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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui c’est vendredi, on est le 20 mars 2026. Je vous souhaite la bienvenue, comme d’habitude, dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’espère que ça va par chez vous, j’espère que vous allez bien, où que vous soyez dans le monde.
Et aujourd’hui, on continue avec l’histoire de France — et avec une période de l’histoire de France très importante pour nous les Français : la Révolution française. Mais juste avant, je vous rappelle que vous pouvez — si vous le souhaitez, et ça serait top — vous abonner à mon Patreon afin de m’aider dans la production de ce podcast. Vous pouvez aussi vous abonner sur YouTube si vous voulez me remercier de tout ça.
La Révolution française — 1789
Pour vous donner un peu de contexte, on est sous Louis XVI — le roi de France — et l’état de la France va très mal. Le pays est ruiné, il n’y a plus d’argent nulle part, sauf chez les riches, chez les nobles et chez l’Église, chez le clergé. Le clergé, ce sont les représentants de l’Église, qui ont aussi beaucoup d’argent. Donc, la solution pour aider le pays, ce serait tout simplement de taxer les nobles et de taxer le clergé. Sauf que les nobles, les puissants et l’Église refusent qu’on leur prenne leur argent.
En parallèle de ça, le peuple souffre. L’hiver 1788 et le début 1789 ont été catastrophiques au niveau des récoltes — très peu de récoltes en France. Et chez les personnes pauvres, chez les paysans, chez les ouvriers, il y avait 80 % de leur salaire qui était utilisé pour acheter du pain. Imaginez qu’aujourd’hui vous gagnez 1 000 euros par mois — eh bien, il y a 800 euros qui étaient utilisés pour acheter du pain. 80 %. C’est impressionnant.
Donc on est dans une situation en France, en 1789, de blocage total, de faillite, de ruine. Personne ne veut faire un pas vers l’autre. Que va décider Louis XVI ? Il va décider de convoquer les États généraux. C’est quoi les États généraux ? C’est convoquer une assemblée où il y a des représentants des nobles, des représentants du clergé et des représentants du peuple. Ils vont tous se réunir au même endroit, et chacune de ces trois parties va avoir une voix. Donc, les nobles ont une voix, le clergé une voix et le peuple une voix. Il faut savoir que le peuple représente bien sûr la quasi-totalité de la population — 98 ou 99 %. Mais comme les nobles et le clergé veulent la même chose — ne pas être taxés, ne pas accepter les demandes du peuple — ils vont à chaque fois voter non, et le peuple va voter oui. Deux contre un — donc aucune demande du peuple ne peut aboutir.
Le peuple demandait quoi ? Beaucoup de choses — plus de liberté, plus d’égalité, moins d’impôts. Il demandait la fin des privilèges. Il demandait une constitution — que la France puisse avoir des lois égales entre les hommes. Donc on est là aussi dans un blocage.
Que va faire le peuple ? Il va quitter les États généraux. Ils vont s’installer à côté du château de Versailles, dans un endroit qui s’appelle la salle du Jeu de Paume, et ils vont dire : « On ne sort pas d’ici tant qu’on n’a pas donné une constitution à la France. » C’est le premier acte de révolte contre le roi — les représentants du peuple se réunissent seuls, sans l’accord des nobles, sans l’accord du clergé, sans l’autorisation du roi. C’est à partir de ce moment que les nobles, les puissants et le roi vont comprendre que le pays, c’est le peuple — et non pas eux. Ces représentants du peuple vont créer une constitution française sans l’accord du roi. C’est en mai, fin mai, je crois, 1789.
Et après, on arrive en juillet. Le 14 juillet 1789, le vent de révolution souffle à Paris. Le peuple se rebelle et va prendre la prison de la Bastille. La Bastille, c’était une prison place de la Bastille, dans Paris — une place qui existe encore aujourd’hui. Il n’y a plus la prison, mais vous pouvez aller la visiter.
Pourquoi cette prison spécifiquement ? Pour deux raisons. La première — c’était le symbole du pouvoir du roi. La Bastille, c’est là où le roi pouvait faire enfermer des gens sans procès, juste avec une lettre. Le roi avait évidemment les pleins pouvoirs, et cette Bastille, cette prison, c’était le symbole de ce pouvoir. Faire tomber la Bastille, c’était faire tomber le pouvoir du roi.
La deuxième raison — c’est à la Bastille qu’il y avait les stocks de poudre. La poudre à canon. Le peuple avait récupéré des fusils aux Invalides, pas très loin, mais il n’avait pas de poudre pour les faire fonctionner. Et les barils de poudre étaient à la Bastille. C’est donc la deuxième raison pour laquelle ils ont envahi cette prison.
Donc le 14 juillet 1789, c’est le réel début de la Révolution française — avec la prise de la Bastille. Et d’ailleurs, le 14 juillet, c’est encore aujourd’hui le jour de la Fête nationale. Tous les ans en France, le 14 juillet, il y a un défilé militaire, il y a un feu d’artifice — c’est le jour du début de la Révolution française, le jour où le peuple a pris le pouvoir. Oh là là, quand je suis en train de vous le dire, j’ai la chair de poule.
Donc on continue. Le soir de la prise de la Bastille, le roi va apprendre l’information. Louis XVI est au château et demande à un de ses conseillers ce qu’il se passe. Il dit : « C’est une révolte ? » Et le conseiller lui répond : « Non, Sire, c’est une révolution. » Et ça, c’est un dialogue qui est connu en France. C’est quoi la différence entre une révolte et une révolution ? Une révolution, c’est beaucoup plus important — c’est un changement énorme dans la société. Une révolte, ça va être moins important.
Donc le roi retire ses troupes, le peuple a gagné contre le roi — et à partir de là, tout va changer en France. Les choses vont s’enchaîner. En août de la même année, donc un mois après, les nobles et le clergé renoncent à leurs privilèges. Ils renoncent à tout ce qu’ils avaient réussi à obtenir, comme privilèges que le peuple n’avait pas. C’est un système de plus de mille ans qui s’écroule. Il faut arriver à réaliser, à comprendre l’importance de cette révolution, l’importance de ce changement de système — c’est vraiment impressionnant.
Et de là, le peuple va prendre le pouvoir. La France va être une monarchie constitutionnelle — un peu comme en Angleterre — le roi va régner, mais il n’aura pas de pouvoir. Sauf que deux ans après, en 1791, le roi tente de fuir de Paris. Il tente de s’échapper, mais il est arrêté à cause d’une pièce de monnaie. En fait, on arrête sa calèche, sa voiture — et la personne au départ ne reconnaît pas le roi. Sauf qu’il prend une pièce de monnaie où figure la tête du roi. Il regarde la pièce, il regarde le roi — et il comprend que le roi tente de s’échapper. Le roi est arrêté.
Deux ans plus tard, en 1793, le roi est jugé, condamné à mort et on lui coupe la tête. À ce moment-là, il faut comprendre qu’en Europe, dans tous les pays voisins, ce sont aussi des monarchies. Et donc, ça commence à faire peur. Les autres rois sont horrifiés — le peuple français s’est révolté contre son roi, et les rois des pays voisins ont peur que leur peuple se révolte contre eux.
Bon, je pense que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui avec l’histoire de France. On continuera demain avec la suite — ce qu’il s’est passé après qu’on ait coupé la tête du roi. On va arriver d’ailleurs au début du XIXe siècle.
Expression du jour : « Il y a de l’eau dans le gaz »
Maintenant, je vous parle de l’expression française « Il y a de l’eau dans le gaz » — comme vous avez pu le voir sur l’image du podcast. D’ailleurs, est-ce que, juste avec l’image, vous pouvez déduire ce que ça veut dire ?
Sur l’image, on voit un homme et une femme avec la bouche ouverte, les sourcils froncés, qui sont en train de crier. On peut imaginer que c’est un couple ou un frère et une sœur qui se disputent. Eh bien, « il y a de l’eau dans le gaz », c’est ça — c’est une relation compliquée, difficile, où il y a beaucoup de disputes, où les voix s’élèvent, où des mots, des insultes partent. Ça peut être dans une relation familiale — frère et sœur, père et mère, père et fils, mère et fils, etc. Ça peut être entre amis aussi, mais souvent, on utilise « il y a de l’eau dans le gaz » dans une relation de couple, une relation amoureuse.
Je vais vous donner un exemple — vous allez tout de suite comprendre. Je pense qu’on a tous plus ou moins vécu ça une fois dans sa vie. Vous avez invité des amis à dîner — un couple d’amis. Et pendant le dîner, vous remarquez que l’ambiance n’est pas géniale. Il y a des petites piques qui sont lancées, ça tire la gueule, l’un critique l’autre, l’autre critique l’un. Bref, vous sentez qu’il y a un problème, qu’ils ne peuvent plus se supporter. Il y a de l’eau dans le gaz — c’est ça.
Alors pourquoi dit-on « il y a de l’eau dans le gaz » ? C’est bizarre, non ? Eh bien, il y a une explication logique. Et ici encore, c’est une image. Le gaz, c’est ce qui sert à chauffer une maison ou à chauffer la casserole, les poêles. Aujourd’hui, on a des plaques à induction et des plaques à gaz. Mais à l’époque de la création de cette expression — au XIXe siècle — le gaz était produit à partir de charbon. C’était un gaz un peu différent de celui d’aujourd’hui, qui contenait de la vapeur d’eau. Et parfois, cette vapeur d’eau bloquait les tuyaux et provoquait une petite explosion, un bruit assez fort. Et ce bruit fort dans les tuyaux à cause de l’eau dans le gaz, on l’avait assimilé aux paroles fortes qu’on peut avoir quand on s’engueule, quand on se dispute.
Donc maintenant, vous saurez dire en français : « Il y a une dispute, c’est tendu entre eux — il y a de l’eau dans le gaz. » En anglais, ça se dit « things are rocky. »
Demain, bien sûr, on fait une nouvelle expression française — ce sera « En bonne et due forme » — et on va continuer avec l’histoire de France. On se rapproche petit à petit des temps modernes et on sera donc au début du XIXe siècle.
Je vous souhaite de passer une bonne journée, j’espère que ça vous a intéressé. Laissez-moi un petit commentaire sur YouTube — ça fait toujours plaisir. Et d’ici là… non, je vous l’ai déjà dit ! Allez, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, ilalija, matane !
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