« Tirer les ficelles » et mon expédition à Paris

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Tirer les ficelles : manipuler les autres dans l’ombre pour obtenir ce que l’on veut, sans agir directement soi-même.

Origine : le monde des marionnettes — le marionnettiste actionne les ficelles pour faire bouger la marionnette à sa guise.

Registre : langage courant.

Niveau : B1 à C2.

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui on est dimanche, on est le dimanche 26 avril 2026, je suis de nouveau très heureux de vous retrouver pour ce nouveau podcast. Et bien sûr je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien.

Alors, aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « tirer les ficelles ». Mais avant, je vais vous parler un peu de ma vie, ou plutôt d’un épisode de ma vie qui m’est arrivé cette semaine. Allez, je vous raconte tout ça.

1) Mon aventure parisienne

Donc aujourd’hui, pour ceux qui ne le savent pas, j’ai 41 ans. Alors, je n’ai pas eu 41 ans aujourd’hui, mais j’ai 41 ans depuis le mois d’octobre, et il me restait encore une dent de sagesse. Une dent de sagesse, ce sont les dents qu’on a tout au fond de la bouche. On en a quatre normalement et elles poussent au début de l’âge adulte. En général, on se fait retirer les dents de sagesse. Et moi, quand j’avais peut-être 18 ou 20 ans, on m’en a retiré trois, mais il m’en restait une. J’utilise ici l’imparfait — « il m’en restait une » — parce qu’au moment où je vous parle, je n’en ai plus. Donc, je vais vous parler de mon voyage à Paris où je suis allé me faire retirer une dent de sagesse.

Alors, vous allez me dire, mais pourquoi à Paris, puisque Adrien, tu habites dans le sud-ouest de la France ? Tout simplement parce que mes parents sont dentistes. Mes parents sont dentistes à Paris et donc je leur ai demandé conseil pour aller voir une personne pour m’enlever la dent de sagesse. Quand il y a des choses importantes à faire dans la bouche, de la chirurgie lourde — les dents de sagesse, des implants — ce n’est pas le dentiste qui s’occupe de ça. Ça s’appelle un stomatologiste. C’est compliqué comme mot, c’est compliqué comme métier. Je vous répète : stomatologiste. Donc, je suis allé voir lundi, il y a six jours, le stomatologiste à Paris.

Et donc il y a une semaine, deux jours avant de partir, j’ai mon père au téléphone. Et je me rends compte que je n’ai pas pris mon billet de train. Je n’ai pas acheté mon billet qui part de Bayonne, du sud-ouest de la France, à Paris, alors que j’ai rendez-vous deux jours plus tard. La panique ! Donc je vais sur internet, je regarde — plus de place dans les trains entre Bayonne et Paris. En tout cas, plus de place dans un train direct, sans arrêt. Donc je regarde les autres trains et il y a un train le matin qui part à 5h15 de Bayonne. À 5 heures du matin ! Non mais sérieux, c’est atroce. Donc je suis obligé de prendre ce train. Je pars de Bayonne, j’ai 2 heures de train jusqu’à Bordeaux, là je change de train et j’ai encore 2 heures de train jusqu’à Paris. Donc je me lève à 4h30 du matin.

Ça c’était lundi. Je me lève à 4h30, je vais prendre le train, je m’arrête à Bordeaux, je change de train et me voilà à Paris à peu près à 10 heures, je crois, de mémoire. Là, j’ai rendez-vous d’abord avec mon père pour qu’il me soigne les dents, après on est allés déjeuner avec mes parents et j’ai rendez-vous à 14h chez le stomato, chez le stomatologiste.

Alors moi dans ma tête, je m’imaginais que pour retirer une dent de sagesse, ça prendrait à peu près une demi-heure, trois quarts d’heure, une heure, je ne sais pas. Je vous assure, entre le moment où je suis entré dans le cabinet et le moment où je suis sorti, ça a duré 15 minutes max. Je suis entré, j’ai rempli une fiche, le médecin m’a reçu, il m’a posé des questions, il m’a fait une radio des dents, anesthésie dans la bouche, hop hop hop, dent de sagesse enlevée. « Voici les médicaments, merci, au revoir. » 15 minutes top chrono, incroyable. Et le mieux, c’est qu’il ne m’a pas fait payer. Comme c’est un ami de mon père, je n’ai pas payé pour me faire retirer la dent de sagesse. C’est pas magnifique ça ? Elle n’est pas belle la vie !

Donc 14h30, j’ai fini mon rendez-vous. Mais mon train n’est qu’à 18h, donc j’ai un peu de temps dans Paris pour faire quelques courses. Et quand je monte à Paris, je vais toujours, ou quasiment toujours, dans une librairie japonaise pour pouvoir acheter des livres en japonais pour les ramener dans le sud-ouest. Alors vous me direz, je pourrais acheter ces livres sur internet, je pourrais les commander, mais j’aime bien les librairies, j’aime bien l’odeur du papier, l’odeur des livres, j’aime bien prendre du temps pour choisir un livre dans une librairie. Donc là, je suis allé dans une des seules librairies japonaises de Paris, j’ai pris un peu de temps et j’ai choisi des livres pour les ramener. Pour ceux qui connaissent, j’ai acheté les romans tirés des films du studio Ghibli — Mon Voisin Totoro, Tonari no Totoro en japonais, et Le Voyage de Chihiro, Sen to Chihiro no Kamikakushi en japonais.

Donc je repars, j’ai encore un peu de temps, je fais quelques courses et j’arrive à la gare bien chargé avec pas mal de sacs. Je prends mon train, il est donc 18h, le train part, et juste avant d’arriver, à 22h30, j’apprends qu’il y a un incident voyageur sur le train. Alors ça, c’est la pire chose qui peut exister quand vous prenez le train en France. Un incident voyageur. Ça veut dire qu’il y a une personne dans le train qui a eu un problème de santé, qui a fait un malaise, ou pire, qui est morte, qui s’est suicidée, et là le train a plusieurs heures de retard. Et là, qui avait fait un malaise ? Eh bien c’était le conducteur du train devant nous. Je n’avais jamais entendu ça encore. Le conducteur du train devant nous a fait un malaise et donc le train était bloqué. Donc ça a pris du temps pour le débloquer, il a fallu faire venir un nouveau conducteur, donc mon train a eu une heure de retard. Ça veut dire que je suis arrivé chez moi à minuit. Je me suis levé à 4h30 et je suis revenu à minuit. J’étais épuisé, surtout que je n’avais plus ma dent de sagesse et donc j’avais mal. L’anesthésie ne faisait plus effet et je souffrais dans le train, je souffrais ! Terrible !

Là, quand je vous parle, j’ai encore un peu mal, mais franchement ça va, la douleur diminue et je n’ai plus ma dent de sagesse. Et avec ça, vous connaissez ma petite journée de lundi.

Alors vous allez me dire « Mais pourquoi, Adrien, tu nous parles de ta vie ? » Peut-être que ça ne vous intéresse pas et je comprendrai tout à fait, mais je vous parle de ma vie et de plein de choses pour enrichir votre français, pour améliorer votre niveau de français. J’aurais pu faire un podcast où je ne parle que de jeux vidéo, ou que de bandes dessinées, ou alors que de la nature, ou que de chansons françaises. Mais si je fais un podcast spécialisé sur quelque chose, votre vocabulaire de français ne va être spécialisé que dans ce domaine. Vous allez être très bon dans les jeux vidéo, les BD, la nature, mais pour le reste, rien du tout. Donc j’ai décidé de faire un podcast où je parlerai de tout. Je parle vraiment de tout et de rien — de ma vie, de jeux vidéo, d’histoire française, de géographie, de films. Je vous parle de mes idées, de ce que je pense, de la vie en général. Comme ça, eh bien, vous pouvez améliorer votre vocabulaire. Vous entendez des nouveaux mots et donc vous allez les enregistrer au fur et à mesure. Peut-être qu’aujourd’hui vous avez appris le mot « stomatologiste ». C’est un peu comme un dentiste, mais pour des opérations plus lourdes de chirurgie. « Stomatologiste. » Grâce à ma petite histoire de dent de sagesse à Paris. C’est comme ça qu’on apprend une langue, c’est comme ça qu’on retient des mots. C’est d’abord en les écoutant une fois, et peut-être que dans quelque temps vous allez voir un film où il y aura le mot « stomatologiste » et votre cerveau va tilt. Ça va faire une petite lumière parce que vous aurez déjà entendu ce mot dans mon podcast.

2) Expression du jour : Tirer les ficelles

Et maintenant on passe à la deuxième partie du podcast où je vous explique l’expression « tirer les ficelles ».

Alors, « tirer les ficelles », ça veut dire quoi ? Quelqu’un qui tire les ficelles, c’est quelqu’un qui va manipuler les autres, manipuler d’autres personnes pour obtenir ce qu’il veut. Mais il va faire ça sans se montrer. Il va faire ça dans l’ombre. C’est une expression qui est assez courante en français, qu’on entend d’ailleurs assez souvent, et donc ça désigne quelqu’un qui veut arriver à ses objectifs, mais sans avoir à faire les choses directement par lui-même. Il va manipuler les autres, il va se servir d’autres personnes pour obtenir ce qu’il veut.

Et cette expression « tirer les ficelles », elle vient du monde des marionnettes. Les marionnettes, ce sont des personnages de bois ou en plastique avec leurs membres, leurs jambes, leurs bras, leurs têtes, etc., qui sont reliés par des ficelles au marionnettiste, à la personne qui va manipuler ces marionnettes. La marionnette la plus connue, c’est Pinocchio. Pinocchio, avant de devenir un petit garçon, c’était une marionnette en bois. Et son père, son créateur Gepetto, a fait un vœu pour qu’il se transforme en petit garçon. Enfin bref, donc c’est ça les marionnettes. Et c’est de là que vient l’expression « tirer les ficelles », parce que le marionnettiste va actionner les ficelles de la marionnette pour la faire bouger, comme quelqu’un qui va manipuler une personne pour obtenir ce qu’il veut d’elle, comme si cette personne était une marionnette.

Pour ceux qui connaissent One Piece, eh bien le marionnettiste le plus connu de One Piece c’est Doflamingo. Doflamingo, c’est un personnage qui a le pouvoir de manipuler les autres avec des fils qui partent de ses mains. Et avec ses fils, il va manipuler les autres à sa guise, comme il le veut. Ça, c’est un marionnettiste. Mais quand on dit « tirer les ficelles » en français, il n’y a pas de fil, il n’y a pas de ficelles, c’est une image. On va manipuler une personne pour obtenir ce qu’on veut.

Donc vous avez vu, dans cette expression, il n’y a que trois mots, c’est assez simple — « tirer », « les » et « ficelles ». Tirer, ça a plusieurs sens en français. Ici, c’est le sens le plus commun. Tirer une ficelle, c’est ramener la ficelle vers soi. Tirer quelque chose, c’est ramener la chose vers soi. Par exemple, quand vous entrez dans un magasin, il y a marqué soit « tirer », soit « pousser » — pull or push. Tirer, c’est amener la porte à vous, tirer la porte vers vous, et pousser, c’est repousser la porte, c’est aller vers l’avant. Donc ici on dit « tirer les ficelles » puisque le marionnettiste qui contrôle les marionnettes va activer les ficelles comme il le veut pour faire bouger la marionnette comme il le souhaite.

Je vais attirer aussi votre attention sur l’utilisation du mot ficelle. Est-ce que vous connaissez la différence entre une ficelle et un fil ? Oui, non, peut-être, je ne sais pas. Alors, une ficelle, c’est plus solide qu’un fil. Quand on dit « ficelle », on a une sensation de quelque chose d’assez résistant, de solide. Alors que quand on dit « un fil », c’est quelque chose de fin, de fragile, qu’on peut casser facilement. Ici, on dit « tirer les ficelles » parce que c’est quelque chose qui va être efficace. On va manipuler les gens et on va arriver à ses fins. Donc le mot « ficelle » ici, il est utilisé exprès. Ce n’est pas « tirer les fils », c’est « tirer les ficelles », avec une sensation de solidité, comme si la personne qui tire les ficelles allait arriver à ses fins.

Je vais vous parler de quelques exemples de personnages qui tirent les ficelles dans les films. Le premier auquel j’ai pensé, c’est celui que je vous ai mis sur l’image du podcast. C’est Don Corleone dans Le Parrain, qui est joué de mémoire par Al Pacino. C’est le Parrain de la mafia. C’est celui qui tire les ficelles évidemment. Il ne va pas faire le travail lui-même, il va donner des ordres aux mafieux, aux personnes qui font partie de la mafia, pour faire le sale boulot, pour aller prendre de l’argent, pour aller tuer des gens. Il va tirer les ficelles pour parvenir à ses objectifs, pour arriver à ses fins.

Et le deuxième personnage, il vient de l’univers de Star Wars et c’est Palpatine. Palpatine, pour ceux qui ne connaissent pas, dans Star Wars, c’est l’empereur du côté obscur. C’est le maître de Dark Vador, mais c’est aussi un membre du Sénat, un membre de la République. Donc d’un côté, c’est l’empereur du côté obscur, c’est un Seigneur Sith, donc du côté des méchants, et de l’autre côté c’est aussi un membre du Sénat, quelqu’un qui va pouvoir manipuler les lois comme il l’entend. Palpatine, c’est un très bon exemple de personnage qui tire les ficelles — qui agit d’un côté en tant que sénateur pour faire pencher les lois comme il l’entend et de l’autre côté en tant que Seigneur Sith, en tant qu’empereur du côté obscur pour se battre contre les Jedi.

Donc, Palpatine est un personnage qui tire les ficelles, tout comme le Parrain dans la mafia. Est-ce que vous avez compris l’expression ? J’espère que oui, j’espère que j’ai été assez clair. Bien sûr, s’il y a des expressions françaises que vous entendez et que vous ne comprenez pas, vous pouvez me laisser un petit message sur YouTube, un commentaire sur une vidéo, et je vous expliquerai cette expression avec plaisir.

En anglais, « tirer les ficelles », ça se dit to pull strings.

Bien sûr, si vous voulez retrouver la transcription de ce podcast, vous pouvez vous abonner à mon Patreon, vous aurez accès à toutes les transcriptions écrites et à des podcasts exclusifs. En ce moment, sur mon Patreon, vous pourrez écouter et lire L’Iliade et l’Odyssée d’Homère, ce texte de la mythologie grecque qui raconte la guerre de Troie et le retour d’Ulysse sur son île d’Ithaque pour retrouver sa femme et son fils, Pénélope et Télémaque. Bien sûr, je vous invite également à me laisser une bonne note sur vos applications de podcast — Spotify, Apple Podcasts, ce que vous voulez — mais laissez des bonnes notes.

Et on se retrouve donc mercredi dans trois jours pour un nouveau podcast où je vous parlerai d’une expression qui est « avoir les doigts de pied en éventail ». On voit tout ça mercredi. D’ici là, je vous souhaite de passer une bonne fin de week-end, un bon dimanche, et on se retrouve bientôt. Bye bye, hasta luego. El aleja, Matane !

Questions fréquentes sur cette expression

Que signifie l’expression « tirer les ficelles » ?

« Tirer les ficelles » signifie manipuler les autres en restant dans l’ombre, sans agir directement soi-même, pour obtenir ce que l’on veut. Cette expression désigne quelqu’un qui orchestre des actions ou des décisions en coulisses.

D’où vient cette expression ?

Elle vient du monde des marionnettes. Le marionnettiste actionne des ficelles reliées aux membres de la marionnette pour la faire bouger à sa guise. Par métaphore, « tirer les ficelles » désigne quelqu’un qui manipule les gens autour de lui comme on manipulerait une marionnette.

Pourquoi dit-on « ficelles » et non « fils » dans cette expression ?

Une ficelle est plus solide qu’un fil. L’expression utilise volontairement « ficelle » pour suggérer que celui qui agit en coulisses est efficace et arrive à ses fins. Le mot « fil » donnerait une impression de fragilité qui ne correspondrait pas à l’idée de manipulation maîtrisée.

Quels sont des exemples de personnages qui « tirent les ficelles » ?

Don Corleone dans Le Parrain est un exemple typique : il donne ses ordres à la mafia sans agir lui-même. Dans Star Wars, Palpatine joue aussi ce rôle — sénateur respecté d’un côté, empereur du côté obscur de l’autre, il manipule les lois et les Jedi en coulisses. En anglais, on traduit par to pull strings.


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