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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui c’est lundi, c’est le début de la semaine. On réveille donc ses petits yeux, on se lave le visage, on se brosse les dents, on va travailler. Mais avant, on écoute Le français, c’est facile avec Adrien. Et on continue sur l’histoire de France. Ça fait déjà plusieurs jours que j’ai commencé à vous parler de l’histoire de France. Et on va continuer aujourd’hui, comme prévu, avec la fin du XVIe siècle.
On est donc à la fin de la Renaissance et on est au début de la guerre des religions en France. Les Français ont fait la guerre à beaucoup de monde et pour beaucoup de raisons, dont les religions lors des croisades dont je vous ai déjà parlé. Et là, au moins si je puis dire, on allait se battre contre d’autres pays. Alors que la guerre des religions de la fin du XVIe siècle, c’était des Français contre des Français. C’est un conflit, c’est une guerre qui a duré quand même 35 ans et c’était une guerre entre les catholiques et les protestants en France.
Alors, c’est quoi la différence entre les catholiques et les protestants ? Déjà, il faut savoir que les catholiques et les protestants croient tous les deux en Jésus-Christ et en Dieu. Donc là, c’est la même chose. Ils considèrent aussi que la Bible, c’est le livre divin, le livre de Dieu, pas de problème. Les catholiques reconnaissent l’autorité du pape sur terre. Le pape est un représentant de Dieu, alors que les protestants ne reconnaissent pas l’autorité du pape. Aujourd’hui, ça ne fait plus rien à personne, mais au XVIe siècle, quand cette doctrine, quand cette religion est apparue, ça a créé un énorme problème, parce qu’à l’époque, le pape avait beaucoup plus de pouvoir, beaucoup plus d’influence qu’aujourd’hui. C’était un énorme affront pour le pape que de voir se créer une religion qui ne reconnaît pas son rôle, qui ne reconnaît pas son autorité.
Et cette religion qu’on appelle le protestantisme, et qui est donc pratiquée par les protestants, qui existe encore aujourd’hui, il n’y a aucun problème avec ça, il faut savoir que cette religion a pris de la place en France. Si bien qu’en 1560 ou 1555, quelque chose comme ça, les protestants occupent un tiers du territoire français et les catholiques à peu près deux tiers. Mais ce n’est pas un tiers au sud et deux tiers au nord. C’est mélangé, il y a des villes, des endroits qui sont protestants et d’autres qui sont catholiques. Et donc va commencer une période de conflit énorme, une période de guerre entre des Français, parce que les uns ne reconnaissent pas la religion des autres. Les catholiques pensaient que les protestants étaient possédés par le diable parce qu’ils avaient créé une religion annexe aux catholiques.
Donc là, on est en 1560. Ça va durer dix ans avec des guerres, avec de la paix un peu. Et en 1570, qu’est-ce qui va arrêter momentanément la guerre ? Bah c’est le manque d’argent ! Ça, c’est une bonne raison pour arrêter. Les parties, les camps n’ont plus d’argent pour les soldats pour se battre. Donc il y a un traité qui va être signé entre les catholiques et les protestants. Sauf que dans ce traité, les protestants sont avantagés par rapport aux catholiques. Donc les catholiques ne vont pas être contents et arrivent donc en 1572 la nuit de la Saint-Barthélemy.
C’est très connu dans l’histoire de France et je vais vous expliquer pourquoi. Mais avant, on va reparler un peu de Game of Thrones, car il y a beaucoup de similitudes entre l’histoire de France, l’histoire d’Angleterre et Game of Thrones. Alors, je vais parler à ceux qui ont vu cette série que j’ai d’ailleurs adorée. Est-ce que vous vous souvenez dans Game of Thrones de ce qu’on appelle les noces de sang ? C’est quand le fils Stark et sa future femme qui est enceinte vont se marier et tous les invités sont tués pendant le mariage. Le fils Stark, sa femme, leurs invités, leurs familles, ils se font égorger, ils se font tuer pendant le mariage. Et ben là, la nuit de la Saint-Barthélemy, c’est exactement ça. Ce sont les noces de sang de Game of Thrones, mais en réel.
Je vous explique. On est donc en 1572 et il y a un mariage qui est prévu entre un noble protestant qui s’appelait Henri de Bourbon et une catholique qui s’appelait, je ne sais plus, peu importe. Donc, les protestants et les catholiques sont invités à Paris, sont invités au mariage de ce Henri de Bourbon qui va être le futur roi de France, le futur Henri IV, qui est protestant à l’époque, et cette femme qui est catholique. C’est censé unifier, entre guillemets, les deux religions, ou plutôt c’est censé créer la paix entre les protestants et les catholiques. Sauf que pendant ce mariage, les catholiques ont décidé de massacrer les protestants. Il va y avoir plus de 3 000 morts à Paris. Les catholiques vont tuer les protestants et pas uniquement les tuer, ils vont les éventrer, ils vont leur ouvrir le ventre, leur ouvrir les organes pour faire sortir le démon qui était en eux. C’est vous dire la folie des guerres de religion de l’époque. Et ce massacre de la Saint-Barthélemy, il va se propager dans plusieurs villes de France jusqu’à faire plus de 13 000 morts dans tout le pays, une grande partie de protestants.
Suite à ça, la moitié des protestants se convertissent au catholicisme, un peu contraints et forcés évidemment, peut-être par la peur de se faire tuer, donc le nombre de protestants diminue de moitié. Imaginez, vous allez à un mariage pour faire la fête, pour faire la paix, pour être heureux, et vous vous faites tuer. C’est ça le massacre de la Saint-Barthélemy, c’est ça la nuit de la Saint-Barthélemy, c’est ça une sombre partie de l’histoire de France.
Donc j’en étais au fait que la moitié des protestants se convertissent et la guerre des religions va diminuer et va s’arrêter plusieurs années après avec justement ce roi Henri IV qui était le marié lors du mariage, et qui va se convertir à la religion catholique afin de pouvoir devenir roi. Pourquoi ça n’aurait pas dû être lui le roi ? Parce que ce n’est pas le descendant d’Henri III. Ce n’est pas le fils du précédent roi, donc là encore on va changer de lignée et ça va être la lignée des Bourbons, du nom de Henri de Bourbon.
Donc Henri IV, ce roi qui est très connu en France, il va faire une loi qui va concerner la liberté du culte en France. Chacun peut croire en la religion qu’il veut et chacun peut l’exercer comme bon lui semble si c’est en respect avec les lois françaises. Ça s’appelle l’édit de Nantes et c’est ça la base de la liberté de culte en France. C’est ça qui fait qu’en France, on peut croire en aucun dieu, croire en Dieu, croire en Bouddha, croire en Allah, croire en qui vous voulez et normalement avoir la possibilité de le faire et ne pas être dérangé.
C’est pour ça que c’est intéressant de s’intéresser à l’histoire d’un pays, là en l’occurrence l’histoire de France, parce que c’est à travers son histoire, à travers les événements passés qu’on comprend pourquoi la France est comme elle est aujourd’hui.
Donc on est en France ici au début du XVIIe siècle et Henri IV, le roi, il va commencer à prendre de plus en plus de pouvoir. Le roi va avoir de plus en plus de pouvoir au niveau de l’État, au niveau de l’armée, au niveau de l’économie, au niveau des lois. Tout va passer par le roi. Ce qui nous amène au milieu du XVIIe siècle, avec peut-être le roi le plus connu de France, Louis XIV, qu’on appelait le roi Soleil. Mais je vous parlerai de tout ça dans deux jours. Pourquoi dans deux jours ? Parce que demain, je vous parle d’une fable de La Fontaine. C’est une fable qui s’appelle Le Cheval et l’Âne. Elle n’est pas trop longue, donc je vous l’expliquerai en entier demain.
2) Expression du jour : Être malin comme un singe
Mais tout de suite, on passe à l’expression du jour comme d’habitude — « être malin comme un singe ».
Alors, cette expression, elle n’est pas trop compliquée, il n’y a pas de mot compliqué. On a au début le verbe être et comme d’habitude depuis 4-5 fois, je vais vous le conjuguer toujours pareil, imparfait et passé simple, deux temps du passé, afin que vous les connaissiez. Peut-être que vous les connaissez déjà. Être à l’imparfait, ça donne : j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez et ils étaient. Et au passé simple : je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes et ils furent.
Ensuite on a le mot « malin ». « Être malin comme un singe. » Malin, ça a deux sens. Ça peut vouloir dire le diable. Quand on dit « le malin », ça peut être le diable, ça peut être le démon. Et le deuxième sens de malin, c’est futé, c’est rusé, c’est intelligent. C’est en fait le contraire d’hier. Hier, si vous vous souvenez, je vous ai expliqué l’expression « pas futé futé ». Pas futé, pas malin, pas intelligent. Et aujourd’hui, c’est « être malin ». C’est donc le contraire. Ça veut dire l’opposé de « pas futé futé ».
Et dans l’expression du jour, on est malin comme quelque chose, à l’image de quelque chose, à l’image de quoi ? À l’image d’un singe. Un singe, c’est un animal qui ressemble à l’homme et que vous allez pouvoir retrouver sur l’image du podcast. D’ailleurs, le singe sur l’image du podcast, il a des lunettes. Il est en train de lire un livre. Alors bien sûr que les singes ne sont pas aussi intelligents que ça, mais c’était pour vous illustrer le propos.
Donc « malin comme un singe », ça veut dire intelligent, mais ça veut dire aussi un peu rusé, un peu débrouillard, assez futé. Ce n’est pas que de l’intelligence, c’est aussi d’arriver à se débrouiller dans des situations difficiles. C’est arriver à résoudre des problèmes assez rapidement que d’autres personnes ne vont pas forcément réussir à résoudre. Il y a plein de jeux d’énigmes qui existent sur Internet. D’ailleurs, j’adore ça. Vous pouvez en trouver. Il y a des personnes qui vont y arriver très vite. Ces personnes-là sont malins comme un singe et il y a des personnes qui ne vont pas y arriver du tout. Donc, « malin comme un singe », c’est arriver à résoudre des problèmes avec son esprit, son intelligence, avec sa façon de réfléchir.
On va reprendre d’ailleurs l’exemple d’hier avec l’enfant qui n’arrivait pas à mettre des objets carrés dans un trou carré. Il essayait de mettre quelque chose de carré dans un trou rond. Je vous parle d’un tout petit enfant bien sûr. Et bien un enfant qui arrive à mettre des objets carrés dans un trou carré, vous pouvez dire qu’il est malin comme un singe. S’il met un objet rond dans un trou rond, il est malin comme un singe.
Est-ce que c’est clair pour vous comme expression ? Est-ce que vous comprenez ? J’espère que oui. Je pense que maintenant, avec votre niveau de français, vous comprenez très bien les expressions que je vous explique, mais peut-être vous avez un peu plus de mal avec l’histoire de France, c’est normal, c’est beaucoup plus dur à comprendre. Et pour ceux qui me comprennent totalement, eh bien bravo à vous, vous comprenez très bien le français.
En anglais, « malin comme un singe », ça se dit clever as a fox.
Je crois que j’ai fini pour aujourd’hui, il me reste plus qu’à vous souhaiter de passer une bonne journée. Je suis en train de préparer un petit projet dont je vous parlerai dans plusieurs jours. Pas tout de suite parce que je veux attendre que ce soit complètement fini, mais ça va être sympa. Donc je vous parlerai de tout ça bientôt et donc on se retrouve demain pour de nouvelles aventures. À demain ! Bye bye, hasta luego. Matane !
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