« Être souple comme un verre de lampe » et ma vidéo perdue

Written in

by

Lire la transcription

Je suis en PLS. Je suis dégoûté, sérieux. Pourquoi je suis dégoûté ? Parce qu’on vient de m’apprendre en commentaire sur YouTube que, pour la vidéo que j’ai postée samedi sur une bande dessinée, le son et l’image étaient complètement en décalage. Donc, qu’est-ce que je me dis ? OK, j’ai remercié la personne en commentaire, je suis allé voir la vidéo, sauf que quand je fais une vidéo avec le montage, le logiciel de montage, une fois que j’ai fini, je mets sur le Drive les fichiers sources. Je mets sur le Drive les éléments qui m’ont permis de faire la vidéo.

Donc là, qu’est-ce que je fais ? Je vais récupérer sur le Drive les fichiers pour corriger le problème, pour reprendre le montage, et là, je m’aperçois qu’il me manque des fichiers. Putain, je ne peux pas reprendre ce montage de vidéo ! Ça m’a pris des heures et des heures pour faire cette vidéo et je me retrouve avec quelque chose que je ne peux même pas poster. Je suis écœuré. Franchement, je suis dégoûté. C’est incroyable ! Comment j’ai pu ne pas sauvegarder les fichiers sources ? Comment j’ai pu ne pas garder les fichiers vidéo pour faire cette vidéo ? Bah vas-y, c’est la mort !

Ah là là ! Ça me rappelle une fois, il y a quelques années, j’avais un MacBook je crois, oui c’est un MacBook Air ou un MacBook Pro, et tout d’un coup il ne s’allume pas. Donc je me dis : « Bon, il n’y a plus de batterie, tranquille, branche ton ordinateur et ça va se… ça va redémarrer ». Je le branche, il redémarre, mais il se rééteint tout de suite. Là, je me dis : « Ouh là là, ouh là là, ce n’est pas bon signe du tout ». Donc j’attends un peu, je le rallume, il se rallume et il se rééteint. Et là je me dis : « Bon, je dois l’emmener chez Apple ». Donc je suis allé chez Apple, j’ai laissé mon ordinateur pendant au moins une semaine. Donc déjà, une semaine sans ordi, c’est compliqué. Et chez Apple, ils m’ont dit que le disque dur était endommagé et que les données étaient perdues. Toutes les données de mon ordinateur ! Et évidemment, je n’avais pas fait de sauvegarde. Je n’avais pas fait de sauvegarde de mon Mac. Tous mes fichiers, toutes mes données : terminé, perdues. Tout mon travail : effacé. Et j’ai cru que j’allais mourir. C’est comme si j’avais perdu un membre de ma famille, sérieusement. Bon, peut-être pas quand même, mais franchement j’étais dégoûté.

Eh bien là, je me sens un peu dans la même situation. Beaucoup moins fort évidemment, mais j’ai travaillé pendant des heures sur cette vidéo et je ne peux pas la sortir. C’est comme si je n’avais rien fait. C’est comme si j’avais passé des heures de travail pour rien. Mais je ne comprends pas encore comment j’ai pu ne pas garder les fichiers de base. Pourquoi il me manque ces fichiers, putain ? Voilà là, je suis dégue. Vous allez m’entendre fouiner et pleurer pendant tout le podcast. Non mais sérieusement, putain. Se casser le cul à faire des trucs qui sont corrects, à faire des vidéos où je suis content de les faire… et là, j’ai bossé pour rien.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé ce genre de problème ? Est-ce que vous avez déjà eu des fichiers qui ont disparu comme ça du jour au lendemain ? Peut-être un virus, peut-être vous avez fait tomber votre ordinateur, il s’est cassé et pas possible de récupérer les fichiers. C’est la deuxième fois que ça m’arrive. On dirait que je n’ai pas appris la leçon.

Il y a autre chose qui m’est arrivé aussi avec les ordinateurs et la technique — la technologie plutôt — c’est que j’avais un disque dur externe. C’est comme une clé USB mais avec beaucoup plus de données. Sauf que maintenant, les clés USB et les disques durs externes sont de plus en plus petits. Ils sont tellement petits, eh bien, qu’on ne les retrouve pas. Et moi, comme je suis maladroit, comme je suis bordélique, eh bien j’ai perdu un disque dur externe. Avec plein de photos, plein de vidéos, plein de trucs que j’avais, je ne l’ai jamais retrouvé. Peut-être parce que j’ai beaucoup déménagé, mais je ne l’ai pas retrouvé et ça aussi, eh bien je suis bien dégoûté.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on déménage, on perd toujours quelque chose. Moi j’ai beaucoup déménagé dans ma vie, peut-être 10 ou 12 fois, et à chaque fois, j’ai l’impression de perdre des choses. À chaque fois je me dis : « Bon, ça, je vais le ranger là ; ça, je vais le ranger là, comme ça je vais le retrouver », eh bien je ne retrouve jamais. Souvent, ce sont des trucs importants que je perds en plus. Ce n’est pas un petit tabouret de merde ou une casquette. Non, non, ce sont des trucs auxquels je tiens. Et une fois que j’ai déballé toutes mes affaires, une fois que j’ai ouvert tous les cartons, je me dis : « Mais où est-ce qu’il est ce truc ? Où est-ce qu’il est passé ? ». Évidemment, je ne le retrouve jamais. Peut-être que c’est moi qui range mal, peut-être que c’est moi le problème, ou peut-être aussi que ce sont les déménageurs, parce que là aussi, il y a des bonnes arnaques dans les déménagements. Alors évidemment, je ne dis pas qu’ils sont tous comme ça, mais souvent, il y a des vols dans les déménagements et ça, c’est un problème. Parfois, on déménage tellement de choses qu’on ne peut pas se souvenir de tout et il y a des choses qui disparaissent. Et ça aussi, ça m’est déjà arrivé.

