« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » : changer d’avis est une marque d’intelligence et d’ouverture d’esprit, pas de faiblesse. Seuls ceux qui ne réfléchissent pas restent figés dans leurs opinions.
Origine : expression populaire française, source exacte inconnue.
Registre : familier — à utiliser avec des amis, la famille, des proches.
Niveau : B1 à C2.
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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le dimanche 28 juin 2026. Je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile avec Adrien. Et j’espère que vous avez un peu moins chaud. En tout cas, nous, en France, la canicule est en train de diminuer. Aujourd’hui, là où j’habite, dehors il fait 27-28°C, donc franchement ça va. C’est tout à fait acceptable, mais on a quand même eu très chaud. Donc bon courage pour ceux chez qui la canicule va arriver, vers l’Europe centrale, l’Europe de l’Est. Je ne sais pas si ça va continuer par là, mais en tout cas, s’il fait très chaud chez vous, bon courage à tous.
Aujourd’hui, on ne va pas parler de chaleur. Aujourd’hui, on va parler d’habitudes un peu bizarres. J’ai remarqué qu’il y a des choses que je fais et je ne sais pas pourquoi je les fais. Ce sont des habitudes que j’ai, mais que je ne comprends pas. Je vais vous parler d’habitudes que j’ai moi, mais aussi que j’ai vues chez d’autres personnes.
La première habitude que j’ai, ça concerne la conduite. Donc, quand je conduis la voiture, au moment de se garer, quand je dois me garer en faisant une marche arrière — ça s’appelle un créneau —, eh bien j’éteins la musique. Je roule, tout va bien. Je suis en train d’écouter de la musique ou un podcast. Là, j’ai pas de problème. Mais dès que je dois me garer, dès que je m’arrête et que je mets la marche arrière, je dois éteindre la musique si je veux réussir mon créneau. Et ça, je trouve ça bizarre. Est-ce que je suis le seul ? Ou est-ce qu’il y en a qui doivent faire la même chose, qui font la même chose ?
Si j’ai la musique qui continue à tourner, si j’ai le podcast qui continue à faire du bruit, ça me dérange pour me garer. Alors évidemment, je me suis demandé pourquoi je faisais ça. Je pense que c’est pour me concentrer. Quand il y a la musique en bruit de fond ou même un podcast que je suis en train d’écouter, ça me dérange parce que je n’arrive pas à me concentrer pleinement sur mon créneau. Je n’arrive pas à me concentrer entièrement sur le fait de me garer en marche arrière. Je n’arrive pas à faire deux choses à la fois, je n’arrive pas à écouter la musique et en même temps à me garer. Alors que j’arrive très bien à conduire et à écouter la musique. Pourquoi ? Parce que la conduite, maintenant, pour moi qui conduis depuis 20 ans, c’est quelque chose d’automatique, c’est quelque chose qui ne me demande pas d’effort. Alors que faire un créneau, me garer en marche arrière, ça me demande un peu de concentration. Il faut que je me tourne, il faut que je regarde la distance, il faut que je mette la marche arrière, il faut que je tourne le volant, et pour ça j’ai besoin d’un peu de concentration et j’ai besoin aussi d’écouter les bruits autour : le bruit des pneus sur le sol qui se tournent, le bruit du… comment ça s’appelle ? Vous savez, dans les voitures, l’option qui fait « tut, tut, tut » — je ne sais plus comment ça s’appelle. Bref, quand on se gare, ça fait ce bruit-là. Donc j’ai besoin d’écouter tous ces bruits afin de réussir mon créneau.
C’est pareil quand j’apprends quelque chose, quand j’ai besoin d’apprendre, de retenir des choses : je ne peux pas le faire avec de la musique. Il y a des personnes qui révisent, qui apprennent en écoutant de la musique. Moi, je ne peux pas, c’est impossible. J’ai besoin d’avoir du silence pour pouvoir me concentrer sur ce que j’apprends. Ça, c’est une première habitude que j’ai et qui est un peu bizarre.
Il y a une autre habitude un peu bizarre que j’ai, c’est que quand je téléphone, quand je vais téléphoner et que la conversation dure plusieurs minutes, je marche. J’ai besoin de me lever et de marcher. Je suis plus concentré, je parle mieux, j’ai l’esprit plus libre quand je suis en train de marcher et que je téléphone. Alors que si je reste assis en téléphonant, c’est pas la même chose. J’y arrive bien sûr, mais je suis moins à l’aise. Si j’ai besoin de réfléchir à des choses qui me demandent beaucoup de concentration, je préfère marcher, je préfère être mobile plutôt qu’immobile, je préfère bouger, marcher plutôt que de rester assis.
Est-ce que je suis le seul à faire ça ? Est-ce que je suis le seul être humain sur Terre à faire ça ? Je pense pas, j’espère que non. Dites-moi si vous aussi vous avez des habitudes un peu bizarres, des habitudes que vous ne comprenez pas. Par exemple, pour moi, le fait de marcher en téléphonant, ou plutôt de téléphoner en marchant, eh bien c’est bizarre. Je ne comprends pas pourquoi je suis plus à l’aise en marchant quand je suis au téléphone, qu’en restant immobile, en restant assis. Et il y a beaucoup d’habitudes comme ça qu’on fait et qui sont bizarres, qu’on ne comprend pas forcément.
Dernièrement à la télé, j’ai vu quelqu’un qui faisait quelque chose que beaucoup de monde fait, surtout les enfants. Mais là, c’était un adulte. C’est une habitude qui est un peu bizarre aussi. Je vais vous raconter. Je vous ai déjà parlé un peu de ping-pong, de tennis de table dans ce podcast. En France, on a de bons joueurs de tennis de table et plus particulièrement les deux frères Lebrun, Félix Lebrun et Alexis Lebrun. La dernière fois que j’ai regardé une compétition où Alexis jouait, j’ai vu qu’il tirait la langue quand il se concentre, quand il joue au ping-pong. Pas tout le temps, mais sur certains coups compliqués, quand il est en train de jouer, il tire la langue comme les enfants qui tirent la langue pour se concentrer.
Peut-être que vous avez fait ça aussi quand vous étiez enfant, peut-être que vous avez des enfants qui tirent la langue quand ils se concentrent, quand ils sont en train de dessiner, quand ils sont en train de colorier, ou plus tard de résoudre un problème de mathématiques par exemple. Les enfants surtout vont tirer la langue. Mais là, j’ai trouvé ça assez étonnant parce que c’est un adulte — Alexis a peut-être 20 ans, 21 ans, 22 ans —, donc c’est un adulte qui tire la langue quand il se concentre.
Et je me suis demandé pourquoi on fait ça. Est-ce que vous connaissez la réponse ? Est-ce que vous savez pourquoi les enfants et certains adultes tirent la langue quand ils font une tâche difficile ? Je vous avoue que moi je ne le savais pas, donc je suis bien sûr allé vérifier sur Internet et c’est assez intéressant.
En fait, ce qu’il faut savoir, c’est que, évidemment, le cerveau contrôle énormément de choses chez l’humain. Quand vous pensez, quand vous bougez, quand vous réfléchissez, quand vous mangez, quand vous vous garez, comme je disais tout à l’heure, c’est le cerveau qui va donner la commande au corps pour faire la tâche nécessaire. Eh bien la langue et le fait de se concentrer, c’est géré par deux zones très proches dans le cerveau. Quand vous faites une action délicate de concentration, surtout avec les mains, eh bien vous avez une zone du cerveau qui va s’activer, et cette zone est collée, elle est toute proche de la zone qui va gérer les mouvements de la langue. Donc quand les enfants font une tâche difficile, la langue va sortir. Mais ce n’est pas la langue qui sort qui est importante. C’est le fait que la langue va être bloquée par les dents. Donc la langue ne va plus bouger. Et donc le cerveau va pouvoir se concentrer sur la tâche difficile. Il n’a pas besoin, le cerveau n’aura pas besoin de gérer à la fois la langue et la tâche difficile. Donc ça va permettre au cerveau d’utiliser toute sa capacité pour la tâche qui est demandée.
Si vous avez un enfant qui doit dessiner quelque chose, il va se concentrer sur son dessin. Il va être attentif à ce qu’il dessine et sa langue va sortir, va être bloquée par les dents pour se concentrer sur son dessin. Et ça, je trouve ça très intéressant. Quand on a un effort intellectuel important à faire, qui plus est si on doit utiliser nos mains, la langue se bloque dans une position pour que le cerveau fonctionne pleinement. Et il n’y a pas que l’humain qui fait ça. Les singes font ça aussi. Donc c’est vraiment quelque chose de très ancien et qu’on ne contrôle pas.
