« On ne juge pas un bouquin à sa couverture » et une histoire marrante

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on est le jeudi 19 février 2026 et on va parler d’une phrase assez rigolote.

1) Une phrase marrante

Hier, à la fin du podcast, je vous ai dit qu’on allait parler d’une phrase marrante et cette phrase c’est : « Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu. » Et c’est vraiment une phrase française. Donc je vais vous la décrire, je vais vous expliquer ce que veut dire cette phrase et vous introduire un peu une notion qui s’appelle un virelangue. Un virelangue — on dit un virelangue. En fait c’est une phrase qui est difficile à prononcer parce qu’il y a beaucoup le même son, ou beaucoup de sons qui se ressemblent.

Donc déjà, je vais vous expliquer la phrase avec tous les « ton ». Ensuite, je vous parle un peu des virelangues et je vous en ferai peut-être dans un prochain podcast. Et en deuxième partie, bien sûr, je vous explique l’expression du jour — « On ne juge pas un bouquin à sa couverture ».

Alors, d’abord, la phrase rigolote. C’est une phrase qu’on disait quand j’étais enfant. Et on avait du mal à la prononcer parce qu’il y a beaucoup de fois le son « ton ». Alors, je vous la répète : « Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu. » Et si vous voulez lire la phrase en entier, vous l’avez bien sûr sur mon Patreon — vous avez les transcriptions des épisodes, vous pouvez vous abonner pour avoir ces transcriptions et aussi pour soutenir mon travail.

Et maintenant, je vous explique la phrase. Alors « si mon tonton » — on va prendre déjà les trois premiers mots. « Si » c’est une condition. Donc on sait déjà qu’il va y avoir deux parties dans la phrase. Par exemple : « S’il pleut trop, je ne pourrai pas aller courir. » « S’il pleut trop », c’est la première partie de la phrase, « je ne pourrai pas aller courir », c’est la deuxième partie.

Donc « si mon tonton » — « mon » c’est le mien, on dit mon vélo, mon bateau, ma voiture, là c’est « mon tonton ». « Mon tonton », c’est mon oncle, c’est en fait le frère de mon père ou le frère de ma mère. Moi j’ai un oncle, j’ai un tonton — c’est le frère de mon père. Donc ici le début de la phrase c’est « si mon tonton » — si, en fait, mon oncle.

Quatrième mot — « tond », ici, c’est « tond » avec un D. Ça vient du verbe tondre. Donc mon oncle va tondre quelqu’un ou quelque chose. Tondre, ça veut dire couper soit l’herbe dans le jardin, soit tondre avec une tondeuse les cheveux. En ce moment et depuis quelques années j’ai les cheveux longs, mais avant j’avais les cheveux courts et j’utilisais une tondeuse pour tondre mes cheveux.

Alors on reprend la phrase — « si mon tonton tond » — du verbe tondre, donc « coupe les cheveux ». Et après il y a « ton tonton » — là c’est le tien, c’est ton oncle en fait. Donc « si mon oncle à moi coupe les cheveux de ton oncle à toi » — ça c’est la première partie de la phrase.

Là, il y a une virgule et après c’est la conséquence. « Ton tonton sera tondu. » « Sera tondu », c’est le verbe être tondu — tondu c’est le participe passé du verbe tondre. Donc si mon oncle coupe les cheveux de ton oncle à toi, eh bien ton oncle aura les cheveux coupés. Ton oncle sera tondu.

Donc si on répète toute la phrase : « Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu. » Est-ce que c’est plus clair ? Est-ce que vous avez compris cette petite phrase rigolote ? Et cette petite phrase, elle est drôle parce qu’il y a beaucoup de fois le son « ton ». Alors que quand on l’écrit, eh bien on voit qu’il y a des pronoms, il y a des noms, il y a des verbes. Mais en français, on ne prononce pas certaines lettres. Ça, c’est un problème pour ceux qui apprennent le français — de ne pas comprendre pourquoi on n’écrit pas comme on prononce. Par exemple, le verbe dire, quand on le conjugue au présent — « je dis » — ça s’écrit D-I-S, mais on dit « je dis » sans prononcer le S.

Donc ça, c’est une phrase rigolote et ça ressemble à des virelangues. Des virelangues, ce sont des phrases qui sont caractérisées par leur difficulté de prononciation, soit parce qu’elles sont difficiles à prononcer, soit parce qu’elles sont difficiles à comprendre comme celle d’aujourd’hui.

Allez, on fait un virelangue avec tout simplement trois mots. « Douze douches douces. » Je vous répète : « Douze douches douces. » Ici, douze, c’est un nombre — après onze, on a douze. Douche, c’est quand on va se doucher, quand on va se laver, on prend une douche. Et douce, c’est quelque chose de doux, qui n’est pas dur, quelque chose de délicat. « Douze douches douces. Douze douches douces. Douze douches douces. » Ce qui est dur dans ces virelangues, c’est de les prononcer rapidement. Bon, moi ça m’amuse. Mais vous, ça peut être un exercice de prononciation qui est intéressant.

Je vous en donne un dernier avant de commencer l’expression du jour : « Son chat chante sa chanson. » « Son chat chante sa chanson. » Son chat, c’est le chat de cette personne. Chante, c’est le verbe chanter, et sa chanson, c’est la chanson de cette personne. Donc ici on parle d’un chat qui chante. « Son chat chante sa chanson. Son chat chante sa chanson. Son chat chante sa chanson. » Et comme ça vous pouvez vous amuser et vous entraîner à prononcer.