Enfin bref, tout ça pour vous dire que je suis en PLS, je suis dégoûté. Est-ce que vous connaissez cette expression « je suis en PLS » ? Ça, c’est du langage très récent, c’est du langage actuel. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j’en ai marre, que j’en peux plus, qu’il m’est arrivé un problème et que je suis dégoûté. PLS, ça vient d’un terme médical. Ça veut dire Position Latérale de Sécurité. C’est dans cette position qu’on doit mettre quelqu’un qui s’est évanoui, qui a perdu connaissance. Il faut le mettre sur le côté avec une main sous la tête et le genou plié. Ça s’appelle la PLS. Et quand on dit « Je suis en PLS », c’est comme si je m’étais évanoui, comme si j’avais eu un tel choc à cause de ces vidéos perdues que je me suis évanoui et que j’ai perdu connaissance. Évidemment, ce n’est pas le cas, mais je suis en PLS, c’est ça. Je suis dégoûté, je suis écœuré, j’en ai marre.

Eh bien comme ça vous aurez appris deux expressions aujourd’hui : « être en PLS » et celle qu’on va faire tout de suite qui est « être souple comme un verre de lampe ». Est-ce que vous voyez la personne sur l’image du podcast ? Il essaie de se pencher vers l’avant avec les genoux pliés en étant en tailleur et il a l’air de souffrir. Il a une sale tête, ça a l’air de lui faire mal. Eh bien ça, c’est moi. Quand je m’étire, c’est moi. Quand j’essaye de devenir souple, quand j’essaye de m’étirer. Et donc, « être souple comme un verre de lampe », ça veut dire ne pas être souple du tout. Pour vous donner un exemple, quand je suis debout et que je me penche vers l’avant sans plier mes genoux, eh bien mes mains vont toucher mes genoux maximum. Quand je vois qu’il y a des gens qui arrivent à mettre leurs mains par terre, je suis impressionné. Je trouve ça hallucinant de se pencher vers l’avant tranquille et de mettre ses mains au sol. Et même parfois chez les danseurs, les danseuses qui sont très souples, elles mettent la tête au niveau des genoux sans plier leurs genoux. Ça me fait halluciner, ça. Je ne suis pas du tout comme ça.

Donc « être souple comme un verre de lampe », c’est ne pas être souple du tout. C’est être très raide, ne pas avoir de souplesse. Et à un moment donné dans ma vie, j’ai voulu être plus souple. Ne me demandez pas pourquoi, j’en n’ai aucun souvenir, mais je trouvais ça super d’être souple. Et donc j’ai regardé sur Internet, bien sûr, des étirements. J’ai suivi des tutos comme tout le monde, des étirements pour devenir souple. Sauf que pour devenir souple, il faut faire des étirements tous les jours et ça prend plusieurs années. Donc, j’en ai fait pendant à peu près trois jours et puis j’ai arrêté. Pourquoi j’ai arrêté ? Parce que ça m’a saoulé. Pourquoi ça m’a saoulé ? Parce que je ne trouvais pas d’objectif dans ma tête pour faire ces étirements. Je n’avais pas de motivation, je n’avais pas d’objectif. Donc, j’ai arrêté.

Et ça, c’est un peu comme l’apprentissage en fait, c’est un peu comme l’apprentissage des langues. Si vous n’avez pas d’objectif pour apprendre le français, vous allez arrêter rapidement. Mais si vous avez un objectif, ça peut être regarder des films, ça peut être comprendre des chansons françaises, ça peut être parler avec des Français, ça peut être venir vivre en France, ça peut être venir voyager en France… Il faut avoir un objectif pour rester motivé, pour continuer l’apprentissage du français. Donc si on revient aux étirements et à la souplesse, j’ai arrêté au bout de trois jours parce que je n’avais pas d’objectif, parce que je n’avais pas de but, je n’avais pas d’intérêt à faire cela à part le fait d’être plus souple. À quoi ça sert d’être plus souple ? Eh bien pour moi, à rien. Donc j’ai arrêté.

