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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, c’est lundi, donc on réveille ses paupières, on ouvre les yeux, on se lave le visage et le reste, et on va travailler. Non, on écoute mon podcast.
Alors, hier, de quoi je vous ai parlé ? Ah oui, j’ai fini une fable de La Fontaine. Vendredi dernier, vendredi de la semaine dernière, je vous parlais d’histoire de France et entre les deux, samedi, je ne sais pas si vous l’avez déjà vu, mais j’ai sorti une vidéo sur ma chaîne YouTube avec la bande dessinée Les Schtroumpfs. Donc si vous voulez apprendre du français en vous amusant, allez voir cette vidéo, elle est disponible sur ma chaîne YouTube.
Ceci étant dit, on continue aujourd’hui avec l’histoire de France parce qu’on s’est arrêté il y a longtemps. Vendredi, on s’est arrêté un peu avant l’an mille, donc il y a plus de mille ans. On s’était arrêté à la fin du règne des rois carolingiens. En fait, les rois français ont été séparés, ont été divisés suivant de qui ils étaient l’héritier, de qui ils étaient descendants. Donc on avait au début les Mérovingiens avec le premier roi Clovis, puis les Carolingiens. Et le dernier roi des Carolingiens s’appelait Louis V.
Et le problème, c’est que Louis V, il est mort très jeune. Il a accédé au trône, je crois, vers 985 et il est mort un an après, en 986 ou en 987, je ne sais plus, il est mort à 20 ans d’une chute de cheval. Et oui, c’est un peu bête comme mort, mais à l’époque, il y a plus de 1000 ans, il n’y avait pas de chirurgie, il n’y avait pas de médicaments, pas d’antibiotiques, pas de possibilités de soigner quelqu’un correctement. Donc on pouvait mourir. Alors vieux, non, mais vers cinquante ans, je pense que c’était vieux à l’époque, vers soixante ans maximum, grand maximum, mais on mourait aussi très jeune, que vous soyez un roi ou pas.
Donc Louis V, le dernier des Carolingiens, il est mort à vingt ans en tombant de cheval. C’est dommage parce qu’il est mort et il n’avait pas d’enfant. Et à cette époque-là, il n’y avait pas encore en France le système d’être roi de père en fils, ou alors de père en neveu ou en frère s’il n’y avait pas d’enfant. Je vais vous expliquer dans quelques minutes comment ce système royal, comment ce système d’être roi de père en fils s’est imposé en France.
Mais d’abord, donc, revenons à la fin des Carolingiens, revenons à la fin du règne de Louis V. Il meurt d’une chute de cheval à 20 ans, il n’a été roi qu’un an, parce que le précédent était mort un an avant. Et donc à la fin de ce millénaire, à la fin des années 980-990, en France, il ne reste plus que des petits territoires qui sont dirigés par des seigneurs. Les restes du royaume de Charlemagne, dont on a parlé la semaine dernière, étaient en fait gérés en petits territoires. Et comment donc a-t-on élu un nouveau roi ? Eh bien, ce sont les seigneurs, ce sont les puissants de ces territoires qui ont élu le plus puissant d’entre eux et il s’appelait Hugues Capet. Sauf que ce Hugues Capet, donc le premier roi des Capétiens — ça vient de son nom, Capet, qui a donné les Capétiens — ce premier roi, il n’a que très peu d’influence et il n’a de pouvoir que sur son territoire qui était à l’époque Paris, autour de Paris, et une partie du nord, de l’est et du sud de Paris.
Donc en fait le roi est un roi mais il n’a pas beaucoup de pouvoir. Il est surtout représentatif, il fait surtout de la représentation parce qu’il est aussi reconnu par l’Église, par la religion catholique. Et ça, c’est un pouvoir en soi, mais c’est surtout un côté représentatif du roi de France.
