« Être dans le pétrin » et les slasheurs

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, je suis heureux de vous retrouver en ce mercredi 18 février 2026 et aujourd’hui on va parler d’une expression française qui est « être dans le pétrin ».

1) Les slasheurs

Mais avant cela, je vais comme d’habitude, comme tous les jours, vous parler d’autres choses. Je vais vous parler d’un mot que j’avais déjà entendu il y a quelques mois, peut-être même quelques années, mais je vais vous l’expliquer aujourd’hui parce que c’est un mot assez nouveau. C’est un mot d’ailleurs qui est dérivé de l’anglais. Ce mot, ça s’appelle « slasheur ». Je vous répète : « slasheur ». Et ça vient en fait de l’anglais slash.

Vous savez, c’est la barre qui est un peu oblique quand on veut écrire plusieurs choses à la suite. Par exemple, la fleur est jaune / orange. Jaune / orange / rouge. Donc c’est cette petite barre qui n’est pas droite, qui n’est pas verticale, mais qui est un peu penchée. Ça s’appelle un slash. Et on a rajouté « -eur » à la fin, qui est un suffixe.

Je vous rappelle qu’un suffixe, c’est quelque chose qu’on attache à la fin du mot pour donner un autre mot. Et souvent « -eur », « -iste », ce sont des suffixes de métier. Par exemple, camion, ça donne camionneur. Chant, ça va donner chanteur. La coiffe, donc les cheveux, ça va donner coiffeur. Là, on parle de slasheur.

Alors, ça veut dire quoi ? Et c’est quoi le concept d’un slasheur ? Un slasheur, c’est une personne qui a plusieurs activités professionnelles en même temps, qui fait plusieurs choses à la fois. Au lieu de faire un seul métier, eh bien elle peut en faire deux ou peut-être trois — avec un métier où elle est les trois quarts du temps en train de travailler, et un quart du temps où elle fait d’autres choses. Ça, c’est un slasheur.

Alors le fait d’exercer plusieurs métiers, ce n’est pas nouveau, mais le mot est assez nouveau et il a été créé pour assumer ce qu’on est, pour assumer le fait de faire plusieurs métiers et de ne pas avoir honte de cela. Pourquoi je dis honte ? Parce que dans les générations précédentes — mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents — les personnes faisaient un travail toute leur vie. Alors, je fais des généralités bien sûr, mais la majorité était comme ça. Si vous commenciez un travail de comptable, eh bien vous restiez comptable toute votre vie. On commençait ouvrier, on finissait ouvrier. On commençait médecin, on finissait médecin.

Et depuis peut-être 20 ans, quelque chose comme ça, d’abord les personnes font plusieurs métiers différents dans leur vie. Tout le monde n’est pas comme ça, bien sûr, mais il y a de plus en plus de personnes comme ça et j’en fais partie. Je vous expliquerai tout ça tout à l’heure.

Moi, j’ai eu plusieurs métiers déjà dans ma vie, alors que je n’ai « que 41 ans ». Donc, « slasheur », ça a été créé pour ces personnes qui font plusieurs métiers — qui font peut-être le métier de « comptable / podcasteur / cuisinier ». J’en sais rien. Ça c’est un peu compliqué mais vous avez compris le principe. Donc on a créé le mot pour mettre un nom sur ce phénomène de société.

Et les langues sont comme ça. Les langues évoluent, les langues vivantes se transforment pour s’adapter à la société. On va prendre l’exemple assez simple à comprendre des personnes non-genrées — donc qui se considèrent ni « ils » ni « elles » — eh bien on a créé le « iel ». Donc la langue s’adapte, la langue change.

Alors les slasheurs — je vais vous parler un peu de mon expérience personnelle. Quand j’ai eu le baccalauréat, j’ai fait des études d’ostéopathie, donc c’est un métier de la santé. J’ai ouvert un cabinet, j’ai soigné des gens pendant dix ans. Et au bout de dix ans, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de ce travail, j’avais l’impression de ne pas découvrir de nouvelles choses et j’ai eu envie de changer. À l’époque, j’étais passionné de cuisine — je le suis toujours un peu mais un peu moins — et j’ai eu l’occasion de trouver un local pour ouvrir un restaurant. Eh oui, j’ai eu un restaurant pendant un peu plus de 5 ans, qui marchait très bien d’ailleurs, mais que j’ai dû fermer à cause du Covid, à cause du coronavirus. Malheureusement, le restaurant a fermé, je n’ai pas réussi à payer les charges mensuelles, je n’ai pas réussi à passer cette étape du Covid et j’ai dû fermer le restaurant.

Mais la vie, on va dire, fait bien les choses. Parce que si j’avais gardé le restaurant ouvert, je ne serais peut-être pas là à vous parler — la restauration, la cuisine, c’est un métier qui prend beaucoup de temps, c’est très fatigant et donc je n’aurais peut-être pas eu l’occasion de créer ce podcast. Donc, dix ans à soigner des gens, six ans quasiment à gérer un restaurant, à faire de la cuisine, et depuis, je gère des appartements / podcasteur. Alors, je ne sais pas si podcasteur, pour moi, on peut appeler ça un métier, parce que je gagne très, très peu d’argent. J’ai quelques abonnés Patreon que je remercie beaucoup, et à part ça je ne gagne rien. Donc pour moi, c’est plus une passion, c’est plus quelque chose que je fais parce que j’aime ça plutôt que dans le but de gagner de l’argent. Bien sûr, si un jour j’ai la possibilité de vivre de ça, je le ferai. Mais pour l’instant, je donne plus d’argent tous les mois pour faire ce podcast que je n’en reçois. Mais bon, ça, ce n’est pas un problème, c’est mon choix. Je le fais parce que j’aime ça. Donc on peut dire que moi, je suis un slasheur. Je fais plusieurs activités en même temps.

Alors je me suis demandé — mais pourquoi de plus en plus de personnes veulent changer de métier ? Pourquoi depuis dix, vingt, vingt-cinq, trente ans peut-être, il y a cette volonté chez les gens de changer, de faire des choses nouvelles, de découvrir de nouvelles choses ? On appelle ça une reconversion professionnelle. Est-ce qu’on a plus envie de nouveautés maintenant qu’avant ? Ou alors est-ce que l’envie est la même, sauf que maintenant on a la possibilité alors qu’avant on ne l’avait pas ?

Aujourd’hui, quand vous êtes salarié en France, je vous parle que de la France, en France, quand vous êtes salarié dans une société pendant 5, 8, 10 ans, eh bien au bout de 10 ans, vous avez le droit à une formation professionnelle. Vous pouvez apprendre un nouveau métier et peut-être en changer. Donc ces aides à la formation, ça a permis à des personnes de peut-être faire le métier qu’ils aiment.

Parce que c’est vrai que de se lever le matin et de faire un métier qu’on aime, c’est quand même incroyable. On n’a pas l’impression d’aller travailler quand on fait un métier qu’on aime — c’est vraiment extraordinaire. Donc je pense que les mentalités ont changé, et aussi avec les réseaux sociaux, avec le télétravail, avec le fait qu’on peut travailler de différents endroits grâce aux ordinateurs, la vision du travail a changé. Je pense qu’en France en tout cas, on accorde maintenant une part importante de sa vie à sa vie personnelle, à sa vie de famille, et peut-être une part moins importante qu’avant au travail. Sauf si ce travail nous plaît.

Donc on revient toujours à la même chose — faire un travail qu’on aime, c’est extraordinaire et c’est motivant. C’est pour ça peut-être que les personnes changent de travail jusqu’à trouver quelque chose qui leur plaît, quelque chose qui peut les épanouir, où ils vont pouvoir devenir meilleur et apprécier leur métier.

Tout ça pour vous dire que ce mot de slasheur, il est assez nouveau et peut-être que vous aussi, vous faites plusieurs activités. Ou alors, est-ce que vous faites un travail et est-ce que vous faites le même depuis vingt ans ? Laissez-moi un petit commentaire sur YouTube pour me répondre, parce que ça m’intéresse de savoir.

2) Expression du jour : Être dans le pétrin

Et maintenant, on va commencer l’expression du jour qui est « être dans le pétrin ». Alors, « être dans le pétrin ». Est-ce que vous connaissez cette expression ?

« Être », vous connaissez, c’est un verbe ou un auxiliaire, et je vais vous le conjuguer à deux temps du passé — l’imparfait et le passé simple, parce que le passé simple de être est un peu particulier. Alors être à l’imparfait, ça donne : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez et ils étaient. » Ensuite, passé simple : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes et ils furent. »

S’il y a des règles de français, de grammaire, de conjugaison, d’orthographe, que vous ne comprenez pas ou que vous voudriez que je vous explique, laissez-moi un petit commentaire sur YouTube. Je suis sur YouTube très souvent, je lis tous les commentaires, j’essaie d’y répondre. Donc si vous voulez me joindre, c’est par là que vous pouvez le faire.

Alors on revient à l’expression « être dans le pétrin ». « Dans », c’est à l’intérieur de. Et le pétrin, c’est quoi ? Alors, le pétrin, c’est un coffre en bois où avant — il y a 50 ans, il y a 100 ans — on mettait la pâte pour faire cuire le pain. La pâte, créée avec de la farine, de l’eau, du levain, du sel, et on mélange tout ça pour faire le pain. Donc la pâte, ça s’appelle aussi le pétrin, et également le coffre en bois où on mettait la pâte le temps de la faire gonfler, le temps de la faire lever, on dit, avant de la cuire. Et en fait cette pâte, elle est collante, elle est un peu visqueuse. Donc les boulangers à l’époque pensaient que s’ils tombaient dans le pétrin, s’ils tombaient dans ce coffre, dans la pâte, ce serait difficile de s’en sortir parce que cette pâte est collante, on s’en met partout.

Donc « être dans le pétrin », c’est être dans des problèmes, c’est être dans la merde, être dans la mouise, c’est être dans quelque chose où ça va être difficile de s’en sortir, difficile de s’en tirer. Comme si vous étiez tombé dans la pâte à pain, dans le pétrin.

Imaginez que vous êtes au travail et vous avez trop de travail, vous avez des dossiers à rendre, mais vous ne les avez pas encore rendus. Vous pouvez dire : « Oh là là, je suis dans le pétrin. » Pareil pour les études — vous avez un examen demain et vous n’avez pas assez révisé. Eh bien vous pouvez vous dire à vous-même : « Je suis vraiment dans le pétrin. » Ça veut dire je suis mal, je suis dans la merde, je vais rater mon examen. Donc « être dans le pétrin », ça veut dire être dans les problèmes, avoir des problèmes.

C’est une expression qui est un peu ancienne, qui est un peu datée, donc les jeunes ne disent pas ça, mais vous, en tant qu’étrangers qui apprenez le français, c’est une expression que vous pouvez tout à fait utiliser et ça montrera votre bonne connaissance du français, ça montrera votre maîtrise des expressions. Et c’est important de connaître ces expressions, c’est important de les comprendre au moins.

Pourquoi ? Parce qu’on en utilise beaucoup en français. Vraiment, on en utilise très, très souvent. Depuis que je fais ce podcast, je fais attention quand j’écoute la radio, quand je regarde un peu la télé, quand je discute avec des gens, aux expressions qu’ils utilisent. Je fais attention quand j’entends une expression que je n’ai pas encore notée. Et en faisant attention à ça, je me suis rendu compte que tout le monde utilise tout le temps beaucoup d’expressions différentes. C’est pour ça que j’ai voulu créer ce podcast — d’abord parce que j’aime les expressions françaises, j’aime le français, j’aime notre culture, notre histoire, notre côté râleur aussi — et que je voulais partager ça avec vous qui, j’espère, avez aussi un intérêt pour tout ça.

En anglais on dit to be in a mess.

Qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Si vous voulez vous abonner à mon Patreon pour me soutenir, ça me fera très plaisir et vous aurez accès à des podcasts exclusifs et aux transcriptions des épisodes. Donc c’est en même temps un moyen de m’aider, de soutenir mon travail, et c’est aussi un moyen de perfectionner votre français en pouvant lire ce que je dis.

Demain, on fera bien sûr une nouvelle expression française et ça sera « On ne juge pas un bouquin à sa couverture ». Et demain, je vais vous parler d’une phrase rigolote. C’est une phrase qu’on disait quand on était enfant. Je vais vous la dire maintenant et je vous l’expliquerai demain. Cette phrase, c’est « Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu ». Et ça, c’est une vraie phrase en français. Donc je vous parlerai de tout ça demain. On sera jeudi, on sera le 19 février. D’ici là je vous souhaite de passer une bonne journée et une bonne soirée si vous m’écoutez le soir. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !


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