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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est mardi, c’est le 24 février 2026, et je vais vous parler un peu des chiffres ronds.
1) Les chiffres ronds
Pourquoi on dit chiffres ronds ? Mais déjà, est-ce que vous savez ce que c’est, un chiffre rond ? Alors, un chiffre rond, c’est un chiffre ou un nombre qui n’a pas de virgule et qui se termine souvent par un 0 ou un 5. Alors déjà, je vais vous expliquer la différence entre un chiffre et un nombre. Les chiffres, c’est de 1 à 10 — 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, ce sont des chiffres. Et à partir de 11, ce sont des nombres, de 11 à l’infini. Et donc, un chiffre rond, c’est un chiffre ou un nombre qui se termine par 0 ou 5.
C’est marrant parce qu’on ne dit pas un nombre rond, ou alors pas souvent. On dit plutôt un chiffre rond, que ce soit 0, 10, 100, 10 000, etc. Donc un chiffre rond, c’est un chiffre qui n’a pas de virgule et qui, je vous l’ai dit, souvent se termine par zéro ou par cinq. Par exemple, on va dire 80 au lieu de 80,15. On arrondit à 80. « Arrondi » et « rond », ce sont des mots qui ont la même racine. On appelle ça donc arrondir à l’unité inférieure.
Là, on rentre un peu dans les mathématiques simples, mais si on a par exemple 10,2 et qu’on arrondit en dessous, ça va donner 10. Et 10, ça se termine par un 0, c’est un chiffre rond — il n’a pas de virgule et il se termine par un zéro. Si on donne 15 ou 25, ça aussi, ce sont des chiffres ronds. Donc maintenant, vous savez ce que c’est un chiffre rond.
Mais à quoi ça sert ? Pourquoi on utilise des chiffres ronds et pas les chiffres exacts avec les virgules ? La première raison et la plus classique, la plus banale, c’est pour la mémoire, pour retenir ces chiffres. Évidemment, c’est plus facile de retenir 10 que de retenir 9,98.
Et d’ailleurs, ça me fait penser à la façon de compter en français, qui est un peu particulière. C’est très bizarre, je sais pas pourquoi, mais après 60, on dit soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix. Four-twenty, four-twenty-ten… C’est quoi cette façon de compter des Français ? C’est trop bizarre ! Alors qu’en Belgique, pour 70, ils disent « septante » — c’est beaucoup plus clair, beaucoup plus simple. Pour « quatre-vingt-dix », en Belgique et en Suisse, ils disent « nonante » — c’est beaucoup plus simple. Enfin bon, ce n’est pas le thème du jour, aujourd’hui c’est le chiffre rond.
Donc je vous disais, c’est plus facile de retenir 10 que 9,98. On va parler argent. On va dire que je dois 9 euros 98 à ma sœur. Eh bien dans ma tête, je vais plutôt retenir que je lui dois 10 euros. Ce ne sont pas deux centimes qui vont changer quelque chose, mais si j’essaie de retenir 9,98, c’est compliqué. Alors que 10 euros, c’est tout bête, c’est tout simple. Donc pour la mémoire, c’est beaucoup plus simple, les chiffres ronds.
Et il y a aussi les calculs. Si vous devez calculer un prix ou autre chose, c’est beaucoup plus facile de passer par des chiffres ronds. On va dire que vous êtes au supermarché et que vous allez acheter de la lessive. Et vous voyez qu’il y a 18 % de réduction. Eh bien, dans votre tête, vous allez calculer avec 20 % parce que c’est beaucoup plus simple. On divise par 10, on a 10 %, et on multiplie par 2, ça fait 20 %. Si le baril de lessive coûte 20 euros et qu’on a 20 % de réduction, ça fait 4 euros de réduction — donc à peu près 16 euros. Avec 18 %, vous paierez quelque chose comme 16,30 euros. Mais dans votre tête, vous aurez fait le calcul avec 20 % parce que c’est évidemment beaucoup plus rapide. Donc pour calculer dans sa tête, on va utiliser des chiffres ronds.
Et il y a encore d’autres cas. Imaginez que vous êtes dans une soirée où il y a beaucoup de monde et vous demandez à une amie : « À ton avis, combien il y a de personnes dans la salle ? » Alors quand on commence à demander ça, c’est qu’on se fait bien chier, c’est que la soirée est pourrie. Enfin bref. Et votre amie va vous répondre : « Oh ben, il y a environ 100 personnes. » Elle ne va pas dire « environ 99 personnes » ou « à peu près 88 personnes ». Non, elle va prendre un chiffre rond. Donc le chiffre rond, ici, il sert à donner une estimation, une approximation.
Donc vous voyez que les chiffres ronds, ça sert à beaucoup de choses. Mais je vous parlais surtout de ça pour que vous puissiez retenir ce que c’est un chiffre rond, parce que c’est un mot qu’on emploie souvent en français.
D’ailleurs, si on veut revenir au magasin, souvent on a des panneaux où il y a marqué « 10 euros tout rond », « 20 euros tout rond ». Ça veut dire 10 euros pile, 20 euros pile. Vous ne paierez pas plus pour avoir ce produit. Est-ce que vous connaissiez ? Est-ce que vous saviez ce que c’est un chiffre rond ?
