L’âne chargé d’éponge et l’âne chargé de sel

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on va parler d’une nouvelle fable de La Fontaine. On est le vendredi 27 mars 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans mon podcast. Cette fable, elle est assez longue, elle fait 35 lignes. Donc, je vais vous l’expliquer entre aujourd’hui et demain, aujourd’hui vendredi et demain samedi. Alors, on va commencer tout de suite et je vais vous la lire doucement. Elle est assez dure à comprendre. Il y a pas mal de mots assez anciens. Donc, bien sûr, après, je vous expliquerai phrase par phrase, ligne par ligne, je vous expliquerai le sens des mots et, bien sûr, comme d’habitude, je vous lirai une version plus facile que j’ai créée pour vous. Si vous voulez retrouver la transcription de ce que je vous dis, le texte écrit de ce podcast, vous pouvez le retrouver sur mon Patreon où vous avez un abonnement pour me soutenir, ou vous pourrez le retrouver dans un mois, donc fin avril, sur mon site internet, francaisfacileadrien.com. Et tout de suite, je commence avec la fable de La Fontaine que je vais vous lire doucement.

L’Âne chargé d’éponges et l’Âne chargé de sel, par Jean de La Fontaine.

Un ânier, son sceptre à la main, Menait, en empereur romain, Deux coursiers à longues oreilles. L’un d’éponges chargé marchait comme un courrier, Et l’autre se faisant prier Portait, comme on dit, les bouteilles. Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins, Par mont, par vaux et par chemins, Au gué d’une rivière à la fin arrivèrent, Et fort empêchés se trouvèrent. L’ânier, qui tous les jours traversait ce gué-là, Sur l’âne à l’éponge monta, Chassant devant lui l’autre bête, Qui, voulant en faire à sa tête, Dans un trou se précipita, Revint sur l’eau, puis échappa. Car, au bout de quelques nages, Tout son sel se fondit si bien Que le baudet ne sentit rien Sur ses épaules soulagées. Camarade éponger, prit exemple sur lui, Comme un mouton qui va dessus la foi d’autrui. Voilà mon âne à l’eau. Jusqu’au col il se plonge, Lui, le conducteur, et l’éponge. Tous trois burent d’autant. L’ânier et le grison firent à l’éponge raison. Celle-ci devint si pesante, Et tant d’eau s’y amassa d’abord, Que l’âne succombant ne put gagner le bord. L’ânier l’embrassait dans l’attente D’une prompte et certaine mort. Quelqu’un vint au secours : qui se fut, il n’importe. C’est assez qu’on ait vu par là Qu’il ne faut point agir chacun de même sorte. J’en voulais venir à ce point.

Et là, j’ai fini de vous lire cette fable de La Fontaine qui est assez longue, qui est assez compliquée pour ne pas dire très compliquée. Donc, bien sûr, si vous êtes toujours là, c’est que ça vous intéresse et donc je vais vous expliquer les lignes, vous expliquer la fable. On recommence tout de suite avec la première ligne. Non, plutôt, je vais vous parler de l’image. Sur l’image du podcast que j’ai créée, on voit deux ânes. Les ânes dont on va parler dans ce podcast, dans cette fable, ce sont les animaux qu’on voit sur l’image. Il y en a deux et il y en a un qui porte des éponges. Une éponge, c’est quoi ? C’est ce dont vous vous servez pour faire la vaisselle, pour nettoyer les assiettes. C’est quelque chose de très léger et quand on met de l’eau dessus, ça devient très lourd. Et l’autre âne, il porte du sel. Le sel, c’est facile, c’est ce qu’on met dans les plats pour relever le goût. Il y a du sel ou il y a du poivre. Donc le deuxième âne porte des cristaux, des grains de sel. Et là, je vous ai expliqué le titre. L’Âne chargé d’éponges, l’âne qui portait des éponges et son ami l’âne qui portait du sel. Et maintenant, on peut commencer l’histoire.