2) Expression du jour : On ne juge pas un bouquin à sa couverture

Et maintenant, on passe à l’expression du jour — « On ne juge pas un bouquin à sa couverture. » Alors il y a pas mal de mots dans cette expression, mais en fait ce n’est pas très compliqué.

« On ne juge pas » — déjà on voit quatre mots d’un coup. C’est une phrase négative avec « pas ». Et « juger », ça veut dire porter un jugement. Ça veut dire que vous allez vous faire une idée de quelque chose. On peut juger un plat. Et juger dans le domaine du droit, dans le domaine des procès, avec les avocats, avec les juges, avec les procureurs — ça, c’est le domaine de la justice et on va juger quelqu’un, savoir s’il est coupable ou non. « Juger », « justice », « juge », « jugement » — tout ça, ce sont des mots de la même famille.

Donc ici c’est le verbe « juger » et je vais vous le conjuguer au présent et au futur. Alors « juger » au présent, ça donne : « je juge, tu juges, il juge, nous jugeons, vous jugez et ils jugent. » Là aussi c’est un exercice de prononciation, pas si facile que ça. « Nous jugeons, vous jugez », c’est pas facile à dire. Et au futur, ça donne : « je jugerai, tu jugeras, il jugera, nous jugerons, vous jugerez et ils jugeront. »

Donc vraiment, ce qui est important pour vous améliorer, pour vous aider à mieux prononcer, c’est de répéter après moi. Ça s’appelle du shadowing — ça vient de l’anglais shadow qui veut dire ombre — donc c’est comme mon ombre, c’est répéter en fait ce que je dis pour mieux prononcer le français.

On revient donc à l’expression — « on ne juge pas ». Mais qu’est-ce qu’on ne juge pas ici ? « Un bouquin à sa couverture. » Un bouquin, c’est un livre. C’est une façon un peu plus familière de parler d’un livre. Et la couverture, c’est l’extérieur du livre. Le bouquin a une première face — le devant du livre, ce que vous voyez en premier — et il a le derrière du livre, là où souvent il y a un résumé. Eh bien ça, c’est la couverture du bouquin.

Alors, qu’est-ce qu’on nous dit ici ? Il ne faut pas juger, on ne juge pas un bouquin à sa couverture. Donc en fait, il ne faut pas se faire d’idées suivant la couverture du bouquin. La couverture du livre peut être jolie, mais le bouquin peut être très mauvais. Et inversement, la couverture du livre peut être très moche et le bouquin sublime.

Mais en fait, cette expression, ce n’est pas pour parler de livre. C’est pour parler de personne. Donc ça veut dire qu’il ne faut pas juger une personne selon ses apparences, selon la façon dont elle se comporte, la façon dont elle est habillée. Il ne faut pas juger les gens suivant leur aspect extérieur. On peut se faire une idée de quelqu’un quand on connaît la personne et pas sur son aspect extérieur, parce que parfois ça peut réserver des surprises.

Je vais d’ailleurs vous raconter une petite histoire qui m’est arrivée il y a quelques années au supermarché. Donc je fais mes courses comme d’habitude. J’arrive à la caisse. Il y a du monde à toutes les caisses, évidemment, comme toujours. Je choisis la caisse que je vois comme étant la plus courte, mais juste devant moi, il y a un vieux monsieur avec des habits tout sales, et il sentait mauvais. Franchement, on aurait dit un clochard, on aurait dit qu’il dormait dehors, qu’il n’avait pas d’endroit où vivre. Il était assez vieux et vraiment très, très mal habillé. Et je vois qu’il achète quand même pas mal de choses. Il a un caddie, il sort ses courses du caddie, il les met sur le tapis et au moment de payer, il sort son portefeuille avec des dizaines et des dizaines de billets de 50 euros. Abusé ! En fait, il était blindé, le vieux. Il avait plein d’argent, mais il était habillé comme un clochard. Et là, dans ma tête, je me suis dit « On ne juge pas un bouquin à sa couverture ». Je pensais qu’il était pauvre parce qu’il avait des habits sales, mais en fait, il était très riche. Il ne faut pas se fier aux apparences.

D’ailleurs, je vous avais expliqué il y a quelques mois une expression dans ce style qui voulait dire un peu la même chose — c’était « L’habit ne fait pas le moine ». Ça, c’est une expression qui veut dire à peu près la même chose que « On ne juge pas un bouquin à sa couverture » — ou alors « Ne jugez pas un livre à sa couverture ». Là, c’est un conseil, donc c’est plutôt un impératif.

Est-ce que c’est clair pour vous ? Est-ce que vous avez compris ? Et est-ce que ce petit exemple vous a amusé ? En tout cas, moi, ça m’avait halluciné à l’époque. En anglais, on dit You can’t judge a book by its cover — c’est exactement comme en français.

On arrive à la fin du podcast. Il me reste à vous souhaiter une bonne journée, une bonne soirée. Comme d’habitude, laissez-moi un petit commentaire sur YouTube ou une bonne note dans vos applications de podcast, Spotify, Apple Podcasts, etc. Ça aide beaucoup. Et bien sûr, si vous pouvez aussi conseiller mon podcast à vos amis qui veulent apprendre le français, sur Internet, sur des forums, sur Reddit, n’hésitez pas, ça me fera bien plaisir. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !


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