« Un train peut en cacher un autre » et les noms propres devenus des noms communs (suite)

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien comme d’habitude. Aujourd’hui, on est le samedi 24 janvier 2026, samedi 24 janvier, et on va continuer sur notre série d’hier.

1) Suite des noms propres devenus des noms communs

On va plutôt continuer sur le sujet dont je vous ai parlé hier, et qui sont les anthroponymes. Un mot compliqué pour dire quelque chose de simple. C’est vrai qu’en français, souvent, on aime bien utiliser des mots compliqués pour dire des choses simples. Un anthroponyme, c’est un nom propre qui va devenir un nom commun. C’est le nom de quelqu’un qui va devenir un objet ou une chose ou une recette de cuisine. Ça peut être plein de choses et en général c’est l’inventeur de cette chose qui va donner son nom à son invention.

Hier je vous ai parlé surtout de cuisine avec les sœurs Tatin, avec Monsieur Frangipani qui a donné la frangipane, avec Louis Béchamel qui a donné la sauce béchamel et on a aussi parlé d’un soldat qui s’appelait Chauvin qui a donné l’adjectif chauvin en français, qui est adorer son pays, idolâtrer son pays, aimer énormément son pays.

Donc aujourd’hui, on continue avec des noms propres qui sont devenus des noms communs. Et on va commencer avec un de mes sujets favoris, la mythologie grecque. Il y a beaucoup de mots de la mythologie, beaucoup de noms propres qui sont devenus des noms communs en français. Ne serait-ce que dans Paris, il y a beaucoup d’avenues, de rues, de monuments qui viennent de la mythologie grecque. Mais je vous parlerai de ça une autre fois.

Aujourd’hui, on va commencer avec le mot « dédale ». Est-ce que vous connaissez le mot « dédale » ? Un dédale, c’est en fait un labyrinthe, c’est un endroit où vous allez entrer mais vous n’allez pas trouver la sortie. Donc labyrinthe, c’est le nom du langage courant et le dédale, c’est plutôt du langage soutenu. Vous allez trouver ça dans les livres. Vous pouvez même utiliser ce mot à l’oral, il n’y a aucun problème, c’est très joli, c’est très poétique.

Mais alors un dédale, ça vient d’où ? On a compris que c’était un labyrinthe, eh bien ça vient d’un nom, d’un architecte dans la mythologie grecque. Et cet architecte, qu’est-ce qu’il a construit entre autres ? Eh bien il a construit le labyrinthe dans lequel est enfermé le Minotaure. Est-ce que vous connaissez le monstre, le Minotaure ? C’est un monstre de la mythologie grecque avec un corps d’homme énorme, très grand et une tête de taureau. Ce Minotaure, donc mi-homme, mi-taureau, il provient de l’union entre sa mère, Pasiphaé, et un taureau. C’est de la zoophilie, c’est horrible et dans la mythologie grecque, parfois, ça existe. Et pourquoi cette femme s’est accouplée avec un taureau ? Parce que son mari Minos avait mis en colère, avait rendu furieux Poséidon, le Dieu des mers. Et donc Poséidon a fait en sorte que Pasiphaé, la mère du Minotaure, couche avec un taureau. Et Minos, le roi, le mari de Pasiphaé, a eu évidemment honte de cet enfant et a fait enfermer ce monstre dans un labyrinthe créé par Dédale. Dédale, c’est donc le nom de l’architecte du labyrinthe où il y a le Minotaure et donc on dit un dédale. C’est devenu un nom commun, ça veut dire labyrinthe, et ça vient d’un nom propre.

Un autre mot qui est devenu un nom commun, et on va continuer avec la mythologie grecque. Ce mot, c’est « panacée ». On dit « la panacée », c’est féminin. Est-ce que vous connaissez ce mot ? Panacée. La panacée, c’est quoi ? C’est un remède, un produit qui va guérir toutes les blessures, toutes les maladies. Alors ça n’existe pas, mais ça s’est un peu transformé et quand on dit aujourd’hui « ah, c’est la panacée », ça veut dire c’est quelque chose de génial, c’est quelque chose qui va régler tous nos problèmes, qui règle tous les problèmes. Et ce mot panacée, qui est un nom commun, il vient du nom d’une déesse grecque qui s’appelait Panacée. Et cette déesse, cette femme, elle faisait quoi ? Eh bien elle créait des remèdes, elle créait des médicaments pour les hommes et pour les femmes bien sûr, à base de plantes. Et de là on a gardé son nom et c’est devenu la panacée. Donc vous voyez déjà là deux mots qui viennent de la mythologie grecque. Un dédale et une panacée. Dédale c’est un labyrinthe et panacée, c’est un remède qui va tout guérir.

Allez, on continue avec les anthroponymes, avec les noms propres qui sont devenus des noms communs. Et là, je vais vous parler de quelqu’un qui a vraiment existé. Ce monsieur, il s’appelait Guillotin. C’était un médecin français et un homme politique au XVIIIe siècle. Alors avant de vous expliquer son histoire, est-ce que vous pouvez deviner quel est le mot qui provient de Guillotin ? Est-ce que ça vous fait penser à un mot en français ? Le mot français qui est dérivé de Guillotin, ça s’appelle la guillotine. Je vais vous expliquer ce que c’est dans quelques instants. Donc ce monsieur Guillotin, c’était un médecin et un homme politique. Et en fait, il a créé une loi, il a proposé une loi française pour que les personnes qui sont condamnées à mort le soient de manière égale.

Avant cette loi, suivant votre classe sociale, si vous étiez de haute société ou de la basse société, si vous étiez un noble, un bourgeois, un ouvrier, une personne qui vit dans la rue, et si vous étiez condamné à la peine de mort, vous n’étiez pas tué de la même manière. Il y avait le bourreau avec la hache, le bourreau avec une épée, il y avait l’écartelement. On accrochait un homme par les deux bras et les deux jambes à quatre chevaux et les chevaux tiraient tous dans des sens opposés. C’était horrible. Donc les personnes étaient tuées si elles avaient la peine de mort suivant différentes façons. Et ce monsieur Guillotin, il a créé une loi pour que les gens soient tués de la même manière, pour que chacun soit égal face à la peine de mort, avec une machine qui fait tomber une lame sur le cou et donc qui va décapiter la personne.

Et ce monsieur Guillotin, il a dit une phrase devant le Parlement français — alors je n’ai pas la phrase exacte en tête, mais en gros ça veut dire qu’il allait proposer un système pour être égal devant la mort, pour faire tomber des têtes de manière égale. Évidemment, les personnes qui n’étaient pas de son parti ont crié, ont gueulé, ont fait en sorte de se moquer de cette phrase et ils ont donné à cet objet, à cet appareil de mort, le nom de guillotine. Alors que ce n’est pas du tout M. Guillotin qui a inventé la guillotine. Au début c’était pour se moquer de lui et vous voyez que 300 ans plus tard, c’est devenu un nom commun. On appelle ça toujours la guillotine.

Si vous ne voyez pas ce que c’est, tapez sur internet. En fait c’est une espèce d’appareil en bois qui est très haut, avec une lame très aiguisée en hauteur. Et quand vous allez couper la corde, la lame va tomber sur le cou du condamné à mort. La guillotine, c’est ce qu’on a utilisé pendant des années en France pour tuer des personnes. Louis XVI, lors de la Révolution française, et Marie-Antoinette, sa femme, la reine, ont été tués avec une guillotine. Le peuple, lors de la Révolution française, a coupé la tête du roi et la tête de la reine avec cette guillotine. Donc, ça vient de ce monsieur Guillotin, mais ce n’est pas du tout lui qui a inventé cet appareil. Alors que beaucoup de monde pense que c’est Monsieur Guillotin qui a inventé la guillotine.

Bien, je pense que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui en tout cas au niveau des noms propres devenus des noms communs. Aujourd’hui on aura appris le mot « dédale » qui est donc le nom d’un architecte de la mythologie grecque qui a créé un labyrinthe. « Dédale » ça veut dire labyrinthe. On a appris « panacée », qui est une déesse grecque et aujourd’hui la panacée, c’est un remède, quelque chose qui va guérir, qui va résoudre les problèmes. Et la guillotine qui vient de Monsieur Guillotin, qui est un appareil pour tuer les personnes, pour leur couper la tête. Et demain, on continuera avec les noms propres devenus des noms communs.