Ligne 1, « Un ânier, son sceptre à la main. » Un ânier, c’est en fait un homme. C’est le propriétaire des ânes, c’est celui qui va diriger les ânes. C’est un mot qu’on n’utilise plus maintenant, mais à l’époque, il y a plus de 300 ans, ça s’utilisait. Donc on parle ici en fait d’une personne avec son sceptre à la main. Le sceptre, c’est quoi ? Le sceptre, c’est une espèce de bâton avec des bijoux dessus qui vaut de l’argent, qui a une certaine valeur et souvent, c’est un roi qui porte un sceptre. Ici, c’est assez comique parce qu’en fait, La Fontaine, l’auteur, présente le propriétaire des ânes comme quelqu’un de riche, comme on va le voir à la deuxième ligne, un empereur romain. C’est assez marrant. Donc en fait ici, première ligne, un ânier, son sceptre à la main, on parle juste d’un homme qui a en main un bâton pour diriger ses ânes.

Ligne 2, « Menait, en empereur romain. » « Menait » c’est l’imparfait du verbe « mener ». Donc on est dans une histoire passée. Et « mener » ça veut dire « diriger ». Donc l’homme avec son bâton dirige comme un empereur romain. Pourquoi un empereur ? Parce que dans la ligne d’avant, on a dit que l’homme avait un sceptre à la main. Comme un empereur romain, là c’est encore de l’humour, La Fontaine présente cet homme comme une personne célèbre.

Ligne 3, « Deux coursiers à longues oreilles. » Là encore, avec les mots « deux coursiers », un coursier c’est comme un cheval de course, alors qu’en fait ce sont des ânes. Donc là encore c’est un peu d’humour par rapport au fait de présenter l’homme comme quelqu’un de riche. Donc les deux coursiers à longues oreilles, ce sont en fait les deux ânes. Donc ici dans les trois premières lignes, on nous dit juste : un homme avec un bâton dirigeait deux ânes.

Ligne 4, « L’un d’éponges chargé marchait comme un courrier. » L’un c’est un des deux ânes. Eh bien quoi ? Eh bien il était chargé d’éponges. Je vous l’ai dit tout à l’heure, un des deux ânes portait des éponges et il marchait, encore un imparfait, comme un courrier. Alors, le courrier, c’est un mot qui aujourd’hui désigne une correspondance entre deux personnes. Vous pouvez envoyer un courrier à quelqu’un. C’est un papier avec un mot marqué dessus. On peut envoyer aussi un courriel, ça c’est un mail, c’est un mot avec des choses marquées, mais par Internet. Donc ça c’est le sens récent du mot courrier, mais dans cette fable, courrier a un autre sens, un sens plus ancien. Un courrier à l’époque, c’était une personne sur un cheval qui était chargée de venir annoncer les nouvelles. Avant qu’il y ait ce système de courrier, ce système de poste entre des personnes, entre deux adresses, comment on faisait ? Eh ben il y avait un gars sur un cheval qui galopait pour amener les nouvelles d’un endroit à un autre. Cette personne sur son cheval, elle s’appelait le courrier, alors qu’aujourd’hui c’est juste la lettre qu’on va mettre dans une enveloppe, c’est ça le courrier. Mais le but est le même, c’est d’amener un message à une personne. Vous voyez, c’est intéressant comment les langues évoluent, comment le français a changé entre le XVIIe siècle et aujourd’hui. Donc l’âne, si on revient à la fable, l’âne qui portait des éponges, il marchait comme un courrier, il marchait très vite en fait puisque le courrier à cheval allait très vite.

On reprend avec la ligne 5, « Et l’autre se faisant prier. » L’autre c’est l’autre âne, donc celui qui porte du sel. Se faisant prier, ça vient de se faire prier. Et quand on se fait prier pour quelque chose, c’est quand on nous demande quelque chose, mais qu’on ne le fait pas tout de suite. On met du temps, on prend son temps. Pourquoi l’autre âne prend son temps, marche doucement ? Évidemment parce qu’il porte du sel, du sel très lourd.

