« Pour vivre heureux vivons cachés » et l’explication d’une phrase intéressante

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, on est aujourd’hui jeudi 26 mars 2026, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien et aujourd’hui je vais vous parler d’une expression française, comme vous l’avez vu sur l’image du podcast, qui est « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Mais avant, je vais vous parler d’une phrase que j’ai lue récemment, qui est une phrase qui a été créée, qui a été écrite par un monsieur qui s’appelle Bernard Dufeu et qui écrit des livres sur « Comment apprendre aux autres ». Ça s’appelle la pédagogie. Et sa phrase, que je trouve géniale, que je trouve tout à fait exacte, c’est « La règle est faite pour être oubliée, l’important c’est qu’elle soit appliquée. »

Je vous répète : « La règle est faite pour être oubliée, l’important c’est qu’elle soit appliquée. » La règle, c’est quoi ? C’est par exemple une règle de grammaire, une règle de conjugaison, une règle d’orthographe. Et ça, c’est évidemment utile pour l’apprentissage des langues. Donc lui, il dit que les règles sont faites pour être oubliées. Ce qui est important, c’est de les appliquer, c’est de les utiliser, c’est de s’en servir, mais en fait sans y penser.

Et ça, ça marche pour les langues, mais ça marche pour tout. Quand on prend par exemple la conduite, le fait de conduire une voiture, une moto ou autre chose, au début on apprend la théorie, on apprend les règles, on apprend comment conduire, on apprend que le pied droit appuie sur l’accélérateur dans une voiture, le pied gauche va freiner ou débrayer pour changer de vitesse. Ça c’est une règle et on l’apprend quand on commence à conduire. On apprend les règles aussi du code de la route. On apprend les règles sur la route qui font que, pardon, eh bien on a le moins possible d’accidents. On apprend tout un tas de règles pour pouvoir conduire en sécurité, conduire de la bonne façon, de la bonne manière. Et au fur et à mesure du temps, on ne pense plus à ces règles. On les suit, on les applique, mais on n’y pense plus. Je suis sûr que quand vous conduisez, vous ne pensez pas au fait d’appuyer sur l’accélérateur pour accélérer, d’appuyer avec votre pied droit sur la pédale du milieu pour freiner, d’appuyer avec votre pied gauche sur la pédale de gauche pour débrayer, pour changer de vitesse, on fait ça automatiquement. On l’a appris au début et après on le fait automatiquement sans y penser. La règle est faite pour être oubliée, l’important c’est qu’elle soit appliquée.

Et ça, ça marche pour tout, pour toutes sortes d’apprentissages. Si vous commencez un nouveau jeu vidéo, eh bien au début, il y a ce qu’on appelle un tutoriel, un tuto où le jeu vidéo va vous apprendre comment marche le jeu. Si c’est un jeu de combat, comment combattre, comment faire des coups de pied, des coups de poing, des combinaisons. Et au fur et à mesure que vous jouez, vous allez appliquer ces combinaisons, vous allez faire des coups de pieds, des coups de poing, sans y penser. Vous allez oublier la règle, mais vous allez l’appliquer, vous allez l’utiliser. Et donc je vous disais, ça, c’est vrai dans tout. Et aussi, ce qui nous intéresse dans ce podcast, l’apprentissage des langues.

Là, je suis en train de parler français. En parlant français, dans ma tête, j’ai le fil de ma pensée, j’ai là où je veux en venir, mais je n’ai pas toutes les règles du français dans ma tête et heureusement, parce que ça serait épuisant. Je parle français sans faire de faute, ou tout du moins le moins possible, parce que c’est inscrit dans ma tête, c’est inscrit dans ma mémoire, j’utilise des règles sans y penser alors que parfois j’ai oublié ces règles. Je vais vous prendre un exemple simple, comment on forme le passé composé. Le passé composé, c’est un auxiliaire être ou avoir qui est conjugué au présent, avec le participe passé d’un verbe. Par exemple, chanter, eh bien le passé composé de chanter, c’est « j’ai chanté » à la première personne. Mais dans ma tête, quand je parle français, à chaque fois que j’utilise « j’ai chanté », je ne suis pas en train de me dire « comment je fais pour créer le passé composé ». Je sais, et je saurais toute ma vie, comment on fait un passé composé. La règle, je l’ai apprise quand j’étais enfant et après je l’ai oubliée. C’est pour ça que la phrase de cet auteur est très importante et elle est tellement vraie.

