« Aller par monts et par vaux » et comment apprendre facilement

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Aller par monts et par vaux : voyager un peu partout, parcourir de grandes distances dans une direction puis dans une autre, sans trajet défini.

Origine : opposition entre les « monts » (montagnes) et les « vaux » (anciens mots pour « vallées »).

Registre : langage soutenu et poétique.

Niveau : B1 à C2.

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, aujourd’hui on est le mercredi 13 mai 2026, je suis très heureux de vous retrouver dans mon podcast Le français, c’est facile avec Adrien. Alors, de quoi on parle aujourd’hui ? Je vais vous parler tout à l’heure dans la deuxième partie d’une expression française qui est « aller par monts et par vaux ». Je vous en parlerai tout à l’heure, mais sachez déjà que c’est une expression très poétique, c’est une expression du langage soutenu, et c’est bien de temps en temps de voir, d’étudier des expressions de ce style parce que si vous arrivez à les placer au bon moment, ça montrera votre maîtrise, votre amour de la langue française.

1) Rêver dans une autre langue

Mais d’abord, comme d’habitude, je vais vous parler d’autres choses. Je vais vous parler un peu d’un rêve que j’ai fait — alors pas de tout le rêve parce que je ne m’en souviens pas vraiment — mais je vais vous parler d’un moment précis. Et ce moment précis, il est intéressant parce qu’il a un rapport avec l’apprentissage d’une langue.

Mais ma question, avant de vous parler de ce rêve, c’est : est-ce que vous avez déjà rêvé dans une autre langue ? Peut-être que le français, c’est la deuxième langue que vous apprenez. Il y a votre langue maternelle et puis le français. Peut-être que c’est votre troisième langue. Peut-être que vous avez déjà appris votre langue maternelle, puis l’anglais comme moi, et une troisième langue qui peut être le français. Moi, c’est le japonais. Donc je parle français, évidemment couramment puisque je suis né en France. Je parle anglais d’un niveau assez correct — pas bilingue, pas extraordinairement bon, mais ça va, je comprends les films, je comprends les séries, je me débrouille très bien, ou plutôt je me fais comprendre. Et enfin, troisième langue que j’apprends, le japonais — pour ceux qui me suivent et qui m’écoutent régulièrement, vous êtes au courant de ça.

Pourquoi je vous ai posé la question — est-ce que vous avez déjà rêvé dans une autre langue ? Parce que ça vient de m’arriver avec le japonais. Mais tout mon rêve n’était pas en japonais. Je ne disais qu’un seul mot et je vais vous raconter ça. En fait, j’étais sur une falaise. Une falaise, c’est une montagne qui est très abrupte, très raide, qui est quasiment à la verticale. Et j’étais en train de monter cette falaise, d’escalader cette montagne, cette falaise, avec une personne que je voyais qui était déjà arrivée au sommet. Et tout d’un coup, je lâche la falaise, je commence à tomber — la prise que j’avais cède, craque, et je tombe dans le vide. Et là, je tends le bras vers la personne qui était au-dessus de moi et je lui crie « Tasukete ! » — ça veut dire « aidez-moi, aidez-moi » en japonais. Donc je demandais de l’aide à cette personne au-dessus de moi parce que j’étais en train de tomber dans le vide.

Et à ce moment-là, je me suis réveillé en sursaut, je me suis réveillé d’un coup en prenant ma respiration, et au lieu de me dire « mince, j’ai fait un cauchemar, c’est horrible, j’étais en train de mourir en tombant d’une falaise », je me suis dit « putain, trop bien, je rêve en japonais ! » J’étais trop content que dans mon rêve, il y ait un mot de japonais qui apparaisse. « Tasukete », c’est « aidez-moi, aidez-moi » — c’est d’un seul mot, mais quand même. Et franchement, j’étais trop fier de ça. Parce que c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas. On peut choisir dans la vie réelle, dans la vie quand on est éveillé, de parler une autre langue, on peut évidemment lire un livre dans une autre langue, regarder un film — tout ça on le choisit. Mais dans un rêve, on ne le choisit pas. C’est le cerveau qui se repose, qui va penser à des choses et d’autres. Et d’avoir un seul mot de japonais qui sort dans un rêve, pour moi c’est une fierté, parce que ça veut dire que tous les podcasts que j’écoute, les films que je regarde, les livres que je lis, eh bien commencent à s’imprégner dans mon cerveau, commencent à vraiment rentrer dans ma mémoire, dans ma façon de penser. Et ça, c’est top.