Ligne 6, « Portait, comme on dit, les bouteilles. » « Portait », c’est l’imparfait du verbe porter et on parle toujours de l’âne qui porte du sel. Pourquoi on nous dit ici qu’il porte des bouteilles ? En fait, ce ne sont pas vraiment des bouteilles. Ici, on parle de choses fragiles et donc du fait d’aller doucement. L’âne qui porte du sel va doucement, non pas parce qu’il porte des choses fragiles mais parce qu’il porte quelque chose de très lourd. D’ailleurs, on nous le dit juste après.

Ligne 7, « Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins. » Alors là on a deux mots un peu anciens. Gaillard, on l’utilise encore aujourd’hui de temps en temps et parfois dans les livres bien sûr. Quelqu’un de gaillard, c’est une personne qui est courageuse, qui est costaud, qui est forte. Un gaillard, c’est une personne assez massive, un homme assez grand, assez costaud. Et un pèlerin, c’est quoi ? C’est une personne qui va marcher sur des chemins de pèlerinage. Et le pèlerinage, c’est quoi ? C’est un chemin, c’est le fait de marcher sur un chemin qui va vous amener à un lieu sacré, à un lieu saint, comme le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Partout dans l’Europe, il y a des hommes, il y a des femmes qui marchent pour aller vers Saint-Jacques-de-Compostelle, vers ce lieu sacré. Donc ici, La Fontaine compare les deux ânes à des personnes qui marchent. Pourquoi ? Parce que les pèlerins sur le pèlerinage marchent beaucoup, comme les deux ânes qui marchent beaucoup.

Ligne 8, « Par mont, par vaux et par chemins. » Alors, « par mont », c’est en fait la montagne. « Par vaux », c’est le pluriel d’un « val » et un « val » c’est ce qu’il y a en bas d’une montagne. Et « par chemins ». En fait ici on nous dit que les deux ânes marchent un peu partout. Ils parcourent beaucoup de distance, ils marchent pendant longtemps, que ce soit dans les montagnes ou alors en bas de ces montagnes à travers des chemins.

Est-ce que ça va ? Est-ce que vous suivez pour l’instant ? J’espère que j’arrive à bien vous expliquer. Je vous fais un petit résumé des 8 premières lignes. On a un homme avec un bâton qui dirige deux ânes, un âne qui est chargé d’éponges, un autre âne qui est chargé de sel et ils sont en train de marcher. Pour l’instant c’est tout, on n’a rien de plus dans la fable.

Ligne 9, « Au gué d’une rivière à la fin arrivèrent. » Alors là il va se passer quelque chose. Comment on le sait ? Parce que le temps de la phrase a changé. Le verbe ici, à la fin, c’est « arrivèrent » et c’est le passé simple. Le passé simple c’est pour décrire une action passée mais qui est brève, qui est ponctuelle. Alors que les deux ânes et l’homme marchaient, tout à coup, à un moment, ils arrivent au gué d’une rivière. Le gué d’une rivière, c’est quoi ? Le gué, c’est l’endroit où la rivière n’est pas du tout profonde. C’est un endroit où vous pouvez traverser à pied. Alors que peut-être à droite et à gauche, la rivière est très profonde et vous ne pouvez pas traverser en marchant. Donc le gué d’une rivière, c’est ça. C’est un endroit où on peut traverser. Il n’y a pas de pont, mais on peut marcher sur le fond de la rivière.

Ligne 10, « Et fort empêchés se trouvèrent. » Fort empêchés, ça veut dire bien embêtés. Pourquoi les ânes étaient embêtés ? Parce qu’ils voient passer une rivière. Et les ânes ne savent pas où est-ce qu’il faut marcher. C’est là que l’homme va les aider.

Ligne 11, « L’ânier, qui tous les jours traversait ce gué-là. » Alors l’ânier c’est toujours l’homme qui dirige les ânes, lui il passe tous les jours par là, donc il sait exactement là où il faut marcher pour traverser le gué, pour passer par l’endroit de la rivière qui n’est pas profond.

