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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui on est le vendredi 20 février 2026 et je vais vous parler d’un film français, ou plutôt d’un dessin animé. C’est un dessin animé qui a eu en fait deux sorties pour le public.
Une première sortie dans les années 50 et une deuxième dans les années 80. Alors c’est un peu compliqué, mais ce dessin animé est sorti une première fois, je crois en 1953, mais ça ne s’appelait pas à l’époque Le Roi et l’Oiseau — ça s’appelait La Bergère et le Ramoneur — et c’est tiré d’un conte d’Andersen. Quand on dit « c’est tiré », on dit que c’est en fait inspiré, c’est un peu comme l’histoire de ce conte.
Pourquoi il y a eu deux sorties ? Eh bien je vais vous expliquer tout ça. En fait, ce dessin animé — ou plutôt ces dessins animés puisqu’il y en a deux — ils ont été créés par Jacques Prévert et Paul Grimault. Ils ont travaillé sur ça dans les années 50 et ça prenait beaucoup de temps. Les deux créateurs mettaient trop de temps à terminer leur dessin animé et donc le producteur a décidé de finir lui-même avec ses équipes ce dessin animé. Il a « volé l’idée », volé le travail des deux créateurs.
Et donc, plus tard, dans les années 70, ces deux créateurs ont gagné leur procès et ont récupéré les droits du dessin animé. Et ils ont décidé de sortir une nouvelle version dans les années 80, en 1980 d’ailleurs. Parmi les deux auteurs, celui qui s’appelle Jacques Prévert, c’est un écrivain français très connu du XXe siècle et il a écrit beaucoup de livres, beaucoup de poèmes qui ont aussi été utilisés pour ce dessin animé. Malheureusement, Jacques Prévert est tombé malade à la fin des années 70 et il est mort avant d’avoir pu voir son film fini, avant d’avoir pu voir au cinéma Le Roi et l’Oiseau. Donc ça, c’était l’histoire de pourquoi il y a eu deux dessins animés qui se ressemblent avec deux noms différents.
Et maintenant, je vais vous expliquer l’histoire. C’est un dessin animé qui est destiné aux enfants comme aux adultes. Et l’histoire, c’est celle d’un roi qui est en fait plus un tyran, un dictateur — on dit aussi un despote — qu’un roi. C’est un roi qui exerce un pouvoir absolu et il s’appelle le roi Charles cinq et trois font huit et huit font seize.
Alors là, il faut que je vous explique. Quand on fait une addition en français, on va dire 4 + 4 = 8 par exemple. Mais on peut dire aussi « 4 et 4 font 8 ». Il y a deux façons de le dire. Et là, le nom du roi, c’est assez drôle. Il s’appelle le roi Charles cinq et trois font huit et huit font seize — donc 5 + 3 = 8 et 8 + 8 = 16. C’est assez dur à dire, mais c’est son nom.
Donc ce roi exerce un pouvoir absolu sur son royaume, sur ses sujets, sur le peuple. Et tous les jours, il va dans ses appartements secrets, situés tout en haut d’une tour, tout en haut du palais, au 296e étage — qu’est-ce qu’il va faire ? Il va admirer une peinture d’une bergère dont il est amoureux. Une bergère, c’est une femme qui garde des animaux, qui peut garder des moutons, garder des vaches. Et au masculin, c’est un berger.
Sauf que cette bergère dans la peinture, elle a un amoureux et c’est le ramoneur. Le ramoneur, c’est un métier — c’est le fait de nettoyer les conduits de cheminée. Donc cette bergère et ce ramoneur sont amoureux et le roi lui déteste le ramoneur, déteste ce tableau, déteste cette peinture parce que lui il est amoureux de la bergère.
Donc pour ceux qui veulent voir le film et qui ne veulent pas être spoilés, vous pouvez vous arrêter là parce que je vais vous raconter toute l’histoire à partir de maintenant. C’est bon, vous êtes partis ceux qui ne veulent pas écouter ? Alors on continue avec ceux qui veulent connaître l’histoire du film.
Donc je vous disais, le roi est amoureux d’une peinture, d’une bergère dans une peinture. Et en fait, toutes les nuits, les personnages des tableaux et les sculptures deviennent vivants. Donc la bergère prend vie et le ramoneur prend vie aussi. C’est pour ça que le conte à la base s’appelle La Bergère et le Ramoneur. Donc les deux amoureux veulent s’enfuir, veulent s’échapper du regard du roi afin de pouvoir vivre leur amour librement.
Malheureusement, cette nuit-là, il y a une statue du roi qui prend vie. La statue se met à bouger, se met à vivre, et bien sûr cette statue du roi est aussi amoureuse de la bergère et veut se marier avec elle le soir même. Alors que font la bergère et son amoureux ? Ils décident de partir par le conduit de la cheminée. Et oui, le ramoneur c’est son métier, il connaît ces endroits. Sauf qu’ils sont poursuivis par la statue du roi. La statue du roi tombe alors sur le vrai roi — donc il y a un vrai roi qui est vivant et un faux roi qui est une statue qui a pris vie. Les deux combattent, c’est la statue qui gagne et qui fait disparaître le roi dans une trappe.
Alors je vais mettre en pause l’histoire juste ici. Est-ce que cette histoire de peinture, de sculpture qui prennent vie la nuit, ça vous rappelle quelque chose ? Eh bien moi, ça m’a tout de suite fait penser à Toy Story — ou plutôt, quand j’ai vu Toy Story, j’ai pensé au Roi et l’Oiseau. Je pense que les studios Pixar se sont inspirés de cette histoire française pour créer Toy Story, où on a des jouets qui deviennent vivants. Bon, je referme la parenthèse, je continue avec l’histoire.
