Le cerf et la vigne

Written in

by

Lire la transcription

Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va par chez vous. On est aujourd’hui le mercredi 25 février 2026 et je vous souhaite la bienvenue bien sûr dans Le français, c’est facile avec Adrien et les fables de La Fontaine. Et aujourd’hui, une fable qui n’est pas très longue. Elle n’a entre guillemets que 14 lignes, mais il y a pas mal de mots compliqués. Donc bien sûr, mon rôle comme d’habitude, c’est de vous expliquer cette fable. Je vais vous la lire une fois doucement, je vais vous expliquer ensuite les phrases, puis je vous la lirai plus rapidement à vitesse standard, vitesse normale et je vous lirai une version que j’ai créée, ce n’est pas l’IA qui l’a créée, ce n’est pas ChatGPT, moi, je tiens à le préciser, pour vous rendre la fable plus facile. Parce que si c’était ChatGPT, ça serait beaucoup mieux écrit que moi. Allez, on y va avec cette fable de La Fontaine qui s’appelle Le Cerf et la Vigne.

Un cerf, à la faveur d’une vigne fort haute Et telle qu’on en voit en de certains climats, S’était mis à couvert et sauvé du trépas. Les veneurs pour ce coup croyaient leurs chiens en faute. Ils les rappellent donc. Le cerf, hors de danger, Broute sa bienfaitrice. Ingratitude extrême ! On l’entend. On retourne. On le fait déloger. Il vient mourir en ce lieu même. « J’ai mérité, dit-il, ce juste châtiment. Profitez-en, ingrat. » Il tombe en ce moment. La meute en fait curée. Il lui fut inutile De pleurer au veneur à sa mort arrivée. Vrai image de ceux qui profanent l’asile Qui les a conservés.

Et voilà, j’ai fini de vous lire la fable, pardon. Alors je sais, c’est dur, je sais, c’est compliqué, mais ne vous inquiétez pas, je vais tout vous expliquer. Alors on commence avec la première ligne et bien sûr, pour ceux qui veulent me soutenir, soutenir ce podcast, vous pouvez vous abonner à mon Patreon et vous aurez accès au texte entier de la fable et au texte que j’ai réécrit plus facile. Sinon, bien sûr, vous l’avez sur Internet, vous tapez « Le Cerf et la Vigne » et vous allez le retrouver sans problème.

Donc je vous disais première ligne, un cerf à la hauteur d’une vigne, à la hauteur, pas du tout, à la faveur. Je recommence. Un cerf à la faveur d’une vigne fort haute. Un cerf, c’est un animal de la forêt. Il a des espèces de grandes cornes sur la tête, ça s’appelle des bois de cerf, et c’est un animal qu’on chasse, qui est chassé. Ici, on nous dit que le cerf est à la faveur d’une vigne fort haute. À la faveur, ça veut dire en se cachant derrière. Le cerf va se cacher derrière une vigne. Une vigne, c’est quoi ? C’est là où pousse le raisin. La pomme pousse sur un pommier, la poire sur un poirier, et le raisin sur la vigne. Vous voyez sur l’image du podcast qu’on voit au-dessus du cerf des raisins. Donc la vigne, c’est ça. Et on nous dit qu’elle est fort haute. Donc elle est haute, ça veut dire que le cerf peut se mettre dessous, comme sur l’image du podcast. Parce que d’habitude, la plupart des vignes en France ne sont pas aussi hautes. Mais il y a certaines variétés qui sont comme ça. D’ailleurs, on nous le dit dans la ligne 2 et telle qu’on en voit en de certains climats. Ça veut dire que dans certains climats, sous certaines températures, le climat, c’est la température, c’est l’air extérieur. Donc dans les climats chauds, on trouve ce genre de vigne, on voit ce genre de vigne.

Ligne 3, « S’était mis à couvert et sauvé du trépas ». Alors ici, on parle toujours du cerf qui s’est mis sous une vigne et on nous dit « s’était mis à couvert ». S’étant, c’est le participe présent du verbe être. Donc c’est le cerf qui vient de se mettre à couvert, de se mettre à l’abri sous la vigne. Et après, on a dans la phrase « et sauvé du trépas ». Le trépas, c’est la mort. Donc ici, on ne sait pas pourquoi, mais le cerf qui s’est mis sous la vigne a échappé à la mort, a été sauvé du trépas, sûrement grâce à la vigne. On va le voir juste après.