J’espère que ça vous plaît cette petite rubrique, dites-moi en commentaire sur YouTube si ça vous plaît ou pas d’ailleurs. Si ça ne vous plaît pas, je peux toujours arrêter et parler d’autres choses. J’ai plein de sujets en tête, j’ai plein de choses à vous dire. C’est ça qui est bien avec un podcast, quand on le fait tout seul, c’est que je décide de tout. C’est moi le maître, c’est moi le dieu. Non, je rigole. Non mais dites-moi si vous voulez que je continue ou pas, si ça vous intéresse ou pas. Moi je trouve ça super intéressant. Et même moi en préparant ces podcasts, j’apprends des choses.

2) Expression du jour : Un train peut en cacher un autre

Donc maintenant, deuxième partie du podcast, mais ça va aller je pense assez vite parce que l’expression du jour, elle n’est pas très compliquée. Alors qu’est-ce que je vous ai marqué comme expression ? Ah oui, un train peut en cacher un autre.

Alors un train, c’est quoi ? Je pense que vous connaissez, c’est ce qui permet de se déplacer d’un endroit à un autre et d’aller assez vite. C’est un transport en commun, un peu comme le bus, sauf que là c’est sur des rails. C’est un train avec plein de wagons. D’ailleurs il y a eu un accident horrible récemment en Espagne qui a fait des dizaines de morts, une collision entre deux trains. Donc amis espagnols si vous m’écoutez, on pense bien à vous et beaucoup de courage et toutes nos condoléances.

Donc on revient à l’expression « un train peut ». « Peut », c’est le verbe pouvoir. C’est la capacité de faire quelque chose. « Je peux manger », ça veut dire que j’ai la capacité de manger, c’est possible. « Il peut sortir dehors », la personne a la capacité de sortir. C’est possible pour elle de sortir dehors. D’ailleurs, « sortir dehors », c’est un pléonasme. Ça veut dire deux fois la même chose. Mais je vous expliquerai ça un autre jour dans un autre podcast. On revient au verbe « pouvoir ».

Donc pouvoir, c’est la capacité de quelque chose. Ça se conjugue avec quel auxiliaire ? Déjà c’est quoi le participe passé de pouvoir ? Comment on forme un temps composé avec pouvoir ? Le participe passé de pouvoir, c’est « pu », tout simplement, « pu ». Est-ce qu’on dit « je suis pu » ou est-ce qu’on dit « j’ai pu » ? Est-ce qu’on dit « je suis pu manger » ou alors « j’ai pu manger » ?

On dit « j’ai pu manger » et donc au passé composé ça donne : « j’ai pu, tu as pu, il a pu, nous avons pu, vous avez pu et ils ont pu ». Et je vais vous le conjuguer encore à un temps du passé qui est très utile en français, l’imparfait : « Je pouvais, tu pouvais, il pouvait, nous pouvions, vous pouviez et ils pouvaient. »

On revient à l’expression « un train peut en cacher un autre ». Alors, le « en » ici, il est important. Le « en » il représente en fait le mot « train ». On pourrait dire « un train peut cacher un autre train ». Mais en français, comme je vous le dis tout le temps, on n’aime pas les répétitions. On n’aime pas répéter le même mot deux fois de suite, donc on prend ce mot « en » pour remplacer le mot train. Un train peut en cacher un autre.

« Cacher », c’est quoi ? Comment je vais vous expliquer ça ? C’est de ne pas trouver quelque chose. Par exemple, il y a un jeu en français qui s’appelle « cache-cache ». Quand deux enfants jouent à « cache-cache », il y en a un qui compte jusqu’à dix, on va dire, et l’autre part dans la maison se cacher, il va essayer de faire en sorte que l’autre ne le trouve pas. Il va chercher une cachette. Cacher, cache, se cacher et cachette, ce sont des mots de la même famille.

