « m’sieur ». « Madame » en « m’dame ». « Celui-là » en « c’ui-là ». Et enfin « on se fait un restaurant » en « on s’fait un resto ».
Et donc aujourd’hui, on va continuer là-dessus. Aujourd’hui, je vais vous parler de plusieurs cas. Le premier, c’est quand le « je » est suivi de la consonne S. Donc en fait, quand vous avez « je », le pronom personnel, qui est suivi par un verbe qui commence par S, eh bien, ça va devenir le son « ch » en parlant. « Je ne sais pas », « je sais pas », « chais pas ». Vous voyez, au début c’est « je ne sais pas », la vraie formule. On enlève le « ne » de la négation — ce qu’on va voir après — et ça donne « je sais pas ». « Je sais », c’est avec un S et donc ça donne « chais pas ». Exemple : « Est-ce que tu as l’heure ? — Non, chais pas. » « Est-ce que tu sais où on mange ce soir ? — Non, chais pas. » Vous voyez, on entend le son « ch », « chais pas ».
Pareil, si je dis « je suis d’accord ». « Je suis d’accord » — « suis » c’est avec un S et donc ça donne « ch’uis d’accord ». Exemple : « T’es d’accord pour qu’on aille manger au restaurant ? — Ouais, ch’uis d’accord. » C’est pas « oui, je suis d’accord ». Vous pouvez dire ça, mais pour paraître plus naturel en français, on dira « ch’uis d’accord ». Ça, c’est le premier point.
Ensuite, on a le son U dans le mot « tu », dans le pronom personnel « tu », qui s’efface à l’oral quand il y a une voyelle après. Je vous donne des exemples : dans « tu as faim ? », « tu » c’est le pronom personnel et « as », c’est le verbe avoir, ça commence par une voyelle, la voyelle A. Et donc au lieu de dire « tu as faim ? » on dira « t’as faim ? » Donc on enlève le son U et on met « t’ ». Autre exemple : « Qu’est-ce que tu aimes ? » — ça va donner « Qu’est-ce que t’aimes ? » Ou encore : « tu as l’heure ? » — ça va donner « t’as l’heure ? », on enlève le son U, on met « t’ ».
Est-ce que vous comprenez les exemples ? Je pense que oui, et je pense peut-être même que vous aviez déjà remarqué ça. On fait beaucoup ça à l’oral en français. On va enlever des sonorités, enlever des lettres pour aller plus vite, pour parler plus rapidement. Ça existe dans toutes les langues. On cherche toujours la rapidité. On est dans un monde moderne où le temps, c’est de l’argent comme disait… je ne sais plus qui. Eh ben c’est Benjamin Franklin, eh ouais, une expression anglaise du XVIIIe siècle. Benjamin Franklin, incroyable.
Donc, je reviens sur mon sujet. Je vous ai dit, quand le « je » est suivi de la consonne S, ça donne le son « ch ». « Je sais pas, chais pas. » « Je suis d’accord, ch’uis d’accord. » Le U du « tu » à l’oral s’efface quand il est devant une voyelle. « Tu as faim, t’as faim », etc.
Et enfin, dernière chose — c’est que pour la négation, à l’oral, on va souvent supprimer le « ne ». Et parfois, avec le pronom « il », on va même supprimer le pronom « il ». Je vous donne des exemples : « Il n’y a plus de bière » — ça va donner « il y’a plus de bière » et même « y’a plus de bière ». La phrase de base c’est « il n’y a plus de bière » — on a enlevé le « il » et on a enlevé le « n’ » de la négation. Un autre exemple : « Il ne faut pas qu’on aille à la piscine. » On va enlever le « ne » : « il faut pas qu’on aille à la piscine ». Et après, on enlève le « il » : « faut pas qu’on aille à la piscine ». Vous voyez, on a enlevé carrément la négation avec le « ne » et on a enlevé le mot « il ». Alors ça, ça ne marche pas tout le temps, mais souvent quand même, à l’oral, on peut essayer d’enlever ces mots.
