« C’est du gloubi boulga » et une histoire à la boucherie

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, on est aujourd’hui le mercredi 11 février 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Et aujourd’hui, on va parler de gloubiboulga. Mais je vous dirai tout ça tout à l’heure, je vous expliquerai ce mot tout à l’heure et je vous parlerai de son histoire. Mais avant, je vais vous parler d’autres choses. Mais encore avant, je vous demanderai si c’est possible pour vous de me mettre une petite évaluation sur vos applications de podcast, Spotify, Apple Podcasts, etc. Évidemment, une bonne évaluation, c’est ça qui met en avant mon podcast.

1) Histoire à la boucherie

Donc de quoi je voulais vous parler aujourd’hui ? Je voulais vous parler d’une histoire qui m’est arrivée à la boucherie. Je vais vous poser le contexte, vous expliquer ce qui s’est passé. Vous allez j’espère comprendre ce qui s’est passé et vous pourrez me dire dans les commentaires YouTube ce que vous en pensez.

Donc me voilà comme d’habitude pour aller faire mes courses. En général je vais au supermarché, à la boulangerie, à la poissonnerie, à la boucherie. J’arrive chez le boucher et je vais pour acheter un poulet. Jusque-là, rien d’extraordinaire, rien d’anormal. Il y a du monde, donc j’attends, je fais la queue — une personne, deux personnes — et c’est enfin à moi.

Donc je demande au boucher : « Je voudrais deux poulets, mais sans la tête. » Je veux le poulet en entier avec les abats à l’intérieur — le cœur, le foie, etc. — le cou, mais pas la tête. Il me dit : « Ok, pas de problème. » Il prend les poulets avec la tête, il les pèse, ça coûte je ne sais pas, 35-40 euros, il les enlève de la balance et il coupe la tête et après il la jette. Ça veut dire que quand il pèse le poulet, il y a la tête, et après il la jette. Donc je paye quelque chose qu’il va jeter, puisqu’il a pesé les poulets avec la tête.

Donc je lui dis : « Excusez-moi, monsieur le boucher, mais je ne comprends pas pourquoi vous pesez les poulets avec la tête, puisque je ne prends pas la tête. Ça aurait été mieux pour moi, en tant que client, que vous pesiez les poulets sans la tête. Comme ça, je n’achète pas quelque chose qui va être jeté juste après. » Et là, le boucher m’a répondu quelque chose d’incroyable.

Mais avant de vous le dire, je vais vous raconter mon histoire chez le poissonnier. Exactement la même chose. Je fais la queue — c’était pas le même jour, hein, mais bon, peu importe. Je demande au poissonnier des filets de sole. La sole, c’est un poisson qui est très bon. C’est un poisson avec des filets blancs que moi j’adore. Donc je lui demande des filets de sole, il pèse la sole entière, après il va préparer le poisson — on appelle ça lever les filets de sole — il me donne les filets et il jette le reste. Donc c’est la même chose ici. Il a pesé le poisson en entier, mais moi à la fin je n’ai que des filets. Il jette la tête, il jette les arêtes, il jette les intestins. Donc en fait, je paye pour quelque chose que je n’aurai pas.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé ce genre d’histoire ? Et est-ce que vous avez déjà réfléchi à ça ? Pourquoi on paye quelque chose qu’on n’achète pas ? C’est incroyable, non ? Donc on revient chez le boucher dans mon histoire du début et là, la réponse du boucher m’a scotché. Je suis resté bouche bée — même « boucher bée » si on veut faire un petit jeu de mots.

Qu’est-ce qu’il m’a dit ? Il m’a dit : « Monsieur, quand vous achetez une banane, vous achetez bien l’intérieur de la banane et la peau. Mais rassurez-moi, la peau, vous ne la mangez pas, vous la jetez ? Donc, vous achetez quelque chose que vous allez jeter, exactement comme la tête du poulet. » Et là, je suis resté sans voix, il m’avait cloué le bec, il m’avait cassé comme on dit. Et j’ai dit : « D’accord monsieur, merci beaucoup, donc je vais prendre les poulets et je vais payer pour la tête que je n’aurai pas. Il n’y a aucun problème, votre explication m’a convaincu. » Ah non mais avec son histoire de banane, il m’a tué le boucher, franchement il m’a éclaté !

Et à mon avis, c’est pas la première fois qu’on lui faisait la remarque parce que son histoire de banane, il l’avait déjà bien préparée. Ce n’est pas la première fois, je pense, qu’il donnait cet exemple à un client. Et c’est vrai que c’est un très bon exemple. Après ça, je n’avais plus rien à dire et donc j’ai compris pourquoi le boucher pesait tout le poulet. Je comprends aussi pourquoi le poissonnier pèse tout le poisson.

