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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est mardi, c’est le 10 mars 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans le français, c’est facile avec Adrien. Et on va continuer un avec l’histoire de France. J’espère que ça vous plaît parce que je vais en parler pendant plusieurs jours.
Et justement, hier, lundi, on s’était arrêté avec les Capétiens, donc je vous vous avez parlé d’Hugues Capet qui est un roi qui a régné à la fin du Xe siècle et après ça il y a eu plusieurs rois, bon je ne vais pas vous parler de tous les rois sinon ça va être compliqué, on arrive donc en 1180 et là on a un roi qui est important, qui est intéressant, on est donc à la fin du XIIe siècle et ce roi c’est Philippe II ou Philippe Auguste.
Déjà ce roi, il était célèbre dès sa naissance. Pourquoi? Parce que son père, avant lui n’avait eu que des enfants filles donc pas d’héritier donc le royaume de France, la couronne, le peuple attendait un enfant garçon et voilà arrivé Louis… pardon je me suis trompé… Philippe II donc Philippe Auguste. Franchement il y a des gens qui naissent sous une bonne étoile. Il y a des gens qui naissent avec déjà un bon destin de base. Déjà le gars, il est né roi. Mais en plus, il naît roi avec des enfants filles avant lui, que des grandes sœurs. Donc il est aimé de tous dès la naissance. Ce n’est pas un gars du peuple, c’est le roi. Donc déjà, beau destin en vue.
Alors qu’est-ce qu’il a fait ce roi pour être très connu? Qu’est-ce qu’il a fait de spécial? Déjà son père, le père de Philippe Auguste, a été intelligent parce qu’il a associé son fils au pouvoir très tôt, bien avant sa mort et donc le peuple s’est habitué à lui. Et ce petit malin de Philippe Auguste, il a épousé une femme qui était une descendante de Charlemagne. Et comme Charlemagne, dans la mémoire des Français, c’est un bon roi, il était vu comme un bon empereur, eh bien la descendante de Charlemagne est vue comme quelqu’un de bien, comme une bonne épouse pour le nouveau roi, donc le roi est aimé, la femme du roi est aimée, car descendante de Charlemagne, et ça, c’est pas mal pour commencer son règne.
Donc je vous disais que le roi Louis-Philippe, je vais y arriver, Philippe Auguste, pardon, c’est le dernier roi des Français, c’est au XIXe siècle. Donc pas du tout la même période. Donc Philippe Auguste, mince, je ne sais plus ce que je voulais dire. Le podcast en carton.
Donc on reprend clairement Philippe Auguste, il est très connu parce que c’est lui qui a créé le concept de nation française, le concept d’État français de pays en faisant quoi? Eh bien en créant des fonctionnaires. À l’époque on appelait ça des « baillis », mais c’était les fonctionnaires actuels, des personnes employées par l’État et payées par l’État. Il y avait des personnes dans l’administration, aux impôts, des juges, la police dans l’armée et ces représentants de l’État, ces fonctionnaires, ces baillis, ils étaient présents un peu partout sur le royaume de France et pouvaient mieux faire fonctionner le royaume. Il pouvait récolter l’argent, gérer les affaires, donc plus de pouvoir pour le royaume français, pour le roi. Donc c’est à Louis, putain, c’est à Philippe Auguste qu’on va associer la conception d’État français. Donc ça, quand même très important.
Et c’est ce roi Philippe Auguste qui va aussi commencer des rénovations dans Paris et surtout agrandir la capitale. Le Louvre par exemple, qui est aujourd’hui le musée le plus connu de Paris et le plus visité du monde, a été construit à l’époque de Philippe Auguste, donc vers les années 1190. Sauf qu’à l’époque, bien sûr, ce n’est pas un musée, c’est un château. Donc en fait, ce roi, il a fait quand même pas mal de choses pour la France, pour Paris.
Alors, je vous passe toutes les guerres qu’il y a eu contre l’Angleterre avec Richard Cœur de Lion, le roi qu’on voit dans Robin des Bois, et aussi des guerres contre l’Alliance germanique à l’est avec Otton IV. À cette époque, on faisait beaucoup de guerres, on tuait beaucoup de gens, on se tapait sur la gueule, un peu comme aujourd’hui, mais c’était encore moins caché, c’était encore plus visible parce qu’il n’y avait pas de drones, pas d’avion, c’était de la bonne vieille guerre avec des épées et des lances. Enfin bref, je ne vais pas vous raconter toutes ces guerres-là puisque ça serait trop long.