Ligne 12, « Sur l’âne à l’éponge monta. » Donc ici on nous dit que l’homme va monter sur le dos de l’âne qui portait les éponges. On a encore un passé simple avec « monta » qui est le passé simple du verbe monter. Donc l’homme monte sur l’âne qui porte les éponges.

Et ligne 13, « Chassant devant lui l’autre bête. » Chassant devant, « chassant » c’est le participe présent du verbe chasser, donc il fait une chose en même temps que l’autre. Il monte sur l’âne et il chasse devant lui. Il pousse devant lui l’autre bête, l’autre âne. Donc, on a l’âne qui porte du sel qui marche devant et l’âne qui porte des éponges avec l’homme sur son dos juste derrière.

Ligne 14, « Qui, voulant en faire à sa tête. » Alors, ici, on parle de l’âne qui porte du sel, donc celui qui est devant. Lui, il veut faire quoi ? Il veut en faire à sa tête. En faire à sa tête, ça veut dire faire ce qu’on veut, ne pas écouter les conseils et en faire comme sa tête nous le dit. En fait, c’est être têtu. Quand vous suivez votre idée et que vous n’écoutez personne, vous en faites à votre tête, vous êtes têtu.

Ligne 15, « Dans un trou se précipita. » Donc l’âne qui portait du sel ne passe pas sur le gué, ne passe pas là où l’eau était peu profonde, mais il est parti soit à gauche, soit à droite, dans la rivière. Et évidemment, dans un trou, dans l’eau, donc l’âne va couler.

Ligne 16, « Revint sur l’eau, puis échappa. » Là, on n’a que des passés simples, donc ce sont des actions rapides, des actions dans le passé, mais qui sont très brèves, très rapides. Donc l’âne coula dans l’eau puis échappe, ou plutôt puis remonta. Imaginez que l’âne commence à aller dans l’eau et il tombe dans un trou. Il n’a plus pied, il coule, puis il va remonter. Pourquoi ?

Parce que ligne 17, « Car, au bout de quelques nages. » Des nages, ici c’est un nom, ça vient du verbe nager, c’est quand vous êtes dans l’eau et que vous allez bouger les bras et les jambes pour avancer. L’âne, lui, instinctivement va bouger ses pattes.

Et après quelques nages, ligne 18, « Tout son sel se fondit si bien. » Ici on nous dit que le sel fondit. « Fondit », c’est le passé simple du verbe fondre, donc le sel va disparaître, va se fondre dans l’eau. Bien sûr, quand on met du sel dans de l’eau, le sel disparaît. Donc l’âne qui portait du sel très lourd va se retrouver très léger, soulagé, parce que le sel va disparaître dans l’eau. On nous le dit d’ailleurs juste après.

Lignes 19 et 20, « Que le baudet ne sentit rien sur ses épaules soulagées. » Le sel fondit rapidement et donc le baudet, c’est l’âne, ne sentit plus sur ses épaules le sel, ne sentit rien sur ses épaules soulagées.

Est-ce que vous avez compris un petit peu ou plutôt est-ce que vous avez bien compris cette partie de la fable ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Je vais vous résumer ce que je vous ai expliqué. Donc on a deux ânes. Un âne qui porte des éponges, l’autre qui porte du sel. Ces deux ânes, ils sont dirigés par un homme avec un bâton. Ils marchent, ils marchent et ils arrivent au bord d’une rivière. L’homme qui connaît le coin, lui, il sait où il faut marcher. Donc il monte sur le dos de l’âne avec les éponges et il pousse devant l’âne avec le sel. Sauf que l’âne était têtu. Et donc cet âne avec le sel qui est devant va aller dans la rivière n’importe où, il va couler et puis il va remonter parce que le sel va fondre. Et on en est là dans l’histoire.

Demain, je vous explique la suite. Je vous raconte ce qui va arriver à l’homme et à l’autre âne. Peut-être que d’ailleurs, vous avez une idée. Si vous savez ce qui va se passer, si vous avez deviné ce qui va arriver à l’autre âne qui porte des éponges, laissez-moi un petit commentaire sur YouTube et je vous dirai si vous avez raison ou pas. Donc on se retrouve demain pour la suite de la fable et d’ici là je vous souhaite de passer une bonne journée. À bientôt. Bye bye, hasta luego. El haleja Matane !

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien, que vous vous êtes reposés depuis hier. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui on est le samedi 28 mars, oui c’est ça. Et on continue la fable qu’on a commencée hier. Je vous conseille d’écouter le podcast d’hier si vous voulez comprendre celui d’aujourd’hui, parce qu’on va enchaîner direct avec la ligne numéro 21, la 21e ligne, parce qu’on a fait les 20 premières lignes hier.

Alors où est-ce qu’on en est dans notre histoire ? On a l’âne qui était chargé de sel qui est tombé dans l’eau et le sel a fondu — j’allais dire fondi — le sel a fondu. Et donc l’âne est remonté et derrière on a l’homme sur l’âne chargé d’éponges.

Ligne 21, « Camarade éponger prit exemple sur lui. » Camarade, c’est un ami. Et éponger, ça, c’est marrant, c’est un nouveau mot, ou c’est plutôt un mot qui a été créé pour cette fable par l’auteur, par Jean de La Fontaine. Il y avait un âne qui portait du sel et un âne qui portait des éponges. Eh bien La Fontaine a appelé ce deuxième âne « éponger ». C’est assez joli, on comprend très bien d’ailleurs ce que ça veut dire. Donc l’âne qui portait des éponges prit exemple sur lui. Lui, c’est l’autre âne. Et « prit exemple », c’est le passé simple de « prendre exemple ». Donc le deuxième âne a fait comme le premier.

Ligne 22, « Comme un mouton qui va dessus la foi d’autrui. » Comme un mouton, ça c’est une expression que je vous ai déjà expliquée. Suivre comme un mouton, c’est faire comme l’autre sans réfléchir. Et après on a « qui va dessus la foi d’autrui ». La foi, c’est la croyance que quelqu’un a. Ici, on parle de la croyance de l’âne qui pensait pouvoir faire comme il voulait. Donc le deuxième âne, l’âne qui portait des éponges, fait comme le premier. Au lieu de traverser là où le maître lui dit, là où l’homme lui a dit d’aller, saute exactement au même endroit que l’autre âne.

Ligne 23, « Voilà mon âne à l’eau. Jusqu’au col il se plonge. » Donc là, c’est ce que je viens de vous dire. L’âne saute dans l’eau et va avoir de l’eau jusqu’au niveau du cou. Jusqu’au col, c’est jusqu’au cou. Et quand on plonge, c’est quand on va dans l’eau, sous l’eau.

Ligne 24, « Lui, le conducteur et l’éponge. » Alors, ici on parle de trois choses, de trois entités. Première chose, première personne, l’âne. Deuxième, le conducteur, donc l’homme, et troisième qui est un objet, c’est les éponges. Et donc là, on va nous dire ce qui va se passer pour ces trois entités, pour ces trois choses.

Ligne 25, « Tous trois burent d’autant, l’ânier et le grison » et ligne 26, « firent à l’éponge raison. » Alors, je vous explique. Ici, on nous dit « tous trois burent d’autant ». Tous trois, donc l’âne, l’homme et l’éponge. « Burent », c’est le passé simple de boire et « autant » ça veut dire ici beaucoup. Donc l’âne qui coule est en train de boire la tasse, de boire beaucoup d’eau. L’homme aussi, puisqu’il est au-dessus de l’âne, peut-être qu’il est attaché à l’âne. Et l’éponge boit aussi beaucoup d’eau. On va d’ailleurs le voir juste après. « Firent à l’éponge raison », c’est le passé simple de « faire raison ». Faire raison, c’est une ancienne formule pour dire boire autant que, faire honneur à une personne. On nous explique donc que l’éponge va se gorger d’eau, va boire beaucoup d’eau, et l’homme est là aussi parce qu’ils sont en train de couler.

Ligne 27, « Celle-ci devint si pesante. » Celle-ci, c’est ce dont on vient de parler juste avant, donc l’éponge. « Devint », c’est le passé simple du verbe devenir et « pesante », ça vient du verbe peser, c’est en fait être lourd. L’éponge qui se remplit d’eau évidemment devenait de plus en plus lourde. On nous le dit juste après.

Ligne 28, « Et tant d’eau s’y amassa d’abord. » « S’amassa », c’est le passé simple du verbe « amasser », on dirait aujourd’hui « s’amasser », « se remplir ». Très lourde à cause de l’eau. Et comme l’éponge est attachée à l’âne, eh bien l’âne, il va galérer. D’ailleurs on nous le dit.

Ligne 29, « Que l’âne succombant ne put gagner le bord. » « Succombant », c’est le participe présent du verbe succomber, ça veut dire mourir. Donc l’âne devient tellement lourd qu’il ne peut plus remonter à la surface, il ne peut plus atteindre le bord de la rivière. Il est en train de couler et on nous dit juste après qu’il emporte avec lui l’homme.

Ligne 30, « L’ânier l’embrassait dans l’attente » et ligne 31, « d’une prompte et certaine mort. » L’ânier, c’est toujours l’homme, le conducteur des ânes. Il faisait quoi ? Il embrassait l’âne dans l’attente de sa mort. Embrasser, ça peut vouloir dire faire la bise, ou embrasser sur la bouche, sur la joue, où vous voulez, mais ça peut aussi vouloir dire faire corps avec quelqu’un, faire cause commune, faire la même chose que cette personne. Et ici, c’est ce sens-là qu’il faut retenir. L’homme n’est pas en train d’embrasser l’âne. L’homme va suivre l’âne dans la mort parce qu’il est attaché à l’âne et qu’ils sont en train de couler.

Ligne 32, « Quelqu’un vint au secours. » Quelqu’un c’est une personne et « vint », c’est le passé simple du verbe venir. Et au secours, c’est pour aider la personne, pour aider l’homme. Donc quelqu’un est venu et a secouru l’homme. L’âne, on pense qu’il est mort, mais l’homme a été aidé par quelqu’un. La suite de la ligne 32, c’est « Qui ce fut, il n’importe. » Qui était cette personne ? Il n’importe, c’est peu importe. On ne nous dit pas qui a aidé l’homme parce que ce n’est pas intéressant pour l’histoire.

Ligne 33, « C’est assez qu’on ait vu par là » et ligne 34, « Qu’il ne faut point agir chacun de même sorte. » Alors là, l’histoire des deux ânes avec l’homme est finie et on nous dit : c’est assez qu’on ait vu, on en a raconté assez, on a expliqué assez de choses pour comprendre quoi ? La suite : qu’il ne faut point agir chacun de même sorte, qu’il ne faut pas agir tous de la même façon. On a compris avec cette histoire que chaque situation est unique, chaque personne est différente, chaque chose est différente, et donc qu’il vaut mieux réfléchir par soi-même. C’est ça la morale de l’histoire, c’est qu’il vaut mieux réfléchir, comprendre ce qui se passe plutôt que faire comme les autres parce que toutes les situations sont différentes. Ici, le deuxième âne a fait comme le premier, il a voulu passer par le même chemin, sauter dans l’eau, sauf que le premier âne portait du sel, le sel a fondu et l’âne est remonté. Le deuxième âne portait des éponges et il a coulé. C’est la morale : réfléchissez par vous-même. Pensez, analysez. Chaque situation est différente, ne faites pas comme la personne avant vous, ne faites pas comme votre voisin, ayez votre propre réflexion afin de pouvoir vous tirer de l’embarras, afin de bien vous tirer d’affaires.

Et dernière ligne, « J’en voulais venir à ce point. » Je voulais venir à cela. Toutes ces histoires d’ânes, je voulais les expliquer pour que vous puissiez comprendre que chaque situation est unique et qu’il faut réfléchir par soi-même. C’est ça la morale de cette histoire.