Ligne 4, les veneurs pour ce coup croyaient leurs chiens en faute. Les veneurs, c’est ceux qui vont guider les chiens lors de la chasse à courre. Alors, on peut chasser de différentes façons et la chasse à courre, ce sont des hommes sur des chevaux qui vont avoir plein de chiens et qui vont traquer un cerf, qui vont chasser un cerf jusqu’à ce que l’animal soit épuisé. Alors, moi personnellement, je trouve ça horrible. Si j’étais président, j’interdirais la chasse à courre en France, mais bon, c’est pas ce sujet, à l’époque de La Fontaine évidemment, c’était très courant. Donc le veneur, pour revenir à la fable, c’est celui qui guide les chiens. Et dans cette quatrième ligne, on nous dit que les veneurs, ces personnes, pensaient leur chien en faute, croyaient que leur chien s’était trompé. Pourquoi ? Parce qu’ils ne trouvent pas le cerf. Les chiens n’ont pas vu, n’ont pas senti le cerf qui s’était caché sous la vigne.

Donc ligne 5, ils les rappellent donc. Ils, avec un S, c’est plusieurs personnes, ce sont ici les veneurs qui rappellent leur chien, qui les font revenir. Et la suite de la ligne 5, c’est « le cerf hors de danger ». Donc là, on reparle de l’animal. On nous dit qu’il n’est plus en danger. Il a réussi à se cacher, à se mettre à l’abri et les chiens sont partis. Donc le cerf, qu’est-ce qu’il fait ?

Ligne 6, broute sa bienfaitrice, ingratitude extrême. Brouter, ça veut dire manger pour les animaux. Et sa bienfaitrice, c’est ici la vigne. C’est la vigne qui a fait du bien au cerf, qui a sauvé le cerf parce qu’elle lui a permis de se cacher. Donc quand on dit un bienfaiteur, une bienfaitrice, c’est quelqu’un qui va vous aider énormément. Et donc là, le cerf, qu’est-ce qu’il fait ? Il se croit hors de danger, il mange la vigne, il mange la plante, il mange les fruits qui lui ont permis de se cacher. La fin de la ligne, c’est ingratitude extrême. La gratitude, c’est quand on va être reconnaissant envers quelqu’un. Ici, on a le préfixe « in » juste devant qui veut dire le contraire. Donc, ingratitude, c’est ne pas reconnaître ce qu’on a fait pour vous. C’est en fait un manque de respect. Et là, c’est extrême, ingratitude extrême. Ça veut dire plus, plus, plus, énorme.

On continue avec la ligne 7. On l’entend, on retourne, on le fait déloger. C’est qui « on » ? Ce sont les chiens. Ici, il se passe quoi ? Les chiens entendent le cerf qui mange. Ils étaient en train de repartir, mais comme le cerf a fait du bruit, comme le cerf a mangé la vigne, les chiens reviennent. Ils retournent là où ils étaient et ils font sortir le cerf de sa cachette. On le fait déloger. Déloger, c’est sortir de son logement, sortir de là où il était. Là encore on a le préfixe D juste avant « loger ». Loger quelque part, c’est habiter quelque part. Déloger, c’est se faire sortir, ne plus être à cet endroit.

Ligne 8, il vient mourir en ce lieu même. Alors ici le « il », on parle du cerf. Le cerf a été repéré par les chiens, les chiens sont arrivés, ils ont fait sortir le cerf de sa cachette, mais le cerf, sachant qu’il va mourir, retourne sous la vigne.

Et ligne 9, c’est le cerf qui parle. « J’ai mérité, dit-il, ce juste châtiment. » Donc le « j’ » c’est le cerf qui parle. Il dit « j’ai mérité. Je suis responsable. C’est de ma faute, ça veut dire, si je meurs ici. La fin de la ligne, ce juste châtiment, ça veut dire cette punition juste. Cette juste punition, ce juste retour des choses. Ici, juste, ça veut dire normal, ça veut dire équitable. C’est normal que le cerf soit puni et d’ailleurs il va mourir parce qu’il a mangé la vigne qui l’avait caché.

