Lire la transcription
Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est le lundi 23 mars — je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va faire notre dernier épisode sur l’histoire de France. On a commencé avec la France il y a des centaines et des centaines d’années, et aujourd’hui on va terminer. On va parler de l’après-Napoléon Ier. On est donc là à peu près au milieu du XIXe siècle, un peu avant le milieu, et l’empereur Napoléon a été exilé. Après Napoléon, la France va encore avoir des rois. Mais ça va être une monarchie constitutionnelle — une monarchie avec un autre pouvoir, où le roi n’a pas tous les droits, n’a pas tous les pouvoirs —, et le roi comprend bien qu’il faut faire avec le peuple. Il faut donner plus au peuple pour éviter une nouvelle révolution. Sauf que problème — le peuple n’est pas d’accord avec la monarchie. Ils en ont eu assez des rois, des empereurs. Les gens, les habitants, le peuple veulent plus de démocratie, de liberté, de droits sociaux. Et donc, il va y avoir une nouvelle révolution en 1848, au milieu du XIXe siècle.
Et donc, à partir de là, la République est instaurée. Il y a de grandes mesures qui vont être prises, comme par exemple l’abolition de l’esclavage — l’interdiction d’avoir des esclaves. Ça, c’est une grande mesure de cette République du milieu du XIXe siècle. Il y a aussi la liberté de la presse. C’est quoi la liberté de la presse ? Déjà, c’est quoi la presse ? La presse, ce sont les journaux. Les journalistes en France peuvent écrire ce qu’ils veulent, tant que ça respecte bien sûr les lois françaises, mais ils peuvent écrire ce qu’ils veulent. Ça s’appelle la liberté de la presse, et ça date donc du milieu du XIXe siècle — il y a plus de 170 ans.
Sauf que cette République ne va pas durer longtemps — elle ne va durer que deux ans. Et à l’époque, le dirigeant de cette République, c’était le neveu de Napoléon Ier. Et il va devenir le nouvel empereur, le deuxième empereur de la France — il va s’appeler Napoléon III. À cette époque-là en France, il n’y a pas trop de guerre, et on va avoir un développement important au niveau industriel et économique, grâce notamment au développement du chemin de fer, du train, qui va permettre à la France de mieux fonctionner. On va avoir aussi d’autres choses qui vont arriver dans la société française, comme le développement des banques. Les banques existaient déjà, mais elles vont se développer énormément au XIXe siècle. Et on va avoir aussi l’apparition des chèques — qui sont d’ailleurs en train de disparaître. Ça doit faire un ou deux ans que je n’ai pas rempli un chèque.
Est-ce que vous savez ce qu’est un chèque ? Un chèque, c’est un papier où vous allez noter un montant — on va dire 100 euros en chiffres —, vous marquez 100 euros en lettres, le nom de la personne ou de la société à qui vous allez donner le chèque, et votre signature. Cette personne, cette société va encaisser le chèque auprès de sa banque et aura donc 100 euros. C’est ça un chèque. Mais avec l’avènement des cartes bleues, avec les paiements sans contact, avec les applications bancaires et les virements instantanés, je pense que les chèques sont amenés à disparaître. Mais bon, l’invention du chèque date de cette période-là.
Et surtout, en France, il va y avoir un développement énorme de l’architecture — surtout à Paris —, avec un monsieur qui s’appelait le baron Haussmann. Est-ce que vous connaissez les immeubles haussmanniens, ou le boulevard Haussmann à Paris ? Les immeubles haussmanniens, ce sont des immeubles typiquement parisiens, avec une architecture particulière qui fait de Paris une des plus belles villes du monde aujourd’hui. Alors bon, je suis français, donc c’est normal que je dise ça, mais je le pense vraiment. Je n’ai pas beaucoup voyagé, mais de ce que j’ai vu, franchement, Paris comparé à d’autres villes, c’est magnifique. Il y a plein de problèmes à Paris — il y a trop de vélos, trop de voitures, trop de monde, trop de bruit, trop de rats —, mais au niveau des bâtiments et de l’architecture, ça déglingue.
Allez, revenons donc au milieu du XIXe siècle avec ce monsieur Haussmann qui va énormément développer l’architecture parisienne. Sauf que, à ce moment-là, on avance dans les années et on est encore une fois en conflit avec des pays voisins — et surtout avec l’Allemagne. Ce qui va conduire, en 1871, à une grande défaite française : l’empereur Napoléon III va être fait prisonnier, puis libéré et exilé en Angleterre, où il va mourir.
Après Napoléon III, après l’Empire, une nouvelle République est installée. Pendant de nombreuses années, en fait, la France a cherché le meilleur régime possible. La France, c’est le peuple — évidemment. Et à ce moment-là, à partir de la fin du XIXe siècle, on va entrer dans une ère républicaine avec une certaine stabilité. Alors évidemment, il y a encore beaucoup de désaccords entre les Français. On passe notre temps à gueuler, à manifester, à ne pas être d’accord. Et oui, on est français — c’est comme ça, désolé pour ceux qui n’aiment pas ça, mais c’est notre tempérament. On dis ce qu’on pense, on gueule, on manifeste, on fait la révolution si besoin. Quoique dernièrement, la révolution, c’est pas encore ça — mais ça, c’est une autre histoire.
Donc, on va arriver à la fin du XIXe siècle et au début du XXe à une période assez tranquille, une période d’insouciance, où les arts, la culture, la littérature, le théâtre vont beaucoup se développer, vont avoir une part importante dans la société — tout ça jusqu’en 1914, jusqu’au début de la Première Guerre mondiale.
Et avec ça, j’ai fini de vous expliquer l’histoire de France jusqu’en 1914. Pourquoi je ne vais pas plus loin ? Je pense que ce n’est pas trop utile parce que beaucoup de monde sait ce qu’il s’est passé avec la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale, les crises économiques, etc. Peut-être que je ferai quelques épisodes spécifiquement sur la Première et la Deuxième Guerre mondiale pour vous expliquer en français comment ça s’est passé — mais pas aujourd’hui, pas maintenant.
Et j’ai aussi un projet de vous parler de personnages français célèbres — qu’ils soient actuels, anciens ou décédés. Je vous parlerai de Français connus qui ont marqué l’histoire, par exemple Marie Curie, Simone Veil, Anatole France — je vous raconterai leur vie. Donc bien sûr, j’aurai l’occasion de vous reparler de l’histoire de France. Mais maintenant, on va passer à un autre sujet — comme d’habitude — à l’expression française du jour.
Et aujourd’hui, on va parler d’une expression assez simple à comprendre : « manger comme un ogre ». Manger comme un ogre, ça veut dire manger énormément, manger beaucoup, manger en grande quantité. Et donc, je vais vous expliquer un peu d’où vient le mot « manger » et pourquoi on parle d’ogre.
« Manger » vient du latin — comme énormément de mots en français, il y a des origines latines. Et le verbe en latin, c’était manducare. À l’époque — je vous parle de ça il y a très, très longtemps —, dans les pièces de théâtre, il y avait parfois un personnage qui mangeait énormément, qui mangeait tout et n’importe quoi, qui mangeait beaucoup. C’était une sorte d’ogre qui s’appelait manducus. Vous voyez, entre manducare et manducus, il y a une racine commune — c’est là l’origine du mot « manger ». Et ce personnage, ce manducus, c’était une sorte d’ogre.
Est-ce que vous savez ce qu’est un ogre ? Un ogre, c’est un personnage qui a une apparence humaine, mais qui est beaucoup plus grand, beaucoup plus gros, et qui mange des humains — et dans les contes pour enfants, qui mange des enfants. Il y a énormément de références aux ogres dans les livres, dans les bandes dessinées, dans les films, dans les jeux vidéo. Par exemple, dans Le Seigneur des Anneaux, il y a des ogres. Dans WoW — World of Warcraft —, il y a des ogres. Il y a des ogres dans beaucoup de choses de la culture contemporaine, donc je pense que vous en avez déjà vu.
Donc, « manger comme un ogre », ça veut dire manger énormément — un peu comme les adolescents. Je ne sais pas si vous avez des adolescents chez vous, ou peut-être que vous qui m’écoutez, vous êtes adolescent — donc vous avez entre 13-14 ans et 18 ans. Mais à cet âge-là, on mange énormément. C’est impressionnant. Je me souviens quand j’étais ado — donc il y a vingt-cinq ans environ —, je mangeais beaucoup, beaucoup. Et pourtant, je ne suis pas gros — je suis assez fin et je l’ai toujours été. Mais je mangeais comme un ogre, matin, midi, goûter, soir — je mangeais énormément, mais je ne grossissais pas. Alors maintenant, je mange beaucoup moins — heureusement, sinon je grossirais. Mais c’est ça, « manger comme un ogre », c’est manger comme un adolescent.
Alors, si vous avez plusieurs adolescents à la maison, c’est pire que tout. Il faut aller faire les courses tous les jours, il faut remplir le frigo plusieurs fois par semaine. « Manger comme un ogre », c’est une expression du langage courant. Donc, vous pouvez l’utiliser en parlant d’un de vos enfants qui mange beaucoup, d’un ami qui mange énormément, d’une personne que vous connaissez qui a un très grand appétit. Manger beaucoup — on dit aussi « avoir très bon appétit », « avoir un gros appétit », « avoir un grand appétit » — tout ça, ça marche.
D’ailleurs, « manger comme un ogre » me fait penser à une autre expression française dont je vous ai déjà parlé : « mieux vaut l’avoir en photo qu’en pension ». Il y a plusieurs mois, je ne sais plus exactement quand, mais je l’ai déjà fait — c’était peut-être vers le printemps dernier. Bref, je vous laisse chercher. En tout cas, « mieux vaut l’avoir en photo qu’en pension », ça dit exactement la même chose que « manger comme un ogre » — sauf que « manger comme un ogre » est plutôt du langage courant, et « mieux vaut l’avoir en photo qu’en pension » est un peu plus soutenu. Si vous voulez réécouter ce podcast, c’est tout à fait possible — il est disponible sur vos applications de podcast et sur YouTube.
Et donc, « manger comme un ogre » en anglais, ça se dit to eat like a horse — manger comme un cheval, dit-on en anglais. Les chevaux mangent certainement beaucoup.
Qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Pas grand-chose. Si vous voulez vous abonner — ce qui serait magnifique pour moi —, vous pouvez aller sur mon Patreon. Il y a deux types d’abonnements. Vous aurez accès à des podcasts exclusifs et aux transcriptions de tous les épisodes récents et anciens. Et ça me permet aussi d’avoir un petit peu d’argent pour acheter du nouveau matériel, pour payer les abonnements. C’est un geste de remerciement, pour me soutenir.
Demain, nouvelle expression française : « jouer un mauvais tour ». Et je recommencerai à vous parler de tout et de rien — je n’ai pas encore prévu mon sujet de demain, de toute façon je ne le prévois jamais, je l’invente le matin même, donc on verra demain. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt, bye bye, hasta luego, ilaleja, matane !
Laisser un commentaire