Donc la bergère et le ramoneur partent et sont poursuivis par le faux roi qui veut se marier avec la bergère. Dans leur fuite, le ramoneur sauve un petit oiseau, un oisillon qui était coincé dans une cage. Et ce bébé oiseau, c’est l’enfant d’un grand oiseau qui déteste le roi. Pourquoi l’oiseau déteste le roi ? Parce que ce dernier a tué la femme de l’oiseau dans une partie de chasse.
Donc on a ici l’introduction du deuxième personnage principal du film — l’oiseau — puisque ça s’appelle Le Roi et l’Oiseau. Mais au final, le faux roi arrive à capturer la bergère grâce à la police du royaume et il met en prison le ramoneur — l’amoureux de la bergère — et l’oiseau. Dans cette prison, le ramoneur et l’oiseau vont se retrouver face à face avec des lions, qui sont au début méchants, mais qui vont après être leurs amis. Bon, je vous passe quelques détails, mais ils vont réussir à s’échapper de la prison. Ils vont arriver au palais du roi pour empêcher le mariage du roi et de la bergère.
Alors le roi veut s’enfuir sur son robot géant. Eh oui, un robot géant comme dans les animés japonais. C’est incroyable d’ailleurs parce qu’on peut penser que la France s’est inspirée du Japon pour cela. Sauf que ce dessin animé de 1953 est sorti bien avant les mangas japonais, ou tout au moins bien avant les animés du studio Ghibli.
Donc le roi veut s’enfuir sur son robot géant. Mais l’oiseau qui était dans les parages arrive à prendre le contrôle du robot et commence à détruire le palais du roi. Il commence à tout casser avec le robot et on a le ramoneur et le roi qui se battent au sommet, sur la tête du robot géant. Le roi est sur le point de frapper le ramoneur dans le dos, mais l’oiseau, qui est toujours aux commandes du robot, va dégager le roi dans les airs et donc va faire gagner le ramoneur.
À la fin du film, la ville est en ruine. Il ne reste plus rien de ce royaume, il ne reste que le robot tout seul qui va lui aussi prendre vie, qui va bouger alors qu’il n’y a personne aux commandes, pour délivrer un petit oiseau d’une cage. Et la bergère et le ramoneur ont pu s’enfuir et être heureux. Donc là vous avez eu la totalité de l’histoire, Le Roi et l’Oiseau.
Franchement, c’est un dessin animé magnifique. Je l’avais vu quand j’étais enfant et je l’ai revu récemment pour préparer ce podcast. Et vraiment, c’est super bien animé. C’est intéressant. Il y a des scènes vraiment très belles, il y a beaucoup de sens cachés.
Et je vous disais que j’allais vous reparler du studio Ghibli avec ses fondateurs Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Ce qui est incroyable, c’est que ces deux fondateurs du studio Ghibli ont été inspirés, ont été émus — on dit aussi influencés — par ce film français, par Le Roi et l’Oiseau. D’ailleurs, un peu après la sortie du film, Isao Takahata-san était en France et a demandé un autographe à Paul Grimault, au créateur de ce film.
Et je vais vous donner quelques mots d’Isao Takahata qu’il a dits avant sa mort, en parlant du Roi et l’Oiseau. Il a dit : « Ce qui est certain, c’est que l’influence de ce film fut pour moi décisive. Je peux affirmer que, sans sa découverte, je n’aurais jamais emprunté la voie du film d’animation, c’est dire l’intensité du choc que je reçus alors. » Vous voyez que c’est impressionnant. Franchement, je ne savais pas ça du tout. J’ai découvert ça très récemment en préparant ce podcast et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai ressenti un peu de fierté d’être français — même si j’ai rien à voir là-dedans — mais d’avoir pu appartenir au même peuple qui a influencé des génies comme Miyazaki et Takahata.
D’ailleurs, je vous parlais tout à l’heure de ce robot géant. Eh bien, si vous avez vu Le Château dans le ciel du studio Ghibli — en japonais c’est Tenkū no Shiro Laputa — eh bien dans ce film, il y a un robot géant qui détruit le palais dans lequel il était enfermé, exactement comme dans Le Roi et l’Oiseau. Et plus récemment, dans One Piece, qui est un manga écrit par Eiichiro Oda, il y a un robot géant qui va aider le personnage principal, Luffy, à s’échapper en détruisant ses ennemis. Et je pense que là aussi, il y a une référence au studio Ghibli et donc une référence au Roi et l’Oiseau, à ce dessin animé français.
Dans ce film, on retrouve beaucoup de thèmes qui sont très profonds. C’est très beau pour les enfants à voir parce qu’eux, les enfants, ils verront uniquement l’histoire d’un méchant roi et de deux amoureux. Et les adultes, eux, ils verront plusieurs thèmes. Ils verront une société qui est corrompue par un tyran. Ils verront l’histoire de la lutte des classes entre une ville haute qui est riche et une ville basse qui est pauvre. Ils verront un besoin de liberté qui est mis en avant dans ce film. Ils verront aussi la place de l’art dans la société — les statues et les tableaux qui prennent vie la nuit, c’est pour apporter du bonheur, apporter quelque chose en plus à une société assez froide.
Bref, je vous conseille de voir ce dessin animé, c’est toujours aussi magnifique, vraiment c’est un bijou. Pour vous qui apprenez le français, il y aura peut-être quelques passages compliqués, mais maintenant que je vous ai expliqué tout le film, vous pouvez le voir en comprenant mieux. J’espère que ça vous a intéressé.
S’il y a des films français que vous aimez, que vous voudriez que je vous raconte, que je vous explique, laissez-moi un message sur YouTube dans les commentaires et je m’occuperai de ça avec plaisir.
On se retrouve demain pour une nouvelle expression. Demain, je vais vous parler de l’expression « Il y a une taupe parmi nous ». À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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