Ligne 10. Alors là, le début de la ligne, ce n’est plus le cerf qui parle, c’est La Fontaine, c’est l’auteur qui s’adresse à nous, qui s’adresse à ceux qui profitent. Et il dit « Profitez-en, ingrat ». Alors, La Fontaine, donc je vous disais, s’adresse aux lecteurs et s’adresse spécifiquement à ceux qui profitent des autres, à ceux qui profitent de ceux qui les ont aidés, comme le cerf a profité de la vigne et après l’a mangée. Ingrat, le troisième mot de la ligne, c’est une insulte. C’est quelqu’un qui ne reconnaît pas ce qu’on lui a donné, quelqu’un qui va profiter de l’autre sans reconnaître qu’il a été aidé. Et sur la suite de la ligne, on repart sur l’histoire du cerf. Il tombe en ce moment. Ça veut dire le cerf est en train de mourir.

Ligne 11, la meute en fait curée. Faire curée de quelque chose, c’est une formule un peu ancienne, en fait c’est les chiens qui vont manger le cerf. La meute, c’est toute la troupe des chiens, tous les chiens, et faire curée c’est quand, à la chasse, les chiens mangent la proie. Donc la meute en fait curée, ça veut dire les chiens mangent le cerf qui vient de mourir, ou plutôt les chiens vont manger le cerf dans quelques instants. Après, je vais vous lire la fin de la ligne 11 et la ligne 12 puisque c’est la même phrase. Il lui fut inutile de pleurer au veneur à sa mort arrivée. Il, on parle toujours du cerf, on nous dit que le cerf voulait pleurer auprès des veneurs, auprès des humains pour ne pas mourir. Mais ça a été inutile, ça ne sert à rien puisque les chiens ont mangé le cerf. Il n’y avait pas d’échappatoire possible, il n’y avait pas de grâce possible pour le cerf, ni auprès des chiens, ni de toute façon auprès des humains, puisque si les chiens n’avaient pas mangé la proie, la bête, ce sont les humains qui l’auraient emmenée.

Ligne 13, l’histoire est finie, et ici c’est la morale. Vrai image de ceux qui profanent l’asile. Ligne 14, qui les a conservés. Ici donc la morale, c’est vrai image de ceux. Cette histoire, c’est une bonne image des personnes qui profanent l’asile. Profaner, ça veut dire commettre un acte grave dans un lieu sacré. Par exemple, vous êtes dans une église et vous allez, je ne sais pas, cracher devant Jésus. Ça, c’est une profanation. C’est ne pas respecter quelque chose de sacré. Ici, La Fontaine emploie ce verbe pour parler de l’asile. L’asile, c’est l’endroit où vous avez été sauvé. L’asile ici pour le cerf, c’est sous la vigne. C’est la vigne qui a aidé le cerf. Alors, il y a un autre sens au mot « asile », c’est là où on va enfermer des personnes qui ont des problèmes mentaux, mais bon, peu importe, ça c’est autre chose. Donc ici la ligne 13, vraie image de ceux qui profanent l’asile et 14 qui les a conservés. Cet exemple, l’exemple du cerf, c’est une bonne image, un bon exemple des personnes qui vont, comment dire, qui vont manquer de respect aux personnes ou au lieu qui les a aidées. En fait, cette morale, elle veut dire qu’il y a certaines personnes qui reçoivent de l’aide d’autres personnes et après qui crachent sur cette aide, qui considèrent que cette aide ce n’était pas grand-chose. Mais en fait, quand une personne vous aide, vous offre quelque chose qui va vous sauver, il faut être reconnaissant. Il faut chérir cette personne, il faut la remercier énormément et ne pas lui tourner le dos. C’est ça la morale de cette histoire, et d’ailleurs on a une expression française qui veut dire exactement ça. Cracher dans la soupe, ça veut dire ne pas respecter l’aide qu’on vous a donnée. C’est comme si vous avez extrêmement faim, on vous donne une soupe et vous crachez dedans, vous ne la mangez pas. Ce n’est pas du tout respectueux. C’est comme dans la fable de La Fontaine, profaner l’asile. Le cerf qui aurait dû dire merci à la vigne, au lieu de ça, il la mange. Parce qu’il la mange, les chiens l’ont entendu et donc sont revenus et ce sont les chiens qui ont mangé le cerf. Le cerf a eu sa punition pour avoir mangé la vigne.