Je vous la répète : la règle est faite pour être oubliée. L’important, c’est qu’elle soit appliquée. Donc le but pour vous qui apprenez le français, c’est d’apprendre des règles et après de les utiliser sans y penser. Mais entre ces deux étapes, entre ces deux moments, il y a plusieurs étapes à faire. Au début, vous allez prendre du temps pour retrouver le passé composé. Si vous savez que vous devez utiliser le passé composé dans une phrase, vous allez vous dire « attends, comment est-ce qu’on fait le passé composé déjà ? Ah oui, c’est un auxiliaire au présent avec le participe passé. » Donc ça c’est la règle, vous allez mettre du temps à vous en rappeler, peut-être que vous l’aurez d’ailleurs oublié. Donc il faudra la réapprendre, il faudra vous la réapproprier pour pouvoir l’utiliser. Et plus vous allez l’utiliser, plus ça va devenir naturel. Plus vous allez l’utiliser, moins vous allez y penser. Et plus les mots vont sortir naturellement.

Je vous parle de ça en connaissance de cause. J’ai fait ça pour l’anglais avec par exemple les verbes irréguliers. It had eaten, he was, were, been, buy bought bought. Il y en a plein, leave left left, drive drove driven. Tout ça ce sont des verbes que j’ai appris, mais qu’aujourd’hui j’utilise sans y penser. Je n’ai pas besoin de temps en anglais pour me rappeler des verbes irréguliers. J’ai appris la règle, je l’applique mais j’ai oublié la règle. Donc ça c’est pour l’anglais et en japonais, j’en suis encore au stade où j’ai besoin de me rappeler de la règle pour certaines choses. Il y a pas mal de choses, pas mal de phrases que j’arrive à faire sans me rappeler de la règle parce que maintenant je l’ai appris, je l’ai oublié et j’arrive à m’en servir, et il y a encore beaucoup de formes grammaticales, beaucoup de choses que je veux dire où j’ai besoin de connaître la règle.

Tout ça pour vous dire quoi ? Tout ça pour vous dire que plus vous allez parler français, écrire en français, plus vous allez écouter du français, plus vous allez maîtriser le français et moins vous aurez besoin de retenir les règles. Vous les apprendrez, vous les utiliserez sans y penser après. Et comment on fait ça ? Eh bien en faisant des erreurs. C’est en se trompant, en essayant, en se trompant et en essayant encore et en se trompant encore qu’on arrive à modifier les choses, que le cerveau arrive à comprendre les règles, à les utiliser de mieux en mieux et après à ne plus y penser.

Et d’ailleurs, plus vous allez écouter du français comme mon podcast ou d’autres podcasts évidemment, plus vous allez lire, plus la sonorité, la musicalité, le rythme du français va s’imprégner dans votre tête. Et peut-être que sur certains examens, à certaines questions, vous ne connaîtrez pas la règle, mais vous allez pouvoir déduire la réponse. Vous allez pouvoir trouver la réponse parce qu’entre guillemets, ça sonne bien dans votre tête. Vous ne saurez pas pourquoi, mais le genre de phrase qu’on vous demande va bien sonner. C’est comme si vous aviez la réponse, mais que vous ne connaissiez pas la règle.

Est-ce que ça résonne en vous ? Est-ce que ça vous parle ? Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ? Je pense que oui parce qu’on parcourt tous le même chemin pour apprendre les langues, il y a mille façons d’apprendre, mais au final, le but, c’est le même pour tous, c’est de parler la langue qu’on veut apprendre, c’est de lire, c’est d’écrire, c’est de pouvoir l’utiliser dans la vie de tous les jours sans avoir besoin de penser aux règles de cette langue.

2) Expression du jour : Pour vivre heureux, vivons cachés

Allez, on passe maintenant à la deuxième partie du podcast avec une expression intéressante qui est « Pour vivre heureux, vivons cachés ».

Cette expression déjà, je vais vous dire d’où elle vient. Je vais vous donner son origine et vous raconter un peu cette petite histoire. Cette phrase, elle est très connue aujourd’hui et elle vient du XVIIe siècle. Elle vient d’une fable, mais pas d’une fable de La Fontaine, une fable d’une autre personne qui s’appelle de Florian, qui n’est pas du tout connue aujourd’hui mais qui était très connue à l’époque de son vivant. Et ce monsieur de Florian, il a écrit une fable sur un grillon et un papillon. Un grillon, c’est un petit insecte qui fait ce bruit-là l’été ou l’automne, je sais plus. Ça ne fait pas du tout ce bruit-là. Bon bref, un grillon, c’est un insecte. C’est un insecte qui est dans les herbes, qui reste au sol. Et un papillon, c’est un insecte qui vole.