Alors pourquoi je vous parle de tout ça ? D’abord parce que c’est marrant, et ensuite parce que je voulais en venir à autre chose. Je voulais en venir à une méthode pour améliorer votre pratique du français. Donc pour apprendre le français, il y a plein de méthodes différentes évidemment — il y a les livres de grammaire, les livres d’exercices, il y a les cours en ligne, les cours en classe, il y a écouter des podcasts, écouter des gens qui parlent français, lire des livres, regarder des films, écouter de la musique. Tout ça c’est très bien, il faut le faire, très bonne méthode. Mais moi je vais vous parler d’autre chose, qui est de penser en français quand vous faites des petites actions du quotidien.

Quand vous avez des pensées qui vous viennent dans la tête — par exemple, là je vais vous le dire en français — « je dois aller faire les courses ». I need to go to the store. Eh bien, quand j’essaie de temps en temps de penser dans ma tête, j’essaie de les traduire en japonais. I need to go to the store — « je dois aller au supermarché ». Et donc ces petites pensées, j’essaie de les traduire, j’essaie de les avoir dans la langue que je veux apprendre. Donc pour vous, c’est le français. Ça peut être des choses que vous devez faire, ça peut être des idées qui vous viennent, ça peut être la liste des courses justement pour le supermarché, ça peut être votre programme pour la journée ou pour le lendemain, ou alors le soir vous vous dites dans votre tête à quelle heure demain vous devez vous réveiller. Ce sont des phrases simples, ce sont des pensées pas compliquées, assez simples, assez faciles à traduire. Donc ça, c’est une bonne méthode de pratiquer son français sans que vous ayez à vous asseoir à un bureau et à ouvrir un livre.

Après, vous pouvez aussi essayer de penser en français pour les chiffres, donc de compter en français. Par exemple, quand vous comptez des choses dans votre tête — 1, 2, 3, 4 — tout ça vous pouvez le faire en français. On va reprendre l’exemple du supermarché. Quand on vous rend la monnaie après avoir payé, eh bien vous pouvez regarder les pièces dans votre main et compter les pièces, compter combien on vous a rendu, mais en français. Quand vous avez peut-être une addition à faire, vous pouvez la faire en français. En fait, ce sont des pensées qu’on a toute la journée dans notre langue maternelle, qu’il faut essayer de faire en français, de traduire, de transcrire dans sa tête directement en français. Il y a quelque chose de bien avec ça, c’est que vous n’aurez pas peur d’être jugé, vous n’aurez pas peur de mal parler parce que vous ne parlez pas — vous pensez, c’est dans votre tête, c’est pour vous — mais c’est quand même une bonne méthode pour vous améliorer et pour que les mots français deviennent automatiques, deviennent un automatisme.

Après, vous pouvez aussi faire ça pour les insultes. Souvent en français, on va dire « p’tain ». « P’tain, j’ai raté l’examen. » Ça vient de « putain », c’est pas vraiment une insulte, c’est devenu comme un mot un peu banal qui va commencer une phrase où on est dégoûté de quelque chose. C’est ce que j’ai expliqué à une de mes élèves dans les cours en ligne que je fais. J’ai commencé une phrase par « p’tain, je me suis trompé » et je lui ai expliqué du coup l’utilisation de ce mot. Donc les insultes en français — les insultes dans les langues, c’est souvent d’ailleurs ce qu’on apprend en premier pour s’amuser — eh bien dans la vraie vie, quand vous voulez jurer, quand vous avez une insulte qui vous vient dans votre langue natale, essayez d’y penser en français, essayez de la traduire, essayez de faire en sorte que l’insulte française vienne avant l’insulte de votre langue maternelle.

Par exemple, moi en japonais, maintenant je dis souvent « chikushō » — ça veut dire « merde » — et au lieu de dire « putain, merde », je dis « chikushō ». Alors il y a deux avantages. Le premier, c’est que vous vous entraînez à la langue. Et le deuxième, c’est que les gens autour de vous ne vont pas comprendre. Donc vous pouvez dire ce que vous voulez, ça va être super !

Donc ça, c’était une pensée que j’ai eue aujourd’hui pour vous permettre, bah, toujours d’améliorer votre français, de vous aider à toujours un peu plus vous imprégner de cette belle langue.

2) Expression du jour : Aller par monts et par vaux

Et maintenant, deuxième partie du podcast où je vais vous parler de l’expression française « aller par monts et par vaux ».

Alors, avant de vous expliquer les mots et l’expression, on va écouter un peu la prononciation. Je vais vous la redire doucement et vous allez essayer d’écouter les liaisons. « Aller par monts et par vaux. » Aller par monts et par vaux.

Alors, déjà, dans cette expression, il y a six mots et la liaison un peu particulière se fait entre le mot « monts » — M-O-N-T-S — et le mot « et ». Il y a un S au mot « monts », mais on ne le prononce pas — « monts », on ne prononce pas le S. Mais comme il y a un mot juste après qui commence par une voyelle, on va faire la liaison. « Aller par monts et par vaux. » C’est comme s’il y avait un Z entre les deux mots. On peut dire « aller par monts… et par vaux », mais ça va mal sonner, ça va faire un peu bizarre en français. Donc tout ça pour vous dire qu’il ne faut pas oublier les liaisons — c’est important quand vous parlez français d’essayer de faire les liaisons. Si vous ne les faites pas, on va comprendre bien sûr. Mais pour être un peu plus naturel, puisque maintenant vous avez un bon niveau de français, il faut faire attention aux liaisons. Ce qu’on ne va pas forcément demander à un niveau A1, on va le demander maintenant pour vous qui êtes intermédiaires et avancés en français.

Donc, « aller par monts et par vaux », ça veut dire quoi ? Ça veut dire voyager un peu partout. Ça veut dire parcourir de grandes distances dans une direction, puis dans une autre. Aller à un endroit, aller à un autre, aller à droite, aller à gauche. Ça veut dire en fait parcourir le monde, aller à l’aventure sans avoir un trajet défini, sans avoir un trajet précis.

Par exemple, si vous avez prévu bientôt de partir dans un pays étranger, est-ce que vous allez tout planifier jour par jour, heure par heure — où vous allez dans le pays ? Ou est-ce que vous allez vous laisser porter et voir où vous allez dormir, ce que vous allez visiter ? Quel type de voyageur vous êtes ? Si vous êtes du deuxième type, un peu comme moi, eh bien vous allez par monts et par vaux. Vous allez dans le pays avec votre sac à dos, votre valise, et puis vous voyagez suivant vos envies. L’autre type de voyageur, c’est quelqu’un qui va tout planifier, tout diriger, minute par minute, heure par heure, en sachant où il mange, dans quel restaurant, quel musée il va visiter, à quelle heure, quel jour.

L’année prochaine, je vais essayer d’aller au Japon. J’aimerais aller au Japon. Et moi, je suis plutôt du genre à ne rien prévoir. Je vais payer mon billet, bien sûr, le vol aller, le vol retour, et après je vais voir. J’ai envie d’aller à la campagne, discuter avec des Japonais. J’ai envie de me laisser guider. J’ai envie d’aller dans des onsen. Ce sont des bains chauds extérieurs, des thermes chauds, et je pense que c’est magnifique d’aller dans des onsen l’hiver alors qu’il fait très froid dehors et très chaud dans l’eau. Enfin bref, tout ça pour vous dire que je vais aller au Japon par monts et par vaux. Je vais aller à droite, aller à gauche, je vais visiter des choses, mais sans rien prévoir avant.

Alors si on regarde un peu plus précisément l’expression, je vais vous expliquer les mots. Le premier mot, c’est un verbe — c’est le verbe aller. Et attention à ce verbe parce qu’il se finit en E-R mais ce n’est pas un verbe du premier groupe. C’était d’ailleurs le thème du premier podcast que j’ai fait sur cette chaîne — c’était « aller comme un gant », l’expression — et je vous avais déjà expliqué que le verbe aller est un peu particulier parce qu’il n’est pas du premier groupe et sa conjugaison est aussi particulière. Par exemple, « aller » au présent, ça donne : « Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. » « Aller » au futur, ça donne : « J’irai, tu iras, il ira, nous irons, vous irez et ils iront. » Vous voyez, ça n’a rien à voir avec le présent. C’est un verbe qui est très utile en français donc je vous invite à bien le travailler.

Ensuite on a « par monts ». « Monts », c’est en fait des montagnes. C’est un lieu, un endroit qui est en hauteur. On ne dit plus trop « les monts » — on va dire « les montagnes » — sauf quand on va nommer une montagne. Le mont Blanc, qui est la plus grande montagne d’Europe — je crois que sa hauteur c’est 4 800 et quelques mètres — eh bien on dit le « mont Blanc », on ne dit pas « montagne Blanc ». Mais quand on parle des montagnes en général, on utilise le mot « montagne ».

Et « par vaux » — V-A-U-X — c’est le pluriel de « val », V-A-L. Et « val », c’est quoi ? C’est un ancien mot pour dire la vallée. La vallée, c’est l’endroit qui est en bas de la montagne. Donc la montagne, c’est le point le plus haut et la vallée, c’est le point le plus bas. Donc « aller par monts et par vaux », ça veut dire aller en haut et en bas. C’est en fait une opposition géographique entre le point le plus haut et le point le plus bas. Ça veut dire qu’on va tout explorer, on va aller partout — je vous ai dit, on va parcourir le monde sans avoir de trajet précis.