Et là, c’est pareil que pour pouvoir, l’auxiliaire de cacher, c’est avoir. On dit : « j’ai caché, tu as caché, il a caché etc. etc. » pour le passé composé et l’imparfait : « je cachais, tu cachais, il cachait, nous cachions, vous cachiez et ils cachaient ». Et enfin on a « un autre » — c’est un autre train. Ce n’est pas le train dont on parlait au début, c’est un deuxième train, un autre. Donc ici on nous dit qu’un train peut cacher un autre train, un train a la possibilité de cacher un autre.

Imaginez que vous êtes sur une route et il y a une voie ferrée qui passe sur la route. Il y a donc des barrières de chaque côté qui vont se baisser quand un train arrive, pour évidemment éviter de passer quand le train arrive pour ne pas se faire tuer. Donc vous vous arrêtez en voiture à la barrière et là en France, il y a souvent un panneau où il y a marqué « attention, un train peut en cacher un autre ». Le train qui arrive de la gauche, il va vite, il passe devant vous, mais vous pouvez aussi avoir un train qui arrive de la droite, qui se trouve donc derrière le premier train. À ce moment-là, le train du devant va cacher l’autre train. Ça, c’est l’expression « un train peut en cacher un autre » dans la vie réelle.

Mais en fait, cette expression, elle est imagée. On l’utilise surtout quand on a un problème et qu’il faut faire attention à plusieurs choses. Quand vous avez un problème, souvent il y a un autre problème derrière. Eh bien si vous arrivez à résoudre le premier problème, peut-être qu’il y a un autre problème à résoudre. À ce moment-là on pourra dire « un train peut en cacher un autre ».

Ça veut dire qu’il faut faire attention. C’est un appel à la prudence et à la vigilance. Je vous donne un exemple. Vous vous êtes fait mal au dos. Ça arrive à tout le monde. Vous avez une douleur en bas du dos. Vous, vous pensez que ça vient d’un faux mouvement. La veille, vous vous êtes baissé pour ramasser quelque chose et vous vous êtes bloqué le dos. Évidemment, ce mal de dos peut venir de là. Mais il peut aussi venir d’une mauvaise alimentation, d’un problème de posture au travail, d’un problème plus ancien qui a créé d’autres problèmes dans le corps. À ce moment-là, si vous discutez avec un copain, une copine, il peut vous dire : « attention, un train peut en cacher un autre ». Ça veut dire, il faut bien vérifier toutes les causes, il faut bien tout regarder au niveau du corps pour trouver pourquoi tu as mal au dos. Ce n’est pas forcément le faux mouvement qui a créé le mal de dos. Donc un train peut en cacher un autre, c’est un appel à la prudence. C’est pour dire qu’il faut faire attention. Le premier train peut représenter le premier problème et le deuxième train, le deuxième problème arrive derrière.

Donc, attention aux choses. Attention quand vous faites quelque chose d’un peu compliqué, quand vous essayez de résoudre un problème, il faut faire attention à tout. On dit aussi en français « être sur ses gardes », comme en anglais to be on your guard.

Bien, je crois qu’on arrive bientôt à la fin du podcast. Juste pour vous dire que j’ai réouvert le compte Instagram du podcast que j’avais laissé à l’abandon. Je vais juste publier sur ce compte Instagram les nouveautés. Par exemple, à partir du mois de mars ou d’avril, je vais publier sur mon YouTube un livre de Jules Verne. Eh bien je le mettrai sur l’Instagram. Je ne vais pas mettre à chaque fois toutes les images de tous les podcasts du jour.

Enfin bref, tout ça pour vous dire que si vous avez des questions ou des soucis, vous pouvez me laisser un message sur YouTube, m’envoyer un mail à francaisfacileadrien@gmail.com ou bien alors m’envoyer un message sur Instagram. Demain, on continuera sur les noms propres devenus des noms communs et surtout, on parlera d’une expression assez rare, assez poétique et qui est assez peu employée en français mais qui est quand même très jolie. Donc c’est une expression que vous pouvez retenir et ça s’appelle « le chant du cygne ». Je vous parle de tout ça demain et d’ici là je vous souhaite bien sûr une bonne journée ! À bientôt ! Bye bye ! Hasta luego ! Matane !


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