Donc ça, ce que je vous ai expliqué hier et ce dont je vous ai parlé aujourd’hui, c’est évidemment qu’à l’oral. Ne faites pas ça quand vous écrivez un texte, sauf peut-être une lettre à un ami, mais aujourd’hui, plus personne n’écrit de lettre. Ah si ! J’ai commencé une émission dont je vous parlerai dans quelques jours, une émission de télé-réalité japonaise qui s’appelle Offline Love et dans cette émission, ils écrivent des lettres. Mais je vous en parlerai, je vous ferai un podcast là-dessus parce qu’il y a pas mal de choses à dire.
2) Expression du jour : Tomber dans la marmite
Et tout de suite donc, on passe à l’expression du jour « tomber dans la marmite ». Alors, est-ce que vous savez d’où ça vient, cette expression ? Et est-ce que vous savez ce que ça veut dire ? Si vous connaissez Astérix et Obélix, alors vous connaissez cette expression. Parce que dans la bande dessinée Astérix et Obélix, on nous dit souvent qu’Obélix ne peut pas boire de potions magiques. Pourquoi ? Parce qu’il est tombé dans la marmite en étant petit. Il a bu trop de potion magique et donc il est très fort tout le temps. Il ne peut pas, il n’a pas le droit d’en boire plus.
Un peu comme l’enfant sur l’image du podcast que je vous ai mis, il est en train de tomber dans la marmite. J’espère que ce n’est pas trop chaud d’ailleurs, sinon il va se brûler le pauvre. Et donc, tomber dans la marmite ça vient en fait de cette bande dessinée. Ça vient d’Astérix et Obélix.
Mais d’abord, je vous décris les mots. Je vous explique comme d’habitude les mots de l’expression. « Tomber » c’est un verbe qui se finit en E-R, donc c’est un verbe du premier groupe. Je vous rappelle qu’il y a trois groupes de verbes en français. Je vais vous le conjuguer au présent rapidement, même si je pense que vous connaissez maintenant, et au futur. Alors tomber au présent, ça donne « je tombe, tu tombes, il tombe, nous tombons, vous tombez et ils tombent ». Et au futur : « je tomberai, tu tomberas, il tombera, nous tomberons, vous tomberez et ils tomberont ». Vous voyez dans les prononciations de ce temps du futur, le « e » du milieu, il existe à l’écrit, mais on ne le prononce pas à l’oral. Je ne dis pas « je tomberai », je dis « je tomb’rai ». Dites plutôt « je tomb’rai, tu tomb’ras, il tomb’ra » — on enlève le « e » donc vous avez les sons B et R qui font « br ».
On revient au mot de l’expression du jour. « Tomber », ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous allez chuter au sol. Vous êtes debout, vous marchez et vous tombez. Vous prenez les pieds dans quelque chose, ce qui fait que vous vous retrouvez au sol. C’est ça tomber. C’est soit vous qui tombez, soit un objet — un stylo peut tomber, un verre peut tomber et il va se casser.
Ensuite vous avez « dans » — c’est un rapport entre le contenu et le contenant. « Dans » c’est à l’intérieur de quelque chose. Et là, ce quelque chose c’est la marmite. La marmite c’est quoi ? C’est un gros récipient. C’est comme une très grosse casserole mais assez ancienne avec une forme ronde. Alors, c’est un mot qu’on n’utilise pas souvent, mais dans cette expression et dans Astérix et Obélix, avec le druide qui fait de la potion magique, il le fait dans une marmite.
Donc, tomber dans la marmite, ça vient d’Astérix et Obélix. Mais alors, ça veut dire quoi ? Évidemment, ce n’est pas au sens premier. On ne tombe pas vraiment dans une marmite. En fait, cette expression est utile quand vous voulez dire que quelque chose est fait par une personne depuis tout petit. On fait ça pratiquement depuis la naissance. Obélix, il est tombé dans la marmite en étant petit. Donc, il est très fort depuis tout petit. Eh bien, tomber dans la marmite, c’est être passionné par quelque chose si bien qu’on fait cette chose depuis l’enfance. On est passionné par cette chose depuis des années.