« Aller par monts et par vaux », c’est une expression, je vous le disais au début, qui est du langage soutenu, qui est assez poétique. Il y a une image très jolie derrière. Pourquoi c’est poétique ? Parce que dans le langage courant, on ne dit plus « les monts » et on ne dit plus « les vaux ». On dit les montagnes et les vallées, mais on a gardé ces mots dans cette expression « aller par monts et par vaux ». On trouve d’ailleurs le mot « vaux » V-A-U-X dans quelques noms de villes françaises — comme Vaux-le-Vicomte, où il y a un très beau château. Mais sinon, on ne dit plus ce mot en français.

Donc, je vous invite à utiliser cette expression avec vos amis, avec votre patron, vos collègues, des personnes dans la rue, avec votre famille, avec qui vous voulez, parce que c’est une très jolie expression qui veut dire « parcourir le monde sans programme précis ». Aller à droite, aller à gauche — vous avez compris, un peu partout. En anglais, ça se dit up and down the country.

Alors, qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Comme d’habitude, ça serait top que vous puissiez me laisser un petit commentaire sur YouTube ou alors une bonne note sur vos applications de podcast. Là où vous écoutez mon podcast, c’est ça qui permet de faire découvrir mes épisodes à d’autres personnes. Ce qui serait bien aussi, c’est de parler de mon podcast sur Reddit. Si vous êtes dans des groupes pour apprendre le français, eh bien vous pouvez me citer, citer mon podcast — ça serait top, ça serait vraiment un beau soutien pour moi. En tout cas, je vous remercie de m’écouter si souvent. Vous êtes de plus en plus nombreux à le faire et j’en suis très content.

Dimanche prochain, je vous parlerai d’une nouvelle expression française qui est aussi une ancienne expression, qui est aussi poétique, aussi du langage soutenu, et qui est « de France et de Navarre ». Comme d’habitude, demain à 18h, un nouveau conte du Japon qui va sortir. Et en ce moment, sur ma chaîne YouTube et sur mon Patreon, vous pouvez retrouver des livres audio — Voyage au centre de la Terre de Jules Verne et L’Iliade et l’Odyssée d’Homère.

Je vous remercie beaucoup, je vous souhaite de passer une bonne journée et on se retrouve donc dimanche. D’ici là, je vous dis à bientôt. Bye bye, hasta luego. El aleja, Matane !

Questions fréquentes sur cette expression et cet épisode

Quelle astuce pour mieux apprendre le français au quotidien ?

Une méthode simple : essayer de penser en français pour les petites actions du quotidien. Quand une idée te vient (« je dois faire les courses », « il est 8 h »), traduis-la mentalement en français. Compte tes pièces de monnaie en français, pense à ta liste de courses en français, voire jure en français (« p’tain ! »). Ces petites pensées entraînent ton cerveau sans la pression de devoir parler à quelqu’un, et finissent par devenir un automatisme.

Que signifie l’expression « aller par monts et par vaux » ?

« Aller par monts et par vaux » signifie voyager un peu partout, parcourir le monde sans trajet précis. On l’utilise pour décrire un voyageur qui se laisse porter par ses envies, qui visite des lieux variés sans planning défini. L’expression évoque l’aventure et la découverte.

D’où vient cette expression ?

Elle joue sur l’opposition géographique entre les « monts » (les montagnes, le point le plus haut) et les « vaux » (anciens mots pour « vallées », le point le plus bas). Aller à la fois en haut et en bas, c’est aller absolument partout — d’où l’idée de parcourir le monde dans toutes les directions. Le mot « vaux » est aujourd’hui désuet, sauf dans certains noms de lieux comme Vaux-le-Vicomte.

Comment se prononce cette expression ?

Attention à la liaison : on dit « aller par monts-z-et par vaux ». Le « s » final de « monts » se prononce comme un « z » devant le « et » qui suit, pour fluidifier la phrase. Bien faire les liaisons est important en français pour parler avec naturel, surtout à un niveau intermédiaire ou avancé.

Quel est le registre de cette expression ?

C’est une expression du langage soutenu et poétique. On l’emploie surtout à l’écrit (romans, presse) ou dans un discours travaillé. La placer correctement à l’oral montre une vraie maîtrise du français — c’est typiquement le type d’expression qui impressionne un examinateur du DELF ou du DALF.

👉 Tu as d’autres questions sur le podcast ? Consulte la FAQ complète.


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