Mais ça, ça ne marche pas pour l’heure. Quand on dit par exemple dix heures, on ne dit pas « dix heures tout rond ». Quand on veut dire tout juste dix heures, on dit « dix heures pile » ou alors « dix heures pétantes ». « Midi pile », « midi pétant », « 3 heures pile », « 3 heures pétantes » — c’est 3 heures, c’est pas 3 heures 1, c’est pas 2 heures 59. Comme je vous disais l’autre jour avec l’expression « avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure » — dix heures pile, c’est dix heures pile, c’est pas avant, c’est pas après. Donc attention, pour les chiffres en général, on dit « dix euros tout rond » ou « cent tout rond », mais pour les heures, c’est « dix heures pile » ou « dix heures pétantes ».
2) Expression du jour : Mettre le pied à l’étrier
Et maintenant, on passe à l’expression du jour — « mettre le pied à l’étrier ». Dans cette expression, le premier mot, c’est un verbe — c’est mettre. C’est un verbe du troisième groupe, dont je vous ai parlé déjà plusieurs fois. Et donc, je vais vous poser une question. C’est quoi le participe passé du verbe mettre ? Si vous deviez conjuguer le verbe mettre au passé composé, quel participe passé vous utiliseriez ? Et quel auxiliaire — être ou avoir ? Je vous laisse deux secondes pour réfléchir. Tic, tac, tic, tac…
Le verbe « mettre » — le participe passé c’est « mis », M-I-S — et l’auxiliaire c’est « avoir ». On dit donc : « J’ai mis, tu as mis, il a mis, nous avons mis, vous avez mis et ils ont mis. » Ça c’est le passé composé. Et si on veut prolonger un peu, je vais vous le conjuguer à l’imparfait — un autre temps du passé — et donc ça donne : « je mettais, tu mettais, il mettait, nous mettions, vous mettiez et ils mettaient. »
Et le premier sens de mettre — le sens le plus utilisé — c’est poser quelque chose à un endroit. Ici, qu’est-ce qu’on va poser et où ? On va poser le pied. Le pied, c’est dans le corps humain la partie qui touche le sol. On a tous deux pieds et dix doigts de pied. Donc le pied, on va le poser sur l’étrier.
Alors ça, c’est un mot un peu compliqué, mais ceux qui connaissent les chevaux, ceux qui montent à cheval doivent connaître. Quand on monte sur un cheval, au-dessus du cheval, il y a une selle. Et de cette selle, de chaque côté, pendent les étriers. Les étriers, c’est là où vous allez mettre le pied pour vous permettre de monter à cheval. C’est comme une marche, sauf que là c’est attaché à la selle. C’est une espèce de petit arc en fer avec une base plate, et vous allez mettre le pied dessus pour prendre de l’élan et monter sur le cheval.
Donc « mettre le pied à l’étrier » — le sens propre, le sens concret — c’est de poser le pied sur cette partie de la selle pour permettre de monter sur un cheval. Mais le sens général, le sens le plus global, c’est aider quelqu’un à débuter une activité, à débuter un métier. C’est aider une personne à commencer quelque chose.
On va reprendre l’exemple de l’équitation. Au début, quand on est petit, on n’arrive pas à monter sur le cheval et on n’arrive même pas à mettre le pied sur l’étrier. Et là, on peut demander l’aide d’un adulte ou d’un de nos parents qui va nous dire : « Attends, je vais mettre ton pied sur l’étrier. » Je vais te mettre le pied à l’étrier — ça veut dire je vais t’aider à monter sur le cheval. Et donc plus généralement, « mettre le pied à l’étrier », ça veut dire aider quelqu’un à débuter un métier, un sport, une activité, en tout cas à commencer quelque chose.
Je vais vous donner un exemple personnel qui est en rapport avec ce podcast. Ce podcast, je l’ai débuté grâce à un podcast pour apprendre le japonais qui s’appelle Nihongo con Teppei. Ce monsieur qui s’appelle Teppei, il parle, il parle, il parle — il fait comme moi. Il parle beaucoup pour permettre aux gens d’apprendre le japonais. Et moi, j’ai eu envie de créer ce podcast en l’écoutant. Donc dans un sens, on peut dire que Teppei-san m’a mis le pied à l’étrier. Ce monsieur m’a aidé, sans le savoir, sans le vouloir — mais quand même, il m’a aidé dans l’idée, dans la volonté de créer ce podcast.
Alors lui, comment il a eu l’idée de son podcast ? Eh bien en écoutant un podcast d’espagnol — parce que sa femme est espagnole et donc il voulait apprendre l’espagnol — qui s’appelle Español con Juan. Et donc Español con Juan a mis le pied à l’étrier à Teppei-san, et Nihongo con Teppei m’a mis le pied à l’étrier pour créer mon podcast.
Est-ce que vous comprenez l’expression « mettre le pied à l’étrier » ? C’est une expression qui est du langage courant et même du langage soutenu. C’est pas du tout familier, donc vous pouvez l’utiliser avec tout le monde. Il n’y a aucun problème, c’est même assez distingué d’utiliser cette expression. Donc allez-y, ne vous gênez pas. En anglais, on dit to get a foot in the door — mettre un pied dans la porte. On a aussi cette expression en anglais, ça veut dire commencer quelque chose, entrer quelque part et commencer. Comme ici, mettre le pied à l’étrier, c’est aider quelqu’un à commencer une activité.
Est-ce que c’est clair pour vous ? J’espère que oui, j’essaie d’être le plus clair possible.
On se retrouve demain pour une fable de La Fontaine qui s’appelle Le Cerf et la Vigne. Et d’ici là, je vous souhaite de passer une bonne journée. Parlez de mon podcast autour de vous si vous le pouvez à des gens qui veulent apprendre le français — parlez-en sur Internet, sur Reddit — c’est comme ça que mon podcast va être plus connu et ça me ferait bien plaisir. En tout cas, on se retrouve demain. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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