Je vais juste vous raconter une petite anecdote sur une guerre entre le Royaume de France et une partie du sud de la France actuelle. Parce qu’il faut bien se rappeler qu’à l’époque, le royaume de France est beaucoup plus petit que la France actuelle. Il y a bien sûr Paris, une partie du nord de la France, une partie sous Paris au sud, un peu à l’est, donc c’est beaucoup plus petit. Et à cette époque-là, il y a la ville de Toulouse qui est dans le sud de la France actuelle qui est une région, une ville et une région dirigée par les Albigeois.
Alors, je vous raconte en deux mots. En fait, c’est un mouvement religieux qui s’est séparé de l’Église catholique des années avant, et le pape et l’Église catholique veulent détruire ce mouvement religieux. À l’époque, le pape s’investissait beaucoup plus qu’aujourd’hui dans les conquêtes, dans les conquêtes de royaume, dans les guerres de religion. Et oui, déjà, il y avait des guerres de religion de tous les temps, il y a eu des guerres de religion malheureusement. Et donc, le pape a demandé au roi de France, Philippe Auguste, d’aller conquérir Toulouse, d’aller faire la guerre aux Albigeois pour détruire cette nouvelle religion, cette mouvance religieuse qui s’était séparée de l’Église catholique. Et en fait, cette guerre d’abord Philippe Auguste va la perdre et après il va y avoir négociation après sa mort, donc finalement, Toulouse et sa région vont être rattachées au Royaume de France. En fait, la guerre de religion, ce n’était qu’un prétexte pour agrandir le territoire du royaume de France, pour agrandir le territoire français.
Vous voyez que dans l’histoire de France et dans les histoires des autres pays et du monde, c’est toujours un peu les mêmes problèmes. Qui a le pouvoir? Comment la personne qui a le pouvoir va avoir encore plus de pouvoir? Comment on va agrandir son territoire? Comment on va protéger son territoire, protéger son pouvoir? Comment on va imposer sa religion aux autres? Et ça, c’était il y a mille ans. Un peu moins, allez, 900 ans. Donc, les problématiques sont toujours les mêmes aujourd’hui. Je vous en ai déjà d’ailleurs parlé un peu hier de ça et au fur et à mesure des années, vous allez voir qu’on retrouve toujours les mêmes problématiques, toujours les mêmes conflits, toujours les mêmes guerres. Enfin bref, on ne va pas changer la nature de l’homme.
Demain, on continuera avec un roi qui s’appelle Louis IX qu’on appelle aussi Saint Louis. C’est dans les années 1200-1300, ce roi il est aussi assez important dans l’histoire de France. Donc, je vous en parlerai demain et peut-être après qu’on passera à un autre roi, on va avancer un peu dans le temps parce que sinon, on n’a pas fini de parler d’histoire de France et on y est encore dans un an.
2) Expression du jour : Grand bien leur fasse
Et tout de suite, on passe à l’expression du jour, grand bien leur fasse. Alors cette expression, elle est un peu particulière. Pourquoi? Parce que c’est une expression très ancienne qui n’a pas bougé alors que la langue française a évolué et évolue encore aujourd’hui. Il y a des mots tous les ans qui apparaissent dans le dictionnaire et d’autres qui disparaissent. C’est ça qui fait une langue vivante, mais cette expression grand bien leur fasse, elle a une formule grammaticale, une tournure de phrase qui est assez ancienne.
Déjà, l’adjectif grand au début, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il n’a pas d’articles. D’habitude, quand on parle de quelque chose de grand, on dit « une grande maison », « le grand vélo », « un grand homme », « une grande lampe », par exemple. Mais là, il n’y a pas d’articles. Donc ça, déjà, c’est assez rare et ça montre que c’est quelque chose d’ancien.
Après, on a le mot « bien ». C’est le deuxième mot de l’expression et c’est même un grand « bien ». Donc ici, le « bien » il renvoie à quelque chose de bon, une bonne chose, une chose positive. Ensuite, le troisième mot c’est « leur », ici c’est un pronom personnel, ça renvoie aux personnes dont on parle. C’est une expression qui est générale, donc on peut parler de certaines personnes ou d’autres, eh bien le leur ici, il renvoie à ces personnes, il fait référence à ces personnes.
Et enfin, on a le mot « fasse », F, A, S, S, E. Alors ce mot, c’est en fait le verbe « faire » qui est conjugué, eh bien à quel temps? Est-ce que vous connaissez cette conjugaison du verbe « faire »? Elle est assez rare, elle est assez spéciale, c’est le subjonctif. Alors je sais plus si je vous ai déjà parlé du subjonctif, je crois pas. Oh peut-être il y a plusieurs mois quand je vous ai parlé des temps en français. Je vais pas vous faire un cours sur le subjonctif aujourd’hui, mais en gros, ici, il est employé seul. Il n’y a que le subjonctif dans la phrase. Donc ça peut être plusieurs choses, ça peut être un ordre, ça peut être un souhait, quelque chose qu’on désire ou bien de l’étonnement. Par exemple si je vous dis « moi ? que je fasse ça ? jamais ! », je dis là que je ne pourrais jamais faire cela, jamais faire ça. J’ai employé le mot « fasse », j’ai employé donc le subjonctif parce que je suis étonné, je ne comprends pas qu’on puisse me demander si j’ai fait cela.
Donc quand le subjonctif est employé seul, ça peut être un ordre, un souhait, quelque chose qu’on veut ou de l’étonnement. Alors que d’habitude, le subjonctif, c’est un mot, c’est un verbe qui est employé dans la deuxième partie d’une phrase, pas dans la proposition principale, mais dans la proposition subordonnée après un que. Bon, on ne va pas rentrer dans les détails parce que c’est de la grammaire pure, ce n’est pas très intéressant. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de vous expliquer l’expression, que vous la compreniez et que vous puissiez la réutiliser.
Alors justement, ça veut dire quoi grand bien leur fasse? La traduction littérale, en fait, c’est qu’on souhaite du bien à des personnes, puisque c’est « leur », c’est plusieurs personnes. On souhaite que quelque chose de bien arrive à ces personnes. Mais en fait, pas du tout. En fait, c’est de l’ironie. C’est le contraire. On est indifférent à ce qui arrive à ces personnes. On ne veut pas qu’il leur arrive du mal, mais quasiment. Donc c’est de l’ironie. On manipule beaucoup l’ironie en français et en anglais d’ailleurs, on adore ça. Donc quand on dit une chose, ça peut vouloir dire l’inverse. Grand bien leur fasse, ça veut dire « j’en ai rien à foutre de ce qui leur arrive ». Je m’en fous, peu importe. On peut dire aussi, je m’en bat les steaks. Ça c’est très familier, c’est assez vulgaire, mais ça existe.
Donc grand bien leur fasse, c’est utilisé quand on va parler d’autres personnes et qu’on va se dire qu’on est indifférent à ce qu’il leur arrive. On s’en fiche, on s’en fout. Regardez l’image du podcast, vous voyez deux personnes et on va dire qu’elles sont en couple. Et une des deux personnes, eh bien, c’est votre ex. C’est la personne avec qui vous étiez en couple avant. Et donc vous apprenez que votre ex-copine, que votre ex-compagne, est en couple avec une autre personne, et bien vous dites grand bien leur fasse. Ça veut dire qu’il leur arrive le meilleur. Mais en fait c’est le contraire que vous dites. C’est j’en ai rien à faire de ce qui leur arrive, j’en ai rien à faire de ce que fait cette personne, mon ex-compagne, qu’elle fasse ce qu’elle veut, ça m’est égal. En fait c’est quelque chose qui n’est pas très gentil. Quand on utilise grand bien leur fasse, c’est vraiment ironique, c’est vraiment du rejet, c’est vraiment peu importe ce qui arrive à ces personnes, ça m’est égal.
Est-ce que vous avez compris? Est-ce que c’est clair pour vous? N’hésitez pas à me le dire, n’hésitez pas à me dire s’il y a des choses que vous ne comprenez pas ou qui sont un peu difficiles à entendre, à comprendre. Dites-moi aussi s’il y a des choses dont vous voulez que je parle sur la culture française, sur la façon de manger, de s’habiller, de se dire bonjour, de se rencontrer. S’il y a des sujets qui vous intéressent, laissez-moi un petit message dans les commentaires YouTube et j’en parlerai avec plaisir une fois que j’aurai fini avec l’histoire de France.
Demain, on fait une nouvelle expression française « en avoir gros sur la patate » et on parle donc de Louis IX qu’on appelle Saint Louis qui est un descendant de Philippe Auguste, du roi dont on a parlé aujourd’hui. Je vous souhaite de passer une bonne journée et je vous dis à bientôt. Bye bye, hasta luego, ilaleja, mata ne.
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