Le père Nöel est une ordure

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le jeudi 12 mars 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien — et aujourd’hui, on fait une petite pause dans l’histoire de France pour parler d’un grand classique du cinéma français : « Le Père Noël est une ordure ».

Est-ce que vous connaissez ce film ? Est-ce que vous en avez déjà entendu parler, ou peut-être même déjà vu ? C’est un film sorti en 1982, au tout début des années 80. C’est une comédie — un film fait pour rire — et il passe chaque année à la télévision à Noël. Plus de quarante ans après sa sortie, il reste un rendez-vous annuel incontournable. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu — s’il y a encore des gens qui regardent la télé, parce qu’avec les plateformes de streaming et Internet, la télévision a pris un sacré coup dans l’aile ces vingt-cinq dernières années — c’est l’occasion de réparer cet oubli.

Mais avant d’être un film, c’était une pièce de théâtre. Vous pouvez d’ailleurs la trouver en intégralité sur YouTube — la qualité vidéo est assez médiocre, mais ça vous donnera une bonne idée de l’ambiance, car les deux sont très proches. Les scènes sont quasi identiques, les gags aussi, même si les répliques diffèrent parfois légèrement et que le film est mieux monté.

Cette pièce était jouée par une troupe de théâtre appelée le Splendid. Parmi ses membres : Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel. Des noms qui vous disent peut-être quelque chose. Si vous connaissez Les Bronzés et Les Bronzés font du ski, ce sont exactement les mêmes acteurs — la même troupe. Il existe en fait trois films des Bronzés, mais je ne vous parlerai que des deux premiers, qui sont de véritables bijoux. Le troisième, à mon avis, est très décevant.

Dans ce type de comédie, chaque acteur joue un personnage aux traits exagérés — ce qu’on appelle une caricature. Une caricature, c’est quand on pousse un trait de caractère à l’extrême pour le rendre comique. Si je mangeais de la baguette, du fromage et du vin tous les jours en portant un béret, je serais une caricature du Français — ce qui n’est pas mon cas, même si j’adore les trois.

Les personnages du film sont savoureux. On a deux SDF — deux sans-domicile-fixe — dont l’un est déguisé en père Noël. Il est joué par Gérard Jugnot : c’est un homme violent, mesquin, franchement antipathique. C’est ce père Noël qui est une ordure — d’où le titre. Sa compagne est un personnage à moitié demeurée, complètement dépassée par les événements. On a également un travesti — un homme habillé en femme — joué avec un talent absolu par Christian Clavier. Et puis un voisin venu d’Europe centrale, des Balkans plus précisément, un certain M. Preskovic, qui débarque régulièrement avec des spécialités culinaires de son pays d’une atrocité absolue. À un moment, il apporte des doubichos — des petites choses roulées à la main sous les aisselles. Ses voisins trouvent ça immonde, mais lui offre ça avec la plus grande bienveillance.

L’histoire se passe le soir de Noël dans un appartement où fonctionne une ligne de type SOS Amitié — une association que vous pouvez appeler quand vous vous sentez seul, triste, désespéré, ou même si vous pensez à vous suicider. Des bénévoles répondent pour écouter, rassurer, aider. Je ne sais pas si cette association existe encore sous ce nom, mais le principe, lui, existe toujours.

Dans cet appartement travaillent ce soir-là deux personnes chargées de répondre au téléphone : un homme joué par Thierry Lhermitte — pincé, fermé d’esprit, très coincé, on pourrait dire qu’il a un balai dans le c** (c’est une expression familière pour dire que quelqu’un est extrêmement rigide) — et une femme qui est une petite bourgeoise BCBG, très prout-prout, très soucieuse des apparences. Vous vous souvenez de l’expression faire des manières qu’on a vue il y a quelques jours ? C’est tout à fait ça.

Il n’y a pas vraiment d’intrigue à proprement parler — c’est une succession de situations de plus en plus incongrues avec des personnages tous plus improbables les uns que les autres. Le travesti qui essaie de draguer Thierry Lhermitte, les spécialités immondes du voisin, les appels téléphoniques catastrophiques… C’est du chaos organisé, et c’est brillant.

Ce film a produit des répliques cultes que tous les Français connaissent par cœur et ressortent en société dès que l’occasion s’y prête. Si vous vivez en France et que vous avez un jour entendu une phrase déclencher un fou rire général autour de vous sans comprendre pourquoi, c’était peut-être une référence à ce film.

Deux exemples. Si quelqu’un apporte un plat douteux à table, vous pouvez dire en souriant : « Ah, c’est des doubichos ? C’est roulé à la main sous les aisselles. » Et si vous voyez quelqu’un porter un pull particulièrement laid, vous pouvez dire : « Ah, c’est une serpillère ? Ah non, c’est un gilet — il me manquait quelque chose pour descendre les poubelles. » Ce sont deux citations directes du film.

Je ne peux que vous conseiller de le regarder. Il est drôle, profondément ancré dans la culture populaire française, et il vous permettra de travailler votre français tout en vous amusant. Je l’ai vu cinq ou six fois — comme pratiquement tous les Français.

Ce soir à 18h00, heure française, un nouveau conte sort en podcast — sur Apple Podcast, Spotify, YouTube et les autres plateformes habituelles. Si vous pouvez me laisser une note sur votre application de podcast, c’est une aide précieuse pour faire connaître ce travail à de nouveaux auditeurs. Et si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez vous abonner à mon Patreon, où vous trouverez des podcasts exclusifs et les transcriptions des épisodes. Merci beaucoup à ceux qui le font déjà — c’est vraiment apprécié.

On se retrouve demain pour reprendre l’histoire de France : le roi Philippe le Bel et le début de la guerre de Cent Ans. À demain, bye bye, hasta luego, y luego là, matane !


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