Le cheval et l’âne

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Comme d’habitude, c’est Adrien qui vous parle. Et oui, tous les jours, c’est évidemment moi qui vous parle. Aujourd’hui, on est le mardi 17 mars 2026 et je vais vous parler d’une nouvelle fable de La Fontaine. Cette fable s’appelle « Le Cheval et l’Âne. » Il n’y a dans cette fable que — entre guillemets — 16 lignes, donc on va la faire en un seul épisode.

Comme d’habitude, à chaque fois que je vous explique une fable de La Fontaine, je vous la lis une première fois doucement, ensuite on prend ligne par ligne, vers par vers, et je vous explique le sens et les mots compliqués. Ensuite, je vous relis la fable à vitesse normale et enfin une version simplifiée que j’ai créée pour vous — et c’est bien moi qui l’ai créée, ce n’est pas une IA. C’est tellement mauvais que c’est forcément humain, c’est forcément moi.

Allez, on commence tout de suite avec « Le Cheval et l’Âne », par Jean de La Fontaine.

En ce monde, il se faut l’un l’autre secourir. Si ton voisin vient à mourir, C’est sur toi que le fardeau tombe. Un âne accompagnait un cheval peu courtois, Celui-ci ne portant que son simple harnois, Et le pauvre baudet si chargé qu’il succombe. Il pria le cheval de l’aider quelque peu, Autrement il mourrait devant qu’être à la ville. « La prière, dit-il, n’en est pas indigne d’elle, Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. » Le cheval refusa, fit une pétarade. Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade, Et reconnut qu’il avait tort. Du baudet, en cette aventure, On lui fit porter la voiture, Et la peau par-dessus encore.

J’ai fini de vous lire la fable. Comme d’habitude, si vous n’avez rien compris, c’est normal — c’est assez compliqué. Il y a des mots difficiles et des formules anciennes. Mais la morale, on peut toujours l’appliquer aujourd’hui — c’est ça qui est génial avec les fables de La Fontaine. Elles sont évidemment faites pour les hommes, mais La Fontaine met en jeu des animaux pour faire passer des messages, une morale. Et dans cette fable, la morale est au tout début — souvent elle est à la fin, mais là, elle est au début.

On commence donc avec les trois premières lignes.

Ligne 1 : En ce monde, il se faut l’un l’autre secourir.

« En ce monde » — sur terre, dans ce monde. « Il se faut » — c’est le verbe « falloir », ça veut dire « on doit », « il est nécessaire de. » Il faut faire quoi ? Il faut se secourir l’un l’autre. « Secourir », ça veut dire aider son prochain, aider la personne qui est à côté de vous. Donc, sur terre, dans la vie, il faut s’entraider.

Ligne 2 : Si ton voisin vient à mourir.

On a une condition avec « si. » « Ton voisin », c’est ton prochain — la personne à côté de toi, un ami, un collègue, un membre de ta famille. « Vient à mourir » — si cette personne meurt, décède.

Ligne 3 : C’est sur toi que le fardeau tombe.

Le fardeau, c’est la charge de travail — ce qui est lourd à faire, ce qui est compliqué. Si la personne à côté de vous disparaît, c’est vous qui allez devoir faire son travail. Imaginez que vous êtes au bureau et votre collègue tombe malade pendant un mois. C’est vous qui devrez assumer son travail. Alors que si vous l’aviez aidé avant, peut-être qu’il ne serait pas tombé malade. C’est ça la morale.

À partir de la ligne 4, on a un exemple avec un âne et un cheval — une petite histoire qui illustre cette morale.

Ligne 4 : Un âne accompagnait un cheval peu courtois.

Un âne — vous connaissez cet animal, je vous en ai parlé plusieurs fois. C’est un petit cheval qui porte des choses. L’âne marche à côté d’un cheval. Et ce cheval est « peu courtois » — être courtois, c’est être sympa, aimable. Donc le cheval n’est ni sympa ni gentil.

Ligne 5 : Celui-ci ne portant que son simple harnois.

« Celui-ci » renvoie au cheval — on aurait pu dire « ce dernier. » Le harnois — ou harnais — c’est ce qu’on met autour du cheval pour le diriger. C’est aussi ce qu’on porte en escalade : les sangles, les mousquetons autour de la taille. Le cheval ne porte que ça — uniquement son harnais, rien d’autre sur le dos.

Ligne 6 : Et le pauvre baudet si chargé qu’il succombe.

Le baudet, c’est un autre nom, un peu péjoratif, pour l’âne. Le pauvre âne est très chargé — il porte beaucoup de poids. « Succombe » vient du verbe « succomber », ça veut dire être en train de mourir. L’âne souffre énormément sous le poids, alors que le cheval ne porte que son harnais.

Ligne 7 : Il pria le cheval de l’aider quelque peu.

« Il » renvoie à l’âne. « Pria » est le passé simple du verbe « prier » — ici, « prier » veut dire faire une demande insistante, implorer. L’âne implore le cheval de l’aider à porter la charge.

Ligne 8 : Autrement il mourrait devant qu’être à la ville.

En français moderne, on dirait « autrement, il mourrait avant d’arriver en ville. » « Autrement » veut dire « sinon. » Si le cheval n’aide pas l’âne, l’âne mourra avant d’arriver à destination — tellement il souffre sous le poids.

Ligne 9 : « La prière, dit-il, n’en est pas indigne d’elle. »

C’est l’âne qui parle au cheval. Il dit que sa demande d’aide n’est pas une mauvaise chose — ce n’est pas impoli de demander de l’aide.

Ligne 10 : Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.

« La moitié », c’est un demi. L’âne dit au cheval : si vous ne prenez que la moitié de ce que je porte, ça sera facile pour vous. « Ne vous sera que jeu » — « jeu » est de la même famille que le verbe « jouer. » Ça veut dire que ce sera facile, sans effort. L’âne explique que s’il partage la charge, ça ne sera pas compliqué pour le cheval.

Ligne 11 : Le cheval refusa, fit une pétarade.

« Refusa » — passé simple de « refuser » — le cheval dit non. Et « fit une pétarade » — les chevaux qui s’énervent lancent leur patte arrière vers l’arrière et pètent en même temps. Le cheval refuse la demande et s’énerve même de cette demande.

Ligne 12 : Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade.

« Le faix » — avec un X — est un vieux mot pour dire le fardeau, la charge. Le cheval voit l’âne mourir sous le poids. « Camarade » veut dire ami, compère. L’âne, comme il l’avait dit, meurt sous le poids de ce qu’il portait, parce que le cheval a refusé de l’aider.

Ligne 13 : Et reconnut qu’il avait tort.

« Reconnut » — passé simple de « reconnaître. » « Avoir tort », c’est ne pas avoir raison. En voyant son ami mourir, le cheval comprend qu’il a eu tort de refuser de l’aider. Et dans les trois dernières lignes, le cheval va être puni pour cela.

Lignes 14 et 15 : Du baudet, en cette aventure, on lui fit porter la voiture.

« En cette aventure » — après cela, après la mort de l’âne. « On » — ce sont les humains. « Lui » — c’est le cheval. « La voiture » — il n’y avait pas de voiture au XVIIe siècle — ici, « voiture » veut dire la charge, le fardeau. Les humains ont donc fait porter au cheval la charge de l’âne, puisque l’âne est mort.

Ligne 16 : Et la peau par-dessus encore.

« La peau » ici, c’est une façon poétique de dire le cadavre, le corps de l’âne. Les humains ont mis le corps de l’âne dans une charrette — et c’est le cheval qui tire cette charrette. Le cheval porte donc la charge de l’âne et l’âne lui-même, mort. Alors que s’il l’avait aidé avant, l’âne serait toujours vivant et la charge aurait été partagée. Ça illustre parfaitement la morale du début : il vaut mieux s’entraider plutôt que de se retrouver à faire seul le travail des deux.

Est-ce que ce n’est pas une morale qu’on peut appliquer dans notre vie de tous les jours ? Bien sûr que si. C’est pour ça que j’adore les fables de La Fontaine — on peut tout à fait les transposer dans la vie actuelle et elles gardent tout leur sens. C’est pour ça que j’ai envie de vous les faire découvrir.

Maintenant que je vous ai expliqué tous les mots et toutes les phrases, je vais vous relire la fable un peu plus rapidement, puis vous lire ma version simplifiée.

Le Cheval et l’Âne, par Jean de La Fontaine.

En ce monde, il se faut l’un l’autre secourir. Si ton voisin vient à mourir, C’est sur toi que le fardeau tombe. Un âne accompagnait un cheval peu courtois, Celui-ci ne portant que son simple harnois, Et le pauvre baudet si chargé qu’il succombe. Il pria le cheval de l’aider quelque peu, Autrement il mourrait devant qu’être à la ville. « La prière, dit-il, n’en est pas indigne d’elle, Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. » Le cheval refusa, fit une pétarade. Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade, Et reconnut qu’il avait tort. Du baudet, en cette aventure, On lui fit porter la voiture, Et la peau par-dessus encore.

Et maintenant, ma version simplifiée.

Le Cheval et l’Âne, réécrit par Adrien.

Dans la vie, il faut s’entraider. Si ton ami meurt, c’est toi qui vas faire son travail. Un âne marchait à côté d’un cheval pas sympa. Celui-ci ne portait que son harnais, alors que l’âne était si chargé qu’il souffrait énormément. Il demanda au cheval de l’aider, sinon il mourrait avant d’arriver en ville. « Ce n’est pas une mauvaise chose que de demander de l’aide », dit l’âne. « La moitié de ce que je porte ne sera rien pour vous. » Le cheval refusa et s’énerva. Alors que son ami mourait sous le poids de la charge, il comprit qu’il avait eu tort. Après cela, on fit porter au cheval la charge entière et le corps de l’âne en plus.

Et voilà, j’ai fini de vous expliquer cette superbe fable. J’espère que ça vous a plu. Demain, on sera mercredi et on va reprendre avec l’histoire de France — on va reprendre avec Louis XIV — et je vous parlerai d’une expression qui est « Être rond comme une queue de pelle. » C’est une expression très imagée et je vous en parlerai demain. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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