Mais revenons à l’expression « être souple comme un verre de lampe ». Je vais vous expliquer les mots et je vais vous expliquer pourquoi cette expression est une antiphrase, c’est de l’ironie. Et d’abord les mots. Alors le premier mot, c’est le verbe être. Je vous le conjugue au futur et au futur antérieur comme hier ou avant-hier, je ne sais plus. Je vous ai conjugué un verbe au futur et au futur antérieur. Donc là, on va faire le verbe être.

Être au futur, ça donne : je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez et ils seront. Et au futur antérieur, on prend l’auxiliaire AVOIR qu’on met au futur et le participe passé du verbe être. Donc : j’aurai été, tu auras été, il aura été, nous aurons été, vous aurez été et ils auront été. Je vous donne un exemple d’utilisation du futur antérieur. On va dire que vous allez à une réunion de famille et vous devez amener le gâteau, le dessert. Et vous dites à votre femme ou à votre mari : « J’aurai acheté le dessert avant d’aller à la réunion ». « J’aurai acheté », c’est le futur antérieur du verbe acheter. Vous aurez fait quelque chose avant l’autre chose, avant d’aller à la réunion de famille.

On revient à l’expression : donc, « être souple comme un verre de lampe ». Souple, c’est quoi ? C’est avoir de la souplesse, c’est pouvoir se plier facilement, c’est être flexible. On parle d’humains qui sont souples, on peut aussi parler d’objets. Un objet souple, c’est un objet qui va se plier facilement sans se casser. Donc ici, quand on dit « être souple comme un verre de lampe », on parle généralement d’un humain. Et un verre de lampe, c’est quoi ? Alors pour ça, il faut voir dans votre tête une lampe, mais pas une lampe à électricité ; une lampe ancienne avec de l’huile ou du pétrole. Et dans ces lampes à pétrole, il y avait un réservoir en dessous, en bas, et au-dessus une espèce de verre avec la flamme au milieu. Eh bien, ce verre qui protégeait la flamme, c’était un verre de lampe et c’était très fragile, ça se cassait facilement. Ce n’était pas souple du tout, c’était même très dur, très cassant.

Donc, quand on dit « être souple comme un verre de lampe », c’est être souple à l’image d’un verre de lampe, comme quelque chose qui est très cassant. Donc en fait, qui n’est pas souple du tout. En fait, on devrait plutôt dire « ne pas être souple comme un verre de lampe ». Là, ce serait très clair. On comprendrait. Un verre de lampe, ce n’est pas souple, donc on dit « ne pas être souple comme un verre de lampe ». Sauf qu’en France, on adore l’ironie et on dit donc « être souple comme un verre de lampe ». Il faut comprendre le contraire de ce qu’on dit. Ça s’appelle une antiphrase, c’est de l’ironie. Je vous en parle souvent, on utilise souvent ça en français et c’est pour ça que c’est important de le comprendre.

Je vous donne un autre exemple d’ironie. On va reprendre l’exemple de la réunion de famille où vous avez apporté le dessert. Et vous trouvez que la réunion n’est pas très sympa, qu’il y a une mauvaise ambiance. Et vous allez dire à votre frère ou votre sœur à côté de vous : « Charmante, cette réunion ! Charmante, cette réunion ! ». Avec le ton que j’ai employé, il faut comprendre : « Quelle horreur cette réunion, quelle horrible réunion ». Ce n’est pas charmant du tout, mais je vais dire « charmante cette réunion » alors que je veux dire le contraire. C’est ça l’ironie, et dans le ton, dans la voix, il faut comprendre l’ironie.

Donc « être souple comme un verre de lampe », c’est ne pas être souple du tout. Donc un peu comme moi. Si vous n’êtes pas souple, vous pouvez dire « je suis souple comme un verre de lampe », ou on peut dire aussi « je suis raide comme un balai » ou « je suis raide comme un piquet ». Ça, ce sont deux autres expressions françaises qui veulent dire la même chose. En anglais, ça se dit « to be as flexible as a brick ». Être aussi flexible qu’une brique, c’est assez imagé, on comprend très bien. Et là aussi, nos amis anglais sont ironiques, c’est de l’ironie, puisqu’une brique, ce n’est pas flexible, ce n’est pas souple du tout.

Eh bien, on en a vu des choses aujourd’hui ! Ma vidéo perdue, je suis dégoûté… on a vu « être en PLS », on a parlé d’« être souple comme un verre de lampe » bien sûr, et demain je vous parlerai d’une nouvelle expression qui est « pour vivre heureux, vivons cachés ». Bon, je vais aller pleurer sur ma vidéo perdue. Allez, je vous retrouve demain et je vous souhaite de passer une bonne journée. À bientôt ! Y hasta luego, en la leja, matane.


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Tags

Categories

Laisser un commentaire

Le français c'est facile avec Adrien

Apprenez le français naturellement, quotidiennement avec des podcasts, des contes, des fables, des chansons, des livres audio pour débutants, intermédiaires et avancés

En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture