« Faire mouche » et les mouches en France

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Faire mouche : atteindre sa cible, produire l’effet voulu — au sens propre (toucher une cible) ou figuré (un argument percutant, une blague qui fait rire).

Origine : la « mouche » désigne le point noir au centre d’une cible de fléchettes ou de tir à l’arc. Toucher ce point, c’est « faire mouche ».

Registre : entre langage courant et familier.

Niveau : B1 à C2.

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui on est le mercredi 6 mai 2026, je suis très content de vous retrouver aujourd’hui pour un nouveau podcast. Aujourd’hui je vous parle d’une expression française où il n’y a que deux mots et c’est « faire mouche ». Dans cette expression, il y a le mot « mouche » et ça tombe bien parce qu’en ce moment, en France, au printemps et en été, il y a beaucoup de mouches et c’est insupportable.

1) Les mouches et La Mouche

Est-ce que vous savez ce que c’est déjà une mouche ? Une mouche, c’est un insecte qui fait « vrrrrr ». C’est une mouche. Ça ne pique pas. Le moustique, lui, pique. Mais moi, je n’aime pas les mouches ni les moustiques. Et c’est aussi rigolo parce que j’aime les insectes, mais les mouches et les moustiques, je n’arrive pas. Il y a des insectes par exemple que je n’arrive pas à tuer — les araignées, les limaces, les autres insectes. Mais les mouches et les moustiques, il n’y a pas de problème. C’est vraiment des insectes que je n’aime pas.

Surtout, vous savez, le moustique la nuit quand il vous réveille, qu’il arrive près de votre oreille et que vous savez qu’il va vous piquer. Alors à ce moment-là, il faut allumer la lumière, se lever, trouver le moustique sur le mur et le tuer. Mais bon, c’est très, très chiant. Et les mouches, c’est pareil. Ça ne pique pas, mais c’est très chiant. Donc personnellement, je n’accepte ni les mouches ni les moustiques.

Et vous, est-ce que les mouches, ça vous dérange autant que les moustiques ? Ou est-ce que vous vous en fichez ? Est-ce que vous les laissez vivre ? Ou est-ce que vous les tuez ? Chacun a une façon de faire différente là-dessus.

Et heureusement, en France, il n’y a des mouches et des moustiques qu’à partir d’avril environ, jusqu’en octobre. Après, de novembre à mars-avril, le temps devient plus mauvais, il fait de plus en plus froid et donc il n’y a plus de mouches et de moustiques. Mais il y a des pays — peut-être chez vous d’ailleurs, vous qui m’écoutez — où il y a des moustiques et des mouches toute l’année. Alors personnellement, ça, je ne pourrais pas. Je n’arriverais pas à vivre dans un pays où il y a des moustiques toute l’année. Peut-être que j’y arriverais bien sûr, mais je pense que ça doit être difficile de s’habituer. Ça doit être très chiant d’avoir des moustiques toute l’année. En tout cas, ce n’est pas pour moi.

Et aujourd’hui, depuis quelques années, j’habite dans le sud-ouest de la France, près de Bayonne, et il y a des mouches comme à peu près partout en France. Mais avant, j’habitais dans le centre de la France et j’habitais à côté d’un champ où il y avait des vaches. Alors là, il y avait beaucoup, beaucoup de mouches. Les animaux comme les vaches, les chevaux, attirent les mouches et après, ces saloperies de mouches, elles viennent chez vous et elles viennent vous embêter. Mais ici, ça va encore, il n’y a pas trop de mouches.

D’ailleurs, quand j’ai préparé ce podcast, quand j’ai écrit quelques mots sur ce dont je voulais vous parler, eh bien j’ai marqué « parler du film La Mouche ». Est-ce que vous connaissez ce film ? Ça s’appelle The Fly je pense, en anglais. C’est un film des années 80. C’est un film que j’ai vu quand j’avais peut-être 14, 15 ans et c’est un film qui m’a assez fait peur. C’est un film d’horreur des années 80 et c’est l’histoire d’un scientifique, d’un homme qui veut créer une machine pour voyager dans l’espace, une machine pour se déplacer instantanément d’un endroit à un autre. Ça s’appelle la téléportation instantanée. Et ce scientifique, il est joué par… comment il s’appelle ? Je me souviens plus. Je crois que c’est Jeff Goldblum. Goldblum, je sais plus. Bref, donc c’est lui qui joue ce scientifique.

Je vais vous raconter le film, puisque c’est un vieux film. Donc il arrive à créer une machine pour se téléporter, pour voyager d’un point A à un point B. Mais il veut tester la machine avant de la faire connaître au monde entier. Donc il va tester sa machine, mais au moment où il rentre dans la machine, il y a une mouche qui rentre avec lui dedans. Je vous ai dit qu’il fallait faire attention aux mouches ! Je vous ai dit que les mouches, c’était horrible !

Eh bien, le scientifique du film va réussir son expérience, il va être téléporté dans l’autre machine, sauf que l’ordinateur va fusionner la mouche et lui. L’ordinateur qui gère les deux machines va, à partir de deux êtres vivants — un homme et une mouche — n’en former qu’un seul. Donc la machine va faire une synthèse, on appelle ça un amalgame, une fusion, entre l’ADN de l’homme et l’ADN de la mouche. Sauf que le scientifique ne s’en rend pas compte tout de suite. Il s’en rend compte au fur et à mesure. Au début, il est hyper en forme. Il n’a besoin que de peu de sommeil, il mange énormément, il fait beaucoup d’activités physiques, beaucoup d’activités sexuelles, et il se prend pour un surhomme. Il a la force de la mouche. Il pense qu’il est un homme plus évolué que les autres. Sauf qu’au fur et à mesure du film, il va commencer à se transformer. Il va perdre quelques dents. Il va perdre des ongles. Il va perdre ses cheveux. En fait, il se transforme en mouche mais à taille humaine. Et franchement, pour un film des années 80, je trouve que les effets spéciaux sont très bien faits. Ça fait vraiment peur. Si je voyais ce film aujourd’hui, évidemment, je n’aurais pas très peur parce que j’ai 40 ans, je suis un adulte, j’ai vu beaucoup de films d’horreur, donc il n’y a plus grand-chose qui me fait peur. Mais quand je l’ai vu à 14 ans, vers 1997, 1998, franchement, j’ai eu peur. Parce qu’on a vraiment l’impression que le personnage principal, que le scientifique se transforme en mouche. Il perd ses cheveux, il a la peau qui devient très abîmée, dégueulasse. Il a ses ongles qui tombent. On le voit dans le film arracher ses ongles, et il les met dans des petits pots en verre, parce que c’est un scientifique. Il a compris qu’il était en train de se transformer, il a compris qu’il avait fusionné avec la mouche, et il prend des notes, en bon scientifique, sur sa transformation.

Et pendant le film, on apprend que sa femme est enceinte. Elle est enceinte de son mari, donc du scientifique, mais elle a peur, car elle a peur de mettre au monde un enfant qui va être une espèce de grosse mouche — comme si l’enfant allait avoir le même code génétique que son père. Donc la femme veut avorter, veut enlever l’embryon de son ventre. Mais le scientifique-mouche l’en empêche.

Alors comment ça se termine cette histoire ? Comment ça se finit ? Parce que j’ai aussi une expression à vous expliquer. À la fin du film, le scientifique-mouche, l’homme-mouche, il veut fusionner avec sa femme. Il veut entrer dans la machine qu’il a inventée avec sa femme pour fusionner avec elle. Je ne veux même pas savoir, s’il avait réussi, quelle tête aurait eu la créature. Mais il n’y arrive pas, et c’est sa propre femme qui va le tuer avec un fusil. Elle va tirer sur lui, elle va tirer sur une espèce d’énorme mouche atroce pour mettre fin aux souffrances de cette chose. C’est même le scientifique lui-même — c’est même l’homme-mouche — qui lui demande de le tuer. Il va implorer, il va demander à sa femme de l’achever, de le tuer, tant qu’il a encore un peu de conscience humaine. Et donc sa femme va l’abattre.

Et ça, c’était La Mouche des années 80.

2) Expression du jour : Faire mouche

C’est bien parce que maintenant, je vais vous expliquer l’expression « faire mouche ». Il ne me reste plus qu’un seul mot à vous expliquer, mais ce mot est très simple — c’est le mot « faire ».

Alors « faire mouche », je vais d’abord vous dire ce que ça veut dire. « Faire mouche », ça veut dire atteindre son but, produire l’effet qu’on a voulu produire.

Déjà, il faut comprendre que quand on utilise l’expression « faire mouche », on peut l’utiliser au sens propre comme au sens figuré. Si c’est au sens propre, « faire mouche », ça veut dire atteindre sa cible. C’est quelque chose de physique. Imaginez — vous jouez aux fléchettes, ou alors vous tirez avec un arc, ou même avec un pistolet. Si vous arrivez à toucher la cible, à toucher votre objectif, on peut dire que vous allez faire mouche. Imaginez que vous jouez à un jeu vidéo de guerre avec des armes, des fusils, où il faut tuer des ennemis. À chaque fois que vous tuez quelqu’un, que vous visez bien, on peut dire que vous faites mouche. Ça, c’est le sens propre.

Ensuite, on a le sens figuré. « Faire mouche » au sens figuré, c’est dire quelque chose qui va tomber juste, qui va être percutant, qui va avoir du poids, qui va convaincre dans un débat. Donc, « faire mouche » au sens figuré, ça concerne la parole, ça concerne le fait d’avoir des arguments intéressants, des arguments de poids qui vont peser, qui vont être efficaces.

Est-ce que c’est un peu plus clair pour vous ? Imaginez que vous assistez à la télé ou à la radio à un débat entre deux politiques. Et un des deux hommes ou femmes politiques va sortir un très bon argument et l’autre ne va plus savoir quoi répondre. À ce moment-là, le premier homme politique aura fait mouche. Il aura atteint sa cible — sa cible étant le fait de vouloir déstabiliser son concurrent. Il va sortir un bon argument pour faire entendre ses idées et surtout pour que l’autre n’ait plus rien à répondre.

Après, quand on utilise l’expression « faire mouche », ce n’est pas forcément que lors d’un débat, ce n’est pas forcément que lors d’une discussion. Ça peut être dans plein d’autres situations. Imaginez un autre exemple. Vous avez un rendez-vous galant, un rendez-vous amoureux avec quelqu’un — un date — et ça se passe bien. Et dès le début, vous arrivez à faire rire la personne avec une petite blague, avec un jeu de mots, avec une histoire, avec une anecdote, et l’autre personne rit beaucoup. À ce moment-là, vous aurez fait mouche. Le rendez-vous a bien commencé, vous avez fait une petite blague, l’autre a ri — vous avez fait mouche, vous avez atteint votre objectif, vous avez fait une blague qui a marché. Et donc ça va vous aider pour conclure votre rendez-vous galant.

Est-ce que c’est un peu plus clair pour vous, l’expression « faire mouche » et comment on peut l’utiliser ?

Donc je vous disais, dans cette expression il y a deux mots — « faire » et « mouche ». « Faire », c’est un verbe qu’on utilise énormément en français. Je pense qu’avec « avoir » et « être », c’est un des verbes les plus utilisés. D’ailleurs, dernièrement, dans mon podcast pour les débutants, je parle des tâches ménagères, des choses qu’on doit faire dans la maison pour la rendre propre. Eh bien quand on parle de ces tâches ménagères, on utilise beaucoup le mot « faire » — faire la cuisine, faire la vaisselle, faire la lessive, faire le ménage, faire les carreaux, faire le repassage. Il y a plein de fois le verbe « faire » qui est utilisé. Donc vraiment on l’emploie beaucoup, beaucoup en français.

C’est pour ça que c’est important de connaître la conjugaison du verbe « faire » et bien sûr, vous me voyez venir, je vais vous le conjuguer au futur. Tiens, on va faire le futur parce que là, il y a une petite astuce, il y a un petit changement par rapport au présent ou à l’imparfait. Le verbe « faire » au futur, ça donne : je ferai, tu feras, il fera, nous ferons, vous ferez et ils feront. Je vous ai dit que c’était un peu particulier parce qu’on dit « je ferai », F-E-R-A-I. Alors que le verbe faire c’est F-A-I-R-E. Donc, ça, c’est un peu particulier comme conjugaison du verbe « faire ». C’est le futur, pour exprimer quelque chose que vous allez faire — pas maintenant, pas dans le passé, mais après, dans le futur.

Donc on revient à l’expression « faire mouche ». Qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Ah oui, l’origine de cette expression. Pourquoi on dit « faire mouche » ? Il y a une explication très simple. Si vous regardez une cible de fléchettes ou de tir à l’arc, vous savez, c’est un grand truc rond avec des cercles — jaune et rouge, blanc et rouge. Au milieu, le centre de la cible, c’est un point noir. Et on appelle ça une mouche. Ça ressemble à une mouche de loin parce que c’est noir. Et donc quand on met la flèche ou la fléchette dans le centre de la cible, on dit qu’on fait mouche parce qu’on touche ce point noir qui ressemble à une mouche.

Cette expression, elle fait partie du langage plutôt courant, voire familier — c’est entre le langage courant et familier. Donc vous pouvez l’utiliser à peu près avec tout le monde. On peut dire aussi en français « mettre dans le mille ». Ça, c’est un synonyme de « faire mouche », ou alors « tomber pile-poil », « tomber juste ». Tout ça, ce sont des synonymes, des expressions qui veulent dire la même chose. En anglais, ça se dit to hit the nail on the head — « taper le clou sur la tête ». Ça, c’est l’expression anglaise.

Je vous rappelle que si vous voulez accéder aux transcriptions écrites de ces épisodes, vous pouvez vous abonner sur mon Patreon — c’est aussi un moyen de m’aider, de me soutenir pour faire ce podcast — et vous aurez accès aux transcriptions et à des livres audio, à des podcasts exclusifs. En ce moment sur Patreon, je vous propose L’Iliade et l’Odyssée en livre audio, donc le livre de la mythologie grecque d’Homère. Vous pouvez aussi retrouver les anciens épisodes et les transcriptions des anciens épisodes sur mon site internet francaisfacileadrien.com.

Comme d’habitude, si vous avez une question, une demande, quelque chose à me dire de particulier, vous pouvez soit me laisser un commentaire sur YouTube, soit m’envoyer un mail à mon adresse francaisfacileadrien@gmail.com.

Dans quelques jours, donc dimanche, je vous parlerai d’un nouveau film français, mais je n’ai pas encore choisi lequel. D’ailleurs là aussi, s’il y a un film français que vous aimez et dont vous aimeriez que je parle, laissez-moi un petit commentaire sur YouTube pour que je puisse en parler et que j’en fasse mon prochain podcast.

Je vous remercie de m’avoir écouté jusqu’au bout. On se retrouve dans quelques jours pour ce podcast et d’ici là, je vous souhaite de passer une bonne journée. À bientôt, bye bye, hasta luego EL aleja, Matane !

Questions fréquentes sur cette expression et cet épisode

De quoi parle le film La Mouche (1986) ?

La Mouche (The Fly) est un film d’horreur réalisé par David Cronenberg en 1986, avec Jeff Goldblum dans le rôle principal. L’histoire suit un scientifique qui invente une machine de téléportation. Lors d’un test, une mouche entre dans la cabine avec lui : la machine fusionne leur ADN, et le scientifique se transforme progressivement en créature hybride entre humain et mouche.

Que signifie l’expression « faire mouche » ?

« Faire mouche » signifie atteindre sa cible et produire exactement l’effet voulu. Au sens propre, c’est viser juste avec une fléchette, une flèche ou une balle. Au sens figuré, c’est dire quelque chose de percutant qui touche son interlocuteur — un argument qui convainc, une blague qui fait rire, une remarque qui déstabilise un adversaire.

D’où vient cette expression ?

Elle vient du tir à l’arc et du tir aux fléchettes. Sur une cible classique avec des cercles concentriques (jaune, rouge, blanc), le centre est un petit point noir qu’on appelle « la mouche » — il évoque la silhouette d’une mouche posée. Toucher ce point, c’est donc « faire mouche ».

Comment utiliser cette expression dans une phrase ?

Exemple au sens figuré : « Lors du débat, sa remarque sur l’économie a fait mouche : son adversaire n’a pas su quoi répondre. » Autre exemple : « Sa blague a fait mouche dès le début du rendez-vous, on a passé une super soirée. » On peut aussi dire qu’une publicité, un slogan ou un film « fait mouche » auprès du public.

Existe-t-il des expressions équivalentes en français ?

Oui : « mettre dans le mille », « tomber pile-poil », « tomber juste ». Toutes signifient atteindre exactement son objectif. En anglais, l’équivalent est to hit the nail on the head (« taper le clou sur la tête »).


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