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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui c’est vendredi, c’est bientôt le week-end, et heureusement parce que je suis crevé. On est le vendredi 6 mars 2026, je vous souhaite la bienvenue dans Le français c’est facile avec Adrien.
- Suite de l’histoire de France : des mérovingiens aux carolingiens
Et aujourd’hui, on va continuer un peu sur l’histoire de France. Hier, je vous ai parlé de… Où est-ce qu’on s’est arrêté ? Des années, pas de la préhistoire, jusqu’à Clovis, à peu près les années 400, 450.
Alors, je vais vous raconter la suite de l’histoire de France et je vais surtout me baser sur les dirigeants du pays, sur les rois, les chefs, les empereurs, parce que vous raconter toute l’histoire de France, ça va être compliqué. Donc je vais vous la raconter en résumé, en me basant sur les rois de France, les dirigeants du peuple français. Mais à l’époque, en 450-500 après Jésus-Christ, ce n’est pas la France, ça s’appelle la Gaule. Et à cette époque, c’est la famille, la dynastie des Mérovingiens qui régnait sur la France actuelle. En fait, leur territoire était plus grand que la France : c’était la France, la Suisse, la Belgique, une grande partie de l’Allemagne, les Pays-Bas. Donc c’était un royaume énorme, un très grand territoire qui était géré, qui était dirigé par cette famille, par cette dynastie qu’on appelait les Mérovingiens. Clovis et ses descendants en font partie.
Sauf qu’à l’époque, ce n’est pas la France, je vous l’ai dit, ça s’appelle la Gaule. Mais la Gaule, elle est divisée. Pourquoi est-elle divisée ? Parce qu’il y a une partie du Sud — le sud de la Gaule, le sud de la France — qui a adopté des traditions romaines. Rappelez-vous que toute la France, toute la Gaule quasiment, était occupée par les Romains ; c’était l’Empire romain pendant des centaines d’années. Je pense des centaines d’années puisque la Gaule était occupée juste avant Jésus-Christ. Donc oui, ça fait 400, 450 ans. Il y a donc toute une partie du Sud qui a eu, pendant des centaines d’années, des traditions romaines, et une partie de la Gaule, de la France du Nord, qui était plutôt de culture nordique, de culture germanique. Germanique, c’est allemand, si on parle actuellement. C’est une culture du nord de l’Europe, de l’Allemagne.
Ces rois mérovingiens vont régner entre 450 et 750, donc pendant 300 ans. Et parmi ces rois mérovingiens — il y en a douze —, il y en a un qui est très connu des enfants français : c’est le roi Dagobert. Pourquoi est-il très connu ? Parce qu’une chanson a été créée à partir de ce roi, racontant qu’il aurait mis sa culotte à l’envers. Est-ce que vous connaissez cette chanson ? Allez, je vais vous la chanter rapidement — je vais me faire honte mais ça va vous faire marrer. Je pense que je m’en souviens encore, et pourtant je l’ai apprise il y a peut-être 35 ou 37 ans, à 4 ou 5 ans. Allez, musique, 3, 4 :
Le bon roi Dagobert a mis sa culotte à l’envers. Le grand saint Éloi lui dit : « Ô mon roi, votre Majesté est mal culottée ! » « C’est vrai, lui dit le roi, je vais la remettre à l’endroit. »
Ah, je m’en souviens encore ! Après, il y a plein de couplets, ça continue, bref. Donc on se souvient de ce roi uniquement parce qu’il a mis sa culotte à l’envers. Franchement, c’est abusé. Le gars, il a dû régner pendant des années, il a dû diriger un peuple qui devait être compliqué à diriger. Et la seule chose dont on se souvient de lui, c’est qu’il a mis sa culotte à l’envers. Non mais sérieusement.
Enfin bref, on revient à notre petite histoire de France. On arrive donc en l’an 750 et la dynastie des Mérovingiens va se terminer. Ils n’ont plus de pouvoir, c’est une famille en train de s’éteindre, et ils sont écartés par une autre famille, une autre dynastie qu’on appelle les Carolingiens. Les Mérovingiens, c’est avant ; les Carolingiens, c’est à partir de 750. Et le premier roi carolingien s’appelait Pépin le Bref. C’était le père de Charlemagne.
Peut-être que vous avez déjà entendu parler de Charlemagne, peut-être que vous connaissez ce nom, parce que c’est l’un des rois les plus connus de l’histoire de France. Pourtant, à cette époque, on ne parle toujours pas de France. Il y a un grand territoire — très, très grand — qui se compose à peu près de la France actuelle, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique, d’une partie de l’Italie, de la Suisse… beaucoup de territoires forment en fait le royaume des Carolingiens, de Charlemagne. D’ailleurs, Charlemagne est sacré et devient empereur d’Occident.
Donc on a les Mérovingiens, la dynastie d’avant qui s’est éteinte, une nouvelle famille, une nouvelle dynastie qui arrive — les Carolingiens — avec Pépin le Bref, Charlemagne, puis les fils et surtout les petits-fils de Charlemagne. Et là, ça va être un problème. Pourquoi ? Parce que les petits-fils de Charlemagne vont se battre pour obtenir le pouvoir. Ce grand empire va donc être divisé en trois parties pour les trois petits-fils de Charlemagne. En gros, il y a la partie ouest, qui correspond à peu près à la France actuelle moins le sud ; à l’est, une autre partie pour un autre petit-fils, avec l’Allemagne ; et au milieu, une espèce de bande qui part du nord, des Pays-Bas actuels, englobe la Belgique, la Suisse, une partie sud de la France et l’Italie du Nord.
On a donc un empire divisé en trois parce que les petits-fils de Charlemagne n’ont pas réussi à se décider sur qui aurait le pouvoir. Et à partir de là, il va se succéder de plus en plus de rois carolingiens : Louis Ier, Louis II, Louis III, Charles II, Charles III, plein de Charles, de Louis, quelques Robert dans le tas — et ça nous amène à la fin du Xe siècle, vers 980-990. À ce moment-là, les restes de l’Empire de Charlemagne sont divisés en plein de petits royaumes — c’est ce qu’on appelle la féodalité — et il n’y a plus de chef sur le grand royaume de Charlemagne, il y a plein de petits chefs.
Et ça, on le verra dans quelques jours. Pourquoi dans quelques jours ? Parce que demain, je vous parle d’une fable de La Fontaine, sur deux épisodes. Donc ce week-end, c’est La Fontaine, et lundi on reprend notre petite histoire de France à partir du XIe siècle, de l’an 1000.
Et vous voyez, dans ce que je vous ai raconté, il y a toujours et encore des guerres pour le pouvoir. C’est toujours pareil : l’humain cherche le pouvoir, la puissance, les territoires, la renommée, l’honneur. Rien n’a changé par rapport à aujourd’hui. Si vous voyez aujourd’hui ce qui se passe dans le monde et ce qui se passait il y a mille ans — et peut-être il y a 5 000 ans — c’est toujours la même chose. On a l’impression que l’humain n’apprend pas de ses erreurs. On a l’impression que les mêmes problèmes, les mêmes erreurs sont répétés encore et encore. Je trouve ça impressionnant de voir qu’on est toujours aussi primitif qu’il y a 2 000 ans. On veut la guerre, on veut le pouvoir, on veut la puissance, mais on ne veut pas la paix. Enfin bref, c’est mon avis, mon point de vue, mais ça n’engage que moi.
Donc je vous ai dit : demain et après-demain, La Fontaine ; lundi, on reprend l’histoire de France. J’espère que ça vous intéresse, j’espère que j’arrive à la rendre un peu intéressante et que vous apprenez des choses.
- Expression du jour : Mettre de l’huile sur le feu
Et maintenant, on passe à l’expression du jour : « mettre de l’huile sur le feu ».
Dans cette expression, on a six ou sept mots selon qu’on compte l’apostrophe. Je vais vous les expliquer assez rapidement parce qu’il n’y a rien de compliqué.
Mettre — je vous le conjugue rapidement au présent et au futur. Au présent : je mets, tu mets, il met, nous mettons, vous mettez, ils mettent. Au futur : je mettrai, tu mettras, il mettra, nous mettrons, vous mettrez, ils mettront.
Mettre, c’est poser quelque chose quelque part. Là, j’ai un stylo dans la main, je le mets sur la table. J’ai une casquette sur la tête, je l’enlève, je la mets sur l’étagère. Il y a d’autres sens à mettre dont je vous ai déjà parlé dans pas mal d’épisodes. On peut l’utiliser pour les vêtements : je mets un chapeau, je mets un jean, je mets des chaussures. On peut aussi l’utiliser dans le sens d’« attribuer une place particulière à quelque chose ». Par exemple, si vous aimez mon podcast, peut-être que vous avez mis ma page dans vos favoris — ma page YouTube ou ma page Apple Podcasts ou Spotify. « Mettre une page Internet en favoris », c’est lui donner une place particulière. Bref, il y en a plein.
Ici, on parle de mettre quoi ? De l’huile sur le feu. L’huile, c’est quoi ? C’est une substance liquide qu’on obtient de différentes façons. Ça peut être de l’huile alimentaire — huile de tournesol, huile d’olive, huile de pépins de raisin, il y en a plein. Mais ça peut être aussi de l’huile artificielle créée par l’homme, pour les moteurs à essence.
Et que se passe-t-il quand on met de l’huile sur un feu ? Est-ce que vous avez déjà essayé, comme la personne sur l’image du podcast ? J’espère que non, parce que c’est très dangereux. L’huile accentue le feu. L’eau va diminuer le feu, mais l’huile va l’accentuer, l’aggraver, l’augmenter.
Donc, mettre de l’huile sur le feu, ça veut dire aggraver une situation, accentuer une situation déjà compliquée. C’est ajouter des problèmes à d’autres problèmes. Je vais vous donner un exemple concret, que tout le monde a déjà vécu.
Imaginez que vous êtes une femme mariée à un homme. Vous avez une dispute avec votre mari, vous vous êtes engueulés. Et là, vous appelez votre mère — la belle-mère de votre mari. Et votre mère vous dit, comme dans les films : « Mais de toute façon, je t’avais dit qu’il n’était pas bien pour toi ! Mais qu’est-ce que tu fais avec ce mec ? » Elle va en rajouter, elle va dire du mal de votre mari — elle va mettre de l’huile sur le feu. On a tous vécu ça un jour ou l’autre : la belle-mère qui va parler mal de vous, qui va vous casser du sucre sur le dos — c’est une expression que je vous ai déjà expliquée. Elle va, comme on dit, vous tailler un short. Vous voyez comme j’utilise pas mal d’expressions ? C’est parce que je vous parle normalement, presque comme si je parlais à un Français.
Donc, mettre de l’huile sur le feu, c’est accentuer la situation. La belle-mère ne va pas calmer le jeu, elle va aggraver les problèmes. On peut dire aussi remuer le couteau dans la plaie — je vous expliquerai ça un autre jour. En anglais, ça se dit to add fuel to the fire.
Alors, qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Si vous voulez la transcription écrite des épisodes, vous pouvez aller sur mon Patreon — et c’est aussi un moyen de soutenir le podcast. Si ce podcast vous plaît, si vous considérez qu’il vous aide à progresser en français, il y a deux abonnements possibles : 3 dollars par mois ou 5 dollars par mois. À 3 dollars, vous avez accès à des livres audio en exclusivité et en avance sur tout le monde. À 5 dollars, vous avez les livres audio et les transcriptions écrites. C’est surtout, évidemment, un moyen de me remercier et de me soutenir.
Je crois que je n’ai plus rien à vous dire avant demain, avant qu’on commence une nouvelle fable de La Fontaine : Le cerf se voyant dans l’eau. Je vous expliquerai ça demain. Encore une fois, c’est une fable très intéressante avec une morale tout à fait actuelle, qui marche encore aujourd’hui.
Je vous souhaite à tous une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit pour ceux qui m’écoutent en s’endormant — parce que oui, ça existe. Il y a des personnes qui m’écoutent pour dormir. Il paraît que j’ai une voix qui fait dormir. Je ne sais pas si c’est un compliment ou pas, mais bon.
Allez, à bientôt. Bonne journée, bye-bye. Hasta luego. À la prochaine !
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