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Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, c’est samedi, c’est le week-end. Je ne sais pas si vous êtes déjà réveillé, je ne sais pas quelle heure il est là où vous m’écoutez. Mais en tout cas, je vous souhaite la bienvenue. Alors, aujourd’hui, on parle d’une expression française qui est « Aide-toi, le ciel t’aidera ». On va en parler tout à l’heure et on va aussi en parler demain et après-demain. Pourquoi ? Parce que c’est une expression qu’on retrouve dans une fable de La Fontaine. Et donc vous avez compris — demain et après-demain, donc dimanche et lundi, je vais vous expliquer une nouvelle fable. Elle est assez longue, elle est assez difficile, donc on va la faire en deux jours.
1) L’addition en France
Mais d’abord évidemment, et comme d’habitude, je vous parle d’un tout autre sujet — je vais vous parler un peu de restaurant et plus précisément de l’addition. Est-ce que vous savez ce que c’est l’addition en France ? L’addition, c’est the bill en anglais, c’est quand vous allez payer ce que vous avez mangé au restaurant.
Alors, quoi vous dire là-dessus ? La première chose, c’est que la façon de payer a changé — ou plutôt l’endroit où on paye. Avant, et ça se fait encore maintenant dans certains restaurants mais de plus en plus c’est en train de changer — donc avant, vous étiez à table avec des amis, vous mangiez, entrée, plat, dessert, le vin, l’eau, etc. Et à la fin du repas, vous leviez la main vers le serveur et vous pouviez lui dire « S’il vous plaît » ou « Hep, garçon ! » — on dit « garçon » pour les serveurs parce que ça s’appelle un garçon de café.
Enfin bref, et donc vous lui dites : « S’il vous plaît, l’addition. » Là-dessus il vous dit : « Oui, tout de suite, une minute, monsieur » — ou madame d’ailleurs — et il vous amène l’addition à votre table, vous réglez et après vous pouvez partir. Ça, ça se fait encore aujourd’hui en France, mais ça a tendance à changer.
Ça a tendance à changer dans le sens où de plus en plus, c’est le client qui se lève pour aller payer directement l’addition au comptoir. Pourquoi ça a changé ? C’est pour un gain de temps. Et comme le temps c’est de l’argent, pour gagner de l’argent. Ça évite au serveur de venir à votre table, d’attendre que vous payiez en espèces ou avec la carte bleue. Maintenant, c’est le client qui se lève, qui va directement au comptoir payer à la caisse. Et l’employé qui tient la caisse, en général, c’est aussi celui qui fait les boissons au bar. C’est aussi celui qui fait les cocktails. Donc quand vous allez payer, vous allez payer au barman en fait. Et donc le barman est chargé d’encaisser les clients et de faire les boissons. Donc ça libère du temps pour les serveurs et pour faire leur travail et servir d’autres personnes.
Alors moi ça ne me dérange pas du tout. Je trouve que pour les clients c’est égal de payer à la table ou de payer au comptoir. Si ça peut faire gagner du temps au restaurant, pas de problème avec ça.
Et d’ailleurs, à ce sujet, est-ce que vous connaissez Muriel Robin ? C’est une humoriste française qui fait des sketches depuis des années — des dizaines d’années — et elle a fait un sketch sur une addition à payer qui est sublime, qui est très, très marrant. Si vous ne connaissez pas ce sketch, allez sur YouTube, tapez « l’addition Muriel Robin » et vous allez voir ce qui se passe.
Je vous résume en une minute — elle est seule sur scène, c’est un sketch d’un one-woman-show, et elle fait comme si elle était entourée de 13 personnes, comme s’ils étaient 14 à table. Et elle dit : « Bon, écoutez, on a passé une très bonne soirée, maintenant on va payer l’addition. Donc allez, c’est 500 euros, on est 14, ça fait 500 divisé par 14, ça fait tant par personne. » Et là, commencent les problèmes. Pourquoi ? Parce qu’il y a une personne qui dit : « Ah mais oui, mais moi j’ai pas bu de vin. » Et une autre qui lui dit : « Ah mais moi j’ai pris que de la salade donc je vois pas pourquoi je paierais pour tout le monde. » Et le sketch dure 10 minutes où elle n’a que des problèmes avec les personnes qui ne veulent pas payer pour les autres, qui ne se souviennent plus ce qu’ils ont mangé, qui ont oublié leur carte bleue, leur portefeuille, etc. Et c’est très drôle parce qu’elle est toute seule sur scène, mais elle arrive à nous faire croire qu’ils sont vraiment 14. Franchement, retenir tout ce sketch par cœur et l’avoir créé, c’est balèze. Donc si vous voulez rigoler, allez voir ce sketch, « L’addition » de Muriel Robin.
Ça, c’était une petite parenthèse sur l’addition. Donc, je vous disais, le lieu pour payer l’addition a changé — ça ne se fait plus beaucoup à table, mais ça se fait beaucoup au comptoir.
Et en parlant de cette addition, on va parler de pourboire. Le pourboire, c’est les tips en anglais. C’est ce que vous allez donner en plus pour le serveur. Alors, aux États-Unis, par exemple, on va donner 15-20% de la note totale en pourboire, parfois même 25% si le service a été extraordinaire — ça fait un cinquième ou un quart de l’addition.
Ça ne se fait pas du tout comme ça en France. En France, ça se fait de laisser un pourboire, mais bien moins. J’ai vu qu’il y avait de plus en plus de personnes qui n’en laissent pas, mais franchement, je trouve que c’est dans la tradition, c’est sympa pour les serveurs, ça leur fait des revenus en plus. J’ai un ami qui est serveur et si il n’y avait pas les pourboires, eh bien il ne ferait pas ce métier parce que sans les pourboires, il ne gagne pas assez d’argent.
Donc moi je laisse toujours un pourboire, même si ce n’est pas grand-chose, mais je ne laisse jamais 20-25% de la note. Si vous allez au restaurant en France et on va dire que vous êtes 4 et vous payez 100 euros, vous pouvez laisser 5 euros de pourboire, peut-être maximum 10 euros — ça fait entre 5 et 10%. Si vous payez 200 euros au restaurant, vous pouvez laisser 10 euros — ça fait 5%.
Donc en France, ça se fait tout à fait de laisser un pourboire. Si vous ne laissez rien, vous allez passer pour un radin. Donc si vous venez en France en vacances ou même si vous habitez en France, laissez toujours un pourboire au restaurant, même si c’est 1 ou 2 euros, c’est pas grand-chose mais c’est bien pour les serveurs. Après, si vous ne laissez aucun pourboire, c’est peut-être que le service a été très mauvais. Vous pouvez le dire, il n’y a aucun problème de dire les choses en France. Mais si vous considérez qu’on s’est bien occupé de vous, laissez un pourboire, ça fait toujours plaisir et ça les aide pour leur salaire.
2) Expression du jour : Aide-toi, le ciel t’aidera
Allez, maintenant on va passer à la deuxième partie du podcast avec l’expression du jour — « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Il n’y a pas de « et » d’ailleurs. C’est « aide-toi » virgule « le ciel t’aidera ».
Alors, on va analyser un peu les mots comme d’habitude. « Aide-toi » — ici c’est le verbe aider et « toi » c’est en fait tu. Et ici, ce n’est pas un présent, c’est un impératif. Je vous ai parlé déjà de l’impératif — hier on avait fait « soyez remercié », c’était un impératif du verbe être. Ici, « aide-toi », c’est un impératif du verbe aider. Pourquoi ? Parce qu’ici, c’est un conseil. C’est un conseil qu’on se donne à soi-même ou carrément un ordre, une direction qu’on se donne.
Donc l’impératif, ça sert à quoi ? Ça sert à donner un ordre, un conseil ou une suggestion. Et donc ici, on peut considérer ça comme un conseil ou un ordre à soi-même.
Je vais vous conjuguer le verbe aider à l’impératif. Il n’y a que trois personnes, pas six comme d’habitude — le tu, le nous et le vous. Mais on ne les prononce pas, l’impératif va directement au verbe. Donc aider à l’impératif, ça donne : « aide », « aidons » et « aidez ». C’est tout, c’est tout simple. C’est la même conjugaison qu’au présent, mais il n’y a que le « tu », le « nous » et le « vous ».
Et je vous disais que c’est quelque chose qu’on se dit à soi-même. Mais alors pourquoi il y a le « toi » ici ? Pourquoi ce n’est pas « aide-moi » ? Si je dis « aide-moi », je demande de l’aide à quelqu’un d’autre. Si je dis « aide-le » ou « aide-la », je demande à quelqu’un d’aider une autre personne. Et si je me dis dans ma tête « Allez, aide-toi ! », je me donne un ordre à moi-même, comme si il y avait une petite personne dans ma tête qui me parlait. C’est pour ça qu’il y a le « toi » ici.
Alors ensuite, il y a « le ciel t’aidera » dans l’expression. Le ciel, en fait, ici, on parle de Dieu qui vit au paradis. Dans la culture judéo-chrétienne, donc juive et chrétienne, on considère que le paradis est au ciel et l’enfer est sous terre. D’ailleurs j’ai trouvé ça intéressant de réfléchir à pourquoi, mais c’est un sujet assez vaste dont je vous parlerai peut-être dans un autre podcast.
Donc, l’expression ici dit « Aide-toi et Dieu t’aidera ». Commence par t’aider et après tu pourras espérer une aide extérieure. Peut-être avoir un peu de chance. Peut-être que les choses, une fois que tu vas commencer à t’aider, à faire les choses, à résoudre les problèmes, eh bien ça va aller mieux. Et c’est vraiment ça le sens de l’expression.
« Aide-toi, le ciel t’aidera », ça veut dire — commence à bosser, commence à résoudre des problèmes, commence à travailler pour toi-même, et peut-être qu’après il va se passer quelque chose, peut-être qu’il y aura un peu de chance, peut-être que les problèmes vont se résoudre plus facilement que vous n’auriez pensé. En fait, c’est quand on y met du sien, quand on essaie de régler les problèmes par soi-même, qu’on peut avoir un peu de chance. Et cette chance est symbolisée par le ciel qui nous aide, par Dieu qui peut nous aider.
Aujourd’hui, en France, on est beaucoup moins croyants qu’avant, mais il y a eu une période en Europe où la religion chrétienne était suivie par tout le monde, ou quasiment tout le monde. C’est pour ça qu’on trouve parfois des références chrétiennes religieuses dans les expressions.
Donc le sens de « aide-toi, le ciel t’aidera », c’est « commence par essayer de résoudre les problèmes avant d’attendre de l’aide des autres ». Commence par t’aider toi-même, commence par faire les choses avant d’espérer que quelqu’un t’aide. Et peut-être qu’en commençant à résoudre ces problèmes, une personne va t’aider.
Imaginez, vous êtes en panne de voiture, vous êtes sur le côté de la route et vous attendez autour de votre voiture sans rien faire. Eh bien, personne ne va s’arrêter pour vous aider parce que les gens penseront que vous faites juste une pause. Alors que si vous êtes en panne de voiture et que vous commencez à ouvrir le capot, que vous cherchez, que vous réfléchissez, que vous commencez à réparer, eh bien peut-être qu’une personne va s’arrêter pour vous aider à trouver la panne.
C’est vraiment ça — aide-toi, le ciel t’aidera — c’est commencer par résoudre les problèmes avant d’espérer que quelqu’un d’autre vienne les résoudre.
Et dans la fable de demain, dans la fable de La Fontaine, on retrouve cette phrase à la fin de la fable. C’est en fait la morale de la fable. Dans cette fable, vous le verrez demain, il y a une charrette qui est embourbée. Elle est dans la boue, elle ne peut plus avancer. Vous écouterez demain, mais vous verrez que le conducteur de la charrette demande de l’aide à Dieu avant de commencer à faire par lui-même.
Cette fable de La Fontaine est assez longue, donc je vous en parlerai demain, dimanche, et après-demain, lundi. Et il faut savoir que, avant, cette expression existait dans une fable d’Ésope, donc dans une fable grecque. La Fontaine, qui est français, s’est inspiré de beaucoup de fables d’Ésope pour créer ses fables. Dans la fable de La Fontaine, la formule c’est « aide-toi, le ciel t’aidera » et dans la fable d’Ésope c’est « aide-toi, Dieu t’aidera ». Vous voyez, c’est quasiment pareil.
En anglais, ça se dit God helps those who help themselves.
Je crois que je vous ai dit tout ce que je voulais. Donc, demain, La Fontaine — je vous ai parlé de l’expression, je vous ai parlé de l’addition au début du podcast. Il me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne journée, une bonne soirée. N’oubliez pas, si vous le pouvez, de me mettre une bonne note sur Apple Podcasts, Spotify, etc. Donc je vous dis à demain, à bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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