C’est un peu comme les coquilles Saint-Jacques. Est-ce que vous connaissez les coquilles Saint-Jacques ? C’est un coquillage qui est assez gros, avec au milieu une chair blanche et autour quelque chose d’orange qui s’appelle le corail. Eh bien les coquilles Saint-Jacques, on va manger l’intérieur mais évidemment on ne mange pas la coquille. Et pourtant, quand on achète des coquilles Saint-Jacques, on pèse la coquille et l’intérieur — on pèse toute la coquille Saint-Jacques — sauf que le prix est plus bas. Si je veux acheter uniquement l’intérieur des coquilles Saint-Jacques, le prix sera plus élevé. Pareil pour la sole — si je veux acheter des filets de sole uniquement, le prix sera plus élevé. Pareil pour le poulet — si je veux acheter uniquement des cuisses de poulet ou des blancs de poulet, le prix sera plus élevé par rapport à un poulet entier. Donc j’ai pris mes deux poulets, ensuite je suis allé acheter des bananes et je suis rentré chez moi avec mon poulet, mes soles et mes bananes.

Enfin bref, c’était une petite histoire que je trouvais marrante. J’ai trouvé la réponse du boucher extraordinaire, donc je me suis dit tiens, ça fera un bon épisode pour mon podcast.

2) Expression du jour : C’est du gloubiboulga

Et maintenant, on passe à l’expression du jour — « c’est du gloubiboulga ». Alors, on a trois mots dans l’expression, plutôt quatre, mais on va dire trois puisqu’on va compter « c’est » comme un seul. « C’est », c’est quand on présente quelque chose. « C’est une maison, c’est un vélo, c’est une table. » Vous dites que cela est une table, vous présentez quelque chose.

Le deuxième mot, c’est « du ». Ici c’est un article partitif. C’est quelque chose qui va en fait donner une quantité mais qui n’est pas déterminée. Si je vous dis « du lait, du sucre », vous n’avez pas la quantité. Mais si je vous dis « un litre de lait, 100 g de sucre », là il y a la quantité. Donc « du gloubiboulga », on ne connaît pas la quantité, on sait juste que ça en est.

Et enfin, le dernier mot de l’expression, le mot le plus important — gloubiboulga. Alors avant de vous parler de ce que c’est, on va déjà voir comment le prononcer. Parce que ce n’est pas facile. Il y a quatre syllabes — « glou, bi, boul, ga ». « Glou-bi-boul-ga. » Je me marre parce que c’est rigolo à prononcer, c’est tout.

Alors, est-ce que vous connaissez Casimir ? Casimir, c’est le dinosaure pour enfants qui est sur l’image du podcast. Pourquoi je vous parle de Casimir ? Parce que le gloubiboulga, c’est la nourriture de Casimir. Casimir, si vous ne connaissez pas, c’est un personnage qui a été créé en France entre les années 70 et 80. C’était pour une émission de télé qui s’appelait L’Île aux enfants. D’ailleurs, peut-être que cette émission a aussi existé chez vous dans votre pays, peut-être que Casimir existe dans votre pays. Je ne sais pas. En tout cas, c’est quelque chose de français.

Et donc Casimir, il mange du gloubiboulga. Et apparemment, c’est immonde. Il n’y a que lui qui peut en manger. Personne d’autre ne mange de gloubiboulga, sauf Casimir. Alors ce qui est intéressant, c’est de comprendre d’où vient le mot. Et ça, j’avoue que je ne le savais pas. Avant de préparer le podcast, je ne savais pas d’où venait ce mot et pourquoi c’est un mélange de plein de choses.

Alors, pour comprendre ça, je vais vous parler du créateur de Casimir qui s’appelait Christophe Izard. Et ce Christophe Izard, pendant la Seconde Guerre mondiale, donc dans les années 40-41-42-43, en France, il était enfant. Et il était hébergé — ça veut dire qu’il habitait — chez une vieille dame qui était russe. Et cette vieille dame, pour occuper les enfants pendant la guerre, leur faisait mélanger des jaunes d’œufs avec du sucre. Donc les enfants mélangeaient ça pendant plusieurs minutes, peut-être plusieurs heures, et ça les occupait. Cette recette, en France, c’est le début d’un sabayon, et pour la vieille dame russe, ça s’appelle un « kogel mogel ». Et de « kogel mogel », ça a donné gloubiboulga. Bon, ça ne ressemble pas vraiment, mais ça a un rapport avec l’enfance du créateur de Casimir.

