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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, c’est mercredi. On est le mercredi 18 mars 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Et aujourd’hui, on va parler de Louis XIV, qu’on appelait aussi le Roi-Soleil.
Alors ce roi, il a marqué l’histoire de France pour plusieurs raisons. La première, c’est que son règne — la période où il a été roi — a duré très longtemps : 54 ans. Et pendant ce règne, Louis XIV va refaire du roi le détenteur, le propriétaire des pouvoirs absolus. Mais je vous en parlerai après. C’est aussi pour ça qu’il est très connu comme roi français.
Mais revenons d’abord au tout début de son règne. Après la mort de son père, après la mort de Louis XIII, on est à une période où Louis XIV est très très jeune — il ne peut pas encore gouverner, il ne peut pas encore être roi — et c’est sa mère, Anne d’Autriche, qui va gérer le royaume avec un personnage célèbre qui s’appelle Mazarin. Sauf que les nobles, les seigneurs, les puissants en France — les personnes qui ont du pouvoir — ne veulent pas d’un roi avec tous les pouvoirs. Ils veulent que le pouvoir soit partagé entre le roi, bien sûr, eux — les nobles, les puissants — et le Parlement. Le Parlement, c’est l’endroit où on vote les lois. Aujourd’hui, ça existe encore — en France, on a le Parlement avec l’Assemblée nationale d’un côté et le Sénat de l’autre. Donc les nobles veulent que le pouvoir soit partagé. Et la mère de Louis XIV ne veut pas cela — elle veut que son fils ait un jour tous les pouvoirs.
Ces nobles, ces puissants, vont donc provoquer des émeutes dans Paris. Il y a des échauffourées — on dit aussi des bagarres, des combats — dans Paris, parce que ces nobles veulent un partage du pouvoir. Et à cette époque-là, Louis XIV n’a que dix ans, mais il comprend déjà que le Parlement et ces nobles sont un obstacle, un problème pour le pouvoir du roi. Il comprend bien qu’avec un Parlement et des personnes puissantes, il ne pourra pas exercer son pouvoir librement. Il sera toujours freiné par ces personnes et par le Parlement.
Donc Louis XIV, petit malin, qu’est-ce qu’il fait en arrivant au pouvoir ? La première chose qu’il va faire, c’est supprimer le poste de Premier ministre. Le roi, dans les années précédentes, avait toujours été aidé, épaulé par un Premier ministre — c’était Richelieu sous Louis XIII, puis Mazarin. Eh bien Louis XIV, lui, pour avoir tous les pouvoirs, va supprimer ce poste. Il veut marquer son autorité, son pouvoir de roi, et montrer un changement dans la gestion de la France.
Qu’est-ce qu’il fait encore ? Il va faire arrêter un homme qui avait énormément de pouvoir à l’époque — pas le Premier ministre, mais le surintendant des Finances — et il s’appelait Nicolas Fouquet. Il va le faire arrêter pour de fausses raisons — enfin, je ne suis pas historien, mais je pense que c’était de fausses raisons. Et d’ailleurs, la personne qui va arrêter ce Nicolas Fouquet, c’était d’Artagnan. D’Artagnan, c’est un des mousquetaires. Pour ceux qui connaissent le roman d’Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, eh bien d’Artagnan, c’est en fait — entre guillemets — le quatrième mousquetaire. Ces mousquetaires ont bien existé. Le roman de Dumas est une fiction, mais ce sont des personnages réels.
Donc, le roi Louis XIV arrive au pouvoir, il supprime le poste de Premier ministre et fait arrêter un personnage de l’État très influent. Comme ça, il assoit son autorité de roi. Il a d’ailleurs une phrase qui résume tout son pouvoir — il a dit : « L’État, c’est moi. » Ah, c’est sûr qu’il était très clair dans ce qu’il voulait. Il voulait le pouvoir absolu et il l’a eu.
Il va d’ailleurs faire construire un château, un palais immense et magnifique — pas à Paris, mais à Versailles. Le château de Versailles, c’est là où vivait Louis XIV. Pourquoi a-t-il fait construire ce château ? Il y a plusieurs raisons. La première, je pense, c’est pour son plaisir personnel — pour montrer sa toute-puissance, montrer le pouvoir du roi en France et en Europe. Mais il y a aussi une autre raison. Il voulait amener les nobles avec lui, amener les puissants pour les écarter de leur domaine, de leurs terres, afin de diminuer leur pouvoir. Je vous ai dit au début que Louis XIV enfant avait été marqué par les nobles qui voulaient plus de pouvoir. Adulte, il a réfléchi à un moyen de les bloquer, d’empêcher leur influence. Ce moyen ? Construire ce magnifique château pour attirer les nobles à la cour de Versailles, loin de leurs domaines. Il n’était pas sot, le Louis XIV.
Et ce château de Versailles, il est impressionnant. Je le sais parce que j’ai habité à Versailles pendant des années. Je suis allé plusieurs fois le visiter et c’est magnifique — le château est sublime, les jardins également. Si vous avez l’occasion de venir en France, allez à Versailles, visitez le château, promenez-vous dans les jardins. Et si vous venez l’été, vous pouvez admirer le spectacle des Grandes Eaux — des fontaines, un feu d’artifice, des lumières dans tout le parc. Franchement, c’est magnifique, j’y suis déjà allé et je m’en souviens très bien.
Et dans le château de Versailles, il y a aussi des expositions d’artistes modernes — sculpteurs, peintres. Je me souviens être allé voir une exposition de Jeff Koons au château de Versailles, et surtout une exposition de Takashi Murakami-san, qui fait des sculptures et des œuvres hyper colorées, hyper modernes, avec des fleurs et des références aux mangas. C’était exposé dans le château, et il y avait un vrai contraste entre ces œuvres hyper modernes et le côté très ancien du château. C’était sublime.
Bref, je reviens à Louis XIV et au château. Est-ce que vous savez dans quelle direction est orienté le château de Versailles ? Est-ce qu’il est au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest ? Eh bien le château de Versailles est orienté plein est. Pourquoi ? Parce que c’est à l’est que le soleil se lève. Et le roi Louis XIV — le Roi-Soleil — voulait voir le soleil se lever tous les matins depuis là où il habitait. Donc il a fait construire ce château tourné vers l’est. C’est pas magnifique, ça ?
Bon, sous Louis XIV, en France, il n’y a pas eu que des bonnes choses. Il y a beaucoup de problèmes financiers, parce qu’à la fin de son règne — à la mort de Louis XIV — le rayonnement culturel français est énorme. En Europe, c’est d’ailleurs le français qui est la langue la plus parlée dans les cours royales. Sauf que le pays est ruiné, fragilisé par les guerres avec ses voisins. Et tous ces problèmes vont poser les bases des révoltes du XVIIIe siècle, pour la Révolution de 1789. Mais je vous en parlerai demain, parce que tout de suite on change de sujet et je vous parle de l’expression du jour.
Aujourd’hui, je vais vous parler d’une expression qui est « Être rond comme une queue de pelle. » Je vous l’ai tout prononcé, mais normalement on dit « être rond comme une queue de pelle. »
On va changer un peu la forme aujourd’hui — et dans les jours qui viennent d’ailleurs — je ne vais pas vous détailler les mots tout de suite. Je vais d’abord vous expliquer ce que l’expression veut dire, et après je vous expliquerai mot par mot. On va aller du sens vers la forme, et non de la forme vers le sens.
Alors, ça veut dire quoi, « être rond comme une queue de pelle » ? Ça veut dire être bourré, être ivre, avoir trop bu. Quand on a bu beaucoup trop d’alcool, on est rond comme une queue de pelle.
Mais pourquoi dit-on ça ? Pour comprendre l’expression, il faut que je vous explique les mots. À la fin de l’expression, on a « une queue de pelle. » Une pelle, c’est un outil qu’on utilise pour retourner la terre ou pour creuser. Quand vous voulez creuser dans votre jardin, vous utilisez une pelle. Et la queue d’une pelle, c’est en fait le manche — ce que vous prenez dans les mains pour creuser. C’est assez long, en forme de tube, et au bout, ça se termine en forme de rond. C’est le bout de la pelle. Comme la queue d’un animal, c’est ce qui finit l’animal — une queue de chien, de chat, de renard, c’est ce qui bouge à l’extrémité.
Donc, la queue d’une pelle, c’est le bout de la pelle. Et dans l’expression, on dit « être rond comme une queue de pelle » — c’est-à-dire avoir une forme comparable à la queue de la pelle. Pourquoi ? C’est bizarre, non ? En fait, voilà l’explication. Quand on est bourré, quand on est ivre, on ne marche pas droit. On a le corps un peu penché, on va en zigzag — à droite, à gauche, en avant, en arrière. Bref, notre corps va avoir une forme un peu courbée, un peu ronde. Rond comme quoi ? Rond comme une queue de pelle. Est-ce que vous voyez la ressemblance ? Le rapport entre le corps de quelqu’un qui est courbé quand il est bourré, et la forme arrondie de la queue d’une pelle ? C’est ça, le rapport.
Dans cette expression, on a le verbe « être. » Et depuis quelques jours, à chaque fois qu’on rencontre ce verbe, je vous le conjugue à l’imparfait et au passé simple. Eh bien aujourd’hui, je ne vais pas vous le conjuguer — je vais vous poser une question. Est-ce que vous pouvez conjuguer ce verbe vous-même à l’imparfait et au passé simple ? L’imparfait sert à décrire une action qui se continue dans le temps, une action longue. Le passé simple sert à décrire une action rapide, courte. Par exemple, pour revenir à la pelle et au jardin : « je creusais dans mon jardin quand mon téléphone sonna. » « Je creusais » — c’est l’imparfait, c’est une action qui dure. « Sonna » — c’est le passé simple, c’est une action rapide.
Alors, est-ce que vous connaissez le verbe « être » à l’imparfait et au passé simple ? Je vous donne un petit indice : à l’imparfait, ça commence par « j’étais » et au passé simple, ça commence par « je fus. » Et après, je vous laisse conjuguer, je vous laisse réfléchir dans votre tête. C’est comme ça qu’on apprend — en cherchant, en répétant. Ça sert à rien de lire un cours pendant des heures. Il faut lire le cours une fois, cacher le cours, voir ce dont on se rappelle, et le lendemain faire la même chose, etc. Ça s’appelle le système de répétition espacée — c’est comme ça que j’apprends et ça marche très très bien.
Pour revenir à l’expression « être rond comme une queue de pelle » — c’est une expression un peu familière, un peu péjorative. C’est bien de l’employer entre amis, c’est très marrant, c’est très imagé, mais ça n’est pas à employer avec votre patron ou quelqu’un que vous ne connaissez pas. Après, c’est rare d’être bourré avec quelqu’un qu’on ne connaît pas et encore plus rare d’être bourré avec son patron. Donc, quand vous utilisez « être rond comme une queue de pelle », c’est que vous êtes entre amis.
Est-ce que c’était clair pour vous ? Est-ce que c’est mieux de vous expliquer le sens de l’expression d’abord ? Je pense que c’est plus facile pour vous de comprendre dans ce sens-là. Donc, on va rester comme ça pour l’instant.
Si vous avez une question, vous pouvez toujours me laisser un petit commentaire sur YouTube. Le projet que je suis en train de préparer est toujours en cours — j’en ai encore pour quelques jours, mais après, je vous en parlerai bien sûr.
Demain, on va parler de la suite de l’histoire de France — je vous ai dit avec Louis XV et bien sûr Louis XVI — et on va parler d’une expression qui est très marrante aussi : « Il y a anguille sous roche. » Je vous explique tout ça demain. D’ici là, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit, et on se retrouve bientôt. Bye bye, hasta luego, ilalija, matane !
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