Et dans cette fable, c’est l’histoire d’un petit grillon que personne ne voit, que personne ne remarque parce qu’il est caché dans les herbes. Et il est triste parce que personne ne fait attention à lui. Il regarde dans l’air et il voit un magnifique papillon dans les airs avec de belles couleurs que tout le monde regarde. Le papillon attire l’attention, il est très beau, il attire tellement l’attention qu’il y a des enfants qui arrivent, qui l’attrapent et qui tuent le papillon. À ce moment-là, le grillon change d’avis. Le grillon se dit « en fait, ce n’est pas bien d’attirer l’attention, ce n’est pas bien d’être trop beau, trop parfait, ce n’est pas bien de se montrer, je préfère rester caché et vivre ma vie tranquillement. Pour vivre heureux, vivons cachés. »

Donc cette phrase qui vient d’une fable de ce monsieur de Florian, elle veut dire que pour être heureux, il vaut mieux rester discret. Si vous voulez être heureux dans votre vie, c’est mieux de garder votre vie secrète. La vie privée, c’est la vie privée, pas besoin d’en parler, pas besoin de la montrer, mieux c’est que ça reste privé. Et je trouve que c’est tellement vrai, franchement. D’être une personnalité connue, être une personnalité publique, pour moi, ça serait l’horreur. Je n’ai absolument pas envie d’être connu, je n’ai absolument pas envie qu’on me reconnaisse dans la rue, je ne comprends pas tous ces gens qui cherchent à être célèbres. Je ne comprends pas tous ces politiques qui cherchent à avoir le pouvoir, qui cherchent à être aimés, mais franchement pour moi c’est un désordre psychologique. Pour moi, il y a un gros problème dans la tête de ces personnes-là. Elles ont besoin d’amour des autres, elles ont besoin d’être reconnues, d’être mises en avant. Mais moi, j’ai d’autres problèmes, mais celui-là, pas du tout. Je préfère rester caché, je préfère vivre heureux, vivre ma vie en étant caché et surtout en n’étant pas connu. J’ai envie de pouvoir aller faire mes courses sans être dérangé. J’ai envie de pouvoir aller en vacances, aller faire du tourisme, aller à la piscine sans être dérangé, sans que personne ne m’embête.

Et cette phrase, c’est vraiment ça. « Pour vivre heureux, vivons cachés. » C’est vraiment garder votre vie privée, vivre votre vie en étant heureux, mais sans avoir besoin de montrer cette vie aux autres. C’est comme pour les signes de richesse, si vous avez une belle montre, une belle voiture, de beaux bijoux, de beaux vêtements, malheureusement dans notre société actuelle, ou en tout cas dans notre société occidentale française, c’est mal vu d’avoir de belles choses. Il y a tellement de jalousie, tellement de gens envieux que ce n’est pas une bonne chose d’avoir une belle montre, d’avoir une belle voiture. Moi, si je vois quelqu’un qui a une belle voiture, je ne suis pas jaloux de la personne. Je suis content qu’il ait une belle voiture et j’ai peut-être envie d’avoir la même chose. Mais je ne suis pas envieux de cette personne.

Donc « pour vivre heureux, vivons cachés », c’est « Vivez votre vie comme vous le voulez, mais ne le montrez pas aux autres. Ne montrez pas ce que vous vivez, vivez votre vie tranquille dans votre coin et soyez heureux comme cela. »

Ici on a une forme avec « pour » + infinitif — « pour vivre heureux ». Vivre c’est un infinitif, c’est dans le but de. « Pour manger », c’est dans le but de manger, « pour dormir » dans le but de dormir. Et après on a donc un conseil, « vivons cachés ». Pour exprimer un conseil, on va utiliser l’impératif. L’impératif du verbe vivre à la première personne du pluriel, c’est « vivons ». « Pour vivre heureux », dans le but de vivre heureux, il vaut mieux, c’est mieux de vivre caché. « Pour vivre heureux, vivons cachés. » Ici, on utilise l’impératif donc pour le conseil et on utilise le « nous » parce que c’est une globalité. On fait une généralité, on englobe tout le monde.

En anglais, to live happily, live hidden. Je l’ai traduit littéralement en anglais. Peut-être que ça existe sous une autre forme. Je ne sais pas. Les anglophones, les Anglais, les Américains, les Australiens, tous ceux qui parlent très bien anglais, dites-moi si vous savez.

Vous pouvez me soutenir de deux façons, soit sur YouTube où j’ai mis un système de partenariat en place, soit sur Patreon où vous avez un abonnement possible pour m’aider à produire ce podcast. Demain, on parlera d’une fable de La Fontaine. Ce n’est pas une fable de Florian, c’est une fable de La Fontaine qui s’appelle L’Âne chargée d’éponges et L’Âne chargée de sel. Donc on va encore parler d’âne dans ce podcast. Et je vous raconterai cette histoire demain. J’espère que ça vous a plu. Laissez-moi un petit commentaire sur YouTube ou une bonne note sur vos applications de podcast. Ça serait top ! Et on se retrouve demain. À bientôt ! Bye bye ! Hasta luego. Matane !


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