Alors pourquoi ça disparaît avec le temps ? Parce que plus on grandit, plus on devient adolescent, adulte, plus on va s’habituer à faire des choses difficiles. Et donc la langue n’a plus besoin d’être bloquée. Sauf chez certaines personnes comme Alexis Lebrun, qui tire la langue quand il joue au tennis de table, sur certains coups évidemment, pas tout le temps. Alors, comme il joue très bien, il n’y a aucun problème. Alexis, je m’adresse à toi — je sais que tu ne m’écoutes pas —, mais si tu peux gagner au ping-pong en tirant la langue, il n’y a pas de problème. Et ça, c’est des habitudes qui sont assez intéressantes à comprendre.
Et maintenant, deuxième partie du podcast, où on va parler bien sûr de l’expression du jour. Aujourd’hui, l’expression c’est : « Y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. » Là, je vous l’ai dit assez lentement. Je vais vous la redire à vitesse standard, comme si je la disais à un Français : Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Est-ce que vous entendez la différence ? Doucement, ça donne : Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et normalement : Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
En fait, on va enlever un E. Il y a le E du mot que — QU’E — qu’on ne prononce pas. Il n’y a que les imbéciles — là je le prononce. Y a que les imbéciles — là je ne le prononce pas. D’ailleurs cette phrase, elle est déjà compressée, on a déjà enlevé quelque chose. La vraie phrase française grammaticale, c’est : Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Mais pour faire plus court, on dit y a que. Y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
Imaginez que vous allez à la boulangerie et dans cette boulangerie, vous ne voyez que des baguettes. Il n’y a que des baguettes. On pourra dire y a que des baguettes, et même y a qu’des baguettes — on enlève le E du mot que.
Alors ça veut dire quoi, y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ? Ça veut dire que changer d’avis, c’est une marque d’intelligence. C’est quelque chose qui montre une ouverture d’esprit et ce n’est pas de la faiblesse. D’avoir un avis sur quelque chose puis de changer d’avis, c’est quelque chose de bien, c’est quelque chose de normal. Ça veut dire en fait que si vous ne changez jamais d’avis, alors vous êtes un imbécile, vous êtes quelqu’un qui ne réfléchit pas.
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Dans cette phrase, on a deux négations. On a la première, c’est ne… que. Il n’y a que les imbéciles. Ça, c’est une négation un peu spéciale, ça veut dire seulement. Seulement les imbéciles ne changent pas d’avis. On va reprendre l’exemple de la boulangerie : il n’y a que des baguettes, il y a seulement des baguettes. Donc ça, c’est ne… que. Et après, dans la phrase, on a ne… pas : qui ne changent pas d’avis.
Donc cette phrase, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, ça veut dire : les imbéciles seulement ne changent pas d’avis. Les personnes qui changent d’avis ne sont pas des imbéciles. Les personnes qui changent d’avis sont intelligentes. Tout ça, ça veut dire la même chose. C’est différentes façons de le dire, mais ça veut dire la même chose.
C’est une expression du langage familier. Donc vous pouvez l’utiliser avec vos amis, avec votre famille, avec des gens que vous connaissez. Mais à quel moment peut-on utiliser cette expression ? Eh bien, c’est simple. C’est quand vous allez avoir un avis différent d’avant, quand vous allez changer d’avis.
On va faire appel un peu à vos souvenirs quand vous étiez enfant. Je suis sûr qu’il y a des légumes que vous n’aimiez pas. Par exemple, moi, je n’aimais pas les asperges. Je détestais les asperges. Et maintenant, j’adore les asperges. Si on me pose la question : pourquoi tu aimes les asperges maintenant alors que tu ne les aimais pas ? Eh bien, je vais répondre : il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
Un autre exemple : peut-être que vous avez déjà parlé de mon podcast à quelqu’un qui voulait apprendre le français. Et cette personne a écouté un peu et vous a dit : « Non, finalement, le podcast dont tu m’as parlé avec Adrien, je ne l’aime pas. » C’est tout à fait possible. Et après quelques semaines, quelques mois, cette même personne vous reparle de mon podcast et vous dit : « Ah finalement, j’ai réécouté et j’aime bien, j’aime bien son podcast pour apprendre le français. » Là vous pourrez dire : « Bah alors, pourquoi t’as changé d’avis maintenant ? Avant tu n’aimais pas. » Et il vous dira : « Et oui, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »
Tout le monde peut avoir un avis différent après par rapport à avant. Si vous participez à un débat avec des arguments, avec des choses que vous allez dire à quelqu’un, et cette personne va vous donner d’autres arguments, peut-être qu’à la fin du débat vous aurez changé d’avis. C’est une marque d’intelligence, c’est une marque de respect d’écouter les arguments des autres pour peut-être changer d’avis et avoir donc un avis différent. Et là vous pourrez encore dire : « Tu as raison sur ce point, je suis d’accord, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »
J’ai essayé de trouver qui avait dit cette expression en premier, mais on n’est pas vraiment sûr de la source. On ne sait pas vraiment qui a dit cette expression, donc je préfère ne pas vous en parler, je préfère ne pas vous donner une source qui serait fausse. On va dire que ça aurait pu être inventé par n’importe qui.
Dans l’expression il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, on a le mot imbécile, et imbécile, ça peut être une insulte. Est-ce que vous connaissiez ce mot ? Imbécile, ça veut dire abruti, ça veut dire bête. On peut aussi dire bêta ou tout simplement con. Il y a plein de mots en français pour dire la même chose, surtout quand on parle d’insultes — là on est très très bons en français pour avoir plein de mots différents.
En anglais, cette expression se dit : Only fools never change their minds. C’est exactement comme en français. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
Est-ce que c’est plus clair pour vous ? Est-ce que vous connaissiez déjà cette expression ? J’espère que non. Et si vous la connaissiez déjà, eh bien ça fait quand même des révisions.
La semaine prochaine, je vous parlerai d’une nouvelle fable de La Fontaine. Je ne sais pas encore laquelle, je n’ai pas encore choisi, mais il y en a beaucoup qui existent. Il y en a beaucoup dont je n’ai pas encore parlé. Donc surprise, surprise.
Je vous laisse ici et je vous souhaite de passer une bonne journée, un bon week-end, une bonne semaine selon le moment où vous écoutez mon podcast, et on se retrouve bientôt. Bye bye ! ¡Hasta luego ! À la prochaine !
Questions fréquentes
Que signifie « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » ?
Cette expression signifie que changer d’avis est une preuve d’intelligence et d’ouverture d’esprit. Quand on écoute les arguments des autres et qu’on révise sa position, c’est un signe de maturité, pas de faiblesse. À l’inverse, quelqu’un qui ne change jamais d’avis quoi qu’il arrive manque de réflexion.
Quand utilise-t-on cette expression ?
On l’utilise quand on veut justifier le fait qu’on a changé d’avis sur quelque chose. Par exemple : vous n’aimiez pas un plat étant enfant et maintenant vous l’adorez. Ou vous avez été convaincu par les arguments de quelqu’un lors d’un débat. Dans ces situations, vous pouvez dire : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! »
Quelle est la différence entre « ne… que » et « ne… pas » ?
Ne… que est une restriction qui signifie « seulement ». Exemple : « Il n’y a que des baguettes » = il y a seulement des baguettes. Ne… pas est une négation simple. Dans la phrase « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », les deux négations sont combinées : « seulement les imbéciles ne changent pas d’avis ».
Pourquoi dit-on « y a que » au lieu de « il n’y a que » ?
À l’oral en français familier, on compresse souvent les phrases. « Il n’y a que » devient « y a que » — on supprime le « il » et le « ne » de la négation. C’est très courant dans la langue parlée : « je ne sais pas » → « je sais pas », « il n’y a que » → « y a que ».
Comment dit-on cette expression en anglais ?
En anglais, on dit « Only fools never change their minds » — exactement la même idée : seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis.
Pourquoi les enfants et parfois les adultes tirent-ils la langue quand ils se concentrent ?
La zone du cerveau qui gère les actions délicates des mains est très proche de celle qui contrôle les mouvements de la langue. Quand un enfant fait une tâche difficile, la langue sort et se bloque contre les dents — ce qui libère de la capacité cérébrale pour se concentrer pleinement sur la tâche. Ce réflexe disparaît généralement en grandissant, mais certains adultes le conservent.
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