Est-ce que c’est plus clair pour vous ? Est-ce que vous avez mieux compris ? Je pense que oui. Je vais vous relire la fable en entier, en allant à vitesse normale, comme si je la lisais à des Français, donc ça va peut-être être assez rapide pour vous. Et après, je vous lirai une version simplifiée avec des mots faciles qui est plus simple à comprendre. Je vous rappelle que si vous voulez retrouver la transcription de cet épisode, si vous voulez lire ce que je dis en même temps que vous écoutez, allez sur mon Patreon, vous pouvez vous abonner, c’est en même temps une bonne chose pour vous parce que vous avez accès aux transcriptions des épisodes et une bonne chose pour moi parce que ça me permet de produire ces épisodes et c’est un soutien. Sinon, dans un mois, ce texte sera disponible sur mon site francaisfacileadrien.com.

Je vous lis maintenant la fable du début à la fin à vitesse normale.

L’Âne chargé d’éponges et l’Âne chargé de sel, par Jean de La Fontaine.

Un ânier, son sceptre à la main, Menait, en empereur romain, Deux coursiers à longues oreilles. L’un d’éponges chargé marchait comme un courrier, Et l’autre se faisant prier Portait, comme on dit, les bouteilles. Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins, Par mont, par vaux et par chemins, Au gué d’une rivière à la fin arrivèrent, Et fort empêchés se trouvèrent. L’ânier, qui tous les jours traversait ce gué-là, Sur l’âne à l’éponge monta, Chassant devant lui l’autre bête, Qui, voulant en faire à sa tête, Dans un trou se précipita, Revint sur l’eau, puis échappa. Car, au bout de quelques nages, Tout son sel se fondit si bien Que le baudet ne sentit rien Sur ses épaules soulagées. Camarade éponger prit exemple sur lui, Comme un mouton qui va dessus la foi d’autrui. Voilà mon âne à l’eau. Jusqu’au col il se plonge, Lui, le conducteur et l’éponge. Tous trois burent d’autant. L’ânier et le grison firent à l’éponge raison. Celle-ci devint si pesante, Et tant d’eau s’y amassa d’abord, Que l’âne succombant ne put gagner le bord. L’ânier l’embrassait dans l’attente D’une prompte et certaine mort. Quelqu’un vint au secours. Qui ce fut, il n’importe. C’est assez qu’on ait vu par là Qu’il ne faut point agir chacun de même sorte. J’en voulais venir à ce point.

Ah bah dis donc, je suis fatigué !

Et maintenant je vous lis la fable que j’ai créée pour vous. La même fable mais plus facile.

L’Âne chargé d’éponges et l’Âne chargé de sel, par Adrien.

Un homme, un bâton en main, dirigeait deux ânes. Un était chargé d’éponges et marchait vite, et l’autre, comme s’il portait des choses fragiles, allait doucement. Il portait du sel. Les deux ânes marchèrent pendant longtemps et arrivèrent au bord d’une rivière, à un endroit peu profond. L’homme passait tous les jours par là et monta sur l’âne portant des éponges, en faisant passer l’autre âne devant lui. Mais celui-ci était têtu et alla là où l’eau était plus profonde. L’âne coula puis remonta, car après quelques instants, tout le sel qu’il portait disparut, et l’âne ne sentait plus rien sur ses épaules. L’âne qui portait les éponges imita son ami comme un mouton et alla dans l’eau profonde, avec l’homme sur son dos et les éponges, et se mit à couler à cause des éponges qui se remplissaient d’eau. L’âne mourant emmenait avec lui l’homme dans la mort. Quelqu’un arriva pour secourir l’homme. On en a vu assez dans cette histoire pour comprendre que chaque situation est unique.

Et voilà, j’ai fini de vous expliquer la fable, je suis bien content parce qu’elle était assez compliquée. J’espère que ça vous a intéressé. On se retrouve donc demain dimanche pour une nouvelle expression française qui est « ni une ni deux ». Et comme d’habitude, si vous pouvez me laisser un petit message sur YouTube, c’est sympa. Et une bonne note sur vos applications de podcast, c’est aussi très sympa. À bientôt ! Bye bye, hasta luego. El haleja Matane !


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