Je vais vous parler de ping-pong — j’aime bien regarder le ping-pong à la télé — et je vais vous parler des frères Lebrun. Je vous en avais déjà parlé dans un podcast il y a quelques mois. Ce sont deux frères qui ont 19 et 22 ans, Félix Lebrun et Alexis Lebrun, et qui sont professionnels de ping-pong. Ils sont sixième et neuvième mondiaux, donc c’est du très, très haut niveau. Eh bien ces deux frères, leur père était joueur de ping-pong professionnel. Leur oncle, donc le frère de leur père, était aussi joueur de ping-pong professionnel. Et dès l’âge de trois, quatre ans, Alexis, l’aîné, allait à la salle de ping-pong pour commencer à taper la balle. Et quand Alexis avait six ans, son petit frère Félix avait trois ans. J’ai vu un documentaire où Félix à trois ans pleurait pour aller à la salle de ping-pong avec son frère. Il voulait absolument aller jouer au ping-pong à l’âge de trois ans. C’est pour ça qu’aujourd’hui, avec évidemment beaucoup d’efforts, beaucoup de travail, beaucoup de persévérance, ils sont devenus dans le top des joueurs mondiaux de ping-pong. On peut dire que ces deux frères sont tombés dans la marmite du ping-pong. Ils font du ping-pong depuis qu’ils sont enfants, ils sont passionnés, aujourd’hui c’est leur métier, ils gagnent leur vie avec ça.
Mais vous pouvez bien sûr être tombé dans la marmite d’autre chose — du football, de la danse, du golf. Et c’est pas forcément une activité physique. Vous pouvez aussi être tombé dans la marmite des mathématiques, de l’anglais. Si vous adorez les maths depuis l’enfance et que vous êtes devenu un pro des mathématiques parce que vous aimiez les maths enfant, on peut dire que vous êtes tombé dans la marmite des mathématiques.
Donc vous avez compris, tomber dans la marmite c’est être passionné par quelque chose depuis des années, si bien qu’aujourd’hui vous êtes un professionnel de cette chose-là. Et vous, est-ce qu’il y a quelque chose que vous adoriez enfant qui fait qu’aujourd’hui vous faites ce métier ? Et plus généralement, est-ce que vous faites le métier que vous rêviez de faire étant enfant ? Eh bien moi non, mais ça aussi, je vous en parlerai dans un autre podcast.
En anglais, tomber dans la marmite, ça se dit to become passionate about something. Être passionné par quelque chose, devenir passionné par quelque chose.
Qu’est-ce que je voulais vous dire ? Oui, une petite annonce sur ma chaîne YouTube. En fait, j’avais créé il y a quelques mois une deuxième chaîne avec les vidéos que je fais sur les bandes dessinées. En fait, je vais au fur et à mesure toutes les semaines rapatrier ma deuxième chaîne vers la première. Donc, je vais publier les vidéos de ma chaîne sur les bandes dessinées sur la première chaîne. Donc désolé pour ceux qui ont déjà vu ces vidéos, vous pouvez peut-être les regarder une nouvelle fois pour voir si vous comprenez mieux, pour voir si votre niveau de français a évolué. Et à partir de, je crois, mi ou fin février, il y aura de nouvelles vidéos sur les bandes dessinées avec une vidéo que je suis en train de tourner sur les Schtroumpfs.
Demain, on fait une fable de La Fontaine qui n’est pas facile. Franchement, elle est difficile, cette fable. Donc je vais vous l’expliquer en deux jours et elle s’appelle La Folie et l’Amour. Merci beaucoup de m’avoir écouté. On se retrouve demain avec cette fable de La Fontaine. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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