Donc là on a l’origine du nom et maintenant on va voir pourquoi c’est un mélange de plein de choses. En fait, pendant la guerre, évidemment, il y avait beaucoup de restrictions alimentaires. Il y avait plein de choses que les Français ne pouvaient pas manger. Et donc, le petit Christophe, à la libération de Paris, à la libération française, à la fin de la guerre, a découvert des aliments qu’il ne connaissait pas. Il découvre le chocolat, il découvre les fraises, les bananes, plein d’aliments qu’il n’avait jamais mangés. Et donc qu’est-ce qu’il fait ? Il prend tous ces aliments, il les mélange et il les mange. Et c’est ça qui donnera plus tard le mélange de Casimir, le gloubiboulga. Le gloubiboulga, c’est un mélange de chocolat, de fruits, de moutarde, de saucisses — il y a plein de choses, ça a l’air dégueulasse. Mais c’est de cela que vient cette nourriture de Casimir. Le gloubiboulga, ça vient de l’enfance du créateur de Casimir.

Et maintenant, je vais vous expliquer le sens. Ça veut dire quoi ? Comment on peut utiliser ce mot et à quel moment ? Donc le premier sens de gloubiboulga, c’est un mélange de nourriture qui n’est pas bon. C’est le sens premier, le sens propre. On peut dire aussi en français « une ragougnasse » ou « une tambouille », « une tambouille infâme » — quelque chose que vous faites en cuisine ou qu’on vous donne à manger et qui a l’air très mauvais.

Imaginez, vous avez un petit enfant, un bébé, et il mange une bouillie. Vous lui donnez à manger une bouillie qui n’a pas l’air bonne du tout. Et vous pouvez lui dire en rigolant : « Ouh mais c’est du bon gloubiboulga ça ! » Évidemment, le « bon » ici est ironique. Donc ça, c’est le premier sens, c’est le sens propre.

Mais en général, quand on utilise gloubiboulga, c’est plutôt le deuxième sens. C’est un sens figuré où on va parler d’un discours confus, un discours avec des idées qui vont dans tous les sens, un discours qui n’a pas de sens, pas de direction — en fait, un mélange d’idées où on ne comprend rien.

Et parfois, ce mot est utilisé en politique. Quand vous avez un politique qui veut critiquer le discours d’un autre, il va dire : « Écoutez, on n’a rien compris, c’était du gloubiboulga. » Ça veut dire que le discours de cette personne n’était pas clair et les idées pas précises, on n’a pas compris là où il voulait en venir. Et c’est marrant quand les politiques utilisent ce mot à la radio ou à la télé, parce que souvent ils ont du mal à le prononcer. Au lieu de dire « gloubiboulga », ils disent « bougly-bougla », « glubou-bougloubi »… Ils se trompent à chaque fois. Ça c’est assez marrant.

Si vous écoutez quelqu’un qui parle français et que vous ne comprenez rien, vous pourrez lui répondre : « Je n’ai pas compris, pour moi, c’est du gloubiboulga. » Ça veut dire que vous n’aurez rien compris à ce que la personne a dit en français. J’espère que ça ne sera pas le cas. C’est aussi à ça que sert mon podcast — c’est que vous puissiez mieux comprendre le français.

Comme je vous dis toujours, l’important, c’est de beaucoup écouter, beaucoup écouter et beaucoup écouter. Et au fur et à mesure que vous écoutez du français, je vous assure que vous allez de mieux en mieux comprendre. Après, il faut du temps, ça demande du temps, je sais, mais c’est l’avantage du podcast — on peut écouter un podcast en faisant autre chose. En faisant la cuisine, en faisant la vaisselle, en allant courir, en se promenant, en voiture. C’est pour ça que j’adore les podcasts.

Et pour revenir au gloubiboulga — moi aussi j’ai du mal à le dire — pour finir, en anglais ça se dit mishmash — c’est un mélange en fait, un mélange bizarre.

Et demain on fera une nouvelle expression bien sûr, qui est une expression très familière et qui est « rentrer dans le lard de quelqu’un ». Je vous explique tout ça demain. Laissez-moi un petit message sur YouTube si vous avez des questions. N’hésitez pas aussi à parler de mon podcast à d’autres personnes qui voudraient apprendre le français. Ça me fera très plaisir. Merci beaucoup ! À bientôt ! Bye bye ! Hasta luego ! Matane !


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