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Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui on est samedi, on est le 21 février 2026 et je vais vous parler de l’expression « Il y a une taupe parmi nous ». Mais avant, on va reprendre un peu ce dont je vous ai parlé il y a deux jours. Alors avant-hier, je vous ai parlé des phrases difficiles à prononcer ou difficiles à comprendre. Je vous ai expliqué la phrase « Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu. » Eh bien, j’ai trouvé ça marrant, donc on va en faire encore quelques-unes.
1) D’autres virelangues
Ça s’appelle, je vous avais dit, un virelangue et en français, comme dans beaucoup de langues évidemment, il y en a plein. Je vais vous en expliquer trois et donc pour vous, ça va aussi être un bon exercice de prononciation. Répétez après moi et on va aller doucement pour que vous arriviez bien à répéter.
Alors la première phrase que je vais vous expliquer, c’est : « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. » Alors ça, c’est compliqué. C’est compliqué à prononcer parce qu’il y a beaucoup de « ch » et beaucoup de « s ». Donc en prononçant cette phrase, vous allez vous entraîner à faire la différence entre le « ch » et le « s ». Je vous répète la phrase. « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. » Waouh, j’ai réussi !
Un chasseur, c’est quoi ? C’est une personne qui pratique justement la chasse. Et la chasse, c’est d’aller en forêt pour aller tirer sur des animaux, sur du sanglier, des cerfs. Alors moi je trouve ça horrible mais bon, c’est accepté en France, c’est autorisé à certaines périodes. Donc le chasseur, on dit qu’il est « sachant chasser ». « Sachant », c’est le participe présent du verbe savoir. En fait, c’est un chasseur qui sait chasser. Donc on nous dit, dans la première partie, « un chasseur sachant chasser » — un chasseur qui sait chasser, qui connaît son métier.
« Doit savoir », c’est quelque chose d’obligatoire. Si c’est un bon chasseur, il doit savoir chasser « sans son chien ». Souvent les chasseurs, ils ont des chiens. Les chiens vont les aider à repérer les proies, repérer les animaux qu’il faut chasser. Et bien ici, dans cette phrase, on nous dit que le chasseur qui connaît son métier doit être capable de chasser quand son chien n’est pas là, sans son chien. « Sans », c’est le contraire d’avec.
Et donc la phrase globale, je vous la répète. « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. » Un peu plus doucement. « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. »
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On répète cette phrase une dernière fois. « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. »
Alors deuxième phrase qui n’est pas facile à prononcer. Et là encore, on a des « ch » et des « s ». Je vous dis la phrase : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? » Et oui, c’est du français ! Alors on va l’expliquer, cette phrase. « Les chaussettes », c’est ce qu’on met sur les pieds. Entre la chaussure et le pied, souvent on met une chaussette. Ici, on parle des chaussettes de qui ? Des chaussettes de l’archiduchesse.
Alors ça, c’est un titre assez compliqué. Une duchesse, c’est la femme d’un duc, et un duc, c’est un homme qui a un titre de noblesse, un peu comme un comte, comme un noble, comme un bourgeois. Donc on dit un duc et une duchesse. Et là, c’est encore mieux qu’une duchesse — c’est un statut encore plus grand — c’est l’archiduchesse. Et donc on a, avec ce préfixe archi, rajouté le son « ch », encore une fois.
Donc le début de la phrase — « les chaussettes de l’archiduchesse » — sont-elles sèches ? C’est une question. On demande si les chaussettes sont sèches, si elles ne sont plus mouillées. Et on répète à la fin — « archi-sèches ? » Ici, le préfixe archi, ça veut dire « très ». Quand on dit « c’est archi bon », c’est très bon. « Archi-sèches », très sèches. C’est plutôt un préfixe qui est utilisé par les enfants — un enfant va dire « Ouais c’est archi bon ! » mais un adulte ne dira pas ça.
Et avec ça, on a fini d’étudier la phrase. C’est une question — on nous demande en fait si les chaussettes de cette femme sont sèches, et si elles sont bien sèches. « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? » Et après, ce qui est rigolo, c’est de le prononcer rapidement. « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? » Ouh, j’ai réussi ! Bravo à moi, c’est magnifique !
Allez, un dernier virelangue, une dernière phrase. Là, on va avoir le son « on » et le son « t » qui va revenir beaucoup. Je vous dis la phrase : « Écartons ton carton car ton carton nous gêne. » Je vous dis, c’est marrant, moi j’adore ces phrases. Alors je vous explique.
« Écartons », c’est le verbe écarter conjugué à l’impératif, première personne du pluriel. Ça veut dire « enlevons, poussons, mettons à un autre endroit ». Qu’est-ce qu’on va mettre à un autre endroit ? « Ton carton ». « Ton », c’est le tien, et le carton, c’est une espèce de boîte — ni rigide ni souple — souvent c’est pour faire les déménagements. Donc là on dit « mettons de côté cette boîte ».
Ensuite « car », ça c’est une conjonction de coordination, ça veut dire « parce que ». « Écartons ton carton car ton carton nous gêne » — mettons de côté ta boîte parce que cette boîte nous dérange. C’est ça que ça veut dire. Je vous répète : « Écartons ton carton car ton carton nous gêne. » Et plus rapidement : « Écartons ton carton car ton carton nous gêne. »
Est-ce que ça vous amuse au moins, ces petites phrases ? Moi je trouve ça marrant, je trouve ça assez ludique et ça permet de s’entraîner à la prononciation.
Allez, je vous répète vite les trois phrases qu’on a vues et après on passe à l’expression du jour. La première phrase, c’était au sujet d’un chasseur : « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. » La deuxième phrase, au sujet des chaussettes d’une femme : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? » La troisième phrase, il est question de pousser un carton : « Écartons ton carton car ton carton nous gêne. » Et comme ça, vous avez encore eu trois phrases compliquées à prononcer, très bonnes pour s’entraîner à la prononciation.
2) Expression du jour : Il y a une taupe parmi nous
Et maintenant, l’expression du jour — « Il y a une taupe parmi nous. »
Alors « il y a », je ne vais peut-être pas vous le réexpliquer, je l’ai déjà fait plusieurs fois — je pense que vous connaissez. Ensuite, on a le mot « une taupe ». C’est quoi une taupe ? Le sens le plus général d’une taupe, c’est l’animal. C’est un petit animal qui vit sous terre, qui fait des galeries sous la terre et qui est quasiment aveugle — aveugle, ça veut dire qu’elle ne voit pas du tout, ou alors très, très peu. Donc elle fait des galeries, elle fait des trous, elle se nourrit, j’imagine, de petits insectes. Et la taupe dans un jardin, eh bien ça se voit. Pourquoi ça se voit ? Parce que ça fait des espèces de grosses mottes de terre au-dessus de la pelouse. Souvent dans les jardins, à l’automne, à l’hiver, on retrouve des tas de terre, de la terre assez molle — eh bien ces tas de terre sont faits par des taupes.
Mais ici, dans l’expression « Il y a une taupe parmi nous », on ne parle pas de l’animal. Ici, ça veut dire « un espion ». Je vous expliquerai tout à l’heure pourquoi.
On reprend l’expression — « Il y a une taupe parmi nous. » « Parmi », c’est une préposition, ça veut dire « au milieu de, qui fait partie de ». Donc ici on nous dit « il y a une taupe parmi nous, il y a une taupe entre nous ». Dans le groupe de personnes dont on parle, il y a une taupe — une taupe qui fait partie de ce groupe, puisqu’on dit « nous ». « Nous », c’est « moi » plus « les autres ». Si je dis « il y a une taupe parmi vous », je ne m’inclus pas dans ce groupe.
Alors, je vous disais qu’une taupe, dans l’expression, ça veut dire un espion — et en fait, c’est un espion caché. Un espion, c’est par exemple un agent d’un pays étranger qui est en France et qui va venir pour voler des données, prendre des informations et les redonner à son pays. On voit ça souvent dans les films d’espionnage. Il y a un espion qui est planqué dans les services secrets d’un autre pays et il va donner des informations à son pays d’origine. Ça s’appelle un espion, mais ça s’appelle aussi une taupe.
Donc quand on dit « il y a une taupe parmi nous », c’est « il y a un espion parmi nous ». Je vous disais que souvent on voit ça dans les films de suspense, les films policiers, les films d’espionnage — il est question de savoir qui est l’espion, qui est la taupe. C’est un peu comme le jeu du loup-garou — il faut savoir qui est l’espion, qui est l’agent infiltré, qui est la taupe.
Mais alors, quel rapport entre l’animal qui vit sous terre et l’espion dans un autre pays ? Alors il y en a deux. Le premier, c’est parce que la taupe vit sous la terre, donc vit cachée, et l’espion lui aussi est obligé d’avoir une vie cachée. Il ne peut pas dire aux autres de quel pays il vient sinon il se ferait tout de suite arrêter. Donc il fait semblant de travailler pour, on va dire, la France alors que c’est un agent d’un autre pays. Et on appelle ça surtout une taupe grâce à un roman de 1974 qui a été écrit par John le Carré et qui s’appelle justement La Taupe. John le Carré, il écrit des romans d’espionnage, des romans policiers, des romans à suspense. Et parce que ce roman s’appelle La Taupe, eh bien on a pris ce nom pour désigner un espion.
Donc « il y a une taupe parmi nous », c’est « il y a un espion parmi nous ». En anglais on dit there is a mole among us — c’est la même chose, il y a une taupe parmi nous.
Je pense que c’est assez clair. Surtout, dites-moi si vous ne comprenez pas, dites-moi si vous avez des questions sur le français en général — il n’y a aucun problème pour que j’y réponde.
On se retrouve donc demain pour une nouvelle expression française qui est « franchir la ligne jaune ». Et d’ici là, je vous souhaite de passer une bonne journée. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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