Donc je viens de vous expliquer que Hugues Capet, le premier roi à la suite des Carolingiens, a été élu. Alors comment s’est imposé en France ce système d’être roi de père en fils ? Comment est-ce que ça s’est mis en place ? Eh bien, c’est venu assez intelligemment. À cette époque-là, les rois, à commencer par Hugues Capet, associent leur fils aîné au pouvoir. Donc dès qu’ils ont un enfant garçon, ils vont apprendre à cet enfant comment diriger, comment gouverner, et aux yeux du peuple, le roi va s’afficher, va se montrer avec son fils pour que le peuple voie en son fils le prochain roi. Et au fur et à mesure des années, au fur et à mesure des dizaines d’années, le fait d’associer son fils au pouvoir, le fait d’intégrer complètement le fils aîné, le premier fils, au pouvoir français, au fait de gouverner, eh bien le peuple va accepter ces traditions et ces traditions vont devenir un fait, vont devenir quelque chose d’obligatoire — que le fait de devenir roi, c’est de père en fils. Et c’est comme ça que les rois sont rois de père en fils en France.
Ce n’est pas quelque chose de religieux, c’est quelque chose qui est apparu au début de l’an 1000 avec Hugues Capet qui a associé son fils au pouvoir. Et ça, je trouve que c’est très intéressant. C’est vraiment intéressant de comprendre ça pour comprendre l’histoire de France. Et peut-être que ça a été le cas dans différents royaumes d’Europe à l’époque. Vous savez que pour conclure des alliances entre les pays, les rois épousaient des femmes qui étaient descendantes de lignées royales d’autres pays. Ça a souvent été le cas en France, mais on aura l’occasion d’y revenir dans les prochains jours, dans les prochains épisodes.
Donc la dynastie des Capétiens a commencé avec Hugues Capet et le pouvoir s’est transmis de père en fils et de père en fils et de père en fils, et petit à petit, le territoire géré par le roi s’est agrandi. Les pères vont donner de plus en plus de territoires à leurs fils et les fils vont conquérir de nouveaux territoires, ce qui va agrandir ce qu’on appelait le territoire gouverné par le roi. Si bien qu’on arrive là à la fin du XIIe siècle, donc vers les années 1180-1190, et on a là un roi qui s’appelle Philippe Auguste ou Philippe II. Et ce roi, pour la France, il est très important. Pourquoi ? Eh bien, je vous l’expliquerai demain. Je trouve que je suis bon maintenant pour faire des petits suspenses, pour vous obliger à écouter le podcast de demain.
Donc demain, vous avez compris, on continuera sur l’histoire de France, et je vous parlerai de Philippe Auguste et de plein d’autres choses.
2) Expression du jour : Être à l’arrache
Et maintenant, on commence la deuxième partie du podcast, bien sûr, avec l’expression du jour « être à l’arrache ».
Alors, c’est marrant ça parce que c’est une expression qui est très récente. Enfin, elle ne date pas de l’année dernière, mais cette expression, elle doit avoir peut-être 15 ans, 20 ans, max. Et c’est assez récent, contrairement à d’autres expressions qui datent du XVe, XVIe siècle.
Alors « être à l’arrache », il y a quatre mots. Si on compte l’apostrophe comme un mot, je le compte comme un mot, car c’est un article. Donc c’est « être » premier mot, « à » deuxième, « l’ » troisième et « arrache » quatrième. « Être », c’est un verbe ici et je vous le conjugue comme la dernière fois à l’imparfait et au passé simple. Je vous le conjugue souvent au passé simple pour que vous puissiez le retenir parce que c’est très différent des autres conjugaisons de être. D’abord, à l’imparfait, ça donne : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, et ils étaient ». Et au passé simple : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. » Vous retrouverez l’utilisation du passé simple de être dans les livres, dans les magazines peut-être, mais pas souvent dans la vie courante, pas souvent à l’oral.
Et après, on a « à l’arrache ». Alors, ça, c’est un peu compliqué à expliquer. L’arrache, ça vient en fait du verbe arracher. Arracher, c’est tirer quelque chose avec difficulté. Par exemple, si vous avez mal à une dent, si vous avez une douleur sur une dent, peut-être qu’il faudra l’arracher. Peut-être qu’il faudra aller voir le dentiste pour qu’il vous extraie la dent, pour qu’il vous enlève la dent, pour qu’il vous arrache la dent. Je vous parle de ça parce que je suis allé chez le dentiste avant-hier et le dentiste, c’est mon père. Mes parents sont dentistes, donc peut-être que je vous raconterai ça une autre fois.
Alors donc, « à l’arrache », c’est ça. Arracher, c’est enlever quelque chose avec difficulté. Mais dans l’expression du jour, dans « être à l’arrache », on a deux sens différents. On a le sens premier que je vous ai mis sur l’image du podcast. On voit une femme qui se dépêche, qui a l’air en retard, qui est pressée. En anglais c’est to be in a rush, c’est en fait être en retard, faire les choses au dernier moment. Peut-être que cette femme a un entretien pour un travail, un entretien d’embauche, et elle est en retard. Il faut qu’elle se dépêche pour arriver juste à l’heure ou peut-être avec le moins de retard possible. Et là, elle est à l’arrache. Donc le premier sens de « être à l’arrache », c’est au dernier moment, en retard. C’est quand vous êtes très pressé.
Si vous avez un dossier à rendre dans votre travail pour le soir et que vous n’avez pas commencé à le faire alors qu’il est 17 heures, ça va être compliqué. Vous allez faire le dossier à l’arrache, vous allez devoir vous dépêcher, le faire très, très vite. Et peut-être le faire très, très mal. Et c’est ça le deuxième sens de « être à l’arrache ». C’est de faire quelque chose de la mauvaise façon, de le faire tellement vite qu’on le fait mal, qu’on va, on dit, le « bâcler ». Le dossier dont on parle pour le travail, si c’est un gros dossier et que vous n’avez que deux heures pour le faire, ça ne suffira jamais. Donc vous allez rendre le dossier à l’arrache. Vous allez le rendre d’abord avec difficulté, vous allez être en galère, il va être mal fait, du travail va manquer parce qu’il a été trop vite fait. Vous n’avez pas pris assez le temps. Donc, c’est ça « être à l’arrache ».
Vendredi dernier le soir, il y avait un match du PSG et c’était la galère. Le PSG a mal joué — c’est l’équipe de foot que je supporte — et ils ont perdu. Ils ont fait un match à l’arrache et même s’ils avaient gagné, comme le match n’était pas beau, on aurait pu dire qu’ils ont gagné, mais à l’arrache.
Donc c’est ça, « être à l’arrache », c’est être en retard, faire les choses vite fait, faire des choses mal faites, avoir des difficultés, être en galère, faire les choses au dernier moment. Je suis sûr que vous avez déjà été adolescent et vous avez déjà fait des devoirs au lycée ou au collège à l’arrache. Vous savez que vous avez des devoirs à faire et vous vous levez le matin, ils ne sont pas faits. Et donc, vous vous mettez dans le bus et vous sortez votre cahier, vous sortez votre stylo et vous faites votre devoir dans le bus avant d’arriver au lycée. C’est du vécu, je l’ai fait des dizaines de fois et peut-être qu’un jour je vous parlerai de quel type d’élève j’étais au lycée. Mais ce sera pour une autre fois parce que là, on va être occupés plusieurs jours avec l’histoire de France.
Donc, qu’est-ce qui me reste à vous dire sur « être à l’arrache » ? Je pense que c’est tout. Juste, ça fait partie du langage familier. Donc, c’est quelque chose que vous pouvez dire à vos amis, peut-être à vos collègues, à votre famille, mais n’utilisez pas ça avec tout le monde. Ce n’est pas du langage soutenu, ce n’est pas du langage courant, c’est du langage familier.
Demain, on verra une expression qui est du langage soutenu. Et cette expression, c’est « grand bien leur fasse ». Je vous explique tout ça demain.
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