« Tenir le haut du pavé » et un souvenir de mathématiques

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Tenir le haut du pavé : occuper une position sociale importante, être reconnu et respecté dans un domaine.

Origine : au Moyen Âge, les rues étaient en forme de V. Les nobles marchaient près des maisons, sur les pavés les plus hauts, à l’écart des eaux usées qui coulaient au milieu.

Registre : langage soutenu.

Niveau : B1 à C2.

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est dimanche, c’est le dimanche 19 avril 2026. Je suis très content de vous retrouver pour ce nouveau podcast, ce nouvel épisode plutôt. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une expression française qui est « tenir le haut du pavé ». Mais avant ça, comme d’habitude, il y aura une première partie sur autre chose. Et encore avant cette première partie, petite introduction, petite publicité pour moi, pour mon Patreon, pour ma chaîne YouTube, pour mon site internet. Il y a plein de choses à découvrir, donc si vous voulez me soutenir, ce qui me ferait très plaisir, allez vous abonner à mon Patreon. Si vous voulez retrouver les transcriptions écrites des anciens podcasts, vous pouvez les trouver sur mon site internet francaisfacileadrien.com. Et bien sûr sur ma chaîne YouTube, en ce moment, je publie des podcasts toutes les semaines — les contes et légendes du Japon et Voyage au centre de la Terre de Jules Verne en livre audio.

1) Une anecdote sur mon prof de maths

Cette publicité étant faite, on va aborder une petite anecdote. Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée quand j’avais 18 ans. C’est pas vraiment une histoire, c’est plutôt un souvenir que j’ai qui est resté en ma mémoire.

Donc, comme je vous le dis, j’avais 18 ans. J’étais en terminale. La terminale, c’est la dernière classe avant le baccalauréat. Je vous explique en deux mots. Au collège, ça va de la sixième à la troisième — sixième, cinquième, quatrième, troisième. On a entre 11 et 14 ans. Après, on arrive au lycée — 15 ans, 16 ans, 17 ans ou 18 ans — seconde, première, terminale. Donc, imaginez-moi à 18 ans dans mon lycée, j’étais en terminale scientifique. En fait, en France, au lycée, on peut choisir, à partir de la première, une orientation pour le métier qu’on voudra faire plus tard. Il ne faut pas obligatoirement connaître son métier, mais ça va donner une orientation, une direction à ces études. Et moi, j’ai fait première scientifique, terminale scientifique. Donc les études étaient axées majoritairement sur les mathématiques, la physique, la chimie, les sciences naturelles. On avait aussi de l’anglais, du français, de la philo, mais c’était quand même axé sur les matières scientifiques.

Et pendant ma scolarité, à l’école primaire, au collège, au lycée, pendant mes études, j’ai eu de très mauvais professeurs et j’ai eu aussi de très bons professeurs. Est-ce que je vais vous raconter un souvenir avec mon professeur de mathématiques de la terminale ? Eh bien, c’est un très bon souvenir et lui faisait partie des très bons professeurs. Malheureusement, j’ai oublié son nom. Je suis désolé. Je crois que c’était monsieur Goujon. Bon bref, peu importe.

Donc ce prof de maths était génial. Pourquoi on l’adorait ? D’abord parce que c’était un très bon prof de maths, qu’il expliquait très bien les cours, qu’il nous a fait vraiment aimer les maths — en tout cas à moi c’était le cas — et aussi parce que c’était un geek. Il avait toujours les dernières nouveautés, il achetait toujours le top du top de la technologie. Et quand j’avais 18 ans, en 2002, eh bien le top du top de la technologie en France, c’était l’iPod. Le premier iPod — pour ceux qui sont plus anciens comme moi, vous devez vous en rappeler — c’était comme, comment vous dire, comment parler aux plus jeunes… comme un téléphone portable d’aujourd’hui, un peu plus épais, avec une espèce de roulette au milieu, blanche, et on pouvait mettre des MP3 dessus. On pouvait mettre de la musique, beaucoup, beaucoup de musique. Et à l’époque, donc en 2002, il n’y avait pas Spotify, il n’y avait pas YouTube Music, il n’y avait pas Deezer, il n’y avait pas de streaming de musique. Donc pour avoir de la musique, il fallait soit acheter le CD de l’artiste, soit télécharger légalement, évidemment, des MP3. Une fois qu’on avait téléchargé ces MP3 sur l’ordinateur, on pouvait les mettre dans un lecteur de MP3. Et Apple à l’époque a sorti le premier iPod, une énorme révolution dans le monde de la musique. Et évidemment, comme il avait acheté le top du top de la technologie, il l’avait sorti en cours, il nous avait montré comment ça fonctionnait.

Enfin bref, on adorait ce prof parce qu’en fait, il se considérait un peu comme un lycéen. Il était un peu comme un élève, sauf que c’était notre prof de maths. Donc tout ça pour vous dire que j’adorais ce prof. Et le souvenir précis que j’en ai, un souvenir qui m’a marqué, c’est sa réponse suite à une question d’un de mes potes.

Donc, je suis assis en cours de terminale S, en cours de mathématiques, j’ai 17 ans je crois, et un de mes amis pose la question au professeur. « Monsieur, à quoi ça sert d’apprendre tout ça ? À quoi ça sert les maths ? À quoi ça sert d’apprendre autant de choses en mathématiques ? » Là, il nous a regardés, il n’a rien dit pendant quelques secondes, et il a fermé son ordinateur. Il a pris une craie — oui parce qu’à l’époque, ça existait les tableaux et les craies — il a pris une craie et il est passé à un autre sujet. Il a arrêté le cours qu’il faisait et il a commencé à nous parler de la tour Eiffel.

J’ai trouvé ça intéressant de vous parler de cette histoire aujourd’hui parce que, eh bien, la tour Eiffel, c’est dans la culture française. Ça doit être le monument français le plus connu au monde. Donc je vais vous expliquer quelque chose que vous ne savez peut-être pas sur la tour Eiffel et que j’ai appris grâce à ce prof de maths.

Donc mon prof s’est tourné et il a commencé à dessiner la tour Eiffel au tableau — mais tout simplement juste une courbe du haut vers le bas et un peu vers la gauche, et une courbe du haut vers le bas et un peu vers la droite, juste pour avoir la forme de la tour Eiffel. Ensuite, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a dessiné un axe de trigonométrie, un axe des abscisses, ça s’appelle, et un axe des ordonnées. C’est pour faire des mathématiques, pour calculer des fonctions, etc. Donc en fait, il a fait une grande croix au tableau et il a mis la tour Eiffel dessus, en basculant la tour Eiffel d’un quart de tour. Donc pour ceux qui connaissent un peu les maths, on avait donc une courbe qui monte vers le haut, vers l’axe des ordonnées, vers les valeurs supérieures, et une courbe qui descend en dessous de l’axe des abscisses. Donc là on avait notre tour Eiffel comme si elle était couchée sur le sol.

Et là, il nous a dit : « Est-ce que vous avez déjà remarqué que dans la tour Eiffel, la largeur des poteaux de la base est la même que la largeur des poteaux au sommet ? » Alors que dans un building, dans un bâtiment classique, il faut que les poteaux à la base soient très résistants, soient énormes pour supporter le poids du bâtiment, c’est logique. Et les poteaux en haut qui servent de soutien peuvent être moins épais parce qu’il y a moins de poids à supporter. Sauf que Gustave Eiffel, M. Eiffel ce génie, eh bien il a réussi à faire la tour Eiffel avec une taille de poteau identique en haut et en bas.

Alors vous allez me dire quel rapport entre les mathématiques, le cours de maths et la taille des poteaux. Eh bien en fait, cette tour Eiffel couchée qu’il a dessinée sur l’axe de mathématiques, de trigonométrie, ça correspondait exactement à la fonction qu’on était en train de voir en cours. Et dans cette fonction — je vais vous le résumer simplement — en fait, le poids qui s’exerce sur chaque point entre les deux courbes est le même. En fait, la force exercée en haut de la tour Eiffel et en bas, c’est la même, parce que justement la tour Eiffel a cette forme — c’est une forme de quoi ? Une forme de tente, une forme de tours incurvées. C’est grâce à ça, c’est grâce aux mathématiques que M. Eiffel a pu faire construire une tour avec des poteaux aussi fins en haut qu’en bas.

Bon, je vous le résume en deux mots. Il nous a cloué le bec. Il nous a expliqué en trois minutes à quoi servaient les mathématiques. Les mathématiques, c’est quelque chose d’abstrait à l’école, mais c’est tout ce qu’il y a de plus concret dans la vraie vie. On peut construire des choses grâce aux mathématiques. On réfléchit grâce aux maths. On peut compter grâce aux maths. Il y a énormément de choses à faire grâce aux mathématiques. Et après, mon copain s’est rassis et il a fermé sa bouche jusqu’à la fin de l’année. [Rire] Le prof nous avait cloué le bec, nous avait expliqué simplement une utilisation concrète de la leçon qu’on était en train de voir.

J’espère que c’était pas trop compliqué cette première partie. J’ai utilisé des mots compliqués de mathématiques, c’était obligé. Donc désolé si vous n’avez pas tout compris, mais bon, en gros ce prof nous a expliqué à quoi servaient les maths et pourquoi on devait travailler les mathématiques. Après, si vous n’avez pas tout compris, vous pouvez réécouter en baissant un peu la vitesse du podcast. C’est ça qui est bien aujourd’hui avec la technologie, c’est que vous pouvez baisser la vitesse. Au lieu de mettre en vitesse standard, donc 1, vous pouvez mettre à 0,7, 0,8. Donc ma voix va être moins rapide et vous pourrez peut-être mieux comprendre les mots.

2) Expression du jour : Tenir le haut du pavé

Et maintenant, après cette longue première partie, je vous explique l’expression du jour — « tenir le haut du pavé ».

Cette expression, elle est assez rare et elle fait partie plutôt du langage soutenu. Donc vous pouvez la trouver dans les livres, mais vous pouvez aussi tout à fait la dire à l’oral. Ça montrera votre maîtrise du français. Si vous arrivez à bien placer cette expression en français, vraiment ça montrera que vous parlez très bien français.

Mais déjà, je vais vous expliquer le sens. Ça veut dire quoi, tenir le haut du pavé ? Tenir le haut du pavé, ça veut dire occuper une position sociale importante. Ça veut dire aussi être connu, être reconnu et respecté dans un certain domaine. Je vous parlais tout à l’heure de professeur, et bien par exemple un professeur d’université en mathématiques, dans l’enseignement, il tient le haut du pavé en mathématiques. Un médecin, un chirurgien, un neurologue, un cardiologue, il va tenir le haut du pavé dans la médecine, il est respecté, il est reconnu dans sa compétence. Ça peut être aussi un ministre dans un gouvernement, quelqu’un qui a une haute position sociale — on peut dire qu’il tient le haut du pavé. Ça peut être aussi un YouTubeur avec énormément d’abonnés. Quelqu’un qui a 500 000, 1 million, 2 millions, 10 millions d’abonnés, il va tenir le haut du pavé en termes d’abonnés YouTube. Donc c’est ça, tenir le haut du pavé. C’est pour ça que sur l’image, je vous ai mis une personne qui est très bien habillée qui ressemble à un noble — on peut dire que cette personne tient le haut du pavé dans la société.

Est-ce que vous comprenez l’expression et est-ce que vous comprenez les mots de l’expression ? En premier, on a le verbe tenir. Le premier emploi du verbe tenir, c’est d’avoir, de garder quelque chose dans la main — tenir quelque chose avec sa main. Mais ici, c’est un sens différent. Ici, ça veut dire « occuper un poste », « occuper un rôle ». On peut dire « on tient un emploi de salarié ». Par exemple, « elle a tenu un emploi de salarié ». On parlait de mathématiques tout à l’heure — « il a tenu la fonction de mathématicien ». Donc tenir le haut du pavé, c’est en fait occuper la place en haut du pavé.

Mais c’est quoi un pavé ? Un pavé, c’est ce qui servait à l’époque — et de temps en temps aujourd’hui — à faire les routes. Avant que l’homme invente le goudron, le bitume, eh bien on faisait des routes en pavés. Donc ce sont des pierres qui ont une forme de cube qu’on va poser sur du sable, on va mettre du sable entre les pierres, des joints, et ça va faire une route en pavés. Il y en a beaucoup en France, il y en a encore dans Paris — bon dans Paris peut-être pas beaucoup mais quelques-unes — il y en a beaucoup dans les villages français, ce sont des routes en pavés.

Mais pourquoi alors dans l’expression on dit « tenir le haut du pavé » ? Eh bien en fait il y a un sens très clair, ce sens remonte au Moyen Âge. À l’origine des rues en France, les rues n’étaient pas droites, elles étaient en forme de V. C’est-à-dire qu’en fait, vous imaginez deux maisons séparées par une rue au milieu. Eh bien, le côté de la rue au niveau des maisons était plus haut que le milieu de la rue. Les rues étaient construites en forme de « V ». Pourquoi ça ? Eh bien pour laisser couler les eaux sales, les eaux usées, les immondices, et oui, désolé, c’est dégueulasse, au milieu. Parce qu’à l’époque, il n’y avait pas d’égouts en France. Il n’y avait pas de système d’évacuation des eaux usées. Donc les gens faisaient dans un seau et jetaient le seau par la fenêtre. Pour que l’eau ne stagne pas, ne reste pas, les rues étaient construites de façon à ce que l’eau puisse couler au milieu de la rue. Les rues étaient en pavés, donc la partie haute des pavés, la partie la plus élevée, était du côté des maisons. Et c’est de ce côté-là que marchaient les riches, que marchaient les nobles. Évidemment, ils ne marchaient pas au milieu puisque c’était là où il y avait toutes les eaux sales, toutes les immondices qui circulaient. Donc les nobles, les riches marchaient du côté des maisons, près des maisons, là où la rue était la plus haute, là où les pavés étaient les plus hauts. C’est pour ça qu’on dit « tenir le haut du pavé ». Ça veut dire « occuper une position sociale importante », « être connu et respecté dans un certain domaine ».

Je vais vous prendre un exemple concret avec un match de foot que j’ai vu cette semaine. Pour ceux qui ne savent pas, je suis supporter du Paris Saint-Germain. J’aime ce club, ça fait 30 ans que je regarde ce club à la télé. Et cette semaine, le Paris Saint-Germain, le PSG a gagné contre Liverpool en Ligue des champions en quart de finale retour. Donc on peut dire que le PSG tient le haut du pavé dans le domaine du foot. Le PSG tient le haut du pavé en foot. Je pense que cet exemple est assez concret pour que vous puissiez bien comprendre.

En anglais, ça se dit to be a cut above the rest.

Alors, je ne sais pas ce qui me reste à vous dire. Ah si, je ne sais pas si vous avez vu, mais hier sur YouTube, j’ai sorti une nouvelle vidéo avec ma sœur qui est prof, et donc on a fait un échange, un dialogue d’à peu près 20 minutes sur l’apprentissage des langues. Donc peut-être que ça vous intéressera si vous n’avez pas encore vu cette vidéo, elle est disponible sur ma chaîne YouTube.

Mercredi prochain, donc dans trois jours, je ne vous parlerai pas d’une nouvelle expression parce qu’on fera une fable de La Fontaine. Et oui, ça fait longtemps ! Donc je vous expliquerai une nouvelle fable qui s’appelle Le Chien qui lâche sa proie pour l’ombre. Je vous raconte tout ça mercredi. D’ici là, je vous souhaite de passer un bon dimanche, un bon week-end et je vous dis à bientôt. Bye bye, hasta luego. El aleja, Matane !

Questions fréquentes sur cette expression et cet épisode

Pourquoi les piliers de la Tour Eiffel ont-ils la même épaisseur en haut et en bas ?

Grâce à la forme incurvée de la tour, conçue par Gustave Eiffel à partir de calculs mathématiques. Cette courbe répartit le poids de manière égale sur toute la structure : la force exercée par les piliers en haut de la tour est la même que celle exercée en bas. C’est un exemple concret de l’application des mathématiques à l’architecture, et la raison pour laquelle la Tour Eiffel a pu être construite avec des poteaux aussi fins en haut qu’en bas.

Que signifie l’expression « tenir le haut du pavé » ?

« Tenir le haut du pavé » signifie occuper une position sociale importante, être connu et respecté dans un domaine particulier. On l’utilise par exemple pour décrire un médecin reconnu, un professeur d’université dans son domaine, un ministre, ou un sportif au plus haut niveau.

D’où vient cette expression ?

Elle remonte au Moyen Âge. À cette époque, les rues françaises étaient construites en forme de V, avec un canal central qui évacuait les eaux usées (il n’y avait pas d’égouts). Les pavés près des maisons étaient les plus hauts, et c’est par là que marchaient les nobles pour éviter les immondices. « Tenir le haut du pavé » désignait donc littéralement ceux qui marchaient sur la partie haute de la rue.

Quel est le registre de cette expression ?

C’est une expression du langage soutenu, plus rare à l’oral. On la retrouve souvent dans les livres et la presse. La placer correctement montre une vraie maîtrise du français — c’est le type d’expression qui impressionne un examinateur ou un interlocuteur cultivé.

Comment utiliser cette expression dans une phrase ?

Exemple : « Avec sa victoire en Ligue des champions, le Paris Saint-Germain tient désormais le haut du pavé en football européen. » On peut aussi dire qu’un professeur reconnu « tient le haut du pavé dans son domaine ». L’expression valorise l’autorité, la notoriété ou la position dominante.

👉 Tu as d’autres questions sur le podcast ? Consulte la FAQ complète.


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