« En voiture Simone ! » et le beauf

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui c’est lundi, on est le lundi 23 février 2026 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Alors aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « En voiture, Simone ! »

1) Le beauf

Mais avant ça, il faut que je vous précise quelque chose. Il faut que je vous explique un mot parce que ce mot, eh bien, il correspond à ceux qui disent cette expression. Et ceux qui emploient l’expression « En voiture, Simone ! », on appelle ça des beaufs. Je rigole parce que c’est un mot un peu particulier, le beauf, et je vais vous expliquer.

Alors le beauf, ça a deux sens. Ça peut vouloir dire beau-frère. Le mari de ma sœur, c’est mon beau-frère. Ce n’est pas mon frère, bien sûr, c’est mon beau-frère. C’est le mari de ma sœur. Ma belle-sœur, ça peut être la femme de mon frère. Donc le beauf, ça peut être une contraction de beau-frère. Je peux dire « mon beauf », c’est le mari de ma sœur. Mais ce n’est pas ce sens-là qu’on utilise le plus en français pour dire un beauf.

Un beauf, c’est un mot familier, c’est un mot méprisant, péjoratif, presque méchant. Et je vais vous expliquer ce que c’est. Le beauf, c’est un personnage humoristique, un personnage comique qui a été créé par un dessinateur qui s’appelle Cabu — qui s’appelait Cabu, puisqu’il est décédé en 2015 dans les attentats contre le journal Charlie Hebdo à Paris. Donc ce dessinateur Cabu a créé le personnage du beauf.

Le beauf, c’est quoi ? C’est le Français moyen. C’est en général une personne qui est assez vulgaire, qui est peu éduquée, souvent qui n’a pas de culture, parfois qui a mauvais goût. En gros, je vous ai dit le Français moyen, mais en fait on est tous un peu beauf par moments. On est tous ce Français moyen dans certains aspects de notre personnalité. Mais je vais vous décrire le stéréotype du beauf, ce que c’est un beauf de A à Z, dans son physique et dans sa façon de penser et de se comporter.

Alors moi je vous parle du beauf français, du beauf occidental. Les beaufs de votre pays, je ne les connais pas, donc je ne vais parler que des Français.

Déjà au niveau de la coupe de cheveux, souvent il a une coupe mulet. Une coupe mulet, c’est des cheveux courts sur la tête avec les cheveux longs sur le cou, dans la nuque. Est-ce que vous voyez ce type de coupe de cheveux ? Déjà, c’est ridicule. Les cheveux courts au-dessus et longs derrière, c’est pas possible. Pour les footballeurs allemands des années 80, je dis pas, mais aujourd’hui, la coupe mulet, c’est pas possible.

Donc le beauf de base, il a une coupe mulet. Et il a souvent des tatouages moches. Pas des beaux tatouages avec des couleurs, avec des formes, des dragons — ça c’est magnifique — mais des tatouages tout moches, ou qui sont devenus très moches avec le temps.

Et souvent le beauf, il a des vêtements qui sont très moches aussi. Il a un t-shirt qui est flashy, d’une couleur vive avec un pantalon de survêtement. Il a parfois même un marcel — un marcel, c’est un t-shirt sans manches. Et souvent, il met des claquettes avec des chaussettes. Claquettes-chaussettes, c’est une des marques de fabrique du beauf. Et bien sûr, le gros ventre qui dépasse un peu du t-shirt.

Alors, avant que toutes les personnes de YouTube me tombent dessus avec des commentaires horribles, j’ai dit au début du podcast qu’on était tous un peu beauf, et moi aussi. Donc, je ne critique pas, je ne me moque pas — j’essaie juste de faire comprendre à ceux qui veulent apprendre le français ce que c’est un beauf.

Mais être beauf, ce n’est pas que du physique — c’est aussi un état d’esprit, c’est aussi une façon de penser. Donc pour être un bon beauf, il faut toujours connaître quelques blagues cochonnes, voire sexistes, voire racistes, ou même les deux — c’est encore mieux pour le beauf.

Ensuite, le beauf va faire des activités sportives ou au moins il va les regarder à la télé. Il va regarder du foot et souvent des courses de voitures, des courses de moto — la F1, le Dakar, le Grand Prix moto — tout ça, ça marche pour le beauf. Et moi, j’aime le foot, mais je n’aime pas les courses de voiture, donc je dois être à moitié beauf.

Et bien sûr, le beauf, il parle beaucoup. Il parle beaucoup dans la vie où il a des phrases toutes faites du genre : « Non mais de toute façon, on est plus chez nous, hein. » Ça c’est une bonne phrase de beauf. Ou alors, au bistro, quand il veut demander au patron encore de l’alcool : « Eh Roger, tu me remets la petite sœur ? » Ça aussi, c’est un bon truc de beauf — « Tu me remets la petite sœur », ça veut dire « Ressers-moi un verre ! »

Et je vous ai dit que le beauf parlait beaucoup — en vrai, mais aussi sur les réseaux sociaux. Le beauf en général, il est très actif sur les réseaux et il va surtout commenter les messages des autres avec un ton généralement très direct, toujours à tutoyer et souvent à mettre des commentaires assez méchants sur tout le monde et sur tous les sujets.