Est-ce que c’est clair pour vous ? Est-ce que vous avez compris ? Je sais que c’était une fable pas facile, avec beaucoup de mots compliqués, mais j’ai essayé de vous l’expliquer le plus clairement possible. Maintenant, je vais vous lire la fable à vitesse normale, comme si je la lisais à des Français, et après, la version plus simple. Bien sûr, s’il y a des choses que vous ne comprenez pas, je vous conseille de réécouter le podcast, réécouter les parties que vous ne comprenez pas une fois, deux fois, trois fois et vous allez voir qu’au fur et à mesure, votre cerveau va comprendre et vous allez de mieux en mieux comprendre ce que je dis.

Allez, on y va pour la fable à vitesse normale. Le Cerf et la Vigne, par Jean de La Fontaine.

Un cerf, à la faveur d’une vigne fort haute, Et telle qu’on en voit en de certains climats, S’était mis à couvert et sauvé du trépas. Les veneurs pour ce coup croyaient leurs chiens en faute. Ils les rappellent donc. Le cerf, hors de danger, Broute sa bienfaitrice. Ingratitude extrême ! On l’entend. On retourne. On le fait déloger. Il vient mourir en ce lieu même. « J’ai mérité, dit-il, ce juste châtiment. Profitez-en, ingrat. » Il tombe en ce moment. La meute en fait curée. Il lui fut inutile De pleurer au veneur à sa mort arrivée. Vrai image de ceux qui profanent l’asile Qui les a conservés.

Et maintenant, je vous lis la version simplifiée, la version que j’ai écrite pour vous. Le Cerf et la Vigne, par Adrien.

Un cerf, en se cachant derrière une vigne très haute, comme il en existe parfois, avait pu se cacher et échapper à la mort. Les chasseurs pensaient que les chiens s’étaient trompés, donc ils les rappellent. Le cerf, n’étant plus en danger, mange la vigne et le raisin. Quel manque de respect ! Les chiens l’entendent faire du bruit, retournent sur place et trouvent le cerf. L’animal va mourir sous la vigne. « J’ai mérité, dit-il, cette juste punition. Profitez-en, ingrat. » Le cerf meurt en ce moment. Les chiens vont le manger. Ça ne lui servira à rien de supplier les chasseurs de le laisser en vie. Ceci est un bon exemple des personnes qui n’ont aucune reconnaissance envers ceux qui les ont aidés.

Et voilà, on a fini d’étudier cette fable. Je suis assez content parce que j’ai fait un podcast pas trop long, entre 20 et 30 minutes, donc ça va. Pour vous, je pense que c’est pas trop fatigant à écouter. Demain, on reviendra sur une nouvelle expression française et je vais vous parler de « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». En anglais, c’est Words vanish, writing remains. On voit tout ça demain jeudi, bien sûr comme d’habitude, demain à 18h, nouveau conte et on va passer sur les contes et légendes du Japon. Ce sont des contes que j’ai déjà postés sur mon Patreon, mais que vous allez retrouver donc à partir de demain, 18h heure française, sur mon podcast, Apple Podcasts, Spotify, etc. et sur YouTube. D’ici là je vous souhaite de passer une bonne journée, on se retrouve demain. N’hésitez pas si vous avez des questions, laissez-moi un petit message, laissez-moi un commentaire, abonnez-vous à la chaîne etc. etc. et après, eh ben ce sera super. Allez, à bientôt ! Hasta luego. Matane !


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Le français c'est facile avec Adrien

Apprenez le français naturellement, quotidiennement avec des podcasts, des contes, des fables, des chansons, des livres audio pour débutants, intermédiaires et avancés

En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture