« Travailler d’arrache-pied » : travailler énormément et sans s’arrêter, sur une longue durée. Comme le Facteur Cheval qui a construit son palais seul en 33 ans.
Origine : image des racines d’arbres — travailler tellement longtemps qu’on a l’impression que les pieds ont pris racine dans le sol, qu’il faudrait les arracher pour faire bouger la personne.
Synonymes : travailler comme un forcené, se tuer à la tâche, suer sang et eau.
Équivalent anglais : « to work flat out »
Registre : langage courant — utilisable avec tout le monde.
Niveau : B1 à C2.
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Bonjour à toutes, bonjour à tous, je suis très heureux de vous retrouver aujourd’hui en ce dimanche 16 août. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « travailler d’arrache-pied ». Mais avant ça, comme d’habitude, je vais vous parler d’un autre sujet. On va revenir sur les lieux à visiter en France.
Pour ceux qui souhaitent avoir la transcription des épisodes, je la propose sur mon site Patreon où vous pouvez vous abonner et j’en serai vraiment très content. Et sinon, un mois plus tard, sur mon site Internet. Je voulais vous dire que je propose toujours des cours en ligne. Pour ceux qui le souhaitent, contactez-moi sur mon mail à françaisfacileadrien@gmail.com.
Et tout de suite, on va parler d’un lieu incroyable. Ce lieu, il s’appelle le Palais idéal du Facteur Cheval. Alors là, il y a beaucoup de mots qui ne vont pas ensemble. Le palais idéal. Le palais c’est quoi ? Le palais c’est une maison magnifique. C’est une demeure extrêmement belle, extrêmement grande. Et idéal, c’est quelque chose de parfait. Le palais idéal, c’est donc en fait une maison incroyable et qui est parfaite.
C’est le nom qui a été donné par le constructeur de cette maison, par celui qui a construit ce palais. Et cette personne s’appelle Monsieur Cheval. Il s’appelait même Ferdinand Cheval, et il était facteur. Le facteur, c’est la personne qui vient vous porter le courrier, qui vient vous amener les lettres, le courrier, avec la poste. Ce monsieur, il était donc facteur, son nom c’était Cheval, donc on l’appelait le Facteur Cheval et il a construit une maison incroyable qui s’appelle le Palais idéal du Facteur Cheval.
Regardez l’image du podcast que j’ai créée. Cette image, c’est une image en version dessin du palais de ce monsieur, du palais que le Facteur Cheval a construit.
Ce palais, on peut le visiter. Si vous êtes en France ou si un jour vous venez en France près de Lyon, allez visiter ce palais. Lyon, c’est une ville qui est à peu près au milieu de la France, plutôt sur la partie droite, pas très très loin de la Suisse. À peu près à une heure en voiture de Lyon, vers le sud, vous pouvez aller visiter ce palais dans la ville de Hauterives. Allez voir sur Internet, tapez « palais Facteur Cheval » et vous allez voir apparaître un truc incroyable. En fait, ce qu’il a construit, c’est une maison mais où il n’habitait pas.
Donc, c’est plutôt une œuvre d’art. C’est quelque chose qu’il a voulu construire et il l’a construit tout seul. Ce monsieur a mis 33 ans pour construire ce château, pour construire ce palais, pardon. 33 ans de travail, 33 ans à construire la même chose. C’est fou qu’un seul homme puisse construire quelque chose comme ça parce que ça n’a rien de commun. C’est un palais qui est très, très original, qu’on ne retrouve nulle part ailleurs parce qu’il ne ressemble à aucun autre. Si vous regardez un peu les images sur Internet ou alors l’image du podcast que j’ai mise, on a l’impression d’être au Cambodge ou au Vietnam.
On n’a pas du tout l’impression d’être en France quand on est face à ce palais. Et c’est ça qui est incroyable. Je vais vous expliquer un peu l’histoire de ce palais et comment ce monsieur a eu la volonté de créer cela.
Donc je vous ai dit que ce Monsieur Cheval, il était facteur. Donc il amenait à ses clients, il amenait aux Français des lettres, des magazines, des journaux. Et c’était au XIXe siècle, c’était il y a plus de 130 ans. Il faut bien comprendre qu’à cette époque, il n’y avait évidemment pas internet, pas les réseaux sociaux, pas d’ordinateur, pas de téléphone, les seuls moyens de communication, c’était les lettres et les seuls moyens de s’informer, c’était les journaux et à cette époque-là, c’est le début de la photographie. Donc on a des journaux avec des photos.
Et ce Monsieur Cheval, ce facteur qui distribue des journaux à tout le monde, va aussi les lire et il va voir des photos de pays étrangers, des photos d’architecture, de monuments, de bâtiments, d’édifices qui viennent de pays étrangers et qu’il n’avait jamais vus auparavant. Ce Monsieur Cheval est donc émerveillé par cela, il trouve cela incroyable et en rentrant un jour du travail, il manque de tomber sur une pierre, il a failli tomber et donc il s’arrête, il regarde la pierre sur laquelle il a failli tomber et il l’emporte avec lui, il la trouve très belle et il l’emporte chez lui.
Le lendemain, le surlendemain, pendant plusieurs jours, il va retourner au même endroit et chercher d’autres pierres très belles. Il en trouve plein et il rapporte toutes ces pierres chez lui et à ce moment-là, il décide de construire ce palais dans son potager. Le potager, c’est là où on cultive les légumes. Donc il a des pierres et il commence à construire une sculpture. Il commence avec une fontaine avec de l’eau et une sculpture de lion et une sculpture de chien.
Ça, c’est le début du palais. Et après, il va ajouter d’autres fontaines, il va faire des grottes, il va ramener des pierres, ramener des coquillages, il va créer des sculptures d’autres animaux. Il va faire sur la droite, donc quand on regarde le palais de face, sur la droite, il y a une espèce de temple égyptien. Il va construire un bâtiment qui est collé au palais, qui fait partie du palais, qui ressemble un peu à l’architecture égyptienne. Et sur la gauche, il va faire un temple qui ressemble un peu à l’architecture hindoue, donc qui vient des Indes, avec devant trois très grandes statues de géants. Et dans ce palais, il va faire des grottes, il va faire des niches. Dans ces niches, on va retrouver un chalet suisse.
On va retrouver une sculpture d’un château du Moyen-Âge. On va retrouver une maison toute blanche. En fait, le type était un fou ou un génie, ou peut-être les deux. Au milieu de ce palais, il y a un grand couloir avec des animaux, avec des sculptures d’ours, d’éléphants, de chats, de chiens, de lions, il y a des chameaux, il y a des loups. Je crois même qu’il y a des flamants roses. En tout cas, on trouve plein d’animaux, plein de sculptures d’animaux.
C’est vraiment incroyable. Rien que de le voir en images sur internet, c’est incroyable, mais de le voir en vrai, c’est quelque chose d’impressionnant. Et surtout, c’est de se dire qu’il a créé ça tout seul, qu’il a créé ça après 33 ans de travail. Une fois qu’il a eu fini, il a demandé à la mairie du village de pouvoir se faire enterrer à l’intérieur au moment où il mourrait. La mairie de la ville a refusé et donc, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a créé une autre sculpture dans le cimetière du village pour lui et sa femme. Il a créé un tombeau incroyable.
Il a passé 8 ans à faire la sculpture de ce tombeau et pour moi, c’est vraiment quelque chose d’unique. Le gars a travaillé pendant 41 ans sur ce palais et sur ce tombeau, il a vraiment travaillé d’arrache-pied. Ce tombeau, non pardon, le palais, c’est un monument qui est classé, c’est classé monument historique. Ça veut dire que l’État français a reconnu ce monument, ce palais, comme quelque chose, comme une pièce qu’il faut conserver pour l’histoire.
Et ce Facteur Cheval dont je vous parle, la personne qui a créé ce palais, il a inspiré beaucoup d’artistes par la suite, dont Picasso. Picasso disait que le travail du Facteur Cheval était sublime et effectivement c’est sublime, c’est magnifique, c’est original, c’est incroyable, c’est spectaculaire.
On peut utiliser plein d’adjectifs pour décrire ce palais. Donc, si vous êtes en France un jour, si vous allez près de Lyon, prenez un peu de temps pour aller visiter ce palais et sinon, allez sur Internet, allez voir des photos, allez sur YouTube ou où vous voulez pour voir des vidéos de ce palais, c’est incroyable.
Et maintenant, on va passer à l’expression du jour « Travailler d’arrache-pied ». À partir de maintenant, je vais essayer le plus possible de faire correspondre l’expression du jour avec la première partie du podcast. Et ici, les deux correspondent tout à fait. D’ailleurs, quand je vous ai décrit le palais il y a quelques minutes, j’ai fait exprès d’utiliser l’expression du jour « Travailler d’arrache-pied ». Vous pouvez d’ailleurs réécouter les quatre, cinq dernières minutes et vous allez entendre que j’ai utilisé l’expression du jour.
Cette expression « travailler d’arrache-pied » ça veut dire « travailler énormément, ne jamais s’arrêter », c’est une notion du travail qui s’inscrit dans la durée. Ce n’est pas travailler beaucoup un petit moment, c’est travailler beaucoup pendant longtemps. Donc dans l’expression « travailler d’arrache-pied », on a vraiment cette idée de durer, cette idée de travail qui va durer. Et effectivement, pour le palais du Facteur Cheval, 33 ans de travail sur la même œuvre, absolument énorme. Donc on peut dire que le Facteur Cheval, pour construire son palais, a travaillé d’arrache-pied.
On peut dire aussi ça de quelqu’un qui va réviser énormément ses examens. Si vous avez un ado à la maison qui va bientôt avoir des examens à l’école, eh bien vous pouvez dire « mon fils ou ma fille travaille d’arrache-pied pour réussir ses examens ».
Qu’est-ce qu’on peut prendre comme exemple ? Quelqu’un qui va créer une entreprise, quelqu’un qui va lancer une société, il va devoir travailler d’arrache-pied pendant des années avant de pouvoir prendre un peu de vacances, avant peut-être de pouvoir se reposer. Un autre exemple, moi, quand j’ai commencé ce podcast, je me suis mis un défi de faire un podcast par jour pendant un an. J’ai réussi, j’ai travaillé d’arrache-pied, j’ai beaucoup travaillé afin de lancer mon podcast, afin que vous ayez du contenu, beaucoup, beaucoup d’épisodes à écouter parce que je vous le rappelle, c’est la base de ma méthode pour apprendre le français, c’est de beaucoup, beaucoup écouter et grâce aux cours en ligne que je propose, de beaucoup, beaucoup parler.
Revenons donc à l’expression du jour « Travailler d’arrache-pied ». Travailler, vous connaissez comme mot, c’est un verbe, et « arrache-pied », on appelle ça une expression « figée ». Ça veut dire qu’elle ne bouge pas, il n’y a pas de pluriel. On utilise cette expression uniquement au singulier et d’ailleurs, ces deux mots « arrache-pied », on ne les trouve que dans cette expression.
Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre ? Elle vient d’où cette expression ? Travailler d’arrache-pied. En fait ici on a une image, on a une métaphore avec les arbres. Imaginez que vous travaillez énormément à faire quelque chose sans bouger. On va dire peut-être comme exemple de la peinture. Un peintre qui est en train de peindre, il va rester immobile les pieds sur le sol. Il va tellement travailler, tellement rester immobile que c’est comme si ses pieds allaient prendre racine dans le sol, comme la racine des arbres, comme si on était obligé après de lui arracher les pieds pour le faire bouger. C’est ça l’image qu’on veut donner ici.
Arrache-pied, arrache, ça vient du verbe arracher, c’est enlever quelque chose avec force. Donc c’est comme si les pieds du peintre avaient fait des racines et qu’on était obligés de les tirer, de les enlever, de les arracher du sol pour qu’ils puissent rebouger.
Donc travailler d’arrache-pied, ça veut dire travailler énormément sur un sujet. On peut dire aussi travailler comme un forcené, travailler beaucoup, travailler énormément, travailler comme un forçat. On a aussi, qu’est-ce qu’on a ? Se tuer à la tâche, se tuer au travail. On peut dire aussi suer sang et eau. Mais ça je vous en parlerai une autre fois. Ce sera une future expression française.
En anglais, travailler d’arrache-pied, ça se dit to work flat out. Qu’est-ce qu’il me reste à vous dire. Je ne sais pas si vous avez vu, mais sur l’image que j’ai créée du podcast, j’ai enlevé la traduction en anglais. À partir de maintenant, je ne vais mettre que l’expression du jour et aussi la première partie, ce sur quoi j’ai parlé, donc le palais du Facteur Cheval. Si vous regardez l’image du podcast, vous verrez « Travailler d’arrache-pied », c’est l’expression, et le palais du Facteur Cheval.
Donc à partir de maintenant, je vais créer des images avec l’expression du jour et ce dont je parle en première partie, comme ça vous pourrez plus facilement retrouver un épisode si vous voulez le réécouter. C’est une demande qu’un auditeur m’a faite. Il m’a envoyé un mail à françaisfacileadrien@gmail.com et il m’a demandé de faire comme ça. J’ai trouvé que c’était une bonne idée donc je change et je ne mets plus la traduction anglaise.
La prochaine fois bien sûr on parlera d’une autre expression française et je vous parlerai d’un autre site incroyable à visiter en France. Je vous souhaite de passer une bonne journée, une bonne semaine et on se retrouve bientôt. Bye bye ! Hasta luego ! Ilā l-liqāʾ ! Mata ne ! Bye.
Questions fréquentes
Que signifie « travailler d’arrache-pied » ?
« Travailler d’arrache-pied » signifie travailler énormément et sans jamais s’arrêter, sur une longue durée. Ce n’est pas simplement travailler beaucoup pendant un moment — c’est une notion de travail intense qui s’inscrit dans la durée. Par exemple, le Facteur Cheval a travaillé d’arrache-pied pendant 33 ans pour construire son palais tout seul.
D’où vient l’expression « travailler d’arrache-pied » ?
L’expression vient d’une image liée aux arbres et à leurs racines. Si on travaille tellement longtemps au même endroit sans bouger, c’est comme si les pieds prenaient racine dans le sol — comme un arbre. Pour faire partir cette personne, il faudrait alors « arracher » ses pieds du sol. Le verbe arracher signifie enlever quelque chose avec force.
C’est quoi le Palais idéal du Facteur Cheval ?
Le Palais idéal du Facteur Cheval est un monument extraordinaire construit par Ferdinand Cheval, un facteur du XIXe siècle, dans le village de Hauterives, à environ une heure au sud de Lyon. Il a mis 33 ans à le construire seul, pierre par pierre, en s’inspirant de photos de monuments étrangers vus dans les journaux qu’il distribuait. Le palais mélange architecture égyptienne, hindoue et médiévale. C’est un monument classé historique et Picasso lui-même admirait ce travail.
Quels sont les synonymes de « travailler d’arrache-pied » ?
On peut dire aussi : travailler comme un forcené (avec une grande intensité), travailler comme un forçat (comme un prisonnier condamné aux travaux forcés), se tuer à la tâche ou se tuer au travail (s’épuiser au travail), et suer sang et eau (faire des efforts énormes). Toutes ces expressions expriment l’idée d’un travail intense et prolongé.
Pourquoi « arrache-pied » ne s’accorde-t-il pas ?
« Arrache-pied » est une expression dite figée — elle ne change jamais de forme, même au pluriel. On dit toujours « travailler d’arrache-pied », jamais « d’arrache-pieds ». Ces deux mots n’existent d’ailleurs que dans cette expression et nulle part ailleurs en français.
Comment dit-on « travailler d’arrache-pied » en anglais ?
En anglais, on dit « to work flat out » — travailler à plein régime, sans s’arrêter. On peut aussi dire « to work tirelessly » (travailler sans fatigue) ou « to work one’s fingers to the bone » (travailler jusqu’à l’os).
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