Donc là je vous ai décrit l’attirail complet du beauf. Le beauf, c’est un état d’esprit, c’est une façon de penser, c’est une façon de s’habiller. Et d’ailleurs on a créé des mots qui sont dérivés de beauf. La « beaufitude », c’est un mélange d’attitude et de beauf — ça veut dire que vous avez des attitudes du beauf, que vous avez vu quelqu’un avec soit les vêtements, soit les phrases, soit l’attitude, soit le physique du beauf. Et ça, c’est de la beaufitude. On dit aussi de la « beauferie ». Vous voyez que le français est une langue vivante — on crée des mots, on invente de nouveaux mots qui seront peut-être demain dans le dictionnaire. Ça s’appelle des néologismes — le fait de créer de nouveaux mots.

Alors pourquoi j’ai parlé pendant dix minutes du beauf ? Parce que l’expression du jour, eh bien, elle est assez familière — et en fait, c’est le beauf qui a popularisé cette expression.

2) Expression du jour : En voiture, Simone !

L’expression « En voiture, Simone ! », c’est une expression de Français moyen que j’utilise de temps en temps. Et oui, parce que ça me fait marrer. Donc comme je disais tout à l’heure, je suis moi aussi un peu beauf.

« En voiture, Simone », il n’y a que trois mots. C’est assez facile. « En voiture », ça veut dire qu’on va monter dans la voiture. « En » c’est une préposition et là ça va décrire un lieu qui est la voiture. Donc on va monter dans une voiture. Mais ce n’est pas nous — c’est Simone. On parle à quelqu’un qui s’appelle Simone. Mais bien sûr cette expression, on peut la dire à tout le monde — c’est pas forcément à des personnes qui s’appellent Simone.

Et cette expression, ça veut dire « on y va, c’est parti, allons-y ! » C’est pas forcément quand on va monter dans une voiture — on peut le dire tout simplement pour dire « allons-y ». Mais souvent, quand on utilise cette expression, on va monter dans un véhicule — dans un train, dans une voiture, sur une moto. Donc il y a une notion de véhicule et de déplacement.

Mais pourquoi on dit « En voiture, Simone » ? Ça vient d’où cette expression ? Eh bien cette Simone, elle a vraiment existé. C’était une vraie personne qui a vécu au début du XXe siècle et qui était pilote automobile — Simone du Pinet, c’est son nom. Et c’était très rare à l’époque parce qu’il y avait très peu de femmes qui avaient leur permis de conduire.

Et donc, cette expression a été popularisée par un présentateur télé des années 60. Pourquoi il disait ça ? Parce que sa collègue, la présentatrice qui présentait avec lui, s’appelait Simone Garnier. Et donc lui disait « Allez, en voiture, Simone ! » Ce monsieur s’appelait Guy Lux et il disait ça à sa collègue Simone pour rigoler avec elle, pour se moquer un peu d’elle. Donc quand on dit « En voiture, Simone ! », c’est pour faire une petite blague, c’est un peu humoristique.

Mais comme je vous disais, aujourd’hui, c’est passé dans le vocabulaire du Français moyen — du beauf, quoi. Je sens que je vais me faire tuer en disant ça.

Enfin bref, tout ça pour vous dire que cette expression, il ne faut pas la dire à tout le monde. C’est une expression qu’il faut réserver à des amis, à des personnes que vous connaissez très bien. Il ne faut pas dire ça à votre patron, à une personne que vous ne connaissez pas. « En voiture, Simone ! », c’est vraiment quelque chose d’humoristique, ça sert tout simplement à faire rire.

Et cette expression, en fait, elle est un peu plus longue. La vraie expression, c’est : « En voiture, Simone, c’est toi qui conduis, c’est moi qui klaxonne. » Mais personne ne dit ça — tout le monde se souvient juste de « En voiture, Simone ! » grâce à ce présentateur des années 60 qui disait toujours ça à sa collègue.

Alors, qu’est-ce qu’il me reste à vous dire là-dessus ? Simone, c’est pas un prénom très récent. C’est même un prénom assez ancien. Mais comme les prénoms reviennent à la mode régulièrement — par exemple, mon grand-père s’appelait Joseph, et Joseph c’est revenu à la mode récemment — peut-être que Simone aussi reviendra à la mode. C’est cyclique, à peu près tous les cent ans, les prénoms reviennent.

Demain, on va faire une expression qui est « mettre le pied à l’étrier ». Donc, je vous expliquerai tout ça demain. Comme d’habitude, ce serait top si vous pouvez me laisser un commentaire sur YouTube, vous abonner à ma chaîne et même me mettre une bonne note dans vos applications de podcast Spotify, Apple Podcasts et les autres. Et si vous voulez approfondir le français, si vous voulez vous améliorer et me soutenir, vous pouvez vous abonner à mon Patreon — vous aurez accès aux transcriptions des épisodes.

Je vous souhaite de passer un bon lundi, une bonne journée, on se retrouve demain dans la joie et la bonne humeur. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !


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