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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, c’est dimanche, on est le dimanche 22 février 2026 et on va bien sûr parler français. Plutôt je vais parler français et vous, vous allez écouter et en écoutant, vous allez apprendre. Alors aujourd’hui, une nouvelle expression française comme tous les jours — « franchir la ligne jaune ». Je vous expliquerai ça tout à l’heure.
1) Mon métier de rêve ?
D’abord, je vais vous parler un peu de moi. Je vous parle souvent de moi, de mes souvenirs, je vous parle aussi bien sûr de plein d’autres choses, mais aujourd’hui, je vais vous parler du métier que je rêvais de faire quand j’étais enfant.
Quand j’étais enfant, je jouais beaucoup aux jeux vidéo. Je suis né en 1984, le 22 octobre pour ceux qui veulent me souhaiter mon anniversaire l’année prochaine. Donc, je suis né en 1984 et à cette période, c’est l’essor du jeu vidéo. L’essor, ça veut dire l’expansion, l’augmentation. C’est à cette période que le jeu vidéo est devenu vraiment populaire. C’était les premiers jeux vidéo à la fin des années 70 et au début des années 80.
Je me souviens quand j’étais enfant que mes sœurs avaient une Atari avec le jeu Pong. Le jeu Pong, c’est tout bête — c’est deux barres de chaque côté de l’écran et une petite balle entre les deux barres. Et le but c’était de bloquer la balle pour la renvoyer à l’autre personne. C’était un des premiers jeux vidéo, c’était tout simple, le concept était tout bête, mais j’ai adoré jouer à ça avec mes grandes sœurs.
Et après, quand j’ai eu sept ans, je crois — sept ou huit ans — est sortie la Game Boy. La Game Boy, ça a été aussi une grosse révolution dans l’industrie du jeu vidéo. On pouvait jouer à un jeu vidéo en étant mobile, en étant soit dans son lit, soit dans son canapé, dans sa chambre, dehors parce qu’elle marchait à piles et il n’y avait pas besoin de la brancher sur la télé. Alors on pouvait jouer à l’intérieur mais dehors c’était horrible parce qu’on ne voyait rien. L’écran n’était pas rétro-éclairé, n’avait pas de lumière interne. Donc pour ceux qui connaissent, jouer à la Game Boy dehors c’était une galère, mais à l’intérieur c’était top. Et donc pour mes 8 ou 9 ans, je ne sais plus, j’ai eu une Game Boy.
J’ai eu une Game Boy avec le jeu Super Mario, le premier jeu Super Mario. Et j’adorais ce jeu. Franchement, j’y ai joué beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et plus j’y jouais, meilleur j’étais. Si bien que je connaissais le jeu par cœur. Et à l’époque, les jeux vidéo, il n’y avait pas de sauvegarde. On avait trois vies et c’est tout. Et quand on mourrait, on devait recommencer le jeu au début. Et je peux vous dire que c’est frustrant d’arriver quasiment au bout d’un jeu et de devoir recommencer.
Donc me voilà, le petit Adrien de 8 ans dans sa chambre avec sa Game Boy, je joue à Super Mario. Je passe les premiers niveaux, je connais le jeu par cœur donc je suis assez bon, je ne perds pas de vie — premier niveau, deuxième niveau, troisième niveau, dixième niveau — et j’arrive au dernier niveau. Et je m’en souviens encore — le dernier boss du dernier niveau, c’était un nuage qui lançait des petits tirs qu’il fallait éviter. J’arrive là, je n’ai plus qu’une vie. Donc je me concentre énormément pour éviter les tirs du nuage, pour arriver à battre ce jeu, à gagner et à finir Super Mario.
Et là, j’arrive à tuer le nuage, j’arrive à la fin du jeu, sauf que le nuage se transforme en un boss encore plus difficile. Et j’ai été surpris, j’ai été estomaqué, j’étais dégoûté. Et donc je continue, je me concentre. Je vois que le boss est très dur — il tire trois boules qui chacune se divisent en trois. Donc il fallait tout éviter. Et le pire arriva. Je me fais tuer au dernier moment par le boss. Je me fais tuer par le dernier boss du dernier niveau. Et là, je prends ma Game Boy et je la jette de toutes mes forces contre le mur. J’ai explosé ma Game Boy de rage, d’énervement, de colère — contre moi qui n’avait pas réussi à gagner, contre le jeu qui était trop dur, contre la terre entière. Et à la seconde où j’ai lancé ma Game Boy, j’ai regretté. Je suis allé la chercher et l’écran était explosé. L’écran était violet, était bleu, vraiment complètement cassé.
Pour ceux qui connaissent le terme rage quit, c’est s’enrager et quitter le jeu. Ben là, j’ai fait pire que ça. Je me suis enragé et j’ai cassé le jeu. Et là, qui arrive à cause du bruit de ma Game Boy sur le mur ? Eh bien c’est ma mère qui arrive. Elle me regarde, elle regarde la Game Boy et elle me dit : « Eh bien voilà Adrien, la prochaine fois que tu voudras jouer avec un jeu vidéo, tu te l’achèteras toi-même. » J’avais huit ans, donc je peux vous dire que quand j’ai entendu ça, j’ai pleuré. J’étais dégoûté, j’avais cassé mon jeu, j’ai pleuré pendant longtemps.
Alors pourquoi je vous ai raconté ça ? Je vous rappelle que le thème de cette partie c’était « quel métier je voulais faire en étant enfant ? » Eh bien je voulais être testeur de jeux vidéo — car je m’étais dit qu’en faisant ce métier, je pourrais jouer aux jeux vidéo toute la journée. Je pourrais même être payé pour jouer au jeu vidéo et je trouvais ça extraordinaire.
C’est marrant la différence de vision entre un enfant et un adulte. Aujourd’hui on me dirait : « est-ce que tu veux être testeur de jeu vidéo ? » Je dirais non tout de suite. Franchement, tester un jeu avec plein de bugs, ne faire que chercher les bugs, franchement non merci — pas pour moi. Mais c’était mon rêve d’enfant. C’était ce que je voulais faire pour allier ma passion, les jeux vidéo, et le fait de gagner de l’argent.
Et vous ? C’était quoi votre rêve d’enfant ? Qu’est-ce que vous vouliez faire quand vous aviez sept ans, huit ans, dix ans ? Et est-ce que vous avez fait ce métier ? Moi, je ne l’ai pas fait — j’ai fait autre chose — mais je continue à jouer à des jeux vidéo pour le plaisir et je ne casse bien sûr ni la manette ni la console. Dites-le moi dans les commentaires YouTube, ça serait marrant de connaître votre rêve d’enfant.
2) Expression du jour : Franchir la ligne jaune
Allez, maintenant on passe à la deuxième partie du podcast et donc à l’expression du jour — « franchir la ligne jaune ». Il y a quatre mots. Le premier mot, c’est un verbe. Franchir — est-ce que vous connaissez ? Franchir, ça veut dire passer au-delà d’un obstacle. Donc quand on utilise le verbe franchir, il y a vraiment cette idée de difficulté à passer, de difficulté à dépasser. On peut dire franchir un fossé, franchir un pont, si c’est difficile de traverser.
Franchir, c’est un verbe du deuxième groupe et bien sûr, je vais vous le conjuguer rapidement au présent et au passé composé. « Franchir » au présent, ça donne : « je franchis, tu franchis, il franchit, nous franchissons, vous franchissez et ils franchissent. » Et ensuite au passé composé — pour le verbe franchir, on utilise l’auxiliaire « avoir » — donc on dit : « j’ai franchi, tu as franchi, il a franchi, nous avons franchi, vous avez franchi et ils ont franchi. » « Franchi » étant le participe passé du verbe franchir.
Je vous rappelle en une minute à quel moment on utilise le passé composé parce que c’est important de le savoir. Le passé composé va décrire une action dans le passé qui est terminée, qui est délimitée dans le temps. Je vous donne un exemple : « J’ai mangé une pomme et je suis parti. » « J’ai mangé », c’est le passé composé. Pourquoi on utilise ce temps ici ? Parce que le fait de manger une pomme est une action finie, puisque après, je suis parti. L’action est finie, l’action est délimitée dans le temps — donc passé composé.
Un autre exemple avec l’imparfait : « Je mangeais une pomme quand quelqu’un est arrivé. » « Je mangeais une pomme », c’est de l’imparfait. Pourquoi l’imparfait ? Parce que l’action de manger la pomme est toujours en cours quand la personne est arrivée. Comme l’action n’est pas finie, on utilise l’imparfait et pas le passé composé. Est-ce que c’est clair pour vous ? C’est important de le savoir donc vous pouvez réécouter cette partie du podcast pour bien la comprendre et pour bien retenir l’utilisation du passé composé.
On revient donc à l’expression « franchir la ligne jaune ». Franchir, je viens de vous l’expliquer. La ligne jaune, c’est quoi ? Regardez l’image du podcast et vous voyez une mignonne petite voiture, une coccinelle qui est en train de traverser la route. Elle est en train de traverser la ligne jaune du milieu, de franchir la ligne jaune. Donc ça, c’est le sens concret, mais en fait « franchir la ligne jaune », c’est un sens imagé. Ça veut dire dépasser les bornes, dépasser les limites, ça veut dire faire quelque chose d’interdit. Comme cette voiture sur l’image qui est en train de traverser la route — c’est interdit et elle va peut-être faire un accident avec la voiture qui arrive.
Donc « franchir la ligne jaune », ça s’utilise quand quelqu’un est en train de dépasser les limites, de dépasser les bornes, de faire quelque chose qu’il n’aurait pas dû faire. D’ailleurs en France, ça fait longtemps que les lignes ne sont plus jaunes mais blanches, sauf qu’avant, elles étaient jaunes et donc on disait franchir la ligne jaune.
Je vais vous donner un exemple et vous allez comprendre. Peut-être que vous avez un ou plusieurs enfants. Et peut-être même des petits-enfants. Eh bien pour l’éducation des enfants et surtout des adolescents, c’est compliqué et parfois, on peut leur lancer une menace en disant : « Attention, t’as pas envie de franchir la ligne jaune sinon… » Et là, vous finissez pas votre phrase. Ça met du suspense, ça met la menace. Donc « franchir la ligne jaune », c’est faire quelque chose qui n’est pas autorisé, faire quelque chose d’interdit.
En anglais on dit to cross the line — c’est traverser la ligne, c’est franchir la ligne. En fait c’est la même chose qu’en français, sauf qu’en français, on a rajouté « jaune » parce que les lignes à l’époque étaient jaunes.
Est-ce que c’est clair pour vous ? C’est une expression qui est du langage courant, vous pouvez l’utiliser avec tout le monde. C’est pas du tout familier, vous pouvez l’utiliser en famille, au bureau même. On peut imaginer qu’il y a un collègue qui vous propose quelque chose qui est interdit et vous lui répondez : « Écoute, non, ça ne m’intéresse pas, j’ai pas envie de franchir la ligne jaune. » Et là, vous lui aurez dit : « Non merci, je ne suis pas intéressé par cela. »
Comme d’habitude, laissez-moi un petit message si vous ne comprenez pas. Posez-moi des questions, demandez-moi. Et s’il y a des sujets que vous voulez que j’aborde dans le podcast, sur la culture française, sur l’histoire, sur la culture en général, la musique, les sciences, dites-moi. Et si je peux, j’en parlerai avec plaisir.
Eh bien on se retrouve demain pour une nouvelle expression française et ça sera « En voiture, Simone ! » Ça c’est une expression marrante. Je vous en parlerai demain lundi et d’ici là je vous souhaite de passer une bonne journée, une bonne soirée, un bon week